Archive for February, 2008

February 29th, 2008

Google a la fibre marine

by Laurent Francois

Cyril Fussy nous a livré des nouvelles de Google sous les mers

“Google et cinq autres sociétés vont se partager la réalisation d’un câble sous-marin en fibre optique trans-pacifique de 10′000 km de long entre les Etats-Unis et le Japon(…).Avec tous ces bits en plus l’Asie pourra surfer sur (ou censurer) Youtube encore plus vite. Apparemment ils cherchent aussi à améliorer les relations commerciales et les infrastructures télécoms avec l’Amérique… allez savoir”.

En fait, Google pourrait bien vouloir trouver une extension à son business model, en allant taquiner les opérateurs de télécommunication et autres.

[youtube 0fUHtc37MC8]

Ce qu’il y a encore plus loin : certes, Google a à l’heure actuelle ze quasi monopole des recherches en ligne; certes Google développe nombre d’applications, certes Google est MONSTRUEUX mais Google pourrait bien connaître des phases de ralentissement.

  1. d’abord parce que comme dans tout business, Google atteindra une taille critique
  2. parce qu’il arrivera un moment où un entrepreneur ou 2 étudiants de Nanterre (ou de Berkeley) trouveront ZE technologie correspondant aux besoins du moment
  3. parce que déjà Google n’est plus tout aussi innovant qu’avant
  4. parce que le marché se rend compte un jour qu’un PER trop élevé se doit d’être corrigé

Donc si le coeur de métier de Google (la pub, finalement ?) est menacé, il va falloir grossir non pas par la multiplication des présences, mais en se reconcentrant sur ses core competences : Google investit dans la fibre optique pour continuer à générer du trafic et surtout à le faire grossir (qui a les câbles peut envoyer du contenu). Google prépare simplement une extension de marché là où celui-ci est porteur et où il n’a pas encore atteint de phase de maturité.

Dans le futur “environnement cliquable” (expression de Joël de Rosnay…), il va en falloir, du métal et du stockage, pour pouvoir faire suivre les centaines de milliards d’informations, objets, produits, messages. Google a encore un train d’avance; et ce n’est pas un sous-marin.

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February 28th, 2008

Liberté. Le L-word pour Ingrid Bétancourt.

by Laurent Francois

Ingrid est au plus mal. Ingrid est dans la jungle, et Ingrid est au coeur de noeuds de high politics que les pires bas-fonds n’accepteraient pas.
Ca fait des années, trop d’années. Ingrid avait osé, un jour, s’élever avec sa “rage au coeur” dans le pays qu’elle aimait. Son parti politique s’appelait “Oxygen”. Il semble que la terre manque d’air aujourd’hui.

“leur volonté de paix ne repose sur aucune vision à long terme (…) mais dans le même temps, ils préparent la guerre, ou la poursuivent. Ainsi tout se passe com si dirigeants politiques et guérilleros s’épaulaient mutuellement pour entretenir un état de guerre qui ruine le pays mais leur permet de durer et de s’enrichir(…) leur objectif n’est pas d’aboutir, mais de faire gagner du temps aux parties en présence” Ingrid Bétancourt, la Rage au coeur

Ingrid représente pour moi l’ “engagement”, celui des mots mêlés à l’action politique. Ingrid disait ce qu’elle faisait, et faisait ce qu’elle disait (combien de politiques peuvent s’en vanter ?); Ingrid allait au-delà des clivages, elle faisait espérer toi, moi, et surtout eux, les sans-voix, mais les appelés de l’urne. Elle donnait du corps et du coeur à l’ouvrage. Elle distribuait des tracts et se fichait des faux semblants quand en bas d’un hémicycle, elle clamait haut et fort son désaccord.

[dailymotion x4je50]

La plupart des gens qui dénigrent l’immense mouvement de soutien populaire ont généralement 3 arguments :

  1. Ingrid n’avait pas à aller dans la jungle, elle savait ce qui allait lui arriver : à ce moment là, quand il y a quelqu’un qui se fait agresser dans le métro, on baisse les yeux, on rentre chez soi, on prend du prozac et on oublie tout ?
  2. Pourquoi se mobiliser pour Ingrid et pas pour les autres prisonniers politiques / otages? parce qu’Ingrid est un symbole, et à ce titre a une influence sur les autres qui dépasse sa seule personne. Le monde est injuste (et oui !), autant utiliser le déséquilibre pour en faire quelque chose de positif ?
  3. Ingrid, on s’en fout Toi je t’aime pas

L’absence n’est jamais muette. L’absence ronge, tenace, l’absence s’enracine. Je demande comme Blogparfait, Punky B et tant d’autres, non pas seulement pour les enfants d’Ingrid, mais juste pour nous, pour un peu d’envie de croire que les luttes politiques ont parfois des happy ends, de libérer cette Madame.

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February 28th, 2008

Twitter, Wendy WTF ???

by Laurent Francois

Y’a un truc qui m’a trop énervé en ce début de soirée. Non ce n’était pas la machine à café qui commençait à fatiguer et à distiller une substance acre (mais rock’n roll). Non ce n’était pas la pluie parisienne qui tâche les chemises.
Non c’était en lisant le très respectable WOMMA que j’ai pu voir les pensées profondes de Wendy Piersall sur mon jouet favori

Twitter, despite its format limitations, is being used for a wide range of business applications. On the Inspired Business Growth blog, Wendy Piersall suggests several ways that the site can be used to gain information about consumers. Because the format is quick and compact, it can be used to gain instantaneous insights, track trends, find feedback, converse with consumers — and more. Womma

Déjà, sur le principe, ma vieille fibre ardécho-conservatrice commence à être titillée. Mais au-delà, c’est quoi l’intérêt de Twitter, c’est quoi le contenu qui passe dessus ?

Je reprends ici un post de Lemeur :

4. Quel contenu est approprié pour Twitter ?-c’est plus intime, je peux poster des idées que je ne bloguerais pas parce que trop de personnes lisent mon blog
> parce que l’info n’est pas assez intéressante pour aller sur mon blog (comme par exemple “je vais aux toilettes” et évidemment “je reviens des toilettes, qui va avec”) mais appropriée ou spontanée sur Twitter, c’est sûr, elle va intéresser des centaines d’amis. Twitter est pour l’info inutile.
> je n’ai pas assez de temps de faire de l’idée une note sérieuse alors je me contente de Twitter
> c’est trop visible sur mon blog principal, je peux parler à des “initiés” dans Twitter (comme les résultats des élections avant 20h :)

Et ouais, Twitter, c’est un peu comme le bon vieux SMS en encore plus rapide à taper, c’est une pensée, une futilité, un clin d’œil. Le principe est qu’on n’a pas à y répondre tout de suite, il y a une discontinuité temporelle, et en plus on est dans l’intime. Si je vais sur Twitter, c’est pour tchatcher avec des “initiés” ou avec une bande proche, créer peut-être des ponts sur des projets ou maintenir un lien, mais pas pour me faire scruter et pour “converser” avec une marque. Regarde, citoyen, est-ce que tu as franchement le temps de lire les news de profils commerciaux sur MySpace : moi, non. Alors je ne veux pas de SPAM SPAM SPAM

[youtube ODshB09FQ8w]

Pire pire pire, je viens de trouver (19h43) les détails de la réflexion de mon hijack – euse de Twitter

So what can we do with all of this information?

1. Watch trends emerge within an extremely tech-savvy and influential group of individuals
(many Twitter users are also publishers, bloggers, and new media experts);
2. Get real-time feedback on news stories, product launches and popular services
(Twitter would have been a great place to “hang out” when Apple launched its MacBook a few weeks ago);
3. Find pain points in consumers’ lives
(if I were Nissan, I’d work more closely with my dealers on customer service, for example);
4. Determine what products, brands and services that are worthy of emulation
(Target is doing something right to have evoked such a positive response);
5. Position your company or brand to become a part of the existing conversation
(again, word-of-mouth marketing in action).

GRRRrrr là tu vois, CITOYEN, son argumentaire tient (à peu près) la route. Mais juste pour rire (et là il me faudrait genre le personnage d’Asterix chez les Normands) “qu’ils y viennent, qu’ils y viennent encore pour voir”; oui je pense que vu que les gens sur Twitter sont hyper réactifs, ils verraient d’un TRES mauvais oeil qu’on essaie d’être aussi intrusifs. A quoi on nous associerait comme projet ? Nada. On donnerait de l’info gratuite, comme ça, sympa. WTF ?

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February 27th, 2008

"Nobody reads long copy anymore. Here's why." Neil French

by Laurent Francois

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Neil French, moi j’adooooooore ! Surtout pour nous blogueurs, ou plus généralement communicants.

En fait, il a déclaré un jour dans une interview (cette fois-ci ce n’était pas machiste, sisisi), à propos de son métier de pubard :

“je ne pense pas que nous vendions. Je pense que nous rendons disponible. Nous informons de la disponibilité des produits”.

Et ça c’est grandiose : au lieu de vouloir imposer, de convaincre violemment ses “cibles”, Neil propose de faire rejoindre des gens qu’ils supposent sensibles à une sorte de cause. On est bien au-delà d’une logique de pur achat, mais bien dans une envie d’adhésion à un univers.
C’est chouette ce qu’il dit, je cite :

“c’est probablement une erreur de vouloir décider d’une personnalité [ndlr : de marque], car elle devrait évoluer naturellement. C’est comme l’attirance sexuelle. Personne ne sait pourquoi une personne est attirée par quelqu’un et pas par quelqu’un d’autre.”

Autre chose au cœur de son discours : la narration ! Il prêche un retour à l’écrit, à ce qui est long (rare en ces temps d’évangélisation de la vitesse et de textes qu’on scrolle…), à ce qui permet d’entrer dans la matière des choses. Le principe, auquel j’adhère totalement, est que peut-être que 8 personnes sur 10 trouveront le texte rébarbatif. Mais si une seule personne entre dans les lignes, et que ce texte est bien écrit, et bien cette personne sera naturellement bien mieux au courant, bien plus prête à rejoindre la position de l’auteur, ou bien au contraire bien plus disposée à réagir contre lui ; peu importe l’opinion puisqu’au final du contenu émergera !

Et si Neil était un blogueur, en fait ?

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February 26th, 2008

Marion Cotillard, une môme en or

by Laurent Francois

[dailymotion x4hveb]

Le monde entier le sait, youpi, Marion est en Or, en lauriers !

La môme, moi je l’avais rencontrée surtout il y a 7 ans, j’étais un teenager et j’avais été saisi par la triste et jolie innocence gavroche de Marie / Lucie dans “Les jolies choses”, au rythme d’une chanson qui, à l’époque, m’avait transportée :

Ces jolies choses des filles sans voix
Quand on y touche on brûle ses doigts
Elles sont sur toi et t’en rêves
Elles sont devant moi et j’en crève
Dis moi est-ce que c’est mieux en bas ?

Hé OH ! y’en a bien qui aime Christophe Willem, alors t’arrête de te moquer hein !

Plus tard (et plus rebel, du moins grâce à mes pantalons trop larges haha) c’est une nouvelle claque avec “Jeux d’enfants”. Cap ou pas cap ? moi en tout cas j’ai du le regarder environ 50 fois.

Bref tout ça pour dire que courrez tous louer, relouer, les films de Marion, et d’ailleurs, même son site est à son image : tendrement attachant, soigné, pudique

Je m’associe à Kinoute pour lui dire merci merci merci !

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February 26th, 2008

Jerry Yang met une première Digg avec Yahoo Buzz

by Laurent Francois

Voici la première mesure phare depuis le retour de Jerry Yang chez Yahoo.

On avait annoncé un Digg-like, c’est finalement un système proche de Wikio qui nous sera présenté demain, comme nous le signale Aziz Haddad.
En gros, Yahoo va agréger un ensemble de contenus présents sur une partie du Yahoo Publisher Network. Les internautes pourront utiliser des boutons Buzz Up ou Buzz Down et faire donc grossir ou diminuer les tendances du jour.

En termes de business, ça sert à quoi, citoyens ?! à générer du buzz, et donc du revenu. Plus clairement, ça sert à rassembler sur une même page du contenu qui dépasse ce que produit Yahoo! lui même. On aura donc une information doublement filtrée : d’une part par le réseau Yahoo ! (on ne puise que là où Yahoo décide de puiser pour le moment…) et d’autre part par le vote des internautes.

Y’a un truc qui me dérange avec ça : n’est-on pas de plus en plus en train de se diriger vers un oligopole de l’information ? J’suis preneur pour tout commentaire ou étude sur le sujet…

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February 25th, 2008

Larsen, effet Larsen

by Laurent Francois

Ah ! qu’il est bon d’entendre les échos du criquet rebondir entre les vallons de la garrigue…Ou les guitares saturées jouer avec ce bon vieil effet Larsen.
Son principe : “le son émis par l’émetteur est capté par le récepteur qui le retransmet amplifié à l’émetteurWikipedia

Comme le note le Figaro , le cricri de la semaine, qui parle en catimini mais qui est repris PARTOUT, c’est “le casse-toi, pauvre con ! [ qui ] fait fureur sur le Web” !
Damn !

Finalement, on pourrait presque se dire que la petite phrase pleine de GROS MOTS est en vue ! Ce qui rebondit sur le web n’est pas le fait du hasard, mais répliqué par toi, moi, nous quoi…

Le “off” et le “on” journalistique sont remis en cause par la nécessaire transparence du web.

Pas mal de débats ont lieu ici ou là :l’argument est de dire que cette phrase a été “volée” au Chef de l’Etat.
Selon Xavier Bertrand interviewé par RMC : “C’est insensé de ne retenir que 5 secondes de la visite de Nicolas Sarkozy au Salon de l’Agriculture” ; ça pourrait être vrai, sauf que le symbole phare a été le débordement de Nicolas – qui volontairement ou non- a posé le clivage ailleurs que sur la PAC, mais sur les questions de respect, de fonction et de rôle du Président.

Force est de constater que dans le cas présent, on était sur un déplacement officiel et que donc tout était susceptible d’être repris. Ca me fait “drôlement” (j’ai le sourire triste…) penser à l’affaire des marins pêcheurs…

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