Leclerc frappe encore une fois très fort avec son dernier spot publicitaire :
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Le Monde nous livrait son analyse :
L’intérêt des grands distributeurs (Auchan, Carrefour…) pour les produits d’automédication est né des vagues successives de déremboursement. Tous les produits à service médical rendu (SMR) faible ou nul (antidouleurs, fluidifiants sanguins, ballonnements d’estomac…) ont été sortis de la catégorie du prescrit remboursable pour intégrer celle du prescrit ou non prescrit – non remboursable. Ces décisions purement réglementaires ont jeté les bases d’un authentique marché de l’automédication.
(…)L’automédication intéresse d’autant plus les grands distributeurs que le marché acquiert tous les signes de la maturité. Sa croissance est tirée par les déremboursements mais aussi par les innovations : 95 nouveaux produits ont été lancés en en 2007 ; il est possible de faire de la publicité et des marques à forte notoriété propulsent les ventes. Le top 10 est occupé par des marques incontournables : Actifed, Fluocaril, Humex, Nicorette, Niquitin, Nurofen, Oscillococcinum, Strepsil… lesquelles représentent 18 % du chiffre d’affaires réalisé en prescription médicale facultative.
Bien entendu, M. Leclerc a eu beau jeu, jeudi 3 avril, de pointer les hausses des prix en officine consécutives au déremboursement de janvier 2008 : + 33 % pour le Daflon, 70 % pour le Difrarel, + 88 % pour l’Hirucrème… Servier augmentait même les prix de ses produits de 200 % à 300 % pour tenter de compenser la baisse de son chiffre d’affaires à la suite du déremboursement.
Au-delà de la polémique sur quelques produits, les chiffres communiqués en février 2008 par l’économiste de la santé Claude Lepen et l’Afipa (association qui regroupe les industriels de l’automédication) révélaient en réalité un prix moyen, de 5 euros environ par produit, et une grande stabilité des prix en 2007 avec une hausse qui ne dépassait pas 0,3 %, inférieure à l’inflation (1,5 %).
Ce qui est fort, c’est qu’en s’immisçant dans le débat public, Leclerc fait oublier qu’il est…d’abord une enseigne commerciale qui a pour objectif principal (et oui) de gagner de l’argent. Petit tour du côté de La Dépêche :
« Dans le secteur alimentaire, nous constatons des situations de rentes, lorsqu’une enseigne en quasi-monopole local fait des bénéfices sans faire d’efforts sur les prix et l’offre », déplore Philippe Askenazy, directeur de recherche au CNRS. Même constat à l’UFC : « À l’intérieur d’une même zone de chalandise, on a trouvé des enseignes qui appartiennent au même groupe et évidemment ne se feront pas la guerre des prix. La concurrence ne joue pas et c’est le consommateur qui paye », dénonce Édouard Barreiro, chargé de mission « commerce » à l’UFC. Premiers concernés, les groupes Leclerc et Carrefour en position dominante sur 60 % des marchés locaux avec, pour ce dernier, la possibilité de jouer sur toutes les enseignes qui lui appartiennent (Champion, Shopi, Ed, Proxi ou 8 à Huit).
Donc, Leclerc dénonce un monopole des pharmaciens en invoquant le pouvoir d’achat, tout en jouissant d’une position de prescripteur de prix dans ses temple de consommation que nous, citoyens lambdas, fréquentons, n’hésitant pas à faire instaurer des écarts de prix…
Tout ceci me semble assez dangereux : ne pourrait pas appeler ça du populisme publicitaire, qu’une marque fasse un appel au peuple afin de faire raconter son histoire, se servant d’un enjeu de société comme d’une opportunité pour communiquer?











