Scobleizer interviewait récemment le CTO de Predicity, une sorte de site de paris amélioré. Le business model repose sur les marchés de prédiction : derrière cette terminologie barbare (et quasi scientologue hahaha) , 2 principes :
transparence : la petite communauté de parieurs n’échange que sur la problématique qu’ils veulent prédire
intérêt individuel : les parieurs mettent de l’argent sur la table, mais aussi leur réputation. Pour éviter les phénomènes de prédation et de perte sèche, seules les bonnes informations et les tuyaux fiables (en théorie) sont diffusés afin de maximiser l’investissement
Attention cependant. Derrière ce concept, on a tendance à vouloir croire en un outil magique. Or statistiquement, il ne s’agit que de l’agrégation d’avis peut-être experts : mais une moyenne n’a jamais permis d’établir une vérité.
“Métaphoriquement, si l’on parle des flux d’information comme une rivière, auparavant, on pouvait concevoir les journaux comme des barrages : leur valeur venait de la quantité totale d’eau qu’elle recueillait. Toutefois, aujourd’hui, il faudrait plutôt les voir comme des centrales au fil des eaux, elle génère leur énergie en se greffant au courant et, pour augmenter leur valeur, elles font converger plusieurs « rivières ».”
Réflexion : dans un monde de story-telling, les journalistes ont-ils le devoir de remettre le curseur juste et devenir eux-mêmes des story-tellers ?
“Pas de quotidiens nationaux ce jeudi matin. La cause? Une nouvelle grève des ouvriers du livre CGT(…) Ce plan prévoit notamment une diminution des effectifs des NMPP dans un “cadre de départs volontaires et mesures d’âge, donc pas de licenciements secs ou forcés“, a déclaré sur France Info leur directeur, Rémy Pflimlin. “Ce plan de restructuration doit nous permettre de faire 40 millions d’économie par an (…) Si nous ne faisons pas ce que nous faisons actuellement, l’entreprise est en danger de mort dans les années qui viennent“, a-t-il ajouté.”
Problème de distribution, donc.
Voici la lettre ouverte “‘à tous ceux qui veulent tuer la presse” :
Cette lettre ne s’adresse pas aux nombreux ouvriers des NMPP qui accomplissent leur tâche au service de la distribution des journaux avec dévotion et ténacité.
Elle s’adresse par contre à la poignée d’irresponsables qui depuis deux mois, chaque nuit, ont pris en otage la Presse Quotidienne Nationale.
A ceux là nous disons :
-Arrêtez de bloquer la distribution des journaux. Votre métier est de distribuer, de porter ces parutions jusqu’à leur lecteur final, pas de les escamoter, encore moins de les brûler comme ce fut la cas devant le siège d’une imprimerie de province dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 juin, nécessitant l’intervention des pompiers.
-Le sujet qui vous agite concerne la distribution des magazines à Combs la Ville, dans le cadre du plan Défi 2010 des NMPP destiné à sauver le système de distribution français. Ce plan de pérennisation de la distribution de la presse en France, les quotidiens ne peuvent ni ne veulent l’interrompre ou le bloquer.
-Vos attaques contre les quotidiens n’ont en rien fait avancer ce dossier. Au contraire elles aggravent la situation : vous devez vous rendre compte que la poursuite de vos actions aura pour effet mécanique d’arrêter les projets de modernisation sur l’ensemble des sites d’impression, privant ainsi vos camarades d’une légitime vision d’avenir. En effet, à quoi sert-il d’imprimer des journaux qui au mieux restent en palettes dans les imprimeries et au pire sont brûlés devant les mêmes imprimeries ?
-Pire, vous augmentez le risque désormais avéré de voir quotidiens et publications séparés au sein des NMPP et vous en porterez aux yeux de tous la responsabilité.
C’est pourquoi nous vous disons avec la gravité qu’exige la situation :
«Vos comportements sont en train de tuer la Presse Quotidienne. Arrêtez ! Arrêtez tout de suite».