Archive for September, 2008

September 30th, 2008

Une flashmob pour attaquer Surcouf : à l'abordage !

by Laurent Francois

Mathilde me fait part d’une opération qui pourrait vous intéresser, citoyens :

Il s’agit de l’opération “Flashmob by Surcouf”. Si tu vas sur cestquoicecamion.com tu pourras choisir jusqu’à 5000 € de références pour créer une wish list. Ensuite les gagnants seront tirés au sort lors de flashmobs organisées à Paris, Bordeaux et Strasbourg.

Une façon de créer un peu de désir mais aussi d’utiliser la force d’un happening pour (re)créer du lien avec le plus célèbre des corsaires…A l’abordage !


kuku

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September 29th, 2008

Du gossip anodin à l'implication dans la réputation réelle des individus

by Laurent Francois

Citoyens !

On parle énormément de réputation en ligne, ou de cyber-réputation, essentiellement en marketing et en s’attardant sur les implications pour les entreprises : que risque-t-on si une “affaire” sort de mon usine et se propage à travers les méandres du web ? Quelles conséquences pour mes investisseurs, mes consommateurs, mes prestataires ? Ma réputation -et donc la confiance qui en découle- pourrait être déminée.

Il me semble que pour ces entités, on a une capacité d’action forte. L’entreprise a la possibilité de communiquer, elle est légitime par sa taille, son histoire, par tous les recours juridiques bien huilés dans la presse (droit de réponse, communiqué, etc.). Il y a une mécanique institutionnalisée. Et ça marche. Idem en ligne, où quand la marque met en place une stratégie de e-réputation forte, elle peut à la fois centraliser les critiques tout en pouvant massivement diffuser “sa” vérité. Les problématiques confidentielles le restent ou circulent en boucle limitée dans un réseau de pairs. Même si on apprend avec qui couche le patron d’une entité cotée au CAC, ça n’a que peu d’importance in fine . Le risque de voir un papier ou un post sur le sujet est extrêmement faible. Normal, c’est un non-sujet dans l’univers où opère l’entreprise.

Oui mais voilà, la question est beaucoup plus grave quand il s’agit des individus. Si on devait schématiser leurs différences avec une entreprise, voilà une grille d’analyse possible (attention je ne parle que de l’individu qui habite un pays lui laissant le temps de pouvoir être “socialement connecté”) :

  • les entreprises ont 2 missions liées : créer de la valeur durablement et faire tourner ses ressources (humaines, machines…) pour pouvoir maintenir voire augmenter l’output et satisfaire ses actionnaires
  • les individus ont X aspérités liées : vivre, être heureux, gérer les problèmes / risques (voir à ce propos tout ce qui concerne la modernité liquide), trouver un job, tomber amoureux, préparer sa descendance…

L’intimité de l’entreprise, ce sera un rituel interne, un déroulé de séminaire, la couleur des toilettes du 3ème…L’intimité de l’individu a trait à ses amours, ses passions, ses histoires, ses connaissances.

Attaquer ou diffamer justement ou injustement une entreprise attaquera une fonction de production. Point.

Attaquer ou diffamer justement ou injustement un individu aura des conséquences sociales, personnelles, affectives, voire médicales (après tout Britney n’est-elle pas devenue plus fragile après avoir été harcelée par les médias ?) et j’en passe. La durée de vie d’un individu est, en étant cynique, potentiellement moins longue qu’une entreprise “worldwide”. Accuser un individu injustement de pédophilie le touchera sans doute durablement, même blanchi. Accuser un DG de délit d’initiés affectera son entreprise, mais cette dernière aura toute une série de mesures et de répartition de la charge entre parties prenantes lui permettant de se “racheter une réputation”.

Nous ne sommes donc pas égaux sur nos opportunités de nous défendre. Pourtant les médias sociaux donnent équitablement la possibilité de nuire à autrui ou à une entreprise…Déséquilibre d’origine.

Maitre Eolas nous éclaire (un peu) sur nos droits par rapport à une diffamation :

[le blogueur doit] “-Publier gratuitement et sous trois jours à compter de la réception un droit de réponse de toute personne nommée ou désignée dans un billet ou un commentaire, sous la même forme de caractère et de taille, sans que cette réponse ne puisse dépasser la longueur de l’écrit initial (sauf accord de l’éditeur, bien sûr). Dans le cas d’une mise en cause par un commentaire, la personne en question pourra y répondre directement par un commentaire la plupart du temps, bien sûr. Dans le cas d’une mise en cause dans un billet, l’éditeur doit publier le droit de réponse sous forme d’un billet. Sanction : 3.750 euros d’amende, article 6, IV de la LCEN”

On indique souvent que certains blogs sont des journaux intimes. Que donc on peut y dire ce que l’on veut. Ceci dit un journal intime est généralement lu seulement par son auteur (et par sa mère qui farfouille). Un blog est par définition potentiellement lu par n’importe qui. Or ce n’importe qui ne vient généralement pas par hasard sur un espace : j’ajoute par exemple le lien de mon blog sur Facebook; à supposer que j’ai un profil un petit peu public, un internaute que je ne connais pas mais qu’un de mes “friends” connait peut venir donc sur Citizen L. Formidable ! sauf si je me mettais à tirer à boulets rouges sur des individus ou à leur prêter des intentions ou des paroles qu’ils n’ont pas tenues. Mais alors peut-on se protéger derrière l’argument lolesque de la liberté d’expression totale dans un diary ? Non pour Maitre Eolas :

“il faut que la personne soit identifiée ou au moins identifiable. Inutile qu’il soit identifiable par des milliers de personnes. Un groupe restreint suffit, du moment qu’il peut subir un préjudice du fait d’être reconnu par ce groupe comme le milieu professionnel dans lequel il évolue (par exemple : un chercheur dénoncé auprès de la direction du CNRS comme étant un terroriste international, mais là j’exagère avec mes exemples : personne ne serait assez stupide et méchant pour oser faire une chose pareille).”

La nuance est de taille : même si la personne qu’un blogueur accuse n’est reconnaissable que par 3 personnes (son petit ami, son employeur et sa collègue de bureau), elle peut connaitre un immense préjudice. La loi nous protège de ce genre de préjudice.

La conclusion de ce post ?

La loi nous protège donc du gossip écrit. Et c’est plutôt une bonne nouvelle de se dire que la nécessité de la paix peut aller de pair avec la liberté. Et de faire taire la meute des charognards.

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September 28th, 2008

A night at the roxbury vs Jim Carey SNL

by Laurent Francois

Dans notre modernité liquide, il est parfois bien de tenter de revisiter ce qui a fait le buzz il y a quelques années déjà.

C’est le cas avec ce oldies pour bien commencer la semaine :

Le clip original de Haddaway :

et la version de Jim Carey pour SNL :



Les explications ici. Merci à Q. pour l’info.
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September 27th, 2008

L-Word : Liberal Jew – Sarah Silverman. Citizen Generated Content ?

by Laurent Francois


The Great Schlep from The Great Schlep on Vimeo.

Sarah Silverman nous explique pourquoi les Juifs de Floride doivent voter Obama.

Citizen Generated Content ? :)

Merci à T. pour la découverte

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September 26th, 2008

Pourquoi je n'aime pas la vidéo Diesel XXX Party

by Laurent Francois


Citoyens !
Court en ce moment la rumeur de la soirée des 30 ans de Diesel à travers cette vidéo pensée comme un porno-cartoon. Insight chez Nicolas Mirguet :
“Il faut dire que le principe, très bien trouvé (bien que “pompé” des Safe For Work Porno), provoque son effet et le sexe (même détourné) reste un des meilleurs ingrédients pour buzzer. Ils ont ainsi repris des séquences de vieux films porno des années 70 en remplaçant toutes les parties “sensibles” par des dessins animés plutôt bien trouvés.”
Sauf que 3 points au minimum m’agacent :
  1. faire ou représenter du sexe pour vendre, comment dire…c’est buzzant. Oui faire une sex-tape quand on s’appelle Paris Hilton, c’est une façon de se pipoliser à outrance et de noyer toutes les presses de son mojo. Sauf que Paris peut assumer le fait qu’elle soit dans les tabloids ou des sites pornos, elle vend de la midinette provok’ voire vulgos, c’est sa core competence. Or Diesel vend des jeans censés être de qualité (d’où le prix) et qui appartiennent à un univers engagé, disruptif, clashant donc rare. Là le porno fun n’est utilisé qu’à un degré zéro de narration : on utilise l’acte froid même en y mettant une touche de pop-art simplement pour faire parler. La création devient un prétexte. C’est un peu déceptif pour une marque qui se revendique être subversive…
  2. …mon second point s’attaque au manque d’originalité du clip. Les festivals de films porno seventies / eighties se sont déjà massivement implantés à Londres ou encore Paris (Paris Porn Fest à partir du 9 octobre par exemple). Ces festivals incluent nombre de shows, défilés, concerts, univers, rappelant qu’à cette époque le porno, ce n’était pas que 30s regardés à la va-vite sur Youporn mais bien une vraie production, une vraie révolution liée à un certain esprit “68tard”. Or là ce clip n’est qu’un montage finalement désincarné
  3. enfin Diesel a par le passé été capable de se déchainer sur des campagnes brise-tabou, “rebelles”, et pourtant compréhensibles par le plus grand nombre (ex : Global Warming Ready). Pourquoi ne pas avoir creusé la piste ?

Je rejoins finalement Grégory Pouy :
La question que je me pose, c’est de savoir s’il était intéressant pour Diesel d’être ce 1er car cela n’est pas tout à fait cohérent avec le positionnement haut de gamme qu’ils essaient de se donner dans le même temps.
Attention, je ne suis pas en train de dire qu’on ne peut pas être haut de gamme et fun mais ici, la vidéo n’est plus dans la suggestion mais plutôt dans l’emballage fun d’actions que l’on devine aisément…
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September 25th, 2008

Citizens'views #8 : "Facebook a démocratisé le Réseau Social Numérique" Amine Azariz de l'AMGE-Caravane

by Laurent Francois

Amine Azariz et moi avions collaboré pour le lancement d’un film de Nabil Ayouch il y a quelques mois (Whatever Lola wants). J’avais été surpris de la très forte mobilisation de la communauté marocaine en ligne et des conversations qui s’étaient déclenchées dans la blogosphère francophone autour de l’univers du film.

  • Citoyen ! Peux-tu te présenter, nous dire ce que tu fais, et nous dire à quand remonte ton premier contact avec le web ?

Amine Azariz, 22ans, élève ingénieur en 5ème année, Architecture des Systèmes d’Information.
Mon premier contact avec le web s’est fait vers l’âge de dix ou onze ans, deux ou trois ans après mon premier contact avec un ordinateur, à l’époque où la seule porte donnant sur la toile était Yahoo, Netscape (le portail) et compagnie. Ce fût un grand coup de foudre, ça m’a guidé le long de mon parcours, dans mes études, mes hobbies et mes projets professionnels …

  • Peux-tu présenter l’AMGE ? Et nous dire la place d’internet dans sa stratégie ?

L’AMGE-Caravane est l’association d’élèves marocains des grandes écoles d’ingénieurs, de commerce et universités de France. Elle compte aujourd’hui plus de 5000 membres répartis sur tout le pays, elle oeuvre à accueillir, soutenir et accompagner les étudiants durant leur scolarité et leurs débuts dans le monde du travail, son objectif est d’aussi faire rayonner le Maroc et sa culture en France.

Internet fait partie intégrante de la stratégie de communication de l’association, au travers de son site L’équipe communique sur tous les événements et manifestation en relation avec son activité, interagit avec ses membres ainsi que les étudiants marocains souhaitant continuer leurs études en France. C’est un outil précieux et indispensable dans la longévité de l’association.

  • Le web a l’air d’être de plus en plus présent dans le quotidien des Marocains : quels sont les réseaux sociaux les plus utilisés ?

Le web est de plus en plus présent dans le quotidien des marocains, tout comme le reste du monde. La vague internet a commencé il y a quelques années déjà au Maroc avec l’arrivée des cyber café puis ensuite des formules proposées par les opérateurs téléphoniques pour les particuliers, maintenant la majorité des foyers, du monde urbain, est équipé et dans le monde rural Internet commence à se répandre grâce aux solutions sans fil des opérateurs.

Pour revenir à votre question sur les réseaux sociaux, je dirais que Facebook, un peu à l’image des autres pays, a connu un succès sans précédent dans l’histoire d’Internet au Maroc. C’est devenu LE site où “you have to be in”, maintenant c’est devenu inconcevable qu’un jeune de 14 à 30 ans n’ai pas encore un compte sur Facebook. Avant, il y a eu quelques “timides” percées, dans le monde professionnel, des sites tel que LinkedIn, Viadeo mais ça a toujours été réservé à un un public averti et très restreint. Facebook a démocratisé le “Réseau Social Numérique” et compte quelques 300.000 utilisateurs actifs résidant au Maroc.

  • Si tu avais une utopie réalisable grâce à internet, quelle serait-elle ?

A court terme, ça serait ce qui est entrain de voir le jour en ce moment, des objets de la vie quotidienne qui “prennent vie” grâce a leur connexion en permanence avec le Net, le Frigo qui commande tout seul des aliments bientôt périmés, le décor de salon qui vous lit les dernières nouvelles du monde en temps réel, la montre constamment synchronisée sans aucune intervention, la voiture qui, en se basant sur le gps et le net, fait le guide touristique pendant vos voyages …

Mais dans à plus long terme, pour moi, ça serait une technologie permettant de faire “sauter” la barrière de la langue entre tous les peuples du monde, sans intervention de l’humain. Une sorte de traducteur géant qui peut interpréter le message émis en se basant sur la langue mais aussi la culture et tout le patrimoine du pays et traduire en temps réel le tout en quelque chose de complètement compréhensible par l’interlocuteur qui est à l’autre bout de la terre. Résultat, plus de ciblage des populations et adaptation de ses contenus, les sites ne viseront plus un groupe de personnes mais le monde entier, le contenu sur internet et donc le Savoir de l’humanité deviendrait accessible a tous.

Et pourquoi pas? qui aurait dit qu’un jour on pourrait décoder le génome humain ? Grâce à Internet on l’a fait.

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September 24th, 2008

Etat de la blogosphère et états d'AM (affinity media)

by Laurent Francois

Citoyens !

Technorati vient de diffuser son désormais légendaire “State of the blogosphere”. Tu n’as qu’à cliquer sur l’image pour voir :

2 insights à retenir à mon sens

  • la frontière sur ce qu’est un “blog” est de plus en plus flou, on le constate dans les chiffres qui varient d’une étude à l’autre (des écarts de plusieurs millions, si on l’appliquait à des politiques publiques, ce serait dramatique, mais passons). L’idée est que l’appellation “blog” est de plus en plus associée à “feed”, qui inclut donc à la fois des journaux intimes et de grands médias traditionnels comme Le Figaro. De nouvelles catégorisations vont très prochainement voir le jour : personal feed, individual media ?
  • cette idée de “feed” est désormais un phénomène global : toutes les langues dominantes sont représentées et on assiste à des conversations à la fois de plus en plus nombreuses et de plus en plus techniques (masse + niches)

Quant aux médias sociaux en général, j’ai eu une formidable après-midi chez mes petits copains de Londres… On constate de plus en plus l’introduction de la notion d’affinité, de média social affinitaire, qui est une idée “dynamique“, en regard avec des attributs plus “statiques”, communautaires du type “je suis un teenager”, “je suis juif”, “je suis hétéro” etc.

Ning en est un très bon exemple, mais il serait par exemple intéressant de voir que les réseaux sociaux des individus se constituent d’un côté autour d’un réseau implicite mais qu’il se développe surtout via des rencontres autour de centres d’intérêts, autour de projets affinitaires. C’est une intuition raisonnée ceci dit ;)

Dans l’Eurostar j’ai d’ailleurs vu que Jay Deragon avait lui aussi la même lubie affinitaire que nous :

“Affinity: People have affinity to people and things. It is the “affinity” that creates stickiness, conversations and followers. Webster’s defines affinity as 1): an attraction to or liking for something, (2) an attractive force between substances or particles that causes them to enter into and remain in chemical combination (3) likeness based on relationship or causal connection. To accomplish anything in life two or more people gather together based on an affinity to the goal or objective. People have an affinity to certain causes aimed at accomplishing both personal and professional objectives. Businesses create products and services whose affinity is aimed at attracting markets of people and subsequent commerce.

Attention aussi que tout comme n’importe quelle relation humaine, amitié, respect etc. il peut arriver des moments où les gens “ne se parlent plus”, soient un peu brouillés…L’avantage dans tout ça, c’est que même si tu boudes, tu pourras peut-être te rabibocher si tu présentes des excuses. La marque et le consommateur pourront donc mettre fin à leur défiance !

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