Archive for October 12th, 2008

October 12th, 2008

le Web 2 comme We(b) 2 people : Michael Arrington devrait relire Tim O'Reilly

by Laurent Francois

Citoyens ! Michael Arrington s’est énervé tout rouge il y a quelques jours, annonçant la mort du Web 2. Ses raisons sont les suivantes :

“This time, Wall Street and our government screwed everything up all on their own while we minded our own business and acquired our own instead of going public at crazy valuations. So what exactly just ended? Easy capital to start. And that means already funded companies are going to tighten their belts in a big way, per the request/demand of venture capitalists like Sequoia Capital, Benchmark Capital and Ron Conway (…) Goodbye, Web 2.0. I hope I never have to type those words again. Now can we please get back to work? There’s still a ton left to do before we get to Matrix-style virtual reality, the Singularity, and mobile phones with batteries that last a whole day.”

Surévaluation du PER de certaines start-ups, peut-être aussi une exaspération de l’environnement de la Silicon Valley où tout est baggy-pink-is-beautiful, et la crise financière par dessus le marché (mauvaise blague)…

Pourtant, mon parti pris est de dire que ce qui est au centre du Web 2, ce n’est pas la Valley, ni la technologie, mais les gens. En fait, au lieu de parler de Web 2, on pourrait presque assumer un “We(b) 2 people” en référence à la Constitution US.

Je reprends l’origine du terme de Web 2 grâce à Tim O’Reilly qui expliquait en 2005 ce qu’il entendait par la notion : ce qui est au centre, c’est que le web est une plateforme où l’on contrôle ses données personnelles (création, diffusion, modification ?). Au centre donc, du transactionnel et de la coordination en rapport avec les besoins (économiques, sociaux, financiers et à terme éthiques) d’êtres humains. Quand on voit la richesse des nouveaux projets qui naissent en Europe ou en Afrique, on ne peut qu’être optimistes.

L’argument le plus fort est chez Titanas (blogueur grec, en interview très rapidement sur Citizen L.)  :

“Yes [the web is], a bitch but an adolescent one. Currently, only 21.9% of the world’s population or 1,46 billion people are internet users with 59.9% of EU or 293M, 19% of China or 253M, 71.4% of US or 215M. According to The Organization for Economic Cooperation and Development, the total number of US broadband subscribers till December 2007 was 70M or almost 3 times less than all US internet users. No broadband, no Web 2.0 for the YouTube video love or the Flickr photo affection. Simply put, Web 2.0 is PYT for the majority of people out there.”

Tuer le Web 2 et ses potentiels humains alors qu’il n’a finalement pas encore percé massivement est sans-doûte un raccourci un peu rapide.

Il y a en effet dans la réflexion d’Arrington à la fois un argumentaire fort impertinent (je tape dans la fourmilière) et en même temps très éthnocentré (au-delà de la Silicon, le chaos).

“the Singularity, and mobile phones with batteries that last a whole day.” Sans doûte aurait-il été plus fort de militer non pas pour une autonomie de l’I-phone plus longue mais pour une plus grande litéracie du web.

Rendez-vous sur Hellocoton !
October 12th, 2008

Video killed the radio star ? Ou peut-être a-t-elle tué la TV ? Nouvel usage du média vidéo

by Laurent Francois

Citoyens ! Jeff Pulver nous fait partager une analyse intéressante qui prédit le déclin des chaines de télévision traditionnelles :

“How does this happen? It happens because there is a portion of the existing 16-24 generation which does not watch traditional broadcast TV and they are not watching Cable TV. What they are watching is TV content repurposed and available on the internet.”

En clair, cette “génération Y” a un nouvel usage du média vidéo (à opposer à la “télévision” en tant que média de masse); le trajet par lequel elle accède au contenu n’a plus rien à voir avec les classes d’âge antérieures :

  • elle peut choisir quand regarder le programme qui l’intéresse
  • elle est hyper-connectée
  • la fonction “agrégative” de la télévision est de moins en moins pertinente (agrégation des points de vue au centre du foyer familial par exemple et agrégation de programmes constituant un “style” de chaine…)
  • le rituel familial de s’assoir devant la télévision est en train de devenir une image d’Epinal

Alors face à cette atomisation du média vidéo, la multiplication des chaînes thématiques sur les offres câble / satellite est-elle la parade ?

Pas sûre du tout : la tendance inverse est confirmée par cette démonstration trouvée sur The Wall Street Journal :

“And while cable operators say that the industry has provided far more value over the years, with everything from more channels to video-on-demand, most consumers actually use only a small portion of the cable-television offerings they pay for. Last year, the average home received 118.6 cable channels but only tuned into about 16 of them, or 13% of the total available to them, according to the Nielsen Co.”

En clair, ce n’est pas parce que l’offre de chaines thématiques s’amplifie sur le câble que les citoyens en consomment plus.

Que reste-t-il donc à la télévision par rapport à la myriade de nouveaux contenus audiovisuelles sur le Web ?

Quelques pistes de réflexions :

  • la capacité à produire des émissions de qualité, des films et des environnements plus complets qu’une web-TV faite dans sa chambre
  • la possibilité de déployer un réseau considérable afin d’être pertinent sur un sujet ciblé (ex : une émission politique ne peut concentrer des “stars” au même endroit que si elle est suffisamment médiatique…) aka la captation et la monopolisation de ressources
  • … ?

Le nouveau média vidéo est peut-être en train de tuer la TV…

Rendez-vous sur Hellocoton !