Les ayatollahs du digital et le piège du discours commercial sur Twitter et Facebook

by Laurent Francois


@Geek and Poke via Enikao

Citoyens !

Le monde entier (enfin plus précisément notre monde magique de communicants z’et marketeux) est en train de scander partout que nous devons penser Facebook et Twitter. J’ai même eu droit à une leçon de statuts FB par une agence médias récemment, qui ne comprenait pas pourquoi le mot “influence” de mon métier pouvait aussi couvrir du digital. Damn!

On en parle même sur Adage:

“While overall spending on marketing may go up, traditional-media outlays are declining, and spending is growing on the creative and technology necessary to implement social campaigns on Facebook, Twitter and MySpace. Agencies have to find a way to continue to make money in this environment.”

C’est probablement vrai : Facebook et Twitter doivent être considérés dans une stratégie de com. Soit. Mais les gens qui disent que tu DOIS penser Facebook ou Twitter oublient un élément clé: la première vraie question est “pourquoi communiquer ?”. On se doit de penser 360°, stratégique, long-terme, communication globale…et pas seulement tactique. S’ils continuent à parler aux clients d’outils sans expliquer les logiques derrière, on passe à côté de 2 éléments :

  • on oublie tous les chemins traditions qui pourraient être totalement pertinents en complément d’une stratégie orientée vers les médias sociaux
  • on réduit notre scope d’action (comme réduire la communication digitale à des relations blogueurs, alors que déjà on n’est pas seuls de par le web social, et que ça parait extrêmement segmentant, mais passons…)

Plus dangereux, ce type d’attitude “évangéliste” et malheureusement trop doctrinal génère 2 conséquences négatives :

  • c’est donc normal si les clients viennent vous/nous voir avec des briefs du type “nous voulons être présents sur Twitter”
  • c’est donc normal que les clients s’interrogent si dans nos/vos recommandations social media ne se retrouvent pas les formidables-indispensables-géniaux-ze place to be-Twitter-machin-et-Facebook-chouette

(Bah quoi : j’ai l’air énervé contre les gourous digitaux ? ) ;)

Jean-Pierre Coffe dirait : “exigeons la perfection, c’est moins cher” ! (sur le long terme).

No Comments to “Les ayatollahs du digital et le piège du discours commercial sur Twitter et Facebook”

  1. C’est fou tous ces gens qui choisissent l’outil avant de savoir quel usage ils veulent en faire, et quel objectif ils poursuivent. Ca reviendrait à dire :
    (FB & Twitter)
    - je veux un vélo !
    - pour aller à Moscou ?

    Ou encore :
    (blogosphère)
    - je vais y aller en stop !
    - à Madagascar ?

    Ou même :
    (pub)
    - ce qu’il me faut, c’est un Airbus A 380 !
    - pour aller chercher le pain ?

    (Franchement, Geek & Poke fait du très beau boulot ! ;-) )

  2. et puis il y a les gens hardcore qui veulent faire du commerce de proximité digital :D

  3. Je peux comprendre cet énervement, l’ayant expérimente à plusieurs reprises. Seulement, il ne doit pas être relié à une passion ou une expertise pour le digital.

    Ces attitudes de “survente inappropriée”, ont été constaté pour toute les évolutions du web depuis 10 ans :
    - En 1998, les boites (agences/annonceurs) venaient voir ceux qui faisaient du web (peu nombreux à l’époque) en leur disant “on veut un site web !”. Pourquoi ? Ils ne savaient pas. L’important c’était qu’ils y soient comme leur voisins.
    - En 2005, les boites (agences/annonceurs) allaient voir (ou se faire vendre) des blogs. Pourquoi ? Aucune idée, mais leurs voisins l’avaient fait et on en avait parlé dans le journal, ça devait être bien.
    - En 2007, ça a été Second Life. “Il faut absolument y être ! Quoi, tu n’as pas ton ile ? Looser !”
    - En 2007, ça a été également les opérations de Buzz. Je veux faire du buzz sur Internet avec mon film TV qui va parler de tampons hygiéniques.
    - En 2008, ça a été les opérations blogueurs. “trop cool, j’ai eu 5 articles sur des blogs!”
    - En 2009, Facebook est devenu indispensable.
    - En 2009 encore, Twitter fait parler de lui.

    Des gourous digitaux, je n’en vois pas beaucoup là dedans. Je vois surtout des commerciaux qui vendent tout à n’importe qui sans se soucier des fondamentaux du marketing (cible/objectif/message).

    Donc ne tapons pas sur les passionnés du web. Au contraire, qu’ils restent passionnés. Tapons plutôt sur les vendeurs qui vendent n’importe quoi. Et sur ces cons d’annonceurs qui achètent. Et longue vie aux pros du digital.

    Mais les acheteurs d’aujourd’hui ne sont-ils pas les vendeurs d’hier?

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