L’engouement des internautes était bien manifeste sur le web bien avant la finale de l’Eurovision pour la jeune Lena Meyer-Landrut qui a fait vibrer l’Europe samedi soir.
Avec 218 000 fans sur Facebook, on sent que la chanteuse a de beaux jours devant elle. Après Abba, une nouvelle icône internationale ?
Impossible cependant de prédire que tous les engouements web signifient une totale popularité “In Real Life”. Les différentes controverses en Allemagne sur l’accent anglais de la chanteuse seraient à analyser : opportunité afin de faire grandir sa popularité (plus on parle de moi, mieux c’est, même en mal / si on garde un ratio positif ?) ?
Je lance aujourd’hui une petite chaine auprès de blogueurs marketeux / sociologues / social media boys & girls / curieux afin de recueillir “les avis sur l’avancée du web social dans nos vies, et dans le cas du présent questionnaire, sur le marketing” (merci Thibaut qui a déjà écrit son #webcream ! ).
6 questions donc :
Qu’est-ce qui est ouvert, là, tout de suite, dans tes onglets ou sur ton portable ?
Firefox avec 10 onglets ouverts dont : GMAIL comme “central”, Facebook Insights, Twitter, Posterous, 2 backoffices de blogs, un backoffice de solution de monitoring, et quelques articles en train d’être lus que je vais peut-être pearlés.
Quelles sont les 3 figures digitales les plus influentes pour toi en ce moment ?
Mark Zuckerberg parce qu’il teste ce que nos sociétés sont capables d’accepter en termes de privacy et qu’il est le seul à pouvoir jouer avec autant de données.
Carol Bartz de Yahoo! car depuis son clash contre Arrington a prouvé que le Social Media était au cœur des entreprises de demain et plus seulement l’apanage de petites boites techies.
Stefani Germanotta alias Lady Gaga car c’est probablement la première à utiliser de manière aussi forte le marketing affinitaire et à utiliser tous les leviers digitaux de notre temps. “On peut être une artiste grand public et s’inspirer de l’avant-garde artistique, vouloir gagner de l’argent et critiquer la société qui l’entoure, être dans la caricature et avoir de l’émotion“ Clément Ghys dans Libé.
Quel est le produit qui te semble le plus impactant pour les prochaines années ?
Google TV car il va mettre le Social Media au cœur des familles; qu’on le veuille ou non, la TV est encore l’une des places prépondérantes de socialisation des familles et des êtres humains, de Bali à Boston. Ajouter les “features” et les appli web sociales au petit écran va totalement changer la façon dont on va vivre les Grands Messes télévisuelles : imaginez les live events de Facebook directement dans l’écran de TV, en commentant en direct par webcam l’émission.
Quelle campagne marketing (pas seulement digital) t’a marquée cette année ?
Greyson et sa reprise Lady Gaga-esque ou comment un anonyme talentueux peut se faire détecter via une attention d’internautes par une icône médiatique, Ellen DeGeneres, jury de Pop Idol, qui détourne le climax d’attention pour produire le prodige en créant son propre label : détournement affinitaire, influence digitale, transformation en produit grand public.
Donne-nous une adresse vers un site / blog pas forcément très connu mais qui est inspirant pour toi marketer ?
PagesJaunes.fr qui me donne le numéro de téléphone de gens qui sont prescripteurs dans tout un tas de domaines que ni les journalistes ni les blogueurs ne traitent forcément.
Quel mot ou association de mot résume ce début d’année dans l’univers marketing ?
Branded brand. Curator, aussi. Extime, plus que jamais. Digital street, bien sûr.
Un point important soulevé par David Armano sur son blog, qui nuance les analyses sur le géant Facebook et Twitter, afin de se concentrer sur la vraie tendance de fond, à savoir le Social Sharing :
“But if you take a closer look, this is part of a more macro trend that transcends two social platforms–despite their emerging dominance. That macro trend is ubiquitous sharing: What are you doing? Where are you doing it? Who are you doing it with? What do you like? These used to be things we kept to ourselves or shared with our friends and family. Now we’re willing to broadcast them to whomever is willing to listen.”
En clair : ce qui restait autrefois privé ou dans une relation qui ne laissait aucune trace est désormais sur un espace entre-deux, de recommandation mi-publique mi-privée.
Aussi parce que les “autres” sont aussi devenus des ambassadeurs de qui nous sommes. Pour ne pas dire “actionnaires”. Danger ? Sans doute. Extime…
Epikurienne, ou plutôt Gaëlle, est ce qu’on pourrait appeler la super PR / community manager de Secret Square, le club qui monte qui monte et qui remonte les nuits sexy de la capitale.
Pourquoi donc un post à sa gloire ? Car elle incarne les PR de demain :
différentiation entre les différentes typologies d’influenceurs par affinité plutôt que par média :
- ici et là des invitations avec des prêtresses d’une nouvelle sexualité ou d’un nouveau rapport aux shows sexy
- ici et là des conversations avec des journalistes sur un mode totalement informel
- ici et là des relations avec des influenceurs offline qui s’expriment énormément en ligne
la transformation des liens noués en ligne par une expérience “in situ”
- l’objectif pour Gaelle : qu’un maximum de prescripteurs viennent au Secret Square et qu’ils en parlent naturellement, en amont, pendant et après
- la continuité du lien : Epikurienne remet en avant les anecdotes de la veille, cite les influenceurs digitaux présents. Bref, construit un récit à plusieurs, tout en gardant le contrôle puisqu’elle est le lien
une mise en scène digitale de sa personne
- peut-être qu’Epikurienne est radicalement différente quand elle est Gaëlle L. N’empêche que la sémantique est sexy, voluptueuse, “cheeky” mais raffinée en ligne. Le positionnement du Secret Square “le seul restaurant et cabaret aphrodisiaque”. Epikurienne = Secret Square
une transformation de son plan d’actions en opportunité de communication
- ici une soirée pour les avocats ? pourquoi ne pas informer la communauté sur Twitter. Ici un stage initiation ? Pourquoi ne pas offrir une place à un Fan sur Facebook ?
des espaces sociaux de destination en fonction des publics :
- un facebook à vocation informative et “promotionnel”
- un twitter pour un contact direct avec les influenceurs
- un Foursquare pour toucher les plus techno-trendy et faire vivre son lieu dans les poches remplis de smartphones du chaland
une story qui se décline dans des univers connexes :
- la musique par exemple : l’artiste Yelena Neva est produite par Secret Square sur MyMajor Company
La mise en avant des influenceurs, véritables “actionnaires” de la réputation du Secret Square
- un article de blogueuse original sur le strip-tease ? elle le met en avant sur les espaces digitaux
Mais alors, pourquoi “ça” marche dans le cas du Secret Square ?
la spécificité de la nuit parisienne. On a tendance à l’oublier, n’empêche qu’entre une boite de nuit A et un club B, c’est souvent la personnalité du “patron” qui fait la différence. Je ne vais pas comparer Epikurienne à Michou, n’empêche qu’elle endosse ce rôle d’hôte off et online
une proximité avec la cible : il ne s’agit pas d’aller “engager” des millions de fans de différents pays, mais un pool limité d’individus. Bonne pioche : les influenceurs sélectionnés sont aussi les clients potentiels. Influence = CRM
une taille limitée : Epikurienne peut gérer seule les différents nœuds de connexion
la richesse de l’histoire : gastronomie, sexe, égéries, danse…le panel est vaste ! Plus simple que de parler de la culture de crevette en Auvergne (je caricature bien sûr).
Uniqlo s’associe à Disney pour une gamme originale autour de Mickey.
Jusque là, c’est déjà fun. On se rappelle la toute récente collection Manga qui envoyait du lourd.
Mais là, le concept va un peu plus loin encore. En association avec A Nous Paris (le titre dont on espère un jour voir une déclinaison web vu les tips & tricks de qualité distillés chaque semaine dans le métro), un grand concours de style va avoir lieu à partir de vendredi 28 mai au flagship vers Opéra. Pour le gagnant : la Une d’A Nous Paris…
Un média mash-up avec une branded brand. Marketeux du monde entier, unissons-nous.
Le mystère Lady Gaga était de la partie en France, à Bercy. Des sourires et des hommes.
Le mystère d’une comète lancée en quelques mois. Des paroles lancées à tire larigot. Des commentaires, multiples.
Et une constante, si on suit le fameux “storytelling”.
Une histoire, si on résume, ce sont 3 parties prenantes :
un producteur / créateur : celui qui va de façon industrielle ou artisanale “créer” l’œuvre ou le produit, c’est selon
l’acteur ou les acteurs : ceux qui vont incarner voire interpréter l’histoire
les audiences : on les oublie souvent, pourtant ce sont eux qui vont s’approprier l’histoire et la porter ailleurs
A l’heure digitale, les audiences sont probablement les plus grands investisseurs de la “durabilité” d’une histoire.
Un exemple clé : les “covers”. Ces réinterprétations proposées par des passionnés, sur YouTube.
Et dans le cas de Gaga, ce qui est formidable, c’est qu’on s’intéresse seulement maintenant à l’avant-personnage. Dans Be cette semaine, dans quelques people mags auparavant.
Car les acteurs sont devenus les audiences. Peu importe l’histoire “Fan 2″ sur Gaga. Ce qui compte c’est le “Fan avec”.
Une bonne source m’a récemment expliqué que l’imagination pouvait être un récit collectif.
Je crois que Gaga a un storytelling d’avance : celui d’avoir proposé un pitch qu’elle “défend” à chaque sortie. Mais qui laisse la part libre aux multiples réappropriations par des citoyens populaires.
Un mythe sans mythe initial. Baudrillard se retournerait dans sa tombe.
Manquerait plus qu’elle ne se jette d’un toit. Un Rimbaud sans saison 2.
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