Une excellente initiative menée par des gens de talent autour de la création, du T-Shirt et du Social Media.
Arteest, le nouveau label d’édition de tee-shirts graphiques ouvre ses portes demain.
Véritable maison d’édition, Arteest propose à des artistes de tout horizon de réaliser une œuvre sur un tee-shirt produit en édition limitée.
Au cœur de la démarche d’Arteest : repenser le tee-shirt comme support de création artistique et proposer via son site Internet www.arteest.fr des vêtements uniques, originaux, accessibles et engagés.
La première série est créée par l’artiste Arnaud Pagès. Afin de pouvoir la découvrir, de se rencontrer et fêter l’opening du label; Arteest vous invitons à venir partager un petit Apéro chez Black Rainbow à Paris le 09 Septembre. Taper Arteest sur Facebook bande de jeunes.
Si c’est po mignon.
Une bonne idée afin de :
créer du rituel en ligne un peu à la manière des France Loisirs qui est – rappelons le – un modèle rentable
une façon de pousser le transmédia sur nos corps adulescents
une manière de faire sortir le talent et les pépites du web sur un objet concret
Dans la newsletter CB News du 21 juillet, une information qui pourrait paraitre à première vue étonnante : VSD retourne à ses premiers amours après un virage infructueux à 180° :
“Pour sa nouvelle formule de son hebdomadaire VSD prévue le 5 août prochain, Prisma Presse reprend les recettes qui avaient fait le succès du magazine fondé par Maurice Siegel. Retour au grand format (245X332) sur 88 pages, avec 50% dédiés à l’actualité vue à travers ceux qui la font et 50% consacrés aux loisirs et au week-end. VSD reparaît par ailleurs le jeudi et ressort son célèbre logo arc-en-ciel. La nouvelle formule est soutenue par une campagne en TV, web, affichage et presse mettant en avant la signature “Attendez-vous à l’inattendu”. Elle vise à redresser la diffusion du titre, qui est tombée à 152 221 ex. en 2009 (Diffusion France payée), vs. 193 208 ex. en 2008, selon l’OJD”
Un symbole : la rubrique “buzz” est remplacée par la terminologie “en bref“.
Se pose de suite quelques questions sur l’innovation dans la presse et plus généralement en marketing : faut-il à chaque période de crise et à chaque moment où l’on décide de croitre devoir absolument tout réinventer ?
Pas foncièrement si on prend plusieurs contre-exemples notoires :
American Apparel qui a voulu aller très haut trop vite et trop fort voit l’ensemble de son business en train de s’effondrer
VSD donc qui avait totalement perdu ses lecteurs et lectrices par des choix éditoriaux certes “bien dans le vent” pour les commentateurs du triple axe Champs Elysées / Levallois / Boulogne mais totalement hors sujet pour son public final
Les différentes écoles du change management nous poussent à penser la conclusion suivante : si autrefois le management devait apporter la stabilité comme objectif prioritaire à ses ressources internes, c’est bien désormais la “résilience” qu’il doit tâcher d’apporter aux différents publics externes au business.
La réponse semblerait donc d’introduire y compris dans des marques médias peut-être les méthodologies de storytelling en train d’être appliquées ailleurs :
quel est le récit original qu’un titre apporte ? en s’inspirant énormément des logiques core competences
comment se déclinent ces core competences à leur extrême ? si j’étais Vice Magazine, ce serait par exemple du gonzo journalisme pour traiter l’actu politique de Carla B
quel mode de propagation du titre va-t-on utiliser ? Dans le cas de VSD, le kiosque à côté de la plage reste sans doute une valeur sûre
que puis-je apporter aux personnes investissant plus de temps avec la marque ? aka par exemple les commentateurs d’actu pipole qui relaient les informations du titre sur leurs blogs
comment puis-je fidéliser (plutôt qu’heurter) mon public de fidèle eu égard leurs nouveaux usages ? (ex : ne puis-je pas pousser les buralistes à suggérer la météo plage VSD ?)
Imaginez une prise d’otages, à Manille. Imaginez un bus, avec des vrais gens dedans. Imaginez des chaînes dites d’informations en continu qui décident un 23 août de diffuser en continu les images de la prise d’otage de Manille. Avec bien sûr aucune mise en contexte ou presque. Des commentaires qui n’ajoutent rien. Juste l’incertitude et le souhait évidemment d’un morceau de mort. C’est 24H chrono en direct, mais en mieux.
Dans les médias sociaux et particulièrement sur Twitter, les gens qui parlent à d’autres gens dépossédés d’informations mais contraints d’accepter qu’à l’agenda aujourd’hui, c’est Manille, ça commente fort et ça se bidonne.
“RT @MrXPookie: si vous souhaitez que le terroriste prenne une balle, taper 1, si vous souhaitez une bavure, tapez 2 #manille / j’osais pas:D ” Il y a 8 minutes via TweetDeck
Citoyens ! Mais que s’est-il donc passé ces dernières années pour que les publicités pour parfum à destination des hommes fassent preuve d’aussi peu d’originalité ?
Photo: Andrew Cooper/Chanel
Dernière exemple en date : Chanel pour son dernier parfum, Bleu. Qui pourtant devrait être un must-have quand on connait le talent de Jacques Polge. Il doit être victime de ces jours étranges : il déclarait pour GQ que sa source d’inspiration est “L’époque. Un bon parfum doit coller à son époque, j’essaie de dégager les forces et la mode du moment“.
La campagne est donc shootée à New York, et réalisée par Martin Scorsese. Elle met en scène l’acteur Gaspard Ulliel. Un brave garçon pas mauvais du tout dans ces apparitions mais qui partagerait sa vie avec Jordane Crantelle,”responsable Relations Célébrités” chez…Chanel. Oui je suis de mauvaise foi, et alors ?
Celui-ci donc, prédateur et traité à l’image comme un expert de Miami, part à la recherche d’Ingrid Schram alias Sofi. Attention : le pitch est plus long à lire que le clip lui-même :
“Il s’agit d’un jeune acteur charismatique dont le talent, doublé d’un esprit rebelle et d’une bonne étoile, l’ont propulsé sur le devant de la scène. Bien qu’il ait tout au long de sa carrière refusé de se plier aux conventions, il se trouve aujourd’hui contraint de mener un mode de vie qu’il n’a pas encore assumé. Comme piégé, il s’efforce de trouver une forme d’épanouissement spirituel au sein d’une industrie par définition non spirituelle -où les sirènes de la corruption le mettent constamment en danger- mais qui lui offre la liberté d’exploiter une inépuisable source d’inspiration et de s’exprimer pleinement. Au premier contact, il émane de cet homme au regard un peu perdu un air de solitude (tout n’est-il pas qu’aveuglement ?). Avec la sortie de son dernier film, il va bientôt devoir tirer un trait sur son ancienne vie, bien qu’il ne se sente pas encore tout à fait prêt à tourner la page. C’est un homme hors du temps, attaché au passé… à une fille en particulier : Sofi, son premier amour, celle qui lui a procuré pendant des années la dose de passion tumultueuse dont il pensait avoir besoin pour nourrir son travail. Le jour où il la revoit en public après une longue rupture, il se demande s’il l’aime encore ou s’il n’est pas seulement en train d’essayer de courir après une chimère. Il doit à tout prix prendre une décision. En dépit d’un contexte émotionnel chargé, il parviendra finalement à se débarrasser de ses doutes pour s’engager dans sa nouvelle vie tout en continuant à faire ce qu’il sait faire de mieux : surprendre.”
Ca c’est de la publicité aspirationnelle, mes enfants. Quand la fiction se base sur la vie d’un acteur de fiction. Tu parles d’inattendu…Un vrai problème qui démontre le paradoxe de rester créatif sur un objet déjà de… création. Dans le cas de Chanel (je leur en veux) on imagine aisément le brief : bon, on va s’adosser à une pointure qui va pousser grâce à sa notoriété de l’intérêt. Ca fera bien pour séduire le con de passage devant Marionnaud le samedi après-midi. Et bien c’est une faute de luxe. Onze ans plus tard, la création d’Alain Astori est toujours d’époque.
Je prends l’exemple de Dark Blue d’Hugo Boss. L’imaginaire était simple : une fragrance tout aussi masculine (en 1999 l’homme moderne était rasé mais voulait déjà bien chopouiller une belle inaccessible ou AAA) et un brin provocatrice. Le slogan était efficace : ne mange pas entre les repas. Au risque d’être old school : je garde donc Hugo sur moi.
Lilzeon aka L.Francois / Daily Dust / a photoblog in Paris
Citoyens !
On lit à outrance que l’infobésité – notion née en 2006 avec le haut débit accessible par tous- de notre monde de flux détruirait in fine la qualité de l’information. Pour Nicolas Voisin, “l’information vit l’instant qui suit celui de la destruction de valeur“. Pour Wired et Anderson, “Google perd la main, lui dont la force est de connecter et d’organiser les contenus créés par d’autres. Et comment Facebook ou iTunes gagnent du terrain, eux qui choisissent de garder le contrôle sur leurs outils (Steve Jobs est d’ailleurs un fervent partisan de ce système). Une économie “à l’ancienne”, selon Wolff, qui conclut son article en écrivant “après un long voyage, nous sommes de retour à la maison”.”
Pourtant, il semblerait que l’on confonde symptômes et syndrome :
les symptômes : une perte de sens relative, une crise de la presse, parfois même des nouvelles pathologies (nervous breakdown avec injonction de lâcher le blackberry)…
le syndrome : et c’est là que le bas blesse; il s’agit d’un changement d’usages côté utilisateurs / lecteurs / audiences / contributeurs, de nécessaire glissement de vision côté presse (un jour, la rédaction .com devra aussi faire de la télé) et d’une guerre économique qui vise soit à éduquer (ex : NY Times) soit à simplifier (ex : Apple désengagé des réseaux sociaux et son monde d’applications en push).
“Car s’il s’agit d’un phénomène souvent associé à Internet (qu’on accuse de démultiplier les sources et de fragmenter la légitimité à produire de la connaissance), la saturation d’informations est avant tout un effet pervers de la société d’information dans sa globalité -y compris les trivia sur les emballages de produits ménagers”.
En clair : le problème n’est pas le volume de données, mais son traitement, l’accessibilité auprès des publics du produit raffiné, et son historicité.
au sujet du traitement de l’information : dès 1934, Paul Otlet expliquait que “le travail de documentation se présente sous un triple aspect : il importe tout d’abord de collectionner et de classer méthodiquement tous les titres de ce qui a été écrit et publié dans les différents pays et aux diverses époques ; puis, l’oeuvre s’élargissant, il y a lieu de réduire en leurs éléments toutes les publications et tous les écrits et de les redistribuer pour en former des dossiers conçus comme les chapitres et les paragraphes d’un unique livre universel ; enfin, devant l’abondance des documents, le besoin s’impose de les résumer et d’en coordonner les matériaux en une Encyclopédie universelle et perpétuelle”.
accessibilité auprès des publics du produit raffiné : 2 éléments
- l’accessibilité a peu à voir avec un moyen purement technique (tout le monde sait installer un plugin…) mais bien avec la capacité à répondre à un objectif qui se base sur l’expression d’un besoin d’un utilisateur. En clair : “Tom Glocer ajoute un second enseignement : le traitement de l’information doit être adapté en fonction d’un objectif précis. C’est cette utilisation de la ressource, vers une transformation pour un usage final, qui donne la valeur de l’information“. Valeur qui peut bien sûr être diffusé par un schéma d’influenceurs ou de caisses de résonance afin de toucher le public final
- produit raffiné : il existe une myriade de traitement de la matière informative, de la data. Tout comme le pétrole qui peut ensuite servir à l’industrie pharmaceutique (soigner un cancer du poumon) ou à produire du super sans plomb (qui augmente les chances d’avoir un cancer du poumon…), il importe d’avoir une notion de l’input et de l’output. J’ai presque envie de dire que produire un simple article est insuffisant : y a-t-il matière à l’événementialiser ? A faire écho à un dossier affinitaire ? A appeler les internautes à participer par le biais d’un sondage ? A pourquoi pas le soumettre à des marques pour nourrir leur positionnement ou améliorer leurs services ?
historicité : depuis que les journalistes sont supposés avoir perdu la main afin d’être les premiers à sortir l’info (ce bon vieux mythe auquel je ne crois qu’à 3% : seuls les journalistes sont payés pour produire de l’info et éventuellement investiguer, donc avoir accès à ce qui est rare, donc cher…), il importe de mettre un sens à l’histoire. Il est vrai qu’aujourd’hui, le premier rapport qu’on entretient avec une page d’accueil de média est une rivière de news qui bâtonne à tout va, un peu comme les flashs radios. La vraie guerre sera bien sûr dans la capacité à continuer à sortir par coups (des accélérateurs de bouche-à-oreille) l’info que personne n’avait…Coup qui rapidement est rattrapé par la concurrence, qui perd donc dans le temps de sa valeur…mais qui peut retrouver une seconde jeunesse via des dossiers qui s’appuient sur les dizaines d’années d’archive des médias, sur une optimisation de ce dossier via l’intervention de nouveaux interlocuteurs. Si le cinéma gagne toujours de l’argent via les sorties en salle, les marges naissent surtout dans les goodies, dans les DVD, dans les partenariats avec des marques, via des RP…Bref par une extension du cycle de vie du produit
En guise de conclusion, on peut en fait être rassuré par les milliards de données, par le volume croissant de conversations ou de sujets :
parce que cette extension ne “finit” pas le monde mais permet au contraire de multiplier les opportunités de création de valeur dans le temps. Des opportunités de curation et de co-création.
parce que ce n’est pas parce que le bruit est incessant qu’il n’est pas possible de le faire taire et de l’orchestrer. Ex : dans un concert, le brouhaha est au début suffocant, puis l’artiste prend d’une certaine manière l’agenda et le lead, entrecoupé par des applaudissements : un “bruit qui pense” comme dirait Victor Hugo.
L’enjeu est finalement d’arriver à produire du silence et de la distance : pas à réduire le volume de données ou d’informations.