Archive for October, 2010

October 29th, 2010

Social Media et régions : Parisianisme vs Régions d’influence

by Laurent Francois

Citoyens !

Certains grands postulats en Social Media marketing et la réalité du terrain en province semblent se contredire.

On essaie généralement via les médias sociaux d’impliquer les communautés les plus pertinentes pour un sujet donné. Ce qui veut dire, par exemple aux Etats-Unis, que quand Ford repart à la conquête de son marché, Ford part dans chaque ville “in real life” afin d’être là où les parties prenantes de se réputation sont.

Zero to 60: Ford’s Social Media Story, by Scott Monty; presented by GasPedal and the Social Media Business Council from GasPedal on Vimeo.

En France, rares sont les événements d’ampleur véritablement nationale ; à part le plus grand défilé du monde des galeries Lafayette, je n’ai pas eu vent d’une opération social media qui tente de cadrer tout le territoire national, à part peut-être certains road-show, notamment menés auprès de publics citoyens (je pense à la Macif, ou à certains groupes politiques, ou encore à rockcorps).

Une véritable destruction de valeur pour les marques, qui pourraient capter une manne énorme d’individus-influenceurs au plus près des actes de consommation : la boutique en dur, le concert sur la place centrale du village…

On rétorquera qu’une marque doit concentrer ses investissements là où les communications sont les plus efficaces. Il est potentiellement plus facile de remplir une salle de meeting à Paris en 10 jours, il est vrai. Mais si on raisonnait plus en profondeur, on verrait que les profits à la marge d’annoncer en province sont colossaux :

  • frais techniques moins chers
  • plus grande disponibilité des “cibles”
  • capacité à inventer de nouveaux process ou de nouvelles idées (par exemple : il est plus facile de faire une démo de VTT dans la montagne autour de Lyon qu’à la Défense…)
  • peut-être plus d’envie, aussi

Des propositions pour 2011 :

  • délocaliser les rédactions des principaux titres Marcom B2B en province, et pas à Cannes
  • voir Zara, Jules, mais aussi McDo, Midas et consorts injecter du Social Media dans leurs publicités locales
  • mettre plus en avant les talentueuses agences de com locales (il y en a foule à Lille) qui essaient de faire des initiatives Social Media
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October 26th, 2010

Quand la FOX 4 s’adresse à ses journalistes pour les mettre en garde des médias sociaux

by Laurent Francois

Citoyens !

FOX 4 a diffusé ce spot à l’attention de ses journalistes afin de leur proposer une fiction absurde dans laquelle les médias sociaux sont d’une certaine manière décriée :

“The skit, created by FOX 4′s Tadd VanCleve, is a tongue-in-cheek critique on the increased use of social media in reporting. It features a faux news report about a City Hall shooting, peppered with plenty of Facebook and Twitter mentions.”

Une manière futée de rappeler que tout comme pour les marketers, il ne s’agit pas de tomber dans la recherche de la “killer application” ou de l’outil qui tue, mais simplement se reposer la question de l’usage et du meilleur medium pour propulser le bon message au bon public…

Ah et pis pour d’autres sujets plus légers, allez gaiement (ou pas) Trendy Geek.

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October 24th, 2010

Je crois en la production de contenus, je crois en la presse

by Laurent Francois

Citoyens !

On m’a demandé encore hier pourquoi j’avais rejoint l’industrie de la presse, alors qu’elle serait censée selon les dires des couloirs de décideurs tomber en ruine, en décrépitude.

Je crois pourtant que la presse n’a jamais autant eu de ressorts et de leviers de progression.

Leviers parce que la presse est le seul endroit du monde où des gens sont payés pour raconter notre monde. Caractéristique clé de notre économie de l’attention où finalement ce qui a le plus de valeur, financière, sociale, économique, c’est cette dimension temps / utilité. Et qu’entre une info mille fois dupliquée sans trop de fond et quelqu’un qui prend le temps de décrypter, j’accorderai toujours plus d’attention, de curiosité ou d’engagement à cette dernière.

Je crois en la presse.

Parce que les marques, si elles n’incarnent plus une histoire qui se partage avec ceux qui les peuplent, pourraient bien voir leurs consommateurs devenus actionnaires de réputation s’enfuir seulement vers les marques de distributeur. Et qu’en étant cynique, toutes les marques ne sont pas égales et ne peuvent toucher dans l’imaginaire cent millions d’âme par elles mêmes. Alors annoncer là où les masses critiques de public se trouvent, à savoir la presse au sens large, est évidemment vital. Notamment via des campagnes qui ne soient pas de l’achat au rabais d’espaces peu qualitatifs, mais des programmes plus engageants. L’annonceur aurait tort de faire écrouler le prix de la page et partant de son achat média : il diminue in fine sa propre valeur.

Je crois en la presse.

Parce qu’a contrario, les petits phénomènes, talents, microcosmes, ont besoin à un moment donné de pouvoir être détectés, mis en lumière, narrés. Rares sont les gens ayant la capacité et le temps de pouvoir propulser ces myriades de pépites auprès des bons carrefours. NRJ façonne des icônes, la presse découvre à l’horizontal ce qui se passe.

Je crois en la presse, surtout à l’heure du web social.

Parce que ce web social a été d’abord conçu par l’économique. Par les services, par les fabricants de besoin ou par les opérateurs. Dès-lors, dans ce monde où les règles sont celles d’un certain marché, la place du citoyen est en fait à peine émergente. Il suffit de regarder au-niveau mondial les grandes plateformes pour se rendre compte à quel point le citoyen laissé seul sans média comme contre-pouvoir se retrouve au mieux consommacteurs, au pire simples réceptacles de messages. Sur les plateformes Nike.com, Nestle.com, PainPerdu.com, on voudra toujours in finé vous vendre plus de paires de pompes, plus de chocolat, plus de pain. On vous fera acheter du communautaire. Sur un média, sans tomber dans trop d’angélisme, on pourra aussi vous demander ce que vous pensez des réformes des retraites, de la dernière exposition à la FIAC etc. Le média sera ce formidable carrefour de liens sociaux. Digitaux, ou pas.

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October 16th, 2010

Influenceur digital : définition, identification, mesure (bases)

by Laurent Francois

Citoyens !

Comme  on a de cesse d’en discuter ici à l’école de la com de Sciences Po ou là au Master in Marketing & Creativity de l’ESCP Europe, un petit résumé des points à prendre en considération quand il s’agit de parler d’influenceur digital paraissait nécessaire  (à noter que plus globalement la pratique 360° Digital Influence est à suivre sur le sujet, étant en fait les premiers à en avoir parlé de la sorte).

A propos de l’influence, je cite l’ami PRland : “n’importe qui ayant la capacité à générer du changement auprès de plus de une personne“.

Une définition certes large mais qui du coup permet de rappeler que l’influence est contextuelle, dynamique et relative.6 grandes briques peuvent permettre d’entamer un déblayage et de mettre un rationnel à l’influence digitale :

Brique 1 : la pertinence avec le sujet

Premières questions à se poser : un individu est-il légitime avec une thématique ? Est-il reconnu par des institutions, par des référents ? Est-il toujours d’actualité ?

Brique 2 : l’influence réelle

En vrac : la personne est-elle affiliée à un groupe d’intérêts ? Est-elle ministre, juge, chef d’entreprise ? Est-elle propriétaire d’une boutique de mode, héritière d’un grand nom, “fille de” ? Lire à ce sujet un précédent billet sur le poujadisme digital

Brique 3 : la puissance dans les médias sociaux

Rapidement : quelle est la présence principale de la personne “monitorée” ? Qui suit son blog ? Avec qui échange-t-elle sur Twitter ? Est-elle reprise, et par qui ? Jusqu’où s’étend sa capacité à être repris, à commencer par les grands médias ?

Brique 4 : l’ouverture à une approche “commerciale” ou “marketing” ?

A savoir : quel format préfère la personne ? Manifeste-t-elle une hostilité quant à certaines marques ou à certaines pratiques ?

Brique 5 : l’historique de la relation avec la personne

C’est probablement la “nouveauté” avec le début d’historique entre des influenceurs digitaux et des marques ou politiques. Tout comme dans un bon CRM, il va falloir essayer de voir quels ont été les précédents, quel est l’état de la relation et de la confiance entre une entité et cette personne. On note par exemple des premiers contre-coups ou “bad buzz” justement à cause d’une mauvaise gestion de l’historique de la relation. C’est tout l’enjeu des fonctions community management : faire en sorte que le carnet d’adresses soit aussi partageable dans la durée (notamment quand une personne qui adresse des communautés quitte l’entreprise)

Brique 6 : l’empathie potentielle avec le projet

On va plus loin avec cette brique que de simplement se poser la question de la proposition de valeur, il va s’agir de jouer avec son intuition et de se demander si l’alchimie peut prendre entre différentes personnes autour d’un projet commun. Un mélange de connaissance des égos, de vision, de connaissance fine des mécanismes au sein de certains types de communautés…On appelle ça j’imagine l’expérience, ou le métier. Peut-être une des raisons pour laquelle on voit si peu d’audaces dans le type d’influenceurs adressés : “toujours les mêmes” entend-on dire. Possible. Car un individu qu’on ne connait pas encore, ça fait peur ;)

Pour les métriques associés, c’est une autre histoire. Qu’on ne dévoilera pas sur ce blog :D

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October 13th, 2010

Le bad buzz, est-ce si grave au fond ? Storytelling et contre-story

by Laurent Francois

Citoyens !

Ce matin encore, un pseudo bad buzz contre Burger King France. Je passe les détails, mais globalement on s’en fout :

En clair : un phénomène d’annonce malin basé sur une vraie attente de fans a permis de lancer un hoax des familles. La flamme twitter permettant de faire effet boule de neiges, l’infime minorité surexposée grossit l’événement, à tel point que quelques médias en ligne “chauds” font des papiers. Lire à ce sujet le bon résumé de Gossip Girl.

Au mieux, l’heureux farceur verra son tour repris dans les rubriques Buzz de télévision et aura son quart de part de voix sur Twitter de gloire. Globalement rien d’incroyable.

Dès-lors, on se posait la question ce midi avec mon vendeur de panini préféré si le bad buzz, au fond, c’est si grave.

Et bien je pense que si le buzz n’est QUE conjoncturel (à savoir une réaction de la petite masse la plus rapide et la mieux informée), sur le long terme, on s’en contre-cogne. Je prends l’exemple de l’affaire Motrin, énorme couverture médiatique puis réaction de la marque. Y a-t-il une hostilité constuite sur le long terme ? Aucune trace du bad buzz sur Google. Sur Twitter, je laisse Trendistic répondre pour moi : “here is too little data for a full chart so we are showing only recent activity“. Alors bien sûr, l’histoire restera présente un certain temps auprès des activistes. Mais au-niveau du grand public, quel changement ?

Depuis la guerre en Irak, on sait que le démenti (c’est-à-dire le rétablissement d’éléments de vérité) est plus fort que le mensonge. En d’autres termes, si le bad buzz n’est qu’un coup conjoncturel, il sert in finé la marque. Les exemples ne manquent pas où le matin on accuse de tous les maux une marque et le soir on félicite le responsable marcom de son écoute et de ses prises de position.

Dès-lors se pose la question de l’activisme digital. Entre nous, si les marques commencent à peine à déployer des histoires de marque sur le long terme, il est en revanche criant de voir à quel point les contre-pouvoirs sont éparpillés dans la contre-story qu’ils opposent. Parce qu’ils se focalisent sur la réaction et pas forcément le fond :

  • pour des raisons évidentes de coûts/coups : il est plus facile de se greffer sur le “fort” et avoir une posture de freerider (les lanceurs de tarte à la crème ont bien démontré l’intérêt de jeter leur produit sur les personnalités)
  • pour des raisons de création d’adhésion : on n’est jamaix mieux contre plutôt que pour
  • pour des raisons de maintien de la relation : gérer les adhésions n’est déjà pas une sinécure, alors gérer d’autres publics…

Pourtant, amis activistes, il va falloir à se mettre à créer de véritables contre-stories :

  • parce qu’autrement les “forts” vont continuer à monopoliser l’agenda de ce qui compte ou de ce qui ne compte pas sur le long terme
  • parce que cette attitude conforte un certain conservatisme (l’exemple de Gap est frappant, merci Sarah des Raconteurs pour le courage de dire sur Facebook ce que beaucoup pensent)
  • parce que la réaction se concentre sur la première phase seulement du cycle de vie d’une information, à savoir là où les courants y sont les plus forts mais où peu sont à bord
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October 12th, 2010

Ecrire pour le web (par Eric Mettout, CFJ)

by Laurent Francois

Citoyens !
Une présentation à lire, relire et rerelire encore écrit par Eric Mettout, rédac chef de chic, de choc et de prof de luxe au CFJ.
Savoir écrire pour le web…la dernière présentation que j’avais lu sur le sujet avait été celle de J. Ronez et insistait (je crois que c’était il y a 4 ans) sur l’ergonomie et le sens de lecture.

Avec la présentation d’Eric, vous comprenez tout l’intérêt du sens de la narration avec 2 insights clés que je recite volontiers :

  • sur le web, un article n’est jamais terminé
  • le marketing est au service des journalistes

et là j’ai envie de dire : merci.

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October 10th, 2010

Community management : l’effet Jérôme Kerviel ?

by Laurent Francois

Citoyens !

Un débat continue à agiter la toile francophone : la question de la séniorité quand on en vient à parler de community management. En clair, il y aurait un constat communément partagé : les jobs de community managers seraient confiés à des personnes trop jeunes, déconnectés des problématiques de la marque qui les emploieraient.

Un élément de contexte, au passage : dans la Valley, les décideurs ont au maximum 30 ans : demande-t-on à Mark Zuckerberg, 26 ans, de rendre des comptes à un “senior” (à savoir un garçon d’environ 35 ans qui a pour rôle de rassurer le client) quand il va vendre ses recettes magiques aux annonceurs ? non, les seniors reportent à Mark Z.

Je pense sincèrement que cette question de l’âge est une formidable blague, perpétrée par 2 catégories d’individus :

  • les consultants indépendants d’un certain âge qui voient dans ce postulat une façon de reprendre le pouvoir et de vendre derrière des missions. Quand on est ignorants sur un sujet, et qu’on est un soupçon paresseux, on fait confiance au vieux papou du coin
  • les vendeurs de solution low-cost qui utilisent une terminologie erronée pour parvenir à vendre à 2000 € un semblant de présence en ligne (après tout à l’époque, il y avait bien des agences qui vendaient du site sur Chez.com)

Or comme je me le dis souvent ici, le community manager est une “erreur”; ce qui compte, c’est la fonction community management à l’intérieur de la chaîne de valeur de l’entreprise. Une fonction d’entreprise “support” et pas un département isolé :

  • la première brique est de faire remonter les insights à la fois des conversations en ligne mais aussi des clients directs :
    - une marque célèbre d’automobile envoie par exemple aux concessionnaires une veille quotidienne basée sur les infos marchés, les conversations en ligne et les retours clients
  • la deuxième brique est d’être en mesure de connecter les bonnes personnes en entreprise qui ont une responsabilité avec la marque afin de pouvoir transformer toutes ces remontées et objectifs vers une vision homogène à destination et de l’interne et du public externe
  • la troisième brique (notons que ces briques doivent avancer en parallèle…) est de se demander ce qu’on va raconter à moment donné au nom de la marque. Et là, curieusement, les personnes impliquées avec le community management vont AUSSI parler énormément avec les gens de la publicité (car ils détiennent les études et l’historique, mais aussi une partie des fonctions créatives)
  • enfin seulement des signaux vont peut être commencer à être émis à destination d’un public externe. Et là, il faut effectivement un bon management des différents espaces sociaux sur lesquels la marque va émettre, recevoir, et parfois converser. Espaces sociaux certes full web, mais aussi pourquoi pas “real life” : un bon mailing ne fait pas de mal, surtout quand il contient le dernier manifesto de la marque de luxe X qui fait plaisir

Le community management est à la croisée de différentes disciplines, qui mérite comme toute fonction transverse une capacité de communication interne forte. Peu importe quelle est la fonction finale des personnes impliquées (RP, brand manager, production vidéo, corporate, affaires juridiques ?), ce qui compte, c’est la capacité d’organiser ces talents.

Au risque sinon de connaitre dans les médias sociaux les travers de l’effet Jérôme Kerviel :

  • allouer à une personne à la fois trop de pouvoirs et trop de responsabilités
  • faire reposer sur un seul la réputation de toutes les parties prenantes
  • contrôler en fait non pas une fonction mais un bouc émissaire

C’est de notre responsabilité, jeunes gens !

http://citizenl.fr/2008/05/le-marketing-est-mort-vive-le-marketing-4-e-4-p-et-nouvelle-chaine-de-valeur/
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