Archive for January, 2011

January 27th, 2011

Trouve moi un freelance !

by Laurent Francois

Citoyens !

http://www.trouvemoiunfreelance.com

Une initiative über maline de mon copain Virgile Brodziak (ex planner chez Ogilvy One, co-fondateur d’Architurn et désormais serial-entrepreneur) : trouve moi un freelance !

L’idée de la plate-forme : un publicitaire sur 5 est un freelance. Or les besoins sont colossaux côté agences, médias ou annonceurs, afin de trouver les perles rares pour différents types de créa.

Trouve moi un freelance permet une mise en relation simple entre demandeurs et talents. Une fois le brief saisi, les équipes de TM1F l’envoient à une sélection de free. Une fois le travail accompli, le demandeur juge son presta.

Du bouche-à-oreille, un pouvoir de prescription, des ressources, un coût minime pour participer aux pitches. Well done.

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January 22nd, 2011

Utilisation de twitter par les Japonais : le malaise

by Laurent Francois

Citoyens !

2 news, que je me permets de mettre en face-à-face.

La première, issue du rapport de Fondapol sur la jeunesse de ce monde. Les enseignements sont édifiants et les statistiques effarantes.

Conclusions de l’étude : “La jeunesse japonaise est massivement insatisfaite de la situation générale du pays (75 %) et, tandis que les trois quarts des jeunes dans le monde se disent au moins satisfaits de leur vie personnelle, c’est encore l’insatisfaction qui domine (51 %) chez les Japonais. Rien ne vient jamais compenser le pessimisme : l’insatisfaction des Japonais est tout aussi massive à l’égard de leur situation économique (74 %) qu’à l’égard de leur travail (60 %). Ils ne sont que 32 % à penser qu’ils auront un bon travail dans l’avenir, contre une moyenne de 70 %.L’appréciation de leur vie familiale et amicale constitue un fait plus étonnant et certainement plus inquiétant. Alors que le cercle familial suscite
la satisfaction de la jeunesse mondiale (85 %), ils ne sont que 69 % parmi les Japonais à partager un tel jugement : de même, alors que le cercle des amis suscite la satisfaction de 78 % de la jeunesse mondiale, ce jugement n’est partagé que par 62 % des Japonais
.”

De l’autre côté, le Japon a suscité l’admiration un peu vite dite (poussé par Techcrunch) dans les médias sociaux sur le hit d’envoi de tweets pour le jour de l’an :

Sauf qu’à la différence des discours sur une pseudo célébration de la conversation et du formidable lien social amplifiée grâce à l’ère de l’être digitalisé (argument qui pourrait tenir éventuellement la route aux Etats-Unis), il importe de rappeler quelques éléments qui expliquent le succès de Twitter au Japon :

  • on peut effectivement exprimer beaucoup plus de chose en japonais que dans les langues latines en 140 caractères (les kanjis ont des significations plus profondes)
  • néanmoins Twitter est essentiellement utilisé au Japon pour les fans qui souhaitent exprimer leur amour vers les stars : les blogs nippons ont pour la plupart des commentaires fermés ; twitter permet d’avoir l’illusion d’adresser le groupe de J-Pop en direct
    During the year, TV news and drama featured Twitter, and it gained many high profile users, including ex-Prime Minister Yukio Hatoyama. There were also about 100 books published with “Twitter” in the title.
  • seuls 3,6% des comptes ouverts au Japon présentent ouvertement le nom de la personne -ou son prénom (ce qui explique le peu d’entrain à utiliser Facebook en comparaison au monde Techcrunch-ien)
  • les utilisateurs japonais déclarent ne suivre que 51% de leurs amis proches sur la plateforme de micro-blogging. A la différence de ce qui fait la masse dans la long-tail dans le reste des pays Techcrunch-iens (je suis d’abord mes potes pour une alternative aux SMS, ensuite je suis des suggestions, et peut être que si je ne ferme pas mon compte je vais mettre en place une stratégie plus complexe)

Tout ça pour dire qu’on peut donc avoir une situation sociale proche de l’anomie et de la dépression tout en utilisant à outrance les médias sociaux : l’utilisation de ce web social n’est ainsi ni une bonne nouvelle ni une mauvaise ipso facto. Internet n’étant toujours pas un contenant, ce qui habite le lien social va bien au-delà des outils et des technologies. Une conviction que les marques devraient prendre en compte avant de penser à leurs stratégies de contacts : elles n’ont pas en face d’elle une population happy face, supra-socialisée. Elles ont des gens avec des problèmes, des vrais.

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January 14th, 2011

L’influence des blogueuses US sur la consommation Beauté : le online nourrit le offline

by Laurent Francois

Citoyens !

Une étude très pertinente a été menée par le réseau BlogHer sur ce qui influence l’acte de consommation dans les cosmétiques et la beauté en général. Attention : les insights restent basés sur le réseau US mais les conclusions de l’étude semblent valables y compris en France :

  • les femmes qui achètent des produits de beauté dans les magasins “réels” sont 4 fois plus nombreuses que celles qui le font en ligne
  • Les blogs “famille” sont plus appréciés que les sites de e-shop pour trouver des conseils utiles, ou que les réseaux sociaux voire même que les forums
  • les blogs “famille” sont tout autant suivis que les blogs Beauté / Mode !
  • les blogs ont généré 2 fois plus de drive-to un acte de consommation que les magazines sur les 6 derniers mois (logique : il n’y a pas forcément de drive to un achat sur un magazine et l’on ne fait pas que rechercher des conseils beauté dans un mag’; autre élément : plus de blogs pros aux US…)

De quoi renforcer l’idée que le online renforce le offline, que l’écosystème d’influence se nourrit des conversations et des émetteurs. Que les consommateurs sont à la recherche de filtres dans l’océan des signaux.

A suivre.

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January 12th, 2011

Lancer un média d’opinion en ligne, c’est possible. Un an de Tout Ca Magazine

by Laurent Francois

Citoyens !

Un des projets les plus significatifs pour moi a été de lancer avec des gens que je respecte au plus haut point un média d’opinion en ligne, Tout Ca Magazine.

Je me suis déjà exprimé sur le sujet sur le magazine ce soir mais c’est sur l’approche “lancement de projet” que j’aimerais revenir.

Est-il possible de lancer un magazine d’opinion en ligne “gratuit” à savoir sans aucun budget ?

  • oui, partiellement : lancer une telle structure accueillant potentiellement autant de contributeurs (40+) et de lecteurs (100 000+)  ne coûte en soi rien, si ce n’est d’énormes compétences et d’engagement humain :
    - développement technique a minima
    - gestion de projet
    - talent créatif
    - nouvelles idées chaque semaine
  • oui, mais pas sur le long terme : une masse critique de contributeurs entraine un ratio temps/homme considérable : il faut à terme déléguer, prendre des gens dont c’est le métier de faire de l’animation d’organisation
  • oui, mais pas pour atteindre une masse critique : certains papiers à succès ont fait exploser le serveur sur lequel nous avons une bande passante allouée, il faut parallèlement nouer toute une série de partenariats afin de “quadriller” les points d’accès vers les articles ou silots d’articles

Est-il possible d’impliquer des gens de talent sans rémunération ?

  • oui, car le retour sur investissement est le plaisir d’abord, la réputation ensuite
    - un espace sur lequel le contributeur a le droit de “laisser une trace” : à plusieurs, on est plus forts, donc la contribution de l’un bénéficie à la contribution de l’autre
    - générer de l’attention auprès d’une petite communauté de niches est en soi inestimable ; la réputation du contributeur grandit avec la qualité et l’implication de la communauté qui le suit. Tous les sujets ne s’y prêtent pas au demeurant : la “communautaribilité” d’un sujet demeure à date un mystère
  • partiellement seulement : diffuser de l’opinion spontanée sur un sujet fonctionne si un individu a les capacités sur son silot de s’y exprimer. Il n’a pas forcément à être “expert” mais juste sensibilisé. Pour les sujets nécessitant des recherches, de l’investigation des déplacements : l’information et le façonnement d’une opinion coûte cher, très cher. Tout Ca Magazine transforme d’une certaine manière des “zones d’opportunités d’expression”

Quelles ont été les plus belles surprises ?

  • des sujets et des opinions auxquels je n’aurais personnellement jamais pensé : des gens m’ont donc amené vers un certain ailleurs. Ca n’a pas de prix, bis.
  • des communautés qui se sont créées sur des niches : l’Europe, le Japon, les chroniques juridiques du début et j’en passe, donc des nouveaux publics tout court pour le titre
  • des emails, des regards, des critiques, de gens extérieurs
  • de tenir un an avec toujours une certaine fréquence de publication et d’intérêt
  • de briser ma notion d’ “opinion” : l’opinion n’est pas le monopole des professionnels du politique. L’opinion est dans un film, dans une recette de cuisine. Je comprends mieux Camus quand il disait qu’il appelait couillons les gens qui dénigraient le football

Quelles ont été les déceptions ?

  • aucune

Quelles suites ?

  • le ciel est la limite. Une chose de sûr : soit nous restons sur un format simple et de plaisir, soit nous nous entourons pour professionnaliser la structure (pas les contributeurs) : tout est ouvert
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January 10th, 2011

Pourquoi une marque ne doit pas céder dans les médias sociaux : le cas d’école Starbucks

by Laurent Francois

Citoyens !

On se revoit encore les brillants commentateurs du Social Media crier victoire quand Gap a tenté de changer son logo. La victoire de l’homme du PMU du riche (à savoir Twitter) contre la marque qui n’aurait rien compris aux attentes des consommateurs. Un peu comme quand on se croit faire la guerre en Iran depuis son petit PC bien au chaud en France. Un regain jouissif :  frénétiquement faire partie d’un “mouvement”. Par la grâce des coups de statuts permanents. Damn it.

  • N’empêche que GAP a au pire réussi à apparaitre comme une marque molle : à force de céder aux sirènes des suivis, on se retrouve dans la place du suiveur.
  • N’empêche que GAP a peut être joué avec le feu afin de générer de l’attention pour monter en puissance avant une date clé pour la marque en 2013 : générer un quart de son business via le e-commerce. Et l’on peut effectivement se demander si générer un mini bad buzz ne permettrait pas de gagner au change. Partant du principe qu’avec l’ère du digital, le démenti est plus fort que le mensonge. Donc rattraper un “bad buzz” peut s’avérer un formidable levier. A manier avec précaution : on trompe une fois, pas deux.

Bis repetita ces derniers jours avec Starbucks qui se met à changer son logo. Fous, inconscients ? On lisait déjà dans les arcanes d’AdAge et de tous les néopublicitaires digitaux que Starbucks allait aussi connaitre le sort de Gap. Et pourtant bien au contraire. Tentative de décryptage :

  1. Annonce le 5 janvier du nouveau positionnement de la marque et donc du changement de logo induit sur le blog corporate de la marque. Pourquoi l’idée a été brillante :
    - on s’évite ainsi de soumettre directement au grand public le logo en changeant la plate-forme sociale de destination du débat et en rétablissant avant les hurlements les faits, et le point de vue de la marque
    - on concentre le débat sur une question maitrisée : sur le blog corporate, il ne s’agit pas de dire si oui ou non on est pour ou contre le logo (débat limité s’il en est) mais de dire si oui ou non on est pour le nouveau positionnement business de Starbucks (à savoir : ne pas seulement vendreu du café mais toute une série de nouveaux produits et services)
  2. ouverture de la conversation sur le mur Facebook de la marque mais pas de débat avec la marque à proprement parler :
    - la marque laisse les critiques s’exprimer sur le mur et sur le post annonçant le nouveau logo, redirigeant vers le blog corporate : en 5 jours, le rythme des consommateurs “contre” le logo a ralenti, n’étant plus que marginal par rapport aux conversations autour du café et des services. Voire marginal par rapport aux “pour”. Au final, le volume de commentaires générés pour le nouveau logo est dans la norme des statuts et posts de la marque. Rien de dramatique. Le plus dur est passé
    - la marque continue son calendrier éditorial : le samedi un nouveau statut sur un produit Starbucks en espagnol. Reprise de l’agenda établi en amont
  3. l’impact des conversations en dehors des conversations maitrisées par la marque reste marginal. Je rejoins  en partie les conclusions de l’article de mon homonyme inversé François Laurent : “La quasi-totalité des blogueurs impliqués appartiennent au vaste monde … du marketing et de la communication“. Et GAP aurait du écouter cet adage : ce n’est pas parce que c’est dans AdAge que c’est vrai

En conclusion, je cite cet internaute sur la fan page de Starbucks :

“More power to Starbucks! I see nothing wrong with the log. You have to change as everything else changes. If we were all so brilliant, we would have all thought up our own Starbucks. It’s a logo and there’s nothing wrong with it. Funny how people think they are all experts on the subject when a change it made. Keep up the great work and keep up the great service, Starbucks! I’m a fan and will continue to be a fan”.

Starbucks a prouvé une nouvelle fois que le “buzz” ne sert à rien en soi : il s’agit d’orchestrer une histoire de marque profonde, long-termiste. La marque a prouvé qu’elle connaissait effectivement par coeur ses différents publics : laisser se marginaliser les commentateurs potentiellement négatifs (blogueurs marketing/pub ?), tenir le cap en ayant préparé les éléments de langage, détourner les potentielles réactions agressives.

Starbucks a prouvé qu’en influence digitale, ce qui compte avant tout, c’est l’histoire et le storytelling derrière.

Chapeau bas. Voyons si en termes business, alors que la marque a connu une restructuration conséquente, l’action va continuer à remonter à des niveaux d’avant-crise.

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January 6th, 2011

Les différents types de curation

by Laurent Francois

Citoyens !

Ca y est : la curation, notion poussée en France par Pearltrees; est désormais entrée dans les moeurs comme application-type de nouveaux usages du web social.

Première question : y a-t-il des consommateurs finaux de curation ?

La réponse est normande : à la fois oui et non. Dans une situation d’urgence informative (voir à ce sujet l’étude que nous sortirons dans quelques semaines avec L’Express), l’enjeu de la synthèse de l’information est clé. La “curation” n’a pas qu’un impact sur la simple aggrégation (trouver à un seul endroit les ressources utiles à la compréhension du sujet) mais bien sur le contrat de lecture et sur le traitement des différentes problématiques. On voit d’ailleurs pointer dans les médias “professionnels” de plus en plus d’articles qui intègrent la notion d’historicité. Pas seulement via des dossiers spéciaux mais aussi à l’intérieur même d’articles dans le fleuve de news : un rappel des faits, des liens vers les ressources utiles, un historique rapide. On achète donc pas de “curation” en tant que tel mais on aura tendance à acheter les conséquences de ces nouveaux “services lecteurs” : une information amplifée.

Dès-lors, quels sont les différents types de “curation” ?

  • l’archivage “classique” : un peu comme les 1ers blogs lancés au début des années 90, il s’agit de trouver sur un même article les liens pertinents avec un sujet ou avec une semaine. Certains blogueurs continuent d’ailleurs à faire ce type de posts, qui sert a priori à structurer une pensée. Beaucoup de gens continuent à “bookmarker” leurs liens préférés. Cette pratique a une limite : la construction de l’archive est forcément limitée par l’ergonomie des signets. Dès-lors l’explication texte de pourquoi on a archivé tel ou tel lien prend un temps affreux
  • le “mapping” : il s’agit d’augmenter les synergies dans l’acte d’organiser les archives afin de visuellement montrer les cheminements de la pensée. Et de pouvoir revenir en arrière facilement, de déplacer les territoires. Une limite : on n’est pas dans la prospective dans ce genre de dynamique mais bien dans la structuration d’une pensée et d’idées ou liens déjà existants pour un individu ou un groupe d’individus
  • l’organisation sociale du web : lire à ce propos toute la littérature autour de Pearltrees (ainsi que sur les arbres sur le sujet). L’idée étant que “Pearltrees fonctionne sur un principe communautaire. Selon François Rocaboy, co-fondateur de la start-up, « chacun peut garder ce qu’il aime sur le web et ainsi se connecter aux gens qui partagent leurs intérêts. Cela permet de découvrir de nouveaux contenus, de rencontrer des gens en fonction de leurs intérêts“. En clair : cette organisation sociale permet non seulement de structurer sa propre pensée, de récupérer les logiques d’autres individus, de créer des “consensus” au sein d’une équipe de curators ou au contraire de montrer les différences de logique. Cette organisation permet d’amplifier

Plus intéressant : quels seront les types futurs de curation ?

  • une anticipation des chemins de pensée ? sur certains sujets plus populaires, on peut imaginer que certains agents / robots intelligents suggèrent des bribes de raisonnement déjà pensés par d’autres. Sur certains sujets légers ou routiniers, on peut imaginer un peu comme ce que façonne Google des suggestions (ex : pour une série TV, la suite des épisodes, le casting, les bio des acteurs). Mais surtout certains domaines plus pointus, scientifiques, on peut imaginer qu’en entrant des mises en relation de bases de données complexes, on puisse à terme résoudre certains grands problèmes
  • une curation “in real life” : on peut d’un point de vue marketing imaginer qu’une fois que vous entrez dans un magasin, on vous propose un mapping d’objets susceptibles de nous intéresser; dans un musée, on peut imaginer tout un tas d’accès à des ressources complémentaires. Une forme de mix entre géolocalisation, curation et CRM
  • une rétribution pour curation : ce qui rare est cher; l’acte de “curation” demande du temps. On peut imaginer toute une série de rétribution pour ce travail : débloquage de bages donnant accès à de nouveaux types de contenus ou de mise en relation; argent; mise en avant de la modélisation. On pourrait par exemple imaginer des travaux d’étudiants qui, pour “gagner des points”, devraient débloquer des stratégies de curation qui leur permettraient d’avoir accès à plus de temps dans un laboratoire etc.

L’enjeu étant désormais complexe : continuer à devenir “mainstream” afin de faire partager l’accès au savoir. Faire en sorte de ne pas sombrer dans les dérives de la “popularité” sur lequel se base Google mais bien plutôt sur la “pertinence”, au risque d’une destruction à la fin de la valeur : n’avoir plus qu’un oligopole de sujets forts facilement accessibles et devoir avec peine se noyer dans les profondeurs du web pour avoir accès à la vraie info recherchée. Mettre en place les outils de contre-pouvoir afin de ne pas propager qu’une seule vision du monde. Ne pas sombrer dans un futurisme robotique qui viserait à croire qu’on remplace le cerveau humain.

J’aime bien faire l’analogie avec le conservateur de musée, avec cet extrait d’un entretien avec Daniel Roger :

“Le conservateur de musée est l’intermédiaire entre le public et les œuvres. Cette mission comporte des activités très diverses, parfois contradictoires, qui nécessitent une vigilance constante : il faut bien sûr veiller à la conservation des objets, mais en même temps les exposer au public, alors qu’ils seraient bien mieux dans le noir, sans personne autour !”

Un jeu de pouvoir en somme où les historiens vont jouer un rôle clé…

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January 3rd, 2011

Pourquoi le réseau social de l’UMP fonctionne (mais pas grâce aux Créateurs de Possible)

by Laurent Francois

Citoyens !

Il y a un an, dépêché par Luc Mandret à la (re)présentation des Créateur de Possibles, nous rencontrions NKM et Benoist Apparu. Rappel des conclusions d’il y a un an sur l’initiative et notamment sur les objectifs de fond :

  • on tambourine que l’UMP prend un risque. Il ne s’agit pas de risque, il s’agit de préparation sage et maline de 2012 et surtout 2017 :
    - l’UMP va pouvoir avec cette plateforme modeste commencer à tester une forme de démocratie participative, forme qui est loin d’être encore naturel à l’interne
    -l’UMP ne vise pas des millions d’utilisateurs, mais les quelques milliers qui peuvent faire pencher la balance sur des élections présidentielles. Rappelons que pour beaucoup de théoriciens, une élection se joue à quelques centaines de milliers de votants, pas à 60 millions
    -l’UMP ne vise pas dans cette plateforme à faire communiquer ses militants (et donc à devenir public) mais à s’octroyer un capital sympathie auprès des sans-cartes
  • On peut aussi se dire que NKM continue un peu plus sa marche vers un statut présidentiable. Si Sarkozy a été l’intuitif génial des médias, pourquoi NKM ne deviendrait pas cette intuitive géniale du bouche-à-oreille
  • s’il s’agissait simplement de se nourrir de l’opinion des individus, pourquoi l’UMP n’aurait tout bonnement pas mis en place un système de monitoring poussé ?
  • cette plateforme qui repose sur le mythe du “quand on veut on peut” sera surtout l’occasion de détecter de nouveaux relais d’opinions locaux et de mailler plus profondément la France en bypassant le système institutionnel encore favorable aux barons du PS. Du Gerrymandering au Socialmandering ?

Bilan à quelques jours de la fermeture de la plateforme : l’éducation Social Media a en partie fonctionné. Pas grâce aux Créateurs de Possible mais plus spécifiquement via une stratégie plus large. Quelques éléments de mon point de vue :

  • Sarkozy avait décomplexé en 2007 une certaine droite d’assumer le fait d’en être. En soirée, un Jeune Pop’ ne se cache pas. Et bien l’UMP a réussi en 2010 à faire sortir du secret les militants qui, portés par Benjamin Lancar, dans le rôle d’électron fou du roi, pimbèche digitale et plomb sauteur du système UMPiste, le revendiquent
  • L’UMP gère le timing de campagne : ressusciter les cadres opérationnels du parti, générer de la visibilité pour le mouvement, donner du grain à moudre pour les “recruteurs” (vous savez, ces “jeunes” qui font la tournée des premières années dans les facs, et pas que celles de droit)
  • L’UMP a préparé la militance pour 2012 : n’oublions pas un élément ; il y a eu du grabuge au sein de l’organisation. Les guerres Bertrand vs Copé ne font que commencer, ce qui veut dire que les actions et les directions sont en fait en standby depuis au moins 1 à 2 mois avant le remaniement. Les plateformes de message vont être développées ainsi que le “programme” de campagne. Les militants vont donc à peine commencer à être activés à destination du public d’électeurs
  • L’UMP a testé différents cannevas de “drive to” à petite échelle maitrisable
  • L’UMP a réussi à imposer différents acteurs de droite comme référents pour les journalistes web (et oui : les journalistes sont au coeur de la propulsion de la conversation, et sont bien parties prenantes : ils ont eux aussi un contrat de lecture à donner pour leurs lecteurs…)
  • L’UMP a réussi à cliver sur son agenda et à le cadenasser, pas celui du PS : quelle idée proposée par le PS a été en gros titre cette année et a imposé une réponse de l’UMP ? A ma connaissance, aucune (et les grèves contre la réforme des retraites sont une magistrale démonstration de déperdition de valeur pour l’opposition, n’ayant pas su proposer une alternative claire et positive)
  • L’UMP a un formidable exemple d’échec : les Créateurs de Possible. Alors qu’en 2007, l’UMP était bien dépourvu vs Désir d’Avenir et le formidable travail de Benoît Thieulin, et bien la chaine de commandement médiatique (sociaux, journalistiques…) de l’UMP n’a (presque) plus à rougir par rapport à l’opposition : on & offline ont rejoint le même timing. Le leadership semble plutôt plus dur et cohérent (même dans la stupidité, je précise quand même…)
  • Pour NKM : j’avoue un plantage :D

Affaire à suivre mais opposants : vous devez vous aussi tenir un discours homogène; nous ne sommes que des électeurs, que diable, et la cohérence des faits est le principe de départ de toute plateforme de conversation…

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