Archive for May, 2011

May 31st, 2011

L’avenir de l’expérience beauté pour les consommateurs avec Shiseido

by Laurent Francois

Citoyens !

C’est – encore – Shiseido au Japon qui donne la tendance de ce que seront les Sephora et Marionnaud dans un futur proche. 2 constats qui reviennent fréquemment du côté des points de vente :

  • Les consommatrice sont de plus en plus surinformées quand elles arrivent en boutique. Les vendeuses se retrouvent bien souvent dépossédées devant “l’expertise beauté” et ont bien du mal à apporter une valeur ajoutée sur place.  C’est notamment en partant de cette logique que nous avons lancé pour L’Express Styles un centre de beauté digital, afin de devenir un carrefour naturel d’échanges experts et passionnés autour de la beauté, à la fois avec des référents beauté (blogueuses, journalistes) et des consommatrices souhaitant elles aussi tester les produits
  • Il y a généralement une forme de déception dans les points de vente, entre les communications exceptionnellement aspirationnelles dans les publicités, et l’impression quelque peu de “supermarché” sans âme en boutiques. Comme si dans la chaîne de valeur, on oubliait que le message devait être à la hauteur sur le point de contact le plus évident, celui avec le client

Shiseido répond à ces 2 constats avec brio dans leur nouveau magasin :

  • Au premier étage, les miroirs sont notamment digitalisés et permettent, après avoir scanné un produit, de donner un aperçu en temps réel du rendu sur leurs visages, ainsi qu’une multitude d’add-ons étendant l’expérience de consommation (tips, conseils, réductions…). On peut par exemple imaginer un accès à des avis experts de blogueuses, de journalistes, en plus des descriptifs techniques et de la visualisation esthétique…Je dis ça…
  • Au deuxième, Shiseido mélange expérience in situ avec un équipement proche des salons d’esthéticienne mais aussi des technologies permettant une conversation à distance avec des experts. On imagine qu’à terme, des FAQs verront le jour pour éviter de réinventer les réponses des consommateurs et créer un historique

Une initiative extrêmement inspirante pour le secteur cosmétique ; qu’on se doit d’intégrer urgemment dans le marketing mix des grands dealers beauté. Quand le Social Marketing métamorphose toute la chaine de valeur…

 

 

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May 23rd, 2011

Pourquoi je n’irai pas au eG8

by Laurent Francois

Citoyens !

Quelques points de vue développés en anglais, et c’est sur la version “English” de Citizen L. (désolé, pas le temps de traduire…).

“The reasons why I won’t go to eG8 in Paris”

 

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May 15th, 2011

Pourquoi le DSK-Wire pourrait être un mauvais coup de communicants

by Laurent Francois

Citoyens !

On dirait que la France a vécu aujourd’hui sa première grande affaire politique moderne ; une affaire qui mélangerait vice, politisation des “people”, débats de chffonniers sur la morale et la morale uniquement, et “exotisme” international.

Or plusieurs ingrédients me poussent à penser que l’ “affaire” est un mauvais coup de communication.

Sur la prétendue “affaire”, 24h plus tard :

DSK est-il connu du très grand public américain ? Non. Or soudainement, DSK se retrouve en home du New-York Times. Etrange.

Sur l’ “affaire” justement : il n’y pas encore “affaire” tant que DSK est encore présumé innocent. Or quand on regarde le traitement fait par BFM, notamment, on a plutôt l’impression d’avoir un traitement à charge contre DSK. On citera dans les cours de journalisme l’affirmation d’Apolline de Malherbe, la correspondante sur place : il n’y aurait côté US aucun post ou aucune opinion exprimant un once de doute ou l’évocation d’un complot contre DSK. Apolline lit-elle l’anglais ou a-t-elle soit de sérieux problèmes de synthèse, ou des – osons le terme- consignes ? Dommage quand les rédactions s’alimentent des chaînes d’information en continu. Et que la brillante analyse d’Apolline va être écoutée, réécoutée par les journalistes. Fabriquer du consentement dites-vous ?

Ou bien encore Yves Thréard (le Figaro) qui n’hésite pas, 24h après l’annonce de l’éventuelle affaire que “la carrière politique de DSK est largement menacée, au moins pour ce tour”. Une phrase qui sonne bon les plate-formes de message à objectif communicationnel, pas journalistique. A force de proclamer que le petit chat est mort, le chat meurt dans l’espace public.

Fabriquer de l’amalgame

Si j’étais communicant anti-Strauss Kahn, au hasard, comment aurais-je pensé mon spin ?

En amont de mon “pic d’attention” ou climax :

préparer les relais d’opinion à l’épisode fatal. En faisant réémerger les sujets qui fâchent : maîtresses, vieilles crises politico-financières. Faire partir des images. L’image de la Porsche, par exemple, reprise dans l’hémicycle par François Baroin qui institutionnalise la “Porsche tranquille”. Une mise en cause des conseillers de DSK, avec le bien pratique Euro RSCG C&O qui vont bientôt à eux seuls remplacer les Francs Maçons dans les thèses conspirationnistes.

Sur l’épisode maximal :

Choisir un événement qui n’est pas franco-français, parce qu’il impliquerait une personnalisation de l’opposant. Sarkozy taclant DSK en direct ? Pas possible, car DSK est plus fort et que les 2 y perdraient. Pas possible, car nous avons déjà été exposés à Clearstream, trop de complexité. Alors un épisode à l’étranger, qui touche à la morale, et qui engrange le bouche-à-oreille négatif ex-Héxagone. Un épisode qui joue sur une mauvaise réputation dans un domaine bien précis

Sur la gestion immédiate de l’épisode :

Attaquer vite. Faire porter les chefs d’accusation avant les faits. Bien cacher pendant 24h la présupposée “victime” pour nourrir le vide médiatique : les chefs d’accusation alimentant la rumeur. Monopolisent la part de voix.

Que faire quand on a rien : aller chercher ceux qui sont prêts à parler. Tristane Banon par exemple, ressortie de la naphtaline. Qui a eu de nombreuses positions fluctuantes sur une prétendue affaire, comme le rappelle à juste titre Claude Askolovitch. A qui la TV donne la parole, car la TV a horreur du vide.

Sur la gestion à court terme :

Laisser les polémistes polémiquer sur un territoire désormais maitrisé :

- la morale et la distinction entre séduction et agression

- le passé de DSK, a fortiori le passé personnel devenu politique. J’ai entendu environ 100 fois en moins d’une heure une série de phrases débutant par “vous savez bien que DSK n’était pas tout blanc” ou “DSK a une réputation de séducteurs”. Sous le ton de la fausse blague. Drôle de débat d’initiés qui ne repose sur rien légalement

Un éventuel objectif de communication a-t-il été atteint ?

Probablement, car peu importe que DSK soit innocent ou pas, finalement. Il sera hors course pour les primaires à 5 contre 1. Et s’il arrive à se sortir de cette crise, il sera probablement trop tard pour se reconstruire une légitimité élyséenne. Il s’agit bien d’un DSK-Wire, pas encore d’un DSK-Gate. L’histoire de l’affaire est devenue un fil rouge.

A moins qu’il puisse prouver, s’il est effectivement innocent, en un temps très court, qu’il s’agit d’un montage. Ce que de Villepin n’a pas su réussir, entre autres exemples.

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May 6th, 2011

Pourquoi les marques ont raison de ne pas faire confiance aux professionnels du Social Media

by Laurent Francois

Citoyens !

[edit : Eric Maillard développe un point de vue éclairant à lire sur son blog qui fait écho à ce post]

On parle beaucoup des problèmes qu’auraient les annonceurs à ne pas comprendre les logiques Social Media. Dans notre vaste conversation marketing en ligne, on rappèlera néanmoins que la parole est sur-représentée par 3 types de population :

  • les marketeux en agence, qui se créent une légitimité en confrontant leurs idées et en diffusant leurs points de vue (c’est notamment la raison pour laquelle Citizen L. avait été créé à l’époque)
  • les marketeux indépendants, qui cherchent à attirer le chaland à visiter sa boutique et qui trouve dans le relai “Social” une formidable possibilité d’aspirer du business
  • les étudiants, qui intéressés par les nouveaux médias et nouvelles tactiques, plongent corps et âmes dans le partage de leur passion , publicitaire souvent au début

Drôle de voir que les individus côté marques / annonceurs semblent absents de cette parole ; fort heureusement, des médias “B2B” font ce travail d’aller chercher les décideurs des grands groupes. Si ceux-ci interviennent ponctuellement, on semble les oublier dans le “flow” de tweets, posts ou autres commentaires dans les soirées à Boulogne ou rue Oberkampf.

Mais alors, malgré un flot incessant d’outils et de publications par les marketeux “new age”, pourquoi les marques ne font-elles toujours pas confiance franchement aux professionnels du “Social Media ” ? Réflexions en vrac :

  1. Le manque d’humilité :
    les “social media evangelists” oublient régulièrement qu’ils essaient d’imposer un point de vue à des évangélisés. A force de répéter aux “cibles” de cette religion sans Torah qu’ils ne comprennent rien, on comprend facilement pourquoi les marques restent sceptiques vis-à-vis de discours apocalyptiques de la fin du marketing en 4 P (alors que les petits pots de yaourt continuent à se vendre )
  2. La crédibilité :
    Un prestataire de service “classique” a rarement prétention à vouloir redéfinir totalement un business. Un cameraman, par exemple, oriente un discours, donne quelques recommandations pour la prise de parole. Mais ne va pas changer les idées de l’interviewé. Et c’est probablement l’écueil de certains gourous aujourd’hui : vouloir imposer un cadre total de pensée plutôt qu’apporter un service au client
  3. Le manque de compétences marketing tout court
    Le Social Media n’a de sens que dans une vision plus large du marketing. Ce qui veut donc dire qu’il est un levier, une structure, à adosser à d’autres pratiques marketing en tactique, à intégrer comme un élément parmi d’autres au stade du plan stratégique global
    Ce qui veut donc dire (bis) que le Social Media pour le Social Media n’apporte pas grand chose en soi. Un individu aura une forte valeur ajoutée quand il intègrera le Social à une bonne gestion de l’événementiel. Un individu aura une forte valeur ajoutée quand il intègrera du Social Media Monitoring à sa connaissance des études marketing. Un attaché de presse digne de ce nom aura des notions d’influence digitale. Et au niveau “stratégique”, un bon directeur marketing intègrera la dimension Social sur chacun de ses plans d’action. Or rares sont les individus sur le marché ayant aujourd’hui et une compétence marketing ET une compétence Social Media

 

Je pense sincèrement que la question du ROI n’est que secondaire s’agissant de la relation agences / marques-annonceurs. Dans un prisme B2C, si vous passez un bon moment avec un interlocuteur qui vous soutire des dollars, vous l’acceptez souvent sans crier au loup. Au restaurant, à part si vous êtes du genre relou, vous ne faîtes pas une analyse coût / avantage pour chaque ligne de l’addition : vous prenez le tout ou vous ne revenez plus.

So guys, let’s rock.

 

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