Archive for June, 2011

June 27th, 2011

Ta stratégie Facebook, au fond à droite ?

by Laurent Francois

Citoyens,

Un titre racoleur (de plus) mais après tout, dans notre monde de flux et d’opinions, la part de voix relative se gagne aussi à la titraille.

Justement, la “stratégie Facebook”, certaines sociétés en vivent ; il n’y a qu’à regarder sur Google, c’est écrit. Or à force de réciter sur le ton de la psalmodie que Facebook est LA stratégie, on détruit in fine de la valeur. Quelques conséquences, collectées récemment :

  • des créations de poste de “community managers” avec comme champs d’actions uniques…Facebook. Compliqué quand on est dans l’industrie lourde, par exemple…On déçoit le management, on déçoit le nouvel arrivant, on n’apprend surtout par l’échec, on se méfie des médias sociaux et au final on prend des années de retard
  • l’investissement dans des applications de “gaming” en dépit du bon sens ; une manne d’argent qui ne va donc pas vers des leviers qui auraient pu être plus pertinents
  • le refus d’une stratégie Social Media dans un grand groupe pharmaceutique pour la simple et bonne raison que la recommandation  ne comportait nulle part le mot “facebook”, ce qui a fait tiquer l’expert du coin du bureau. Dommage

Quelques exemples sans conséquence individuellement mais qui ne portent ni le marché vers le haut, ni l’hexagone à sa place dans des stratégies Social Media globales. Rares sont les exemples de marketing mix intégré en France, alors que Londres, New-York, Beijing, Seoul, Tokyo, semblent avancer vers un calque entre stratégie business et stratégie Social Media. On peut mentionner le récent cas de Tesco avec son supermarché virtuel dans le métro. Ou Shiseido et son expérience beauté exceptionnelle au Japon. A nous de voir, agences de toutes tailles, annonceurs, marketeux, si nous souhaitons continuer à être dans un ventre mou quasi familial. Ou si nous souhaitons être un tantinet être écouté au niveau mondial. Et ce, sans avoir à s’expatrier…

Quelques pistes de développement afin d’aborder Facebook plus sérieusement :

  • Face à l’oubli total qu’il y a certes Facebook en Une des journaux, mais que la planète est riche de myriades d’autres réseaux, notamment TumblR sur des populations plus jeunes  (certes certains profils de consommateurs/citoyens ne font QUE du Facebook, un peu comme on ne ferait QUE du BBM. Est-ce pourtant un élément utile à l’échelle de la stratégie d’une industrie entière ? Dans tous les cas, il faudrait vérifier par un travail de planning stratégique…), le travail de cartographie, d’analyse de la pertinence, des attentes des influenceurs ET des consommateurs finaux n’ont jamais été aussi cruciaux. Annonceurs : demandez un détail des influenceurs intéressés dans la cadre d’une “stratégie Facebook only”, juste pour rire. Demandez à combien les influenceurs sont abonnés de pages, là aussi pour le fun. Demandez-vous ensuite d’où partirait le contenu relayé sur une page. Ensuite, arrêtez le massacre
  • Faites un schéma de votre stratégie éditoriale sur un an. Segmentez par public : le levier Facebook ne sera probablement QUE minoritaire face à l’ampleur de la tâche. Pour fidéliser un client, n’y a-t-il pas mieux à faire que simplement le connecter à un CRM SANS Facebook ? La Pinacothèque m’a par exemple beaucoup plus accroché en une visite dans leur musée que n’importe quelle autre marque. A part ASOS qui utilise de fait sa Fan Page lors de pics événementiels extrêmement ciblés, en plus de sa newsletter…
  • Analysez les “missions” que vous voulez voir remplies par vos différents publics: rares sont ceux qui pourront être en adéquation entre le degré d’activisme que vous souhaiteriez leur voir remplir et une interaction possible sur Facebook…
  • enfin repensez à l’idée de Social Graph : l’enjeu n’est pas de tout miser sur Facebook (qui ne vous redistribue quasi rien en termes de data) mais bien d’essayer de voir où vous pouvez entrer dans les groupes sociaux de vos publics cibles, de manière légitime. J’ai rarement pu faire des choses étonnantes avec les insights Facebook…beaucoup plus avec des éléments de backoffice de CRM et de sites…

A votre bon coeur !

 

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June 16th, 2011

Cours d’introduction aux médias sociaux (ESCP Europe)

by Laurent Francois

Avant-hier, j’ai eu le plaisir de donner un cours à l’ESCP Europe à Londres, pour le Master’s en marketing et créativité.
Vous trouverez ici le deck final. 3 centres d’intérêts tentent d’être couverts :
- l’importance du contexte dans la vie réelle, afin de mieux appréhender le Social Media comme un tout
- les outils de mesure que l’on se doit de mettre en oeuvre pour justifier d’une stratégie. Les indicateurs ne doivent pas forcément être orientés sur l’argent au sens strict, mais bien plus liés aux objectifs business, donc aux objectifs de communication
- le grand débat nécessaire sur l’idée de valeur en tant que créatif

Enjoy!

Value of idea in the era of Social Media dans Pervasive Creativity

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June 8th, 2011

Dove Body Language : la saison 2 du storytelling de marque “for real beauty”

by Laurent Francois

Citoyens !

On attendait depuis longtemps qu’une marque globale démontre qu’elle pouvait tenir une histoire sur le long terme, au-delà de l’effet Waouh! d’une bonne idée créative. Qu’une marque réconcilie sur le long terme son positionnement stratégique en le déclinant dans tous ses points de contacts avec les consommateurs et en agrégeant dans la durée tous ses publics pertinents autour de gammes de produits en phase avec le discours commercial.

C’est peut être chose fait avec Dove à travers la campagne “Body Language” qui vient d’être lancé au Royaume Uni, et qui représente la brique 2 de son positionnement “for real beauty” lancé il y a maintenant 6 ans à travers ce “statement” intitulé “Dove Evolution” :


dove evolution par asi

Une campagne ensuite déclinée à travers un jeu de questions-réponses de 2006 à 2010 afin de briser certains stéréotypes sur l’idée de beauté. Plus profondément, Dove avec Ogilvy avait souhaité résoudre une tension sociétale majeure : seules 2% des femmes déclarent se sentir belles dans le monde. “Dove believes the world would be a better place if women were allowed to feel good about themselves.” .

Au-delà de la disruption injectée dans “Dove Evolution”, il s’agissait d’aller plus loin que la simple posture. Stacie Brigh résume l’enjeu pour la marque

The Dove Campaign for Real Beauty started a global conversation about the need for a wider definition of beauty more than six years ago. The Campaign for Real Beauty slogan has not been used consistently across the brand. We aim to create a world where beauty is a source of confidence, not anxiety. We are excited to give all women the opportunity to join us as we work to make our vision a reality. As discussed, we remain committed to real beauty, which will continue to be evident in all of the work we are doing,”
Stacie Brigh Unilever global communications marketing manager

Certains déclarent que pour maintenir une histoire de marque et ne pas être “tactique”, il suffit de réactiver un plan média TV en relançant les “copies”. C’est parfaitement faux et on en a aujourd’hui la preuve. Le storytelling de marques globales passe donc par quelques principes clés :

  • business resilience : la marque globale doit absolument être cohérente dans toutes ses déclinaisons produits avec son positionnement stratosphérique. Car les produits ne sont plus que des leviers, des points de narration d’une certaine manière, entre la marque et ses publics
  • des “saisons” : il faudra plusieurs saisons pour que Buffy retrouve son Angel, plusieurs saisons pour que l’intrigue dans l’intrigue puisse s’exprimer. Il importe donc de saisonnaliser les zones de pression pour une marque. Dove a choisi de le faire par gammes de produits. On pourrait très bien imaginer des croisements plus subtils comme par exemple organiser des pics d’attention (ou climax pour reprendre Charles-Antoine Colomb) sur certaines technologies cross
  • affinity targeting: la communication ne doit pas seulement adresser des “personae” de marques statiques (la femme CSP+ de 40 ans et +, par exemple : est-ce que ça a vraiment encore un intérêt de créer une “illusion statistique” ?) mais bien des personae affinitaires, regroupées par grands centres d’intérêts  (ex : la femme qui a un problème de peau au moment de la ménopause suite à un changement hormonal brusque). Dove a bien compris que ces centres d’intérêts ne pouvaient être approchés QUE comme des plate-formes éphémères de questions / réponses mais bien en injectant une certaine pérennité dans la relation marques / publics (la femme qui a un problème de peau à cause de la ménopause aura peut être besoin de savoir comment ensuite combiner les traitements, comment l’annoncer à sa famille etc.)
  • l’importance de la vie réelle : le supermarché, la cuisine, la salle de bains sont sans doute les zones de contact les plus naturelles avec la marque. Une évidence souvent oubliée, et qui revient à outrance dans les briefs étant donné qu’avec les smartphones, ces territoires sont “reachable”…

 

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