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Virginie Glaenzer : “être créative c’est remettre en cause le status quo”

Le growth hacking est une discipline héritée du monde des start-ups. Trois challenges sont généralement à surmonter : acquérir rapidement une masse critique d’utilisateurs; gèrer l’incertitude avec une certaine flexibilité (on ne sait généralement pas totalement comme des utilisateurs vont s’emparer d’un outil ou d’un service avant son lancement); un enjeu d’optimisation des coûts aussi.

Une approche qui séduit de plus en plus les grandes organisations qui y voient un moyen qui peut être plus performant pour lancer certains produits.

Rencontre avec Virginie Glaenzer depuis NYC, spécialiste du sujet.

C’est quoi le “growth hacking” ?

Le Growth hacking qu’on traduit en français comme “croissance piratée” est non seulement une technique mais aussi un état d’esprit. C’est optimiser un facteur corollaire avec la croissance. En d’autre termes, c’est une approche scientifique du marketing.

Par exemple, Facebook a découvert que si un nouvel utilisateur se connecte avec 10 amis en moins de 2 semaines, alors il y a de fortes chances pour que cet utilisateur devienne un utilisateur de longue durée. C’est pour cette raison qu’ils ont développé une fonctionnalité de recommandation d’amis. Aujourd’hui la plupart des entreprises ont des budget limités et les différentes chaines de communications sont saturées. Il est donc nécessaire de trouver une nouvelle facon d’acquérir des clients. Le growth hacking est un mix de gestion de produit, d’utilisation de technologies et de données ainsi que de créativité.

Cette approche implique une certaine agilité dans l’adaptation des messages et des outils à destination des publics visés : comment peut-on néanmoins prendre le temps de grandir avec sa communauté avec ces techniques ?

Le growth hacking demande une agilité complète, une capacité à réagir rapidement et à prendre des décisions. L’une des clés du growth hacking est la réflexion sur les données capturées pour affiner la stratégie de croissance. Il faut comprendre ce qui a du sens pour l’audience car c’est comme ca qu’on decouvre leurs desirs et leurs croyances.

Des exemples de stratégies de “growth hacking” atypiques ?

Voici deux exemples de growth hacking:
Apres un an d’existence, Dropox grossissait mais dépensait plus de $300 par client dans une campagne de publicité sur Google Adword. Ce coût n’était pas rentable pour un client qui dépenserait 90$ par an pour le service. Dropox a lancé une tactique nouvelle à l’époque : pour chaque ami invité qui s’enregistre à Dropbox, ils offraient du stockage gratuit. Ça a suffi pour faire exploser l’acquisition de clients.

Un autre exemple est l’aéroport de Houston, au Texas. Une étude de satisfaction a mis a jour la frustration des voyageurs qui devaient attendre 9 minutes pour récupérer leurs valises. L’aéroport a alors depensé plus de 1M de dollars pour réorganiser l’afflux et la gestion des valises. Une 2ème étude de marché a conclu à la réduction du temps d’attente de 9 à 6 minutes. Les voyageurs étaient toujours aussi frustrés. L’aéroport a alors eu l’idée de déplacer l’arrivée des avions pour que les voyageurs se rendent à pied au déchargement des bagages en 6 minutes. La frustration a disparu.

Le growth hacking est-il applicable à tout type d’organisation?

Absolument et pour commencer il faut mettre une équipe en place : un designer web, un développeur web, un commercial ou responsable de produit et un marketer. Il est nécessaire de leur donner une liberté d’action qui influencera les autres départements.

C’est quoi pour toi “être créative” ?

Pour moi, être créative c’est remettre en cause le status quo. C’est ne pas accepter ce qui existe déjà comme “final” mais explorer l’inconnu pour creer quelque chose de nouveau. Etre créative c’est aussi se pousser et dépasser sa zone de confort. Car c’est dans l’inconfort que le nouveau apparait.

 

virginie glaenzerA propos de Virginie Glaenzer :
Avec 25 ans d’expérience, Virginie Glaenzer est une experte en digital marketing et dans les nouvelles technologies. Co-fondatrice de deux start-ups, Virginie est passionnée par les nouvelles stratégies marketing telles que le growth hacking et agile. Diplômée du cycle entreprenariat d’HEC Paris, Virginie a passé 17 ans dans la Silicon Valley, et s’est installée en 2012 à New York City avec son mari et ses trois filles. Elle a écrit un ebook sur la Consciousness Revolution.

 

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