Archive for ‘Citizens’ views’

August 6th, 2010

Converse Corée : de l’UGC à la création musicale de Sarah Whitney

by Laurent Francois

Citoyens ! Coup de coeur pour une pub qui met en avant les plus famous des Sneakers in ze world. Et rencontre avec la créatrice jungle jazz de la musique, Sarah Whitney.

Fin 2009, Converse Korea a demandé à une communauté online sud-coréenne de produire des vidéos mettant en lumière les Converse. Le gagnant a ensuite eu la chance de voir sa pub diffusée par M-Net, une chaine de musique populaire en Corée. Rencontre avec la compositrice, Sarah Whitney.

How come you’ve joined this UGC adventure few months ago?
It all started when a director colleague of mine, Jean Julien Pous, took part in a competition by creating an ad for Converse Korea. As the composer, I scored the ad he shot and edited.

What’s the creative idea?
Basically, Converse sets itself as a young, trendy shoe brand that wants its image to be cool, urban and cosmopolitan all at the same time.

How does it work to produce music for such a brand: did you do some planning research which could inspire your creation?
In order to compose and produce music for an ad, you must be able to rely on your sensitivity to the image first and foremost, which is how I proceeded for this Converse Korea ad. My musical culture and musical education helped enormously, since I am essentially from a jazz background, my creation resulted in a funky feel, jazzy yet urban hip-hoppish vibe.

Where can we find you online?
My work is available for viewing at www.sarahwhitney.info, where you will be able to listen to some scores I composed for various fiction films, documentaries as well watch a few commercials and music videos I took part in.

Converse Korea from Sarah Whitney on Vimeo.

Rendez-vous sur Hellocoton !
November 20th, 2009

Ma Maison bleu ciel : retour sur le projet d'EDF avec Gaël Le-Boulch

by Laurent Francois

Citoyens !

EDF lance “Ma Maison Bleu Ciel”. Résumé de Reno :

“Combien coute ma consommation d’énergie pour mon frigidaire ? Et mon lave-linge ?

Quels sont les conseils des spécialistes pour mieux dépenser son énergie dans l’habitat ?

Actualités, Forum éco-citoyen, Blog Ma Maison des internautes, questions-réponses et même un service personnalisé en fonction de votre habitat – à condition de s’inscrire évidemment !

Le tout dans un desgin et une ergonomie très agréable pour découvrir ce service innovant EDF pour le particulier rdv sur :

https://www.mamaisonbleucieledf.fr/

Gaël Le-Boulch, chef de projet innovation internet chez EDF revient sur ce projet innovant

  • La plateforme va-t-elle être reliée au système de facturation en ligne d’EDF (sur un mode : conseil pour réduire votre consommation ?)

Nous travaillons à interconnecter tous nos sites et à apporter un maximum de flexibilité avec nos systèmes d’informations. Pour autant, nous avons 26 millions de clients, un mode de facturation complexe en raison notamment des taxes locales et des spécificités uniques de chaque habitat. C’est donc un très gros chantier en cours qui dépasse largement le site de Ma Maison Bleu Ciel, mais nous allons vers cet objectif qui est prioritaire.

  • En termes de domotique : va-t-il y avoir une intégration de la logique de la plateforme dans des dispositifs de contrôle de la consommation dans les maisons (j’entends par là, à la manière d’un V-JAY, la possibilité de régler par pièce ou par objet la consommation depuis l’interface de la Maison Bleu en ligne)

Cela reste à l’étude chez nous mais il est vrai que cela aurait du sens. C’est aussi en cela que le projet de la maison est expérimental et en co-construction permanente. N’hésitez pas à proposer ce genre d’idée dans le forum. Il y a justement un item “Construisons ensemble de nouveaux services EDF”, n’hésitez pas à être prolixe. Nous vous répondrons et vous tiendrons informé personnellement de l’avancée de nos démarches, voire nous vous ferons participer à des tests clients si vous êtes intéressés. C’est tout à fait l’esprit du projet.

  • La Maison Bleu Ciel va-t-elle être intégrée de fait dans les logiciels du type 3D architecte pro etc. ?

Aujourd’hui, cette question n’est pas d’actualité car nous ne voulons pas concurrencer les logiciels spécialisés et les architectes. En revanche, ce sont des partenaires réguliers d’EDF et si un partenariat pouvait se faire au bénéfice des internautes, nous sommes prêts à examiner tout projet innovant. Mais il faudra que ce partenariat profite à tous les internautes et reste ouvert. Nous ne voulons pas favoriser un partenaire plutôt qu’un autre. Nous voulons aller plus loin dans la simulation 3D permettant aux internautes de prendre conscience de leurs gestes au quotidien dans leur habitat pour favoriser le Développement Durable.

Rendez-vous sur Hellocoton !
November 4th, 2009

"Après l'enthousiasme des mauvaises vidéos (qualitativement) de YouTube, la tendance est à apprendre à faire de vrais films comme à la télé" Sébastien François, DG d'Eurêka-Medias, auteur du "guide pratique des camescopes sony"

by Laurent Francois

Sébastien François, en plus d’être mon frère,  dirige “Eurêka Médias, une société fondée il y a 10 ans avec l’envie d’apporter une vraie approche journalistique dans le monde assez formaté de la com’ d’entreprise“. Abordant des sujets très divers avec ses clients, notamment dans l’univers magique de la production audiovisuelle mais aussi de l’accompagnement du changement et de l’utilisation de la vidéo comme crystallisateur, il vient de publier un guide pratique des camescopes Sony.

  • Citoyens ! Tu as 140 caractères pour dire qui tu es et ce que tu fais en ligne ?

Sébastien François, réalisateur et dirigeant d’Eurêka Médias, une boîte de prod, et l’une des premières sociétés à avoir mis de la vidéo en ligne en low-cost à destination des Intranet. Journaliste aussi, et maintenant auteur de guides pratiques.

Comme le Web a tout bouleversé en termes de diffusion avec la possibilité de faire de la télé à zéro euro, de nombreux utilisateurs qui n’appartenaient pas au monde sacré du Broadcast, ont eu besoin de maîtriser des outils de production plus avancés que les téléphones et autres camescopes à 100 euros. Il n’existait strictement aucun bouquin en français, et même très peu en anglais à destination de cette catégorie baptisée Prosumer. C’est à dire des gens qui n’ont pas forcément de culture vidéo mais qui en ont besoin de reprendre à la fois les bases tout en allant au bout d’un outil à 5000 euros. Le but c’était de vulgariser au maximum les notions de prise de vue et les possibilités énormes de ces appareils.

  • Le web a-t-il changé la façon dont on tourne, produit, post-produit une vidéo ?

Le Web n’a pas fondamentalement tout changé: une bonne image est une bonne image, qu’elle soit sur un téléphone ou dans une salle obscure de 10 mètres de base. Mais ce que le Web a révolutionné, c’est qu’il a permis à tout le monde de sortir son antenne de diffusion pour faire sa télé. Et c’est énorme. Avant, il faillait créer une communauté, avoir un réseau réel, se faire un nom, ce qui n’était pas donné à tout le monde, surtout si on tourne en Ardèche (d’où je viens, tout comme toi!). Du coup, cette antenne “satellite” gratuite permet à tout le monde de produire. Mais c’est un outil à double tranchant, car faire du film, çà réclame bien sûr un savoir faire et un dose de talent. Après l’enthousiasme des mauvaises vidéos (qualitativement) de YouTube, la tendance est à apprendre à faire de vrais films “comme à la télé” qui reste le média de validation notoriétale “ultime”. D’où l’intérêt pour des outils de prise de vue plus avancés, et la maitrise nécessaire d’un workflow de post-production.

Maintent, d’un point de vue boite de prod, le Web a permis de mettre en place de vraie Web-TV interactive en interne, de valider les films à distance alors qu’en 2000, je devais encore sortir des VHS et attendre un coursier…

  • Si tu pouvais réaliser un grand projet, une grande utopie grâce au web, quel serait-il ?

J’ai la même utopie que plein de gens. J’aimerais tout simplement sortir un long métrage ou en tout cas un moyen métrage en “free ride”, qu’il soit docu ou fiction, sans avoir à me soucier des distributeurs, et voir ce film plaire au delà d’un effet de mode, en by-passant le côté simplement viral. Bref, j’aimerais avoir les moyen de diffuser quelque chose de propre, de HD, de tout ce que tu veux grâce à mon antenne. Mais si tu regardes ce qui se passe depuis que les box amènent les télé du web directement sur le plasma et pas simplement sur ordinateur, c’est ce qui va se produire, une inflation de programmes “hors broadcasters traditionnels”. Et tout comme pour le reste des contenus, il faudra simplement trouver une modèle mutualisation de “bons contenus”, car c’est à toujours pas au spectateur de s’ennuyer à éplucher la toile pour trouver vaguement ce qui pourrait lui plaire.

Guide pratique des Camescopes Sony FX1000, Z5, Z7 et S270 (Broché)

Rendez-vous sur Hellocoton !
October 21st, 2009

Citizens'views #26 "l’adulte a été en avance et a participé au développement des technologies" Marc Dorcel

by Laurent Francois

marc dorcel

J’ai redécouvert Marc Dorcel via Twitter. Au début surpris, c’est une véritable mine d’or d’informations qu’il partage avec ses équipes chaque jour. Il fêtait d’ailleurs il y a quelques temps les 30 ans du phénomène. Intrigué, nous avons donc pu entamer une conversation sur l’adulte et le web. Voici l’interview…

  • Citoyen! tu as 140 caractères pour nous dire qui tu es et ce que tu fais en ligne

MARC DORCEL producteur, éditeur et distributeur de films pour adulte sur tout support : DVD, VOD, Internet, TV, Magazine… depuis 30 ans

  • Tu es un des rares acteurs du Porno (tu m’arrêtes si ce n’est pas le bon terme) à émerger sur le web social : qu’est-ce qui t’a poussé à investir ces espaces ?

Le rapport direct avec nos fans et le côté fun. Ça nous permet mieux communiquer avec eux et d’avoir une vraie interaction. Malheureusement, il y a beaucoup de faux profils !
Nous adaptons la communication à chaque réseau. Nous ne communiquons pas de la même manière sur Facebook que sur Twitter par exemple.

  • Le business du sexe, qui avait historiquement toujours été en avance sur son temps au niveau des technologies et de la façon de diffuser son contenu semblait en retard d’un wagon avec le développement du “Web 2″ : quels ont été les freins selon toi ?

De tout temps, l’adulte a été en avance et a participé au développement des technologies (VHS, Minitel, SMS, Audiotel, DVD, VOD…). Donc retard, je ne pense pas. Nous avons lancé par exemple notre site de VOD, en 2002 bien avant que la vidéo sur Internet soit un usage (pour rappel, YouTube et Dailymotion n’ont été créé qu’en 2005). Si l’on regarde le classement des sites les plus consultés, force est de constater que les sites adulte 2.0 sont parmi les plus visités au monde. En revanche, c’est une industrie extrêmement touchée par le piratage.

  • Si tu pouvais réaliser un grand rêve, un grand projet grâce au web, quel serait-il ?

Nous allons lancer dans les prochains mois 2 gros projets participatifs/communautaires totalement inédits. Je ne peux malheureusement pas en dire plus mais nous aurons certainement l’occasion d’en reparler.

  • Merci Marc et à donc très vite !
Rendez-vous sur Hellocoton !
July 7th, 2009

Citizens’views #25 "On doit donc toujours chercher à satisfaire la curiosité des lecteurs, en étant rigoureux dans l'écriture de nos articles et la réalisation de nos sujets" Mélissa Bounoua aka MissPress

by Laurent Francois

Mélissa Bounoua nous fait le plaisir de répondre à ce Citizens’ views en plein débat des “Forçats de l’info”. Vous pouvez la suivre sur Twitter. Elle est une des animatrices du sujet et partage quotidiennement ses opinions iconoclastes. Et ça fait du bien.

1- Citoyenne ! Tu as 140 caractères pour dire qui tu es et ce que tu fais en ligne.

Je suis plus que 140 caractères.

2- Tu as émergé avec la question des “forçats de l’info” : qu’est-ce qui t’a poussée à monter sur la tribune web et à t’emparer du sujet ?

Je ne me suis pas emparée du sujet, j’en ai juste parlé un peu sur mon blog. Et j’ai encouragé d’autres à en parler un peu plus au cours d’un débat (je préfère dire discussion). L’idée était de mettre le doigt sur ce qu’est le métier de journaliste web. Beaucoup de médias ont encore du mal à dessiner les contours d’un métier qui bouge très vite. Comme je le disais ici (mon blog) ou (médialogues, RSR), les journalistes web sont souvent passionnés par ce qu’ils font. C’est dommage que, dans certaines rédactions, ils ne soient pas encore considérés aussi bien que les journalistes du papier ou de l’antenne.

C’est donc la résolution de cette fracture web papier encore existante qui, selon moi, aidera notre profession. Le sujet m’a touchée et passionnée, c’est pour ça que j’en ai beaucoup parlé, je pense qu’aujourd’hui tout le monde en a marre de lire le mot forçat, le mieux est donc d’explorer des pistes et d’avancer: l’info hyper-spécialisée, le journaliste web devient aussi animateur de communauté, la création des plateformes d’info et pas seulement des sites qui sont encore très proches des titres de presse papier que l’on connaît…posons plein de questions, essayons, on verra ce que ça donne. J’ai l’impression que nous sommes encore trop conservateurs dans notre façon de faire et de présenter l’info et qu’on pourrait beaucoup plus exploiter les potentialités du web (cf notamment cet article de la Monday note de Frédéric Filloux).

3- On en est-on sur ce débat là : as-tu des premières idées de modèle économique viable ?

Le modèle économique, des patrons de presse, des journalistes et des experts planchent dessus depuis des années sans avoir trouvé de formules magiques. Pour l’instant, les sites d’info coûtent plus cher que les rédactions papier auxquels ils sont adossés. Si se sont des pure-players, ils se débattent pour être à l’équilibre quand ils ne sont pas dans des situations franchement difficiles. Tout le modèle de la presse était fondé sur la publicité et la vente de petites annonces. Les petites annonces sont maintenant gratuites (exemple avec Craigslist) ou vraiment pas chère, il faut donc chercher de nouvelles pistes.
Je lis en ce moment le livre de Jeff Jarvis, What Would Google Do? (La méthode Google en français) qui expose l’idée que le modèle Google devrait s’appliquer à tous les types d’activités. L’idée étant de se concentrer plus sur ce que l’utilisateur aimera et ne pas chercher à tout prix à le faire venir à son site mais de lui donner des outils, ce qu’il recherche. Il insiste sur l’idée de plateforme ouverte où les utilisateurs pourraient mixer le contenu et l’exporter (en embeddant de l’info par exemple) sur leur propre site pour s’en servir. Se concentrer sur la conversation “many to many” plus que sur le modèle “one to many” auquel nous avons été habitué pendant l’ère des journaux érigés en références.

4- On a beaucoup parlé des organisations des rédactions et des journalistes pendant ces dernières semaines. Mais quid du lecteur ? Quelle promesse le journalisme doit-il faire dans ce nouvel écosystème ?

Le lecteur a davantage le droit de s’exprimer. C’est un bon point. Mais il trouve aussi beaucoup plus vite l’information. On doit donc toujours chercher à satisfaire la curiosité des lecteurs, en étant rigoureux dans l’écriture de nos articles et la réalisation de nos sujets. Il faut surtout discuter avec eux, car ils ont aussi une idée de ce qui peut être de l’information. J’ai suivi lundi après-midi une discussion entre Xavier Ternisien, l’auteur de l’article du Monde sur les forçats et Eric Mettout rédacteur en chef de l’Express.fr, le premier disait qu’il ne “s’informerait pas sur LePost“  LePost est un tentative de création de l’information (car je pense que c’est une forme d’information) qui insiste sur l’interactivité entre les lecteurs, blogueurs, posteurs autant que sur l’info elle-même. C’était un pari risqué mais qui semble fonctionner, est ce qu’on doit s’en inspirer? Oui, au moins pour la conversation que ça peut générer.

5- Si tu pouvais réaliser une grande utopie grâce au web social, quelle serait-elle ?

Une grande utopie je ne sais pas. Si les réseaux sociaux pouvaient éviter que des gens se fassent tuer, ce sera déjà quelque chose. Twitter a déjà rassemblé des gens qui n’auraient pas pu se rencontrer sans ça ou pas si vite. En Egypte, un militant (Alaa Abd El Fattah) avait été libéré de prison sous la pression d’un regroupement, commencé virtuellement via les réseaux sociaux grâce à un blogueur (Abdel Monem Mahmoud) qui avait vu ses statuts et alerté un groupe qui ne se serait pas connu sans ça. (source: Clay Shirky, Here comes everybody, pages 184-185-186).

Rendez-vous sur Hellocoton !
June 1st, 2009

Citizens'views #24: "les entreprises doivent laisser leurs alibis et commencer à infirmer leurs préjugés" Ralf Rottmann

by Laurent Francois

Citoyens !

Je suis les opinions de Ralf Rottmann sur TheNextWeb depuis quelques temps, et je voulais avoir son opinion sur les médias sociaux et notre environnement digital. Voici ses convictions, qui ne tergiversent pas quand il s’agit de parler de “relationship” entre marques et consommateurs. Merci encore Ralf! Vous pouvez le suivre sur The Next Web et sur 24100.net, ainsi que sur son Twitter et  LinkedIn

  • Bonjour Ralf : tu as 140 signes pour nous dire qui tu es et ce que tu fais en ligne:

Entrepreneur, consultant pour les stratégies mobiles, et expert des médias sociaux. Je suis un team player passionné. Et je m’intéresse énormément à l’innovation stratégique et aux invetions.

  • Tu mentionnais dans ton dernier post sur TheNextWeb que construire une relation est devenue la priorité pour les entreprises. Pourrais-tu définir ce que signifie justement cette relation “consommateurs/marques” ?

L’ère digitale a impacté notre style de vie de différentes façons. Les consommateurs ont désormais des outils fantastiques pour mieux comprendre la valeur des offres et pour faire des choix plus avertis. La ligne de séparation entre consommateurs, prosumers et influenceurs s’est floutée. Cette nouvelle puissance vient avec une surexposition à l’innovation technologique et avec des nouvelles propositions de valeur de marques presque quotidiennes. Les marques, et c’est particulièrement vrai pour les plus grandes, doivent quitter leurs zones de confort, briser leurs prisons de verre et renforcer leur présence et participation dans les réseaux et communautés.

La démocratisation des médias redonne la parole aux personnes individuelles. Les diffuseurs doivent sérieusement commencer à penser en termes de narrowcasting. Les marques doivent arrêter de simplement “shooter” de l’info, elles ont besoin de s’engager dans les discussions – ce qui implique d’abord d’écouter les opinions, quelque chose que beaucoup de grandes firmes ont “désappris” dans le passé.

Enfin, il s’agit de retourner à l’essence même de ce que signifie “établir une relation”, dans son sens vrai et premier. Le secteur a toujours parlé en termes de “customer relationship”. La vérité, c’est que les relations sont de fait intimes et personnelles, et il semble difficile pour les grandes firmes de penser en dehors de leur carte de visite.

  • Mais pourquoi est-ce donc si compliqué d’engager la conversation avec les consommateurs et les citoyens ?

ça a à voir avec une longue tradition de chaîne de production en sens unique. Je crois vraiment que c’est un élément encore ancré dans les compagnies aujourd’hui.

Il n’y a en parallèle pas de moyens sérieux en place (technologie) qui auraient permis aux entreprises de construire des relations one to one efficientes. Elles se sont donc échappées vers le 1 to many, en levant des technologies de business intelligence et des algorithmes tentant de construire de fausses relations one to one. Mais les consommateurs remarquent quand quelqu’un essaie de les avoir.

C’est étonnant que le sujet “construire une relation” soulève autant de questions et appelle autant d’experts alors que c’est un élément que nous devrios tous avoir appris depuis notre naissance. C’est un aspect fondamental de la vie humaine, en fait.

C’est pourquoi je crois profondément que les entreprises doivent laisser leurs alibis et commencer à infirmer leurs préjugés, en les remplaçant par une nouvelle culture “ouverte”. Elles doivent commencer à écouter plutôt que de shooter, et agir sur tous les réseaux importants (ce n’est plus aussi simple que la TV, le web ou le print).

  • Si tu pouvais réaliser une grande utopie / un rêve grâce au web social : ce serait quoi ?

J’aimerais voir un temps où les réseaux les plus forts ainsi que les plateformes de communications unifiées ne soient plus possédés et opérés centralement par des businesses , mais fédérés et distribués par la communauté elle-même. Le fait que Twitter, Facebook et les autres ne sont finalement que des businesses qui doivent faire grossir la valeur pour l’actionnaire limite l’innovation continue et fait que les réseaux sont naturellement fermés autant que possible (entre autres choses).

J’aimerais voir que ces nouveaux outils puissent assurer à chaque individu, à chaque compagnie, un accès égal au monde digital, ses ressources et sa culture.

j’aimerais voir ces nouvelles capacités en oevure quand il s’agit de prendre des décisions politiques et pour résoudre les problèmes émergents de notre planète.

Rendez-vous sur Hellocoton !
April 24th, 2009

Citizens'views #23 :"on ne rencontre toujours que des personnes qui nous ressemblent…" Caroline Vermalle

by Laurent Francois


Caroline Vermalle est l’auteur du roman L’Avant-Dernière Chance, Prix Nouveau Talent 2009 (Fondation Bouygues Télécom / Métro). Elle m’a contacté via Facebook et j’ai trouvé la démarche intéressante bien qu’un peu “agressive” a priori : aller directement à la rencontre de blogueurs-lecteurs pour faire parler de son roman. On forçait autrefois les portes de Gallimard, on ouvre aujourd’hui les comptes Facebook. Nouvelle époque ? En tout cas la plume est futée, et sensible.

  • Citoyenne ! Qui es-tu et que fais-tu online à nous ajouter comme “amis” sur Facebook ?

Je répands la bonne parole… celle de deux pépés qui font le Tour de France dans une Renault Scénic pour oublier qu’ils sont vieux – et qui rencontrent en route et contre toute attente la romance, l’optimisme et les SMS. Ce n’est pas aussi simple et aussi rose que ça, mais en gros, voilà l’histoire de mon bouquin L’Avant-Dernière Chance. http://tinyurl.com/c83sn9

Donc la vérité vraie, c’est que j’ai un livre à vous faire découvrir: L’Avant-Dernière Chance édité par Calmann-Lévy, qui a même reçu le prix Nouveau Talent 2009 (Fondation Bouygues Télécom / Métro).

  • tu lances un nouveau livre : qu’est-ce que ça va t’apporter de t’adresser directement à des blogueurs ?

Si on parle stratégie marketing, je n’en sais rien. L’idée n’est d’ailleurs pas de moi, mais d’experts en “stratégies conversationnelles” (agence Human To Human).
Depuis la parution du livre il y a un mois, 7 blogueurs ont écrit un billet sur moi; tous extrêmement flatteurs (j’en profite d’ailleurs pour leur dire MERCI!!). http://tinyurl.com/c3c7fc

Maintenant, est-ce que ces articles vont faire une différence au niveau des ventes du livre? A très court terme, a priori non: les statistiques de vente de la semaine suivant la parution des blogs ne montrent pas d’amélioration des ventes. Rendez-vous dans 6 mois pour un nouveau bilan…

Cepdendant, je peux vous dire que personnellement, les blogueurs m’ont apporté beaucoup! En tant que jeune auteur, je ne suis pas en mesure d’espérer voir des critiques de mon livre dans la presse. Donc lire la réaction des lecteurs par le biais des blogs, voir leur analyse et par dessus tout, leur enthousiasme, cela m’a apporté une confiance en moi qui me permet de continuer.

D’autre part, j’ai décidé de publier mon nouveau roman, Le Vent se Lève Tard, en-ligne, sur mon blog. Le fait de le proposer accessible à tous ne me rapporte rien à part le plaisir de le faire et la possibilité de recevoir des commentaires d’internautes. Donc venez, lisez et dites-moi ce que vous en pensez, c’est gratuit!!! ☺ http://tinyurl.com/dk7dka

  • tu as 140 caratères pour nous dire pourquoi l’acheter :

(Pour reprendre les mots d’une blogueuse):

“Il y a des romans qui font réfléchir, d’autres qui émeuvent, d’autres qui font rire et d’autres encore qui redonnent la joie de vivre: celui-ci fait les 4 à la fois !” http://tinyurl.com/cszww9

  • si tu pouvais réaliser un grand projet, une utopie, grâce aux médias sociaux, qu’est-ce que ce serait ?

… que tout le monde ait 6 milliards d’amis sur Facebook?

Sérieusement – et très égoïstement – j’aimerais pouvoir rencontrer des gens vraiment différents de moi et d’aller au coeur de le leur vie pour un instant. Pour un auteur, l’opportunité de connaître la vie d’un instituteur au Bénin, d’un clodo à Detroit, d’une danseuse au Lido (exemples tout à fait au hasard), de connaître ce qu’ils prennent au petit déjeuner, la relation qu’ils ont avec leurs parents, leurs fins de mois et leurs rêves secrets – c’est infiniment précieux! Bref, ça m’aiderait beaucoup pour créer mes personnages… A la place on invente, on passe des heures à lire, on se concentre très fort avec des bouts du puzzle pour recréer un ensemble qui court le risque d’être superficiel ou cliché… En fin de compte, que ce soit Facebook, ou Twitter, ou MySpace, etc. ces sites ne sont que le miroir de nos réseaux “réels”: on ne rencontre toujours que des personnes qui nous ressemblent… dommage.

Merci pour l’interview, à bientôt.
Caroline

Rendez-vous sur Hellocoton !