petit email à destination des agences de RP

Citoyennes et citoyens,
J’en parlais il y a un an, Little est de retour, avec de nouvelles compositions aussi légères et mélancoliques qu’une cour de lycée les soirs d’automne.
Et puis Little a décidé d’écrire et surtout de nous faire vivre l’écrit :
“Si je suis déjà soûle à la moitié de ma pinte
Et si je dis poutiou quand je vois un petit chien
Si j’ai le monde à mes pieds quand je fais la moue
Et si le plus violent de mes pets fait piou
Que voulez-vous je suis une fille
Mais dans les contes d’aujourd’hui
Je suis la Belle qui boit en dormant
Je suis la Belle et la Bête en même temps
Que voulez-vous je suis une fille
Rendez-vous compte de ma vie
Je suis la belle dans toutes ses histoires
Surtout dans celle de la Belle et le Connard”
On retrouve ces jolies rimes accroche-cœur sur son TumblR, on la suit sur son Twitter.
Une fois de plus, des relations publiques aux relations lecteurs/fans, il n’y a qu’un pas.
On attend avec impatience sa prochaine tournée.
C’est tout de même bien chouette, qu’un artiste nous parle en-dehors du moment où il a besoin de nous, publics.
“De tous les carrefours importants, le visage à la moustache noire vous fixait du regard. BIG BROTHER VOUS REGARDE, répétait la légende, tandis que le regard des yeux noirs pénétrait les yeux de Winston… Au loin, un hélicoptère glissa entre les toits, plana un moment, telle une mouche bleue, puis repartit comme une flèche, dans un vol courbe. C’était une patrouille qui venait mettre le nez aux fenêtres des gens. Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée.”
George Orwell. 1984.
L-Word ? Parce qu’à partir d’aujourd’hui il va falloir commencer à crypter les données. Et que de H comme Hadopi à L comme liberté, il n’y a qu’un Isthme.
Louis CK, humoriste d’outre-Atlantique, nous fait partager ses vues sur notre modernité super-rapide, super-connectée liquide.
Il prend l’exemple d’une connexion internet qui s’interrompt dans un vol intérieur, et les gens qui commencent à s’énerver. Il rétorque : “tu es assis dans un fauteuil, et tu …voles !”.
Un joli appel à la déconnexion, et à l’influence digitale offline ?
Bon week-end.
Citoyens !
En ces temps de crise, il est parfois de bon ton de faire “le saut dans les étoiles” pour reprendre l’expression chère à Zola et de courir vers le roman, nouveau ou ancien, en rupture ou dans son temps.
Le Clézio est (enfin) prix Nobel. Un livre en forme de croisement de l’imagination, de l’angoisse de savoir qui l’on est vraiment, et de l’Histoire fait partie de mes 3 romans préférés : Etoile Errante.

Extrait :
“Elle savait que l’hiver était fini quand elle entendait le bruit de l’eau. L’hiver, la neige avait recouvert le village, les toits des maisons et les prairies étaient blancs. La glace avait fait des stalactites au bout des toits. Puis le soleil se mettait à brûler, la neige fondait et l’eau commençait à couler goutte à goutte de tous les rebords, de toutes les solives, des branches d’arbre, et toutes les gouttes se réunissaient et formaient des ruisselets, les ruisselets allaient jusqu’aux ruisseaux, et l’eau cascadait joyeusement dans toutes les rues du village.
C’était peut-être ce bruit d’eau son plus ancien souvenir. Elle se souvenait du premier hiver à la montagne, et de la musique de l’eau au printemps. C’était quand ? Elle marchait entre son père et sa mère dans la rue du village, elle leur donnait la main. Son bras tirait plus d’un côté, parce que son père était si grand. Et l’eau descendait de tous les côtés, en faisant cette musique, ces chuintements, ces sifflements, ces tambourinades. Chaque fois qu’elle se souvenait de cela, elle avait envie de rire, parce que c’était un bruit doux et drôle comme une caresse. Elle riait, alors, entre son père et sa mère, et l’eau des gouttières et du ruisseau lui répondait, glissait, cascadait…
Maintenant, avec la brûlure de l’été, le ciel d’un bleu intense, il y avait un bonheur qui emplissait tout le corps, qui faisait peur, presque. Elle aimait surtout la grande pente herbeuse qui montait vers le ciel, au-dessus du village. Elle n’allait pas jusqu’en haut, parce qu’on disait qu’il y avait des vipères. Elle marchait un instant au bord du champ, juste assez pour sentir la fraîcheur de la terre, les lames coupantes contre ses lèvres. Par endroits, les herbes étaient si hautes qu’elle disparaissait complètement. Elle avait treize ans, elle s’appelait Hélène Grève, mais son père disait : Esther.”
A l’heure des ultraréalismes, des seconds degrés, l’annonce de la cannonisation de Le Clézio est une superble nouvelle pour le retour d’un certain ailleurs imaginaire, d’une soif de déconnexion des fibres vers une reconnexion des esprits. Un esprit de la maison Gallimard, évidemment.
Et c’est tant mieux pour nous.
Lys, Peu, Lô, et Del. Un quatuor magique, qui fait passer Monica, Eva et les autres pour justement de simples Autres. Shooting complet en cliquant sur l’image. C’était déjà mon L-Word il y a quelques mois.
Sexy.
Bombesques.
Plastiquesques.
Mais aussi :
Drôles
Futées
Décalées
Le shooting fait par CiTiZeN L. par un bel après-midi d’été indien…Paris chic !
Et bien sûr pour les non-initiés, le blog des “DS” est ici. Le fan group est là .
Merci à Greg pour la découverte, à Firmament-l’assistante-photographe, au soleil et aux DS pour leur fabuleux talent de lip-sexy-dubbeuse :
That’s not my name. from Alice Barbosa on Vimeo.