Archive for ‘Uncategorized’

December 4th, 2012

Le jour où j’ai une agence à Londres (qui grossit, un peu)

by Laurent Francois

A hauteur d’un post tous les 5 mois sur ce blog, on va dire que Londres occupe plutôt bien l’agenda.

Si vous n’avez pas suivi, j’ai lancé en mai dernier une agence digitale intitulée French Ideas, à Londres, sur fonds propres et avec le soutien moral de mes proches et du vin de chez Tesco. L’histoire est passionnante, on grossit et déménage dans quelques semaines, grâce à des premiers clients fidèles et à la confiance acquise avec des gens de talents.

C’est parti pour quelques retours d’expérience. Ca n’engage que moi; mais toujours prêt à chicaner autour d’une pinte!

  • C’est en ce moment #leweb de Loïc et Géraldine; j’ai par curiosité regardé le streaming sur “les” écosystèmes entrepreneuriaux européens. Et plusieurs choses m’ont choqué. A entendre certains intervenants tout au long de la journée, mais aussi autour du Silicon Roundabout londonien, ou encore lors de conférences dites “digitales”, on a l’impression que monter une entreprise basée autour du web passe nécessairement par un recours au système magique de Venture Capitalists, ce qui implique de devoir mener à bien toute une série de “pivots”. On va être clairs; je pense que cette image véhiculée est particulièrement fausse, et “misleading” comme on dit chez les Brits. Je pense même que le recours à ces VCs est déconseillé. Je m’explique:
    • quand on monte un business, je pense qu’on le fait d’abord par soif d’aventures et d’indépendance; faire entrer le loup de la bergerie (c’est à dire en somme ne plus travailler pour vous mais avec un réseau de contraintes, à savoir les gens qui vous donnent des sous…) remet en cause ces postulats-ci. Ca correspond à avoir les désavantages du salariat sans les bénéfices de l’entrepreneur
    • Un VC est là pour se faire des sous sur vous; en clair, il ne va pas attendre 20 ans avant de vous faire générer un peu de cash. Tant pis pour les tenanciers de l’idéologie libertarian, un VC veut que vous soyez profitables vite. Or pour de nombreuses start ups, la perspective d’une éventuelle profitabilité (j’entends au sens non pas de Mitch qui a pu s’acheter son 4×4 avec ses premiers 100K de dividendes, mais bien d’une profitabilité crédible sur des marchés financiers) n’est par essence pas atteignable de suite. Un VC peut donc vous conduire à une remise à plat de votre business model; pas parce que votre chaine de valeur est mauvaise, mais parce qu’elle ne “crache” pas assez vite.
    • sur la question des industries à forte valeur ajoutée; certes des domaines requièrent une mise de départ ébouriffante (biotechnologies etc.). Et là, un tour de table non seulement se justifie mais est indispensable. Il n’empêche; tu as 22 ans et tu sais à peine compter sur tes dix doigts? Tu as fait une école de commerce et tu vas me faire croire que tu maitrises déjà suffisamment la recherche moléculaire pour en faire du business? Ok tu es exceptionnel. N’empêche que pour l’immense majorité des jeunes en soif d’entreprise, le niveau d’investissement de départ est vraisemblablement bas. Savoir construire un business plan cohérent avec une perspective d’équilibre à un an serait déjà un plus pour le bien commun.  La mode est pourtant de “pitcher” en 1 minute à des gens qui ont l’air sérieux. En tant que Mad Man moderne, je n’ai jamais réussi à vendre du vent en moins de 30 minutes, café compris. Vous me dites comment les “entrepreneurs” seraient devenus des publicitaires? J’arrête ici sur les VCs mais vous m’aurez compris, on consacre – j’en ai bien peur – une pratique minoritaire comme s’il s’agissait du standard
  • Sur les industries reliées au digital justement, Londres est particulièrement en avance. Les cafés, boutiques, associations, tous ont une présence digitale ou tentent d’activer digitalement un public réel. La concurrence est forte, n’empêche que les Brits ont de fait une habitude assez élevée de ces pratiques. Le niveau de créativité qu’on peut employer est donc à la mesure de ce que ces publics sont déjà prêts à vivre
  • Les phénomènes de “clusters” ont sans doute un versant structurel (infrastructures, vivier d’opportunités locales, etc.). Je pense pourtant que le principal ressort est la proximité culturelle entre individus, en termes de valeur. Pas étonnant qu’en Californie, on souhaite se retrouver avec le sourire dans un garage: on est prêts à accepter un effort au prix d’une adhésion à ce qu’un travail à plusieurs pourrait donner. Il est là, le vrai pivot…
  • Le “Social Media” en tant que tel n’est plus vraiment LE secteur le plus porteur du business; il est déjà à Londres absorbé dans une approche globale du digital et du marketing. Plusieurs raisons à celà: le community management est bien une fonction, pas un job (je persiste et signe); cette fonction est intégrée dans des jobs (depuis l’attaché de presse en passant par le vendeur du coin), packagée dans des services transversaux (ex: plus une solution d’intelligence économique n’intègre pas une analyse des conversations et des communautés), ou quasi automatisée (ex: les acheteurs médias doivent désormais composer avec les systèmes d’affilitation…)
  • Emerge donc le “Social Design“…

 

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February 15th, 2012

Le community manager existera-t-il encore après Facebook ? Coup de gueule post Orangina

by Laurent Francois

Il y a quelque chose d’agaçant dans le micro-drame Orangina; à chaque fois qu’un micro bad buzz émerge, on ressort (en France) les marronniers autour du code d’éthique du “community manager”, sa vie et son œuvre. Ou plus exactement on ressort la guéguerre entre l’agence de pub qui donne des leçons à la terre entière (Fred & Farid, et ils ont bien raison : qu’attendent les autres pour exprimer une vision ?) vs les agences “Social Media” qui voient d’un très mauvais œil l’arrivée dans un business autrefois proche du pré carré de monstres qui puissent contrôler toute la chaine, de la production à la propulsion.

Mais là n’est pas le vrai sujet à mon sens. Je le répète à l’envie : le métier même de “community manager” est une aberration puisqu’il s’agit à terme d’une fonction d’entreprise intégrée. Voir à ce propos la page 18 du rapport du Community Roundtable.

Imaginez un monde sans Facebook et sans Twitter (si si , 5 minutes pour voir) : que ferait le “community manager” de ses journées ?

  • il n’écrirait pas sur le blog corporate de l’annonceur puisque les équipes éditoriales le feraient
  • il ne modèrerait pas non plus les commentaires puisqu’a priori des technologies Anti-Spam sont en place et que pour tout autre sujet appelant une réponse, ou l’auteur du post répondrait ou
  • il n’orchestrerait pas non plus la stratégie de contacts de la marque dans d’autres réseaux sociaux puisqu’il existerait un marketing digital et qu’il serait simplement chef de projet (ce n’est pas un mal d’être chef de projet, je vous assure)
  • il ne remonterait pas les insights des conversations en ligne, tâche donnée à un analyste ou à un planner digital
  • il n’inviterait pas ses nombreux amis à venir à des événements, car un service RP travaillerait à identifier les meilleurs influenceurs / individus à venir assister à l’event
  • il ne participerait pas au développement de nouveaux produits puisque les product managers sont en train de s’équiper de nouveaux moyens d’idéations

La liste pourrait s’étendre à l’infini : le “community management” est un pan du social media qui s’injecte dans des pratiques pré-existantes.

Je suis très remonté contre les écoles de communication (notamment) qui se mettent à proposer des formations de community managers alors que trouver de bons chefs de produits est encore trop rare.

Je trouve ça hallucinant de faire croire notamment aux profils nouveaux entrants que les profils de community managers sont voués à être les décideurs de demain : c’est faux, les community managers sont en termes de rémunération tout en bas de l’échelle, car ils n’ont ni un job stratégique, ni ne participent aux développements de leurs entités, ni n’ont de quoi exercer une quelconque autorité sur l’entreprise. Les community managers ont été pendant un temps le pansement d’une non remise en cause des chaines de valeur des entreprises. Ils ont été des jobs opportunistes côté agences pour se faire de l’argent là où les marques ne comprenaient plus grand chose.

Je trouve ça irresponsable ; un exemple tangible, là où les médias sociaux sont juste quelques années devant nous, aux US. Cherchez sur Indeed le nombre d’offres de community managers. Comparez avec les autres types de jobs gravitant autour du digital. Le terme même est en train de dépérir, parce qu’absorbé par les autres métiers. C’est un fait.

 

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July 26th, 2011

La guerre des idéologies dans les médias sociaux : one best way contre learning by doing

by Laurent Francois

Citoyens !

Vous n’avez pas l’impression en lisant la littérature marketing ayant trait aux médias sociaux que l’écosystème se divise en deux clans ?

L’orthodoxie 2.0

D’un côté, les tenants d’une forme d’orthodoxie : il y aurait un “one best way“, des “meilleures pratiques” pour ouvrir une page Facebook ; pour animer une communauté; ou encore pour mettre en place une stratégie éditoriale. Ce “one best way“, emprunté au Taylorisme, donne l’illusion d’une rationalisation possible des techniques Social Media. Cette rationalisation se base sur des indicateurs de performance systémiques simples : accroitre le nombre fans / augmenter le trafic vers un espace / développer la fréquence d’écho d’un billet publié par une marque.

On les reconnait souvent par des titres en forme de conseil. En vrac : comment optimiser sa stratégie 2.0 sur Facebook ? Quels meilleurs outils pour écouter les conversations en ligne ? Comment animer une page Facebook ? Comment attirer l’attention sur une page Facebook ? Comment recruter de nouveaux followers sur Twitter ?

Ce qui me gêne dans ce type d’approche et que sous des airs de “services rendus”, c’est bien plutôt une vision cadenassée de la discipline du Social Marketing qui est professée. Les “études de cas” deviennent des sentiers à suivre impérativement. Les influences se limiteraient à un petit pool d’initiés, qu’il devient de plus en plus difficile de pénétrer. Surtout, on passe à côté du coeur du Social Media : les individus ; leur capacité à être irrationnel ; une théorie des organisations plutôt qu’une théorie d’une chaîne de montage.

L’orthodoxie 2.0 se nourrit de la pensée pauvre et engendre la pensée pauvre

Le problème est que cette orthodoxie 2.0 a des conséquences dommageables pour le marché, pour le marque et pour les individus eux-mêmes.

On constate d’abord une multitude de brief sans véritable objectif de communication : sans faire de name dropping, on voit se multiplier les notes ou “briefs” où l’objectif est par exemple une acquisition de nouveaux “fans” sur Facebook. Briefs qui au lieu d’être challengés (un fan so what ?)  se voit satisfait par une diversité d’experts, bureaux de community managers (sic/sick), perlimpinpins des temps modernes.

L’autre danger est une perte de prise de risque : une marque doit être “transparente”, “dans la conversation”, doit répondre à un consommateur en colère “en temps réel”, on doit faire attention au “personal branding” en remerciant les gens qui vous citent et en étant toujours dans le positif. 2 contre-exemples à ça :

  • les marques (compagnies ou individus) qui fonctionnent sont des marques “authentiques” aka qui osent aussi vous dire non ou même si vous ne servez à rien à aller voir ailleurs si elles y sont. Le principe du CRM (écarter les mauvais payeurs…) n’a pas de raison d’être différent à l’ère digital. Sauf hypocrisie notoire, bien sûr
  • des marques parfaitement absentes des médias sociaux continuent à performer sur les objectifs réels (vente / notoriété / prestige). Mon boulanger par exemple qui a encore embauché ce mois-ci. Ou bien boXoX.me qui se fait un malin plaisir à créer de la distance. Ou bien Seth Godin, pas présent sur twitter (oui oui, le parrain des marketers nord-américains n’est pas sur twitter et le vit super bien). Le vrai luxe vous dit-on

L’incertitude et le “learning by doing” sera notre (seul) salut

Le monde se divise bien en 2 castes : ceux qui vous disent devant un nouveau projet “je ne crois pas en ton modèle” (orthodoxes) et ceux qui vont vous demander l’objectif final et le moyen d’y arriver.

Chaque problématique client ayant un volet “Social” devrait être challengée en dehors des prêt-à-penser ordinaire. Une seule question compte : pourquoi communique-t-on ?

3 idées pour se rafraichir l’esprit devant un brief :

  1. trouver le moyen de ne pas inclure Facebook, Twitter ou YouTube dans la recommandation
  2. essayer de partir d’un “metrics” qui soit beaucoup plus orienté “chiffre d’affaires” ou “aide à la vente” : c’est l’impératif des directions marketing annonceurs pour les années à venir
  3. tenter de benchmarker la problématique client dans des univers qui ne lui sont pas propres. Pourquoi ? Parce que sur le web social, vous pouvez être en concurrence non pas avec vos homologues du même secteur mais avec des individus qui prescrivent un territoire. La culture est un bon exemple de territoire propre à l’ “hyphenated-marketing”. Nous y reviendrons.
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February 3rd, 2011

Les marques médias plébisicitées par les Français ?

by Laurent Francois

Citoyens !

Un motif d’agacement suite à la communication de la dernière étude Havas Media avec l’Institut CSA.  En clair : on voudrait nous faire croire que les marques-médias incontournables pour atteindre une certaine efficacité publicitaire sont :

  1. Google
  2. Facebook
  3. TF1
  4. Orange
  5. M6

Et en sous-argument dans le communiqué et les articles ensuite, 2 précisions notables, mine de rien :

  • il s’agit en fait d’une étude sur les marques les plus puissantes dans la vie quotidienne
  • il s’agit d’une étude réalisée auprès d’un échantillon de 15 à 49 ans

Dès-lors, dans la transformation de l’étude en outil commercial, Havas Media commet à mon sens (et ça n’engage que moi) 5 erreurs de formulation :

  1. la première concerne la confusion entre puissance et accessibilité. A savoir que par défaut, mon PC s’ouvre sur un moteur de recherche (Google), que mon smartphone voit préinstallé l’application Facebook, que ma TV est tout de même portée par TF1. Que je me connecte à une adresse mèl de mon FAI (Orange). Et que vu que je suis un jeune cool, je regarde des émissions sur M6. Ces marques, j’y suis exposé car elles ont eu la capacité soit historiques (anciens monopoles d’Etat ou poids de l’histoire pour TF1 & Orange / FT) soit en devenant un standard de s’imposer dans un oligopole
  2. plébiscite est bien différent d’influence : ces médias peuvent être éloquents dans certains domaines, pitoyables dans d’autres dans la capacité à générer de la transmission de message et de la création de consentement
  3. ce type de ranking favorise l’image d’une France moyenne, une France de Madame Michu. Or dans notre pyramide en ogive, tout le monde – donc personne – est Madame Michu. Favoriser un discours de média de masse, c’est écarter les logiques affinitaires pour privilégier les cantiques à base de GRP, d’audiences sans aspérité
  4. en mélangeant le support et la marque (on ne sait plus à la fin de quoi on parle) on tue avant la naissance les prolongements des marques-médias qui montent sur le web social comme TF1 avec l’ensemble des services mis en oeuvre (Wat TV etc.). Cette typologie n’explique pas pourquoi une marque-média grandit ou non vs un réseau (donc pas un média)
  5. enfin plus grave : l’étude propose d’analyser 3 angles à savoir “les médias dits «payants» («paid»), c’est-à-dire la publicité dans les médias, le mailing et l’e-mailing; les médias «privés» («owned»), qui recouvrent les sites Internet des marques ainsi que leurs points de vente; enfin, les médias «publics» («earned») qui englobent l’opinion des proches, le bouche-à-oreille, l’opinion des internautes et le Web social.” Dans ce cas là, la “marque-média” la plus plébiscitée par le Français, c’est le Français lui-même à savoir le bouche-à-oreille. Moins vendeur néanmoins pour pousser des discours d’achats d’espace

et pourtant : agences, médias, universitaires; on se doit d’être exigeants, ambitieux, argumentatifs. Ce genre d’études est normalement clé pour anticiper les propositions de valeur accordées par nos denrées les plus rares, les citoyens, à nos prochains services. C’est de notre responsabilité d’être en profondeur quitte à casser les standards importés des US (le mot est lâché). Au risque de voir tous nos beaux métiers fondre comme neige, ou comme GRP, au printemps venu.

Petite info sur mon manque de posts ces jours-ci : de beaux projets à venir sur du life-style “masculin”, un job prenant et les 1 an de Tout Ca Magazine comme autant d’actus à communiquer ;) Je vous rassure, j’ai continué à bosser pour vous et je sors bientôt “Social Media what’s going on? v 3″ dans quelques jours. C’est bon, pardonné ?

Bref.

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January 10th, 2011

Pourquoi une marque ne doit pas céder dans les médias sociaux : le cas d’école Starbucks

by Laurent Francois

Citoyens !

On se revoit encore les brillants commentateurs du Social Media crier victoire quand Gap a tenté de changer son logo. La victoire de l’homme du PMU du riche (à savoir Twitter) contre la marque qui n’aurait rien compris aux attentes des consommateurs. Un peu comme quand on se croit faire la guerre en Iran depuis son petit PC bien au chaud en France. Un regain jouissif :  frénétiquement faire partie d’un “mouvement”. Par la grâce des coups de statuts permanents. Damn it.

  • N’empêche que GAP a au pire réussi à apparaitre comme une marque molle : à force de céder aux sirènes des suivis, on se retrouve dans la place du suiveur.
  • N’empêche que GAP a peut être joué avec le feu afin de générer de l’attention pour monter en puissance avant une date clé pour la marque en 2013 : générer un quart de son business via le e-commerce. Et l’on peut effectivement se demander si générer un mini bad buzz ne permettrait pas de gagner au change. Partant du principe qu’avec l’ère du digital, le démenti est plus fort que le mensonge. Donc rattraper un “bad buzz” peut s’avérer un formidable levier. A manier avec précaution : on trompe une fois, pas deux.

Bis repetita ces derniers jours avec Starbucks qui se met à changer son logo. Fous, inconscients ? On lisait déjà dans les arcanes d’AdAge et de tous les néopublicitaires digitaux que Starbucks allait aussi connaitre le sort de Gap. Et pourtant bien au contraire. Tentative de décryptage :

  1. Annonce le 5 janvier du nouveau positionnement de la marque et donc du changement de logo induit sur le blog corporate de la marque. Pourquoi l’idée a été brillante :
    - on s’évite ainsi de soumettre directement au grand public le logo en changeant la plate-forme sociale de destination du débat et en rétablissant avant les hurlements les faits, et le point de vue de la marque
    - on concentre le débat sur une question maitrisée : sur le blog corporate, il ne s’agit pas de dire si oui ou non on est pour ou contre le logo (débat limité s’il en est) mais de dire si oui ou non on est pour le nouveau positionnement business de Starbucks (à savoir : ne pas seulement vendreu du café mais toute une série de nouveaux produits et services)
  2. ouverture de la conversation sur le mur Facebook de la marque mais pas de débat avec la marque à proprement parler :
    - la marque laisse les critiques s’exprimer sur le mur et sur le post annonçant le nouveau logo, redirigeant vers le blog corporate : en 5 jours, le rythme des consommateurs “contre” le logo a ralenti, n’étant plus que marginal par rapport aux conversations autour du café et des services. Voire marginal par rapport aux “pour”. Au final, le volume de commentaires générés pour le nouveau logo est dans la norme des statuts et posts de la marque. Rien de dramatique. Le plus dur est passé
    - la marque continue son calendrier éditorial : le samedi un nouveau statut sur un produit Starbucks en espagnol. Reprise de l’agenda établi en amont
  3. l’impact des conversations en dehors des conversations maitrisées par la marque reste marginal. Je rejoins  en partie les conclusions de l’article de mon homonyme inversé François Laurent : “La quasi-totalité des blogueurs impliqués appartiennent au vaste monde … du marketing et de la communication“. Et GAP aurait du écouter cet adage : ce n’est pas parce que c’est dans AdAge que c’est vrai

En conclusion, je cite cet internaute sur la fan page de Starbucks :

“More power to Starbucks! I see nothing wrong with the log. You have to change as everything else changes. If we were all so brilliant, we would have all thought up our own Starbucks. It’s a logo and there’s nothing wrong with it. Funny how people think they are all experts on the subject when a change it made. Keep up the great work and keep up the great service, Starbucks! I’m a fan and will continue to be a fan”.

Starbucks a prouvé une nouvelle fois que le “buzz” ne sert à rien en soi : il s’agit d’orchestrer une histoire de marque profonde, long-termiste. La marque a prouvé qu’elle connaissait effectivement par coeur ses différents publics : laisser se marginaliser les commentateurs potentiellement négatifs (blogueurs marketing/pub ?), tenir le cap en ayant préparé les éléments de langage, détourner les potentielles réactions agressives.

Starbucks a prouvé qu’en influence digitale, ce qui compte avant tout, c’est l’histoire et le storytelling derrière.

Chapeau bas. Voyons si en termes business, alors que la marque a connu une restructuration conséquente, l’action va continuer à remonter à des niveaux d’avant-crise.

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December 27th, 2010

L’underground et le collectif comme avenir du marketing digital

by Laurent Francois

Citoyens !

Vous vous rappelez cette époque où discrètement, le vieux modem Olitec grésillait pour se connecter à un nouvel eldorado mystique, internet.

Il fallait attendre de pouvoir se connecter, après validation d’un login et d’un mot de passe. Parfois même, vous étiez en famille ou entre potes derrière un même écran 14′, un peu comme derrière les premiers téléphones, les premiers écrans de télévision, où il fallait aller chez le voisin mieux loti afin d’avoir accès à ce Graal.Vous vous donniez rendez-vous en ligne en vous appelant ou textant avant. Ensemble.

N’empêche qu’en massifiant l’accès à “internet”, on a en quelque sorte détruit le caractère exceptionnel de ce monde. On a rendu similaire dans l’action de passer d’un site de Fournisseur d’Accès à une expérience de marque exclusive, qualitative. On a perdu la notion d’ensemble, aussi.

On a détruit sans s’en rendre compte de nombreux rituels que la télévision a elle su garder en partie en en créant de nouveaux :

  • celui de plonger dans le noir et de faire silence quand on regarde un film
  • celui d’attendre la sortie du dernier épisode de la série qu’on adore de manière névrotique
  • celui de regarder en direct ou en différé le JT qui fait le résumé des événements du jour
  • celui de choisir ensemble de regarder ou non un programme
  • celui de voter pour la Nouvelle Star, one way or another

Dès-lors, pour les marques, une incertitude criante balaie les plus belles opérations de communication et de marketing en ligne : à quel moment vais-je donc pouvoir maximiser mon message, quand vais-je pouvoir être au coeur d’un pic d’attention ? Quand pourrais-je mobiliser une foule au même endroit, au même moment ?

Si les dimensions CRM et “sales” sont relativement bien maîtrisées au niveau macro et continu (à grande échelle, je sais que si j’envoie X emails j’aurais un taux d’ouverture de X, que si je mets un dislpay de X sur un site, j’aurais un drive to de Y), je risque en tant que marque de me retrouver bien perdu quand je vais avoir besoin d’un même public nombreux. Comme dirait Marie-Laure Sauty de Chalon dans son ouvrage, le challenge est sensible : “médias, votre public n’est plus dans la salle.

Dès-lors, 2 postures : ou continuer à croire que le marketing digital n’a trait qu’au one-to-one et à une foule d’individus seuls, ou tenter de recréer une dimension collective dans ce marketing.

Je m’explique : je ne vais pas remettre en cause des années de travail afin d’optimiser le service à destination d’un individu (traçabilité, suivi qualité, personnalisation) mises en oeuvre par les marques ; je pense pourtant que ce qui fait que je vais me tourner à terme vers un ASOS ou un Urban Outfitter plutôt qu’un Citadium est la dimension collective de mon attachement à une marque. J’ai besoin, dans un monde avec une histoire, qu’on me pousse à me rendre compte que je fais partie d’une multitude, avec laquelle je vais partager différents points. J’ai besoin à différents moments de me retrouver avec les autres pour “célébrer” ; autrement la notion de “communauté” se réduirait à une ligne sur Facebook vide de sens. 3 conditions de succès de ces célébrations :

  • que cette célébration soit paradoxalement exclusive dans le choix de ses membres : c’est parce que “j’en suis” que j’y suis convié
  • que cette célébration soit ponctuel : je ne vais pas pouvoir “y être” tout le temps, mais bien plutôt à un rendez-vous précis
  • que cette célébration ne soint pas accessible en un clic mais bien par des chemins plus cachés : soit par exemple apprendre par le bouche-à-oreille qu’un happening va avoir lieu, soit qu’on m’ait demandé de faire plusieurs choix avant d’entrer dans la communauté

La marque a donc paradoxalement un rôle à jouer dans l’underground et le collectif à créer, animer, rassembler. Je cite Stéphane de Buzz 2 Luxe à propos d’une des visions de François Pinault :

Le rôle croissant des marques : « La marque est devenue un rapport de plus en plus fondamental dans le labyrinthe des communautés. Elle est devenue un ami en qui on a confiance et qui nous guide. Une marque fait bien plus que de relayer de l’information pure en identifiant un produit ou service derrière elle. La clé de la réussite pour une marque, est d’offrir des produits et des services innovants qui captent l’attention. C’est à ce moment là que les deux mondes de l’imaginaire et de la créativité se rencontrent : ceux du consommateur et de la marque.”

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December 9th, 2010

“Je” nous agace : la fin du Me-marketing en Social Media

by Laurent Francois

Citoyens !

On a parlé pendant des années dans les présentations marketing et Social Media de l’ère de l’égotique ; le “me-marketing”.

La plupart des stratégies Social Media se sont basées sur ces constats :

  • il faut rétribuer l’influenceur en le valorisant (aka le mettre en avant)
  • il faut adresser l’influenceur en one to one
  • il faut faciliter la vie à l’influenceur afin qu’il produise son contenu aka qu’il relaie le message

La vérité, c’est que le me-marketing à destination des seuls influenceurs n’est plus suffisant. Pour au moins 3 raisons :

  • au début du web social, il y avait sans doute une masse non critique d’individus producteurs de contenus. Dans ce “small world”, les early adopters des Facebook, bloggers, typepad représentaient un micro-cosme. Désormais ce postulat n’est plus tenable : nous sommes tous des web-bloggers. Il ne s’agit plus de “me”-marketing mais de “we”-marketing : qu’est-ce qui fait que je vais accepter de partager une passion, une affinité avec des autres qui comme moi ont les mêmes outils de publication : we-markting
  • au-début du web social, tout était nouveau : publier un statut, ouvrir un compte twitter, poster une photo. On peut raisonnablement se dire qu’on a déjà fait le tour de ces fonctions. Et que les systèmes Facebook-iens sont très limités; se référer à sa liste de friends. Regarder qui a récemment mis à jour son statut, notamment la population non communicante, non jeunes parents : on a déjà besoin d’autres choses. We-marketing
  • au début du web social, il fallait ajouter au fur et à mesure tous ces amis passés : quand on sait que l’âge médian d’une population comme la France est de 38,8 ans (vs âge moyen Facebook aux alentours de 33 ans), on peut donc se dire que la nouveauté de rajouter des gens se limitera vite dans les prochains mois : on gagne toujours moins vite de connaissances une fois qu’on vieillit (hors populations communicantes, bis repetitia) : we(marketing
  • au début du web social, les marques ont starifié à outrance une population pas toujours légitime. Les conversations ont d’une certaine manière fait le nettoyage et la pertinence est désormais le point d’entrée : we-marketing
  • au début du web social, on pensait que les gens parlaient de tous les sujets partout et tout le temps. On sait désormais que c’est faux et qu’il faut donc parfois créer ex nihilo la conversation : celle-ci doit donc être porté non pas par un “influenceur” qui n’existe pas mais par une communauté à construire : we-marketing
  • au début du web social, on a séparé enjeux communautaires et enjeux CRM : c’est désormais l’inverse puisque la pression n’a jamais été aussi intense pour faire passer les consommateurs à l’acte de consommation. We-marketing

Entrée dans la pertinence, création de communautés qui n’existent pas, intégration dans un parcours consommateur réel conduisant au drive-to, autant d’éléments qui visent à repenser pragmatiquement les stratégies Social Media. Le Me-Marketing n’est finalement pas à propos de nous pipoliser en ligne : il s’agit sans doute plutôt de se reconcentrer sur nos besoins quotidiens, sur ce qui nous fait rêver, seul mais à plusieurs. It’s all about me, marketers!

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