Posts tagged ‘4E’

July 7th, 2010

Pourquoi opposer le marketing traditionnel au marketing digital est une erreur

by Laurent Francois

Citoyens !

On reçoit et lit ça et là des informations, des opinions, des arguments comme quoi le marketing digital est en train de tuer le marketing traditionnel. Ou plus exactement que le Social Media marketing, c’est le futur, et que ceux qui ne prennent pas le train en marche sont voués à mourir à terme.

Je ne vais pas vous dire radicalement le contraire, mais un peu de nuances, citoyens !

D’abord, certains grands principes élaborés et éprouvés au fil des années ne peuvent être balayés d’un revers de main par une nouvelle génération. Les trucs et astuces sur un salon professionnel, la chaine de production pour sortir une publicité et faire travailler des compétences multiples, c’est aussi du marketing. Digital ou non, certaines méthodes de travail ne sauraient être abandonnées. Ce sont les marketeux anciens qui ont dit que “content is king”. Ce sont les bullshiteurs de la génération auto-déclarée Y qui ont dit un temps que “buzz only is fun“.

Ensuite, il va en falloir des ressources compétentes et “seniorisables” afin de faire avancer l’entreprise vers le web social : d’excellents marketers vont pouvoir accompagner les jeunes pousses digitales à mieux appréhender une culture d’entreprise, une culture du produit, tandis que les jeunes pousses vont pouvoir rafraichir le terrain de jeu, challenger des convictions. Il ne s’agit pas de faire des arbitrages binaires, il s’agit d’agréger et fédérer des équipes.

Par ailleurs, pourquoi parler systématiquement de révolution quand il ne s’agit que de simples points d’optimisation. Un bon boulanger ne fait pas forcément un pain radicalement différent du boulanger du coin de la rue d’en face, pourtant il continue à vendre, bref à faire vivre une économie. Le digital peut permettre au boulanger (producteur, marketer, comptable, tout cela à la fois) d’ajouter une brique de services en plus : l’accompagner en comprenant son business historique sera clé pour les marketers “digitaux” à terme.

Enfin le marketing digital, s’il a fait d’énormes efforts de conceptualisation voire de modélisation, n’a pas encore pu toucher à l’ensemble des canaux de communication en opérationnel. En événementiel, par exemple, le digital en est à la préhistoire : vous voyez beaucoup de leviers digitaux lors des soirées de nos marques fétiches, par exemple ? Vous voyez beaucoup de leviers chez Carrefour, autre que pour nous faire venir à une promotion le week-end prochain ?

En conclusion : la bonne nouvelle, c’est que d’énormes terrains de jeux sont à déblayer et à exploiter dans les prochaines années. La mauvaise ? Et bien en fait, il n’y en a pas tant que ça, là, tout de suite.

Et si tu es motivé, y’a des liens par ici sur le débat 4 P vs 4 E en marketing.

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June 1st, 2009

Citizens'views #24: "les entreprises doivent laisser leurs alibis et commencer à infirmer leurs préjugés" Ralf Rottmann

by Laurent Francois

Citoyens !

Je suis les opinions de Ralf Rottmann sur TheNextWeb depuis quelques temps, et je voulais avoir son opinion sur les médias sociaux et notre environnement digital. Voici ses convictions, qui ne tergiversent pas quand il s’agit de parler de “relationship” entre marques et consommateurs. Merci encore Ralf! Vous pouvez le suivre sur The Next Web et sur 24100.net, ainsi que sur son Twitter et  LinkedIn

  • Bonjour Ralf : tu as 140 signes pour nous dire qui tu es et ce que tu fais en ligne:

Entrepreneur, consultant pour les stratégies mobiles, et expert des médias sociaux. Je suis un team player passionné. Et je m’intéresse énormément à l’innovation stratégique et aux invetions.

  • Tu mentionnais dans ton dernier post sur TheNextWeb que construire une relation est devenue la priorité pour les entreprises. Pourrais-tu définir ce que signifie justement cette relation “consommateurs/marques” ?

L’ère digitale a impacté notre style de vie de différentes façons. Les consommateurs ont désormais des outils fantastiques pour mieux comprendre la valeur des offres et pour faire des choix plus avertis. La ligne de séparation entre consommateurs, prosumers et influenceurs s’est floutée. Cette nouvelle puissance vient avec une surexposition à l’innovation technologique et avec des nouvelles propositions de valeur de marques presque quotidiennes. Les marques, et c’est particulièrement vrai pour les plus grandes, doivent quitter leurs zones de confort, briser leurs prisons de verre et renforcer leur présence et participation dans les réseaux et communautés.

La démocratisation des médias redonne la parole aux personnes individuelles. Les diffuseurs doivent sérieusement commencer à penser en termes de narrowcasting. Les marques doivent arrêter de simplement “shooter” de l’info, elles ont besoin de s’engager dans les discussions – ce qui implique d’abord d’écouter les opinions, quelque chose que beaucoup de grandes firmes ont “désappris” dans le passé.

Enfin, il s’agit de retourner à l’essence même de ce que signifie “établir une relation”, dans son sens vrai et premier. Le secteur a toujours parlé en termes de “customer relationship”. La vérité, c’est que les relations sont de fait intimes et personnelles, et il semble difficile pour les grandes firmes de penser en dehors de leur carte de visite.

  • Mais pourquoi est-ce donc si compliqué d’engager la conversation avec les consommateurs et les citoyens ?

ça a à voir avec une longue tradition de chaîne de production en sens unique. Je crois vraiment que c’est un élément encore ancré dans les compagnies aujourd’hui.

Il n’y a en parallèle pas de moyens sérieux en place (technologie) qui auraient permis aux entreprises de construire des relations one to one efficientes. Elles se sont donc échappées vers le 1 to many, en levant des technologies de business intelligence et des algorithmes tentant de construire de fausses relations one to one. Mais les consommateurs remarquent quand quelqu’un essaie de les avoir.

C’est étonnant que le sujet “construire une relation” soulève autant de questions et appelle autant d’experts alors que c’est un élément que nous devrios tous avoir appris depuis notre naissance. C’est un aspect fondamental de la vie humaine, en fait.

C’est pourquoi je crois profondément que les entreprises doivent laisser leurs alibis et commencer à infirmer leurs préjugés, en les remplaçant par une nouvelle culture “ouverte”. Elles doivent commencer à écouter plutôt que de shooter, et agir sur tous les réseaux importants (ce n’est plus aussi simple que la TV, le web ou le print).

  • Si tu pouvais réaliser une grande utopie / un rêve grâce au web social : ce serait quoi ?

J’aimerais voir un temps où les réseaux les plus forts ainsi que les plateformes de communications unifiées ne soient plus possédés et opérés centralement par des businesses , mais fédérés et distribués par la communauté elle-même. Le fait que Twitter, Facebook et les autres ne sont finalement que des businesses qui doivent faire grossir la valeur pour l’actionnaire limite l’innovation continue et fait que les réseaux sont naturellement fermés autant que possible (entre autres choses).

J’aimerais voir que ces nouveaux outils puissent assurer à chaque individu, à chaque compagnie, un accès égal au monde digital, ses ressources et sa culture.

j’aimerais voir ces nouvelles capacités en oevure quand il s’agit de prendre des décisions politiques et pour résoudre les problèmes émergents de notre planète.

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