Posts tagged ‘change management’

February 9th, 2011

Comment tenir une stratégie de marque dans les médias sociaux ?

by Laurent Francois

Citoyens !

On en discute souvent avec de nombreux camarades de jeux : comment faire à l’ère des médias sociaux pour “tenir” une approche stratégique de façon pertinente ?

4 écueils dont de multiples organisations sont victimes :

  • le syndrome “flavor of the month” : une nouvelle plateforme se lance : pourquoi ne pas “y” aller ? Ce qui donne parfois des campagnes absurdes avec les messages de marque globaux lancées par des équipes tests déconnectées des cellules de décision “top managérial”
  • le problème justement du décideur : à la fin, un investissement lourd passe d’une manière ou d’une autre par un “top” décideur, pas forcément mis dans la boucle ou équipé pour comprendre tous les tenants et aboutissants d’un projet. Rassurons-nous : les décideurs sont rarements déficients mentaux, mais bien plutôt très souvent mal accompagnés
  • le problème de l’influence “top to top” vs “bottom-up” : soyons lucides ; le directeur marketing du coin a généralement accès à de multiples experts de tous bords (alors imaginez s’ils sont de la même promotion). Ils ont souvent les faveurs du décideur bien plus que le chef de projet du coin brillant mais esseulé pour parvenir à faire entendre sa voix
  • le problème du workflow ou de la rationnalisation : une organisation a horreur du changement par principe et cherche à modéliser au plus court les bénéfices / inconvénients d’un nouveau process. Ce qui est relativement facile à faire pour un changement technique dans la fabrication d’un produit devient un casse-tête lorsqu’il s’agit de web social donc d’humains qui parlent à d’autres humains. D’où une tendance à la “dashboardisation” du web social qui peut s’avérer parfois être une coquille vide

5 conseils ou pistes dès-lors pour maintenir une approche stratégique pour votre marque dans les médias sociaux :

  • la production de guidelines claires : 1 page avec les 10 points clés que chaque salarié devraient tenir est désormais indispensable. Avec une baseline de la marque. Avec une traduction effective dans chaque campagne à venir et la systématisation de la question : Pourquoi communique-t-on ?
  • un partage des connaissances effectif : le “knowledge management” n’est pas réservé à des planners en détresse ou à des documentalistes dépressifs mais sert une “cause” commune. Qui vous a envoyé récemment un email de veille ? Ne feriez-vous pas d’avoir un wiki qui permette de maintenir une forme de tension positive vers vos valeurs ? n’oubliez pas le principe : FABRIQUEZ DU CONSENTEMENT
  • de la communication et des points pour actions : certains managers ont horreur de la réunionite. Il est vrai que sans objectif, les réunions ne servent à rien. Dès-lors, imposez un point de 5 min sur le mode d’un brief ou d’une best practice sur les actions en cours. Aucun email au monde ne peut remplacer ces sessions de project-isation
  • une modélisation de ce qui est de l’ordre du stratégique et de ce qui est de l’ordre du tactique : la plupart des stratégies dorment dans un fichier powerpoint. Modélisez votre approche stratégique et plaquez la contre vos murs avec les pilliers de marques et leurs déclinaisons tactiques
  • une dashboardisation par objectifs : on peut raisonnablement dire que connaitre le nombre d’occurences de votre marque ne vas pas vous intéresser outre mesure ; déclinez votre marque par territoires; monitorez ces territoires et observez si vos actions modifient la perception relative de la marque dans ces territoires. Chez IBM, dans les immenses building, vous avez une carte du périphérique parisien ; pas pour faire joli mais bien pour apporter un service et une aide à la décision. C’est la même logique
  • une chef de projétisation transversale : ne le niez pas, vous avez forcément des conflits avec d’autres entités du groupe. Vous avez le choix : ou bien maintenir des directions en conflit, ou bien mettre au centre une fonction de super chef de projétisation, garant de vos pilliers de marques. Il ne s’agit pas d’un community manager qui amuse la galerie mais bien d’un coordinateur avec capacité de décision. Vous en connaissez beaucoup ? Moi peu

Qu’en pensez-vous ?

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December 27th, 2010

Les 3 sphères du Social Media pour une entreprise

by Laurent Francois

Citoyens !

Barry Libert de Gartner a proposé une présentation intéressante sur les 3 sphères du Social Media en entreprise.

En clair :

  • un écosystème plus fermé, interne à l’entreprise, permettant de préparer l’organisation au marché. Un écosystème où la solution Social Media mélange :
    - des outils de suivi de projets
    - des outils de comptabilité (incluons aussi ici les données prestataires…)
    - des outils de veille
    - du knwoledge management
  • un écosystème pervasif mi-ouvert / mi-fermé permettant d’organiser l’identification d’influenceurs, l’identification des conversations pertinentes mais aussi toute une série de KPIs clés pour l’entreprise allant de la notoriété jusqu’à la transformation business (ex : suite à X campagne, quel ROI en termes de ventes ?)
  • l’écosystème le plus connu, à savoir les médias sociaux publics, avec les systèmes de gestion de comptes publics notamment

ce que nous montre cette modélisation :

  • du chemin a été fait depuis 2006 avec de nombreux acteurs proposant de vraies solutions intégrées
  • un rapprochement entre CRM, change management et social media management a été opéré ce qui préfigure de plusieurs guerres à venir :
    - la revanche des leaders du CRM vs les communicants ?
    - une guerre idéologique entre les partisants des vraies conversations “one to one” et les pro-industrialisation
    - le risque de ne vouloir se concentrer QUE sur du ROI direct type “ouverture d’emails / passage à l’achat”

On notera aussi dans les organisations US et britanniques la montée en puissance de nouveaux profils, à mi-chemin entre les Sales et les Community Managers :

  • une manière de réintroduire la notion de service clients
  • une manière de ne plus dépendre d’un réseau individuel mais bien de mettre la marque comme initiateur de la relation
  • une façon de mettre en marche des objectifs de résultats
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October 1st, 2010

La valeur d’une idée à l’heure des médias sociaux (cours @ ESCP Europe / mmk2)

by Laurent Francois

Citoyens ! Hier soir, j’avais rendez-vous avec les brillants esprits du Master in Marketing & Creativity (ESCP Europe) afin de discuter de la valeur d’une idée à l’heure des médias sociaux.

Question touche-à-tout quand on voit les millions d’initiatives lancés chaque semaine à travers le monde. Au fond, qu’est-ce qui fait qu’une idée perce au grand jour plutôt qu’une autre ?

Plongée dans de nouveaux paradygmes (modernité liquide, économie de l’attention), méthodologie afin de transformée des idées en “Idéaux” (Ogilvy’s Big Ideal), enjeux du change management, critères de mesure…et au programme, 2 études de cas dont les résultats seront diffusés dans quelques semaines pour Architurn ainsi qu’Arteest, 2 brillantes initiatives lancées il y a peu…

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August 27th, 2010

L’innovation éditoriale est différente de l’innovation dans la fidélisation

by Laurent Francois

Citoyens !

Dans la newsletter CB News du 21 juillet, une information qui pourrait paraitre à première vue étonnante : VSD retourne à ses premiers amours après un virage infructueux à 180° : 

“Pour sa nouvelle formule de son hebdomadaire VSD prévue le 5 août prochain, Prisma Presse reprend les recettes qui avaient fait le succès du magazine fondé par Maurice Siegel. Retour au grand format (245X332) sur 88 pages, avec 50% dédiés à l’actualité vue à travers ceux qui la font et 50% consacrés aux loisirs et au week-end. VSD reparaît par ailleurs le jeudi et ressort son célèbre logo arc-en-ciel. La nouvelle formule est soutenue par une campagne en TV, web, affichage et presse mettant en avant la signature “Attendez-vous à l’inattendu”. Elle vise à redresser la diffusion du titre, qui est tombée à 152 221 ex. en 2009 (Diffusion France payée), vs. 193 208 ex. en 2008, selon l’OJD”

Un symbole : la rubrique “buzz” est remplacée par la terminologie “en bref“.

Se pose de suite quelques questions sur l’innovation dans la presse et plus généralement en marketing : faut-il à chaque période de crise et à chaque moment où l’on décide de croitre devoir absolument tout réinventer ?

Pas foncièrement si on prend plusieurs contre-exemples notoires :

  • American Apparel qui a voulu aller très haut trop vite et trop fort voit l’ensemble de son business en train de s’effondrer
  • VSD donc qui avait totalement perdu ses lecteurs et lectrices par des choix éditoriaux certes “bien dans le vent” pour les commentateurs du triple axe Champs Elysées / Levallois / Boulogne mais totalement hors sujet pour son public final

Les différentes écoles du change management nous poussent à penser la conclusion suivante : si autrefois le management devait apporter la stabilité comme objectif prioritaire à ses ressources internes, c’est bien désormais la “résilience” qu’il doit tâcher d’apporter aux différents publics externes au business.

La réponse semblerait donc d’introduire y compris dans des marques médias peut-être les méthodologies de storytelling en train d’être appliquées ailleurs :

  • quel est le récit original qu’un titre apporte ? en s’inspirant énormément des logiques core competences
  • comment se déclinent ces core competences à leur extrême ? si j’étais Vice Magazine, ce serait par exemple du gonzo journalisme pour traiter l’actu politique de Carla B
  • quel mode de propagation du titre va-t-on utiliser ? Dans le cas de VSD, le kiosque à côté de la plage reste sans doute une valeur sûre
  • que puis-je apporter aux personnes investissant plus de temps avec la marque ? aka par exemple les commentateurs d’actu pipole qui relaient les informations du titre sur leurs blogs
  • comment puis-je fidéliser (plutôt qu’heurter) mon public de fidèle eu égard leurs nouveaux usages ? (ex : ne puis-je pas pousser les buralistes à suggérer la météo plage VSD ?)

A suivre.

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August 10th, 2010

Retour sur Investissement ou Aller vers Investissement dans les médias sociaux ?

by Laurent Francois

Citoyens !

Quand il s’agit de stratégie (grand mot) Social Media, une des premières inquiétudes est la notion de “retour sur investissement”.

Je pense que c’est une erreur conceptuelle.

On devrait plutôt penser en termes d’ “Aller vers Investissement”. En poussant l’analogie du voyage :

  • ce qui est en jeu avant même de penser s’adresser à des influenceurs, ou au grand public, c’est de préparer l’organisation à accueillir, comprendre et gérer le web social, dans les différentes fonctions de l’entreprise. Comme dans un voyage, une personne ou une marque doivent préparer leurs bagages, les “packager”, voir les prochaines étapes à venir
  • en se rendant dans un nouveau pays, on doit avant tout acheter aussi de la monnaie locale. Donc si tu es une marque américaine, tu ferais mieux de convertir tes dollars en euros ;) tu dois aussi vérifier les taux, appréhender le prix de la vie courante sur place etc.
  • tu essaies souvent de trouver des amis ou des contacts sur place, qui t’aideront à entrer plus en profondeur dans la nouvelle culture
  • tu liras le guide du routard ou plus généralement trouvera des écrits sur les coutumes locales
  • tu te vaccineras, sans doute aussi !

Seulement après tu devrais penser au retour. Et c’est particulièrement vrai dans les médias sociaux.

Qu’en pensez-vous ?

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August 3rd, 2010

Les marques n’ont-elles vraiment rien compris aux médias sociaux ?

by Laurent Francois

Citoyens !

Des centaines d’articles tombent chaque jour, qui dénoncent l’incapacité chronique de certaines marques à comprendre certains enjeux du Social Media marketing ou du web en général.

Soit.

N’empêche qu’accuser les marques sert surtout à occulter un fait : elles sont peuplées de décisionnaires, d’êtres humains, de courroies de transmissions qui sont plus à blâmer que l’entité corporate ou que la simple étiquette. Un peu facile. Et un peu arrogant de déminer certains travaux de fond où des centaines d’employés essaient juste de bien faire leur job.

Intégrer le Social Media est un enjeu qui touche globalement toutes les fonctions de l’entreprise. Plus seulement le département marketing seul ou la direction communication (si tenté que les 2 se parlent). Ce qui démultiplient les interlocuteurs, ce qui rend gigantesque l’effort à fournir par le corps entier. Ce qui veut surtout dire qu’intégrer le Social Media est une processus au long cours, loin des politiques “coups de poing” ou de “grand soir” prodiguées par certains “experts” du social media français : on attend toujours qu’ils décrochent leur premier client (ça c’est dit).

Un long cours qui se doit de comprendre qui sont les nouveaux types de publics à engager :

  • le web a permis des croisements affinitaires au-delà de simples données “communautaires” : quelle marque peut aujourd’hui prétendre parler aux 18-25 ans quand on voit la fragmentation des individus et leurs aspirations souvent bien contradictoires d’une niche à l’autre
  • dès-lors, comment massivement vendre la même canette de soda à une audience très disparate ?

Curieusement, les entités qui intègrent le plus rapidement le Social Media marketing (et qui réussissent) sont les entreprises qui ont sans doute une culture d’entreprise exceptionnelle :

  • des entreprises familiales, comme JM Bruneau, qui depuis des années met au cœur de sa stratégie les hommes, en essayant d’utiliser les leviers digitaux clés afin de nourrir la culture et l’esprit de corps (web tv et consorts)
  • des petites entités comme Crème Brûlée Cart qui peuvent se permettre de nourrir un dialogue à portée de main entre ses membres, ses consommateurs
  • des mastodontes comme Coca Cola qui ont depuis des décennies du fédérer en réseau des individus aux intérêts bien différents afin d’homogénéiser le discours de marque
  • des marques média qui sont devenues des carrefours de réseaux plus que des carrefours de contenus brandés

Comme si à l’ère du storytelling ou du Conversation management system, on redécouvrait que le premier public de l’histoire de marque, ce sont les employés.

La bonne nouvelle, c’est que les best practice ont tendance à se propager à grande vitesse une fois les barrières à l’entrée passées :

  • formation du personnel
  • mise en place de critères de réussite
  • transformation en valeur pour l’entreprise

Comme quoi, comme le rappelle Gregory, tout est affaire de cambouis (et de main dedans).

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March 12th, 2010

Le modele de maturite des communautes : et la conduite du changement alors ?

by Laurent Francois

community maturity model

Citoyens !

Vous avez sans doute vu passer l’étude sur l’état du community mangement en 2010.

Je passe ce qui a déjà été mentionné partout, c’est un must have.

Une modélisation est particulièrement intéressante : celle du modèle de maturité des communautés.

Selon que les communautés existent déjà -ou non, il va falloir manier différents types de leviers :

  • leadership du noyau central : coercitif, pédagogue, consensuel en fonction des besoins et des étapes
  • outils et règles : informels, cadrés etc.

Un élément est cependant gênant dans cette approche : l’idée de temporalité.

La plupart des missions de community management opèrent sur des communautés en fait déjà existantes dans la vie réelle. On pensera par exemple aux associations, aux groupes et partis politiques, aux clubs. Dès-lors, ce schéma n’intègre pas le poids de l’héritage et des jeux d’influence réels préexistants et qui vont ensuite parasiter tout le développement en ligne de la communauté.

D’autant plus que les communautés le sont de plus en plus sur le modèle de l’affinité : faire travailler des journalistes, des marketeux, des publicitaires ensemble autour d’un objectif commun nécessite donc une approche plus complexe que “1- Pédagogie (…)  5- Mise en œuvre”. Parce que toutes les parties prenantes ne peuvent avancer exactement au même rythme, entre autres faiblesses.

Il manque ainsi une approche forte dans ce modèle : la conduite du changement et donc le guide de pilotage de l’exécutif (je ne crois que moyennement à une organisation des humains basée sur un équilibre spontané sur du très long terme). Je me permets donc d’embedder une présentation d’Eric sur le sujet :

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