Posts tagged ‘christophe barbier’

January 24th, 2012

Pourquoi l’action d’Anonymous semble n’être qu’une histoire de fric

by Laurent Francois

Voilà voilà. Hier, à la suite d’une opinion du directeur de la rédaction de L’Express contre les “Anonymous“, le blog que je co-anime sur Styles (Le Boulevardier) s’est retrouvé momentanément hors service. Un dommage collatéral qui rappelle bien des dérives et qui surtout contribue à nourrir le manque de compréhension des revendications des “hacktivistes”. Merci les gars. Si vous pouviez faire le ménage chez vous, ce serait cool.

Anonymous voulut donc prendre le pouvoir

Comme le rappellent les brillantes plumes des Inrocks, “on attaque pas impunément les Anonymous“. Si je résume donc : l’avis d’un seul peut justifier le déchargement de calibres numériques sur l’ensemble de la marque pour laquelle il travaille. Alors même que ses journalistes, contributeurs, commentateurs, peuvent ou non adhérer à ses idées.Si je dis ne pas adhérer avec les idées du caïd dans la cour d’école, a-t-il donc le droit de me massacrer dans les toilettes ?

Merci les Inrocks, j’espère que vous arrivez au moins à draguer à Oberkampf avec des articles pareils.

Les Anonymous sont tombés hier dans un piège qu’ils ont eux-mêmes ouvert : celui de devenir un establishment à la place de l’establishment. Celui donc de mettre en oeuvre le “monde libre” vs “les autres”. A ta santé George W. Bush.

Mais je ne comprends rien : en attaquant LEXPRESS.fr, Anonymous défend-il la liberté d’expression ? Anonymous se rebiffe-t-il suite à l’affaire MegaUpload ? Anonymous sait-il où il va ?

Anonymous : le réseau a une existence propre qui lui donnerait le droit de se venger ?

Dans cet article  sur Reflets, on apprend alors que nous n’avons rien compris ! Mais oui ! Peu importe que le patron de MegaUpload Kim Schmitz soit une pourriture de plus ou simplement un bon opportuniste :

“Comme pour Wikileaks.org, la justice américaine a saisi les noms de domaine. Appelez ça comme vous voulez mais le fait est qu’en mettant la main sur les noms de domaines, la justice américaine CONDAMNE DE FAIT Megaupload… SANS JUGEMENT. Et pourquoi pas, comme un sénateur l’avait fait pour Julian Assange, appeler au meurtre de Kim Schmitz !”

Ca se tient effectivement 10s dans un scénario à la Matrix : une foule sensée représentée le “peuple” se venge contre un pouvoir tortionnaire, sur la base d’une méthode “illégale”. Sauf que le problème est qu’internet n’est pas un contenant. I repeat. Internet est un assemblage de câbles, de serveurs, de liaisons. Internet s’est étendu non pas pour le simple bonheur d’être tous ensemble reliés mais bien par la volonté du monde économique. Qui a accouché de quelques oligopoles qui contrôlent les câbles et les serveurs. Amazon, Google pour ne citer qu’eux. Ceux-là même qui ont mis en berne leurs logos pour lutter contre SOPA.Il est plutôt drôle, ce “peuple” dont se revendique Anonymous : signataires et adhérents de l’état libre Googlien. Ce “peuple” qui pour certains vit à Paris de levées de fonds, de sponsoring de la maison aux couleurs Orange, notamment.

Et voilà bien le problème : je pense qu’Anonymous n’est que le bras armé d’un nouveau monde économique, pas une association caritative.

Je ne vais pas citer de noms ici mais ne manquerait pas d’en discuter physiquement avec ses parties-prenantes : je trouve ça absolument crétin de mélanger la défense de Wikileaks et la défense de MegaUpload. Dans le cas de Wikileaks, ce qui a permis de créer une certaine adhésion POPULAIRE n’est pas une idéologie libertarian, mais bien un droit encore plus fondamental qu’une quelconque “réaction du réseau” : celui d’être informé. Pourquoi la défense de MegaUpload par Anonymous ne prend pas ? Parce que l’argument “droit d’être informé” est trop faible. Et parce que surtout Anonymous est tombé dans le jugement moral, bien loin du simple motto de base d’Anonymous sur la méthode. J’ose donc espérer qu’il ne s’agissait que d’une erreur.

  • Anonymous voulait absolument éviter d’être associé à des “ATTAQUES” mais bien communiquer sur la “DEFENSE DU RESEAU”. Christophe Barbier n’a pas débranché les serveurs. Il s’est donc fait attaquer, compromettant la base d’Anonymous
  • Anonymous voulait défendre la liberté d’expression : Anonymous a voulu mettre un bâillon sur une opinion dissonante
  • Anonymous voulait fédérer en regroupant toutes les bonnes volontés qui souhaitent défendre le réseau : Anonymous a bien décidé de se couper d’une partie de ses hacktivistes
  • Anoymous voulait pointer du doigt les menaces précises contre le réseau : il a coupé en majorité une partie du réseau de ceux-là même qui ont aidé à amplifier certaines de leurs actions

Je suis en colère car au final, toutes ces défenses/attaques ne ressemblent plus qu’à une simple histoire de fric. Le citoyen, lui, n’est qu’un “outil” à la solde d’influences en conflits. J’ai aussi l’impression que les jalons initiaux d’Anonymous se font dépasser par de nouveaux entrants irresponsables. S’il est un pouvoir à reprendre, c’est donc chez vous.

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August 30th, 2009

Quand Christophe Barbier me donne un cours de journalisme et de nouveaux médias

by Laurent Francois

Citoyens !

L’homme à l’écharpe rouge m’a rondement plu dans son interview menée tambour battant par P.Couve. Je vous invite à l’écouter en entier, ça vaut son pesant de flux.

Je vous passe le résumé de son interview, qui souligne la nécessité d’un journalisme total.

Il annonce plusieurs principes, dont deux sont vivement contestés par Narvic…Et pour la première fois je ne suis pas à 100% d’accord avec mon observateur favori.

Voici  quelques différents points abordés sur le blog de Narvic :

“Et je suis plus que dubitatif sur sa « théorie » du rôle d’affichage social des journaux. ;-) L’affichage social se jouera désormais bien plus dans les… réseaux sociaux que dans le métro ou sur la table du salon !”

Pas d’accord un seul instant :

  • je vais prendre mon meilleur repère social. Le quartier de Kolonaki à Athènes et plus particulièrement ses terrasses. Je peux vous garantir que Narvic n’a que partiellement raison : si le iPhone ou le Blackberry sont les deux nouvelles stars des “poseurs” qui vous donnent le côté “j’en suis”, lire Libé ou le Fig’ donne une teneur à qui vous êtes.
  • le réseau social donnerait un affichage social…et bien archi pas d’accord. A partir du moment où vous bossez dans l’économie réelle, vous êtes en contact avec une proportion de gens qui font partie de votre réseau, qui sont vos “friends” mais qui pourtant ne le sont en aucune manière. En clair, ils ont beau être dans votre réseau social, ils ne sont pas votre réseau. Je ne développe pas plus, mais l’affichage social vaudrait que si on ne pouvait afficher que les catégories de friends qu’on a. Or ce serait se griller à vie auprès des gens exclus. Le réseau social véritable, il restera invisible des réseaux sociaux. Et se verra à l’emporte-pièce dans certaines bonnes tables, où cuchonnage oblige (si vous n’êtes pas lyonnais, courrez chercher sur Google), le passant ou l’indiscret n’entendra qu’un vague écho du lointain

“je ne crois pas non plus que la « force » des marques de médias telles que L’Express, Le Figaro ou Le Monde, soit telle sur internet (ou même la simple « attractivité » de l’information elle-même), et cela surtout vis à vis des jeunes générations, qu’elle soit réellement en mesure de permettre en soi la constitution d’audiences suffisamment larges et qualifiées pour vraiment intéresser les  annonceurs à hauteur des besoins de financement de l’information de qualité. L’audience est en effet distribuée dorénavant vers des articles à l’unité et non vers des marques de médias, et la diffusion est assurée par des systèmes de recommandations directes (réseaux sociaux) ou indirectes (Google et son PageRank) recueillies auprès des internautes eux-mêmes, ou échangées par eux-même entre eux.”

  • c’est à la fois vrai…et partiellement faux. D’abord parce qu’en France, les sites les plus cités (ou backlinkés) sont les grands titres comme Le Monde ou le Figaro. D’accord pour le fait que la véritable Une, ce soit la première page d’un moteur de recherche…Et en même temps, passons les arguments techniques et prenons Vice Magazine : ce titre a une telle identité en ligne qu’il arrive à capter une audience active, qualifiée, une communauté directe et indirecte à qui le titre a délégué une partie de sa réputation pour contribuer à son propre contenu. On en est pas là avec Le Monde, mais il n’en reste pas moins que ces titres polarisent, car ils sont la norme. Demandons à une grand-mère ou à lycéen vers quel titre se tourner : il répondra sûrement l’un des grands classiques (et ne dira pas “allez sur Google et tapez l’information que vous cherchez” – ça se confirme d’ailleurs dans les faibles capacités qu’ont les teenagers à trouver l’information)
  • il faut construire la marque. La marque, c’est ce qui va me faire me rappeler certains gimmicks, qui va me permettre de découvrir des plumes, des talents. Hors évidemment phénomènes individuels extraordinaires (mais qui deviennent aussi des marques). Donc si le territoire n’est pas gagné d’avance, il faut le travailler

Bref, débat à suivre ! Allons-y gaiement pour un nouveau modèle économique de l’information…

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July 29th, 2009

Alex Joubert, le nouveau Christophe Barbier

by Laurent Francois

L’Edito d’Alex Joubert N°8 – www.lenouvelhebdo.com
envoyé par lenouvelhebdo. – Plus de vidéos de blogueurs.

C’est Thomas Clément qui l’a fait tourner sur Facebook, et c’est bougrement drôle. Christophe Barbier n’a qu’à bien se tenir. On attend donc la suite des aventures d’Alex Joubert.

On se rappelle Deamon Weaver qui avait interviewé le Président Obama. Reste à savoir si Alex ira jusque là.

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