Posts tagged ‘community manager’

February 15th, 2012

Le community manager existera-t-il encore après Facebook ? Coup de gueule post Orangina

by Laurent Francois

Il y a quelque chose d’agaçant dans le micro-drame Orangina; à chaque fois qu’un micro bad buzz émerge, on ressort (en France) les marronniers autour du code d’éthique du “community manager”, sa vie et son œuvre. Ou plus exactement on ressort la guéguerre entre l’agence de pub qui donne des leçons à la terre entière (Fred & Farid, et ils ont bien raison : qu’attendent les autres pour exprimer une vision ?) vs les agences “Social Media” qui voient d’un très mauvais œil l’arrivée dans un business autrefois proche du pré carré de monstres qui puissent contrôler toute la chaine, de la production à la propulsion.

Mais là n’est pas le vrai sujet à mon sens. Je le répète à l’envie : le métier même de “community manager” est une aberration puisqu’il s’agit à terme d’une fonction d’entreprise intégrée. Voir à ce propos la page 18 du rapport du Community Roundtable.

Imaginez un monde sans Facebook et sans Twitter (si si , 5 minutes pour voir) : que ferait le “community manager” de ses journées ?

  • il n’écrirait pas sur le blog corporate de l’annonceur puisque les équipes éditoriales le feraient
  • il ne modèrerait pas non plus les commentaires puisqu’a priori des technologies Anti-Spam sont en place et que pour tout autre sujet appelant une réponse, ou l’auteur du post répondrait ou
  • il n’orchestrerait pas non plus la stratégie de contacts de la marque dans d’autres réseaux sociaux puisqu’il existerait un marketing digital et qu’il serait simplement chef de projet (ce n’est pas un mal d’être chef de projet, je vous assure)
  • il ne remonterait pas les insights des conversations en ligne, tâche donnée à un analyste ou à un planner digital
  • il n’inviterait pas ses nombreux amis à venir à des événements, car un service RP travaillerait à identifier les meilleurs influenceurs / individus à venir assister à l’event
  • il ne participerait pas au développement de nouveaux produits puisque les product managers sont en train de s’équiper de nouveaux moyens d’idéations

La liste pourrait s’étendre à l’infini : le “community management” est un pan du social media qui s’injecte dans des pratiques pré-existantes.

Je suis très remonté contre les écoles de communication (notamment) qui se mettent à proposer des formations de community managers alors que trouver de bons chefs de produits est encore trop rare.

Je trouve ça hallucinant de faire croire notamment aux profils nouveaux entrants que les profils de community managers sont voués à être les décideurs de demain : c’est faux, les community managers sont en termes de rémunération tout en bas de l’échelle, car ils n’ont ni un job stratégique, ni ne participent aux développements de leurs entités, ni n’ont de quoi exercer une quelconque autorité sur l’entreprise. Les community managers ont été pendant un temps le pansement d’une non remise en cause des chaines de valeur des entreprises. Ils ont été des jobs opportunistes côté agences pour se faire de l’argent là où les marques ne comprenaient plus grand chose.

Je trouve ça irresponsable ; un exemple tangible, là où les médias sociaux sont juste quelques années devant nous, aux US. Cherchez sur Indeed le nombre d’offres de community managers. Comparez avec les autres types de jobs gravitant autour du digital. Le terme même est en train de dépérir, parce qu’absorbé par les autres métiers. C’est un fait.

 

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March 24th, 2011

L’état du community management à l’ère du social business

by Laurent Francois

Citoyens !

C’est via David Armano qu’on plonge dans la nouvelle version de l’état du community management par “Community Roundtable”.

7 thématiques sont développées :

  • Strategie
  • Culture
  • Leadership
  • Community
  • Management Content
  • Programming Policies
  • Governance Metrics & Measurement

Le focus commence à être clair pour les parties prenantes à l’étude : la proposition de valeur à destination des individus. On mentionne d’ailleurs dans l’étude l’effet “One Year Club” développé depuis le milieu des années 2000 par Vander Wal : à la manière d’une ville qui grossit, on se doit de repenser après un an si l’organisation et les tuyaux mis en place conviennent vraiment aux usages des individus ciblés, donc on se doit de repenser le design communautaire tout en repensant les méthodes d’études. En clair : il ne s’agit pas de faire un copier coller d’un outil “social” pour que cet outil fonctionne. A proclamer à toutes les plate-formes “interactives” développées. A titre personnel, c’est une des raisons qui me pousse à me désinscrire de sites web de marques : si la seule proposition émise est de synchroniser mon compte facebook, je ne vois pas l’intérêt de me “marquer”.

Un manque néanmoins dans la présentation pourtant dense, sans doute un biais US : la non explication de ce qui fait qu’on construit une communauté. Il n’y a rien de moins naturel qu’une communauté, au-delà des espaces de consolidations naturelles comme les familles, les classes, les universités ; dans un monde liquide, comment des gens vont-ils se fidéliser autour d’une affinité ? Surtout, comment orchestrer cette fidélisation ?

Dans une société hyphenated comme les US, ça fait sens qu’on omette ce sujet : tout est cluster. En Europe, cet oubli devra être abordé.

 

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October 10th, 2010

Community management : l’effet Jérôme Kerviel ?

by Laurent Francois

Citoyens !

Un débat continue à agiter la toile francophone : la question de la séniorité quand on en vient à parler de community management. En clair, il y aurait un constat communément partagé : les jobs de community managers seraient confiés à des personnes trop jeunes, déconnectés des problématiques de la marque qui les emploieraient.

Un élément de contexte, au passage : dans la Valley, les décideurs ont au maximum 30 ans : demande-t-on à Mark Zuckerberg, 26 ans, de rendre des comptes à un “senior” (à savoir un garçon d’environ 35 ans qui a pour rôle de rassurer le client) quand il va vendre ses recettes magiques aux annonceurs ? non, les seniors reportent à Mark Z.

Je pense sincèrement que cette question de l’âge est une formidable blague, perpétrée par 2 catégories d’individus :

  • les consultants indépendants d’un certain âge qui voient dans ce postulat une façon de reprendre le pouvoir et de vendre derrière des missions. Quand on est ignorants sur un sujet, et qu’on est un soupçon paresseux, on fait confiance au vieux papou du coin
  • les vendeurs de solution low-cost qui utilisent une terminologie erronée pour parvenir à vendre à 2000 € un semblant de présence en ligne (après tout à l’époque, il y avait bien des agences qui vendaient du site sur Chez.com)

Or comme je me le dis souvent ici, le community manager est une “erreur”; ce qui compte, c’est la fonction community management à l’intérieur de la chaîne de valeur de l’entreprise. Une fonction d’entreprise “support” et pas un département isolé :

  • la première brique est de faire remonter les insights à la fois des conversations en ligne mais aussi des clients directs :
    - une marque célèbre d’automobile envoie par exemple aux concessionnaires une veille quotidienne basée sur les infos marchés, les conversations en ligne et les retours clients
  • la deuxième brique est d’être en mesure de connecter les bonnes personnes en entreprise qui ont une responsabilité avec la marque afin de pouvoir transformer toutes ces remontées et objectifs vers une vision homogène à destination et de l’interne et du public externe
  • la troisième brique (notons que ces briques doivent avancer en parallèle…) est de se demander ce qu’on va raconter à moment donné au nom de la marque. Et là, curieusement, les personnes impliquées avec le community management vont AUSSI parler énormément avec les gens de la publicité (car ils détiennent les études et l’historique, mais aussi une partie des fonctions créatives)
  • enfin seulement des signaux vont peut être commencer à être émis à destination d’un public externe. Et là, il faut effectivement un bon management des différents espaces sociaux sur lesquels la marque va émettre, recevoir, et parfois converser. Espaces sociaux certes full web, mais aussi pourquoi pas “real life” : un bon mailing ne fait pas de mal, surtout quand il contient le dernier manifesto de la marque de luxe X qui fait plaisir

Le community management est à la croisée de différentes disciplines, qui mérite comme toute fonction transverse une capacité de communication interne forte. Peu importe quelle est la fonction finale des personnes impliquées (RP, brand manager, production vidéo, corporate, affaires juridiques ?), ce qui compte, c’est la capacité d’organiser ces talents.

Au risque sinon de connaitre dans les médias sociaux les travers de l’effet Jérôme Kerviel :

  • allouer à une personne à la fois trop de pouvoirs et trop de responsabilités
  • faire reposer sur un seul la réputation de toutes les parties prenantes
  • contrôler en fait non pas une fonction mais un bouc émissaire

C’est de notre responsabilité, jeunes gens !

http://citizenl.fr/2008/05/le-marketing-est-mort-vive-le-marketing-4-e-4-p-et-nouvelle-chaine-de-valeur/
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May 27th, 2010

Pourquoi @epikurienne incarne l’avenir des RP

by Laurent Francois

Citoyens !

Vous connaissez Epikurienne ?

Moi non plus. Enfin pas tout à fait.

Epikurienne, ou plutôt Gaëlle, est ce qu’on pourrait appeler la super PR / community manager de Secret Square, le club qui monte qui monte et qui remonte les nuits sexy de la capitale.

Pourquoi donc un post à sa gloire ? Car elle incarne les PR de demain :

  • différentiation entre les différentes typologies d’influenceurs par affinité plutôt que par média :
    - ici et là des invitations avec des prêtresses d’une nouvelle sexualité ou d’un nouveau rapport aux shows sexy
    - ici et là des conversations avec des journalistes sur un mode totalement informel
    - ici et là des relations avec des influenceurs offline qui s’expriment énormément en ligne
  • la transformation des liens noués en ligne par une expérience “in situ
    - l’objectif pour Gaelle : qu’un maximum de prescripteurs viennent au Secret Square et qu’ils en parlent naturellement, en amont, pendant et après
    - la continuité du lien : Epikurienne remet en avant les anecdotes de la veille, cite les influenceurs digitaux présents. Bref, construit un récit à plusieurs, tout en gardant le contrôle puisqu’elle est le lien
  • une mise en scène digitale de sa personne
    - peut-être qu’Epikurienne est radicalement différente quand elle est Gaëlle L. N’empêche que la sémantique est sexy, voluptueuse, “cheeky” mais raffinée en ligne. Le positionnement du Secret Square “le seul restaurant et cabaret aphrodisiaque”. Epikurienne = Secret Square
  • une transformation de son plan d’actions en opportunité de communication
    - ici une soirée pour les avocats ? pourquoi ne pas informer la communauté sur Twitter. Ici un stage initiation ? Pourquoi ne pas offrir une place à un Fan sur Facebook ?
  • des espaces sociaux de destination en fonction des publics :
    - un facebook à vocation informative et “promotionnel”
    - un twitter pour un contact direct avec les influenceurs
    - un Foursquare pour toucher les plus techno-trendy et faire vivre son lieu dans les poches remplis de smartphones du chaland :)
  • une story qui se décline dans des univers connexes :
    - la musique par exemple : l’artiste Yelena Neva est produite par Secret Square sur MyMajor Company
  • La mise en avant des influenceurs, véritables “actionnaires” de la réputation du Secret Square
    - un article de blogueuse original sur le strip-tease ? elle le met en avant sur les espaces digitaux

Mais alors, pourquoi “ça” marche dans le cas du Secret Square ?

  • la spécificité de la nuit parisienne. On a tendance à l’oublier, n’empêche qu’entre une boite de nuit A et un club B, c’est souvent la personnalité du “patron” qui fait la différence. Je ne vais pas comparer Epikurienne à Michou, n’empêche qu’elle endosse ce rôle d’hôte off et online
  • une proximité avec la cible : il ne s’agit pas d’aller “engager” des millions de fans de différents pays, mais un pool limité d’individus. Bonne pioche : les influenceurs sélectionnés sont aussi les clients potentiels. Influence = CRM
  • une taille limitée : Epikurienne peut gérer seule les différents nœuds de connexion
  • la richesse de l’histoire : gastronomie, sexe, égéries, danse…le panel est vaste ! Plus simple que de parler de la culture de crevette en Auvergne (je caricature bien sûr).

Un bon cas d’école.

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April 30th, 2010

5 conseils atypiques pour être un bon community manager

by Laurent Francois

Citoyens !

On demande régulièrement ça et là ce qu’on doit faire pour être un bon community manager. Le champ des possibles est vaste, mais voici 5 conseils plus atypiques (du moins je l’espère) qui peuvent être utiles.

  1. lire autre chose que des flux :
    et oui, ça peut paraitre incroyable mais un bon “gestionnaire de communautés” se doit d’avoir un esprit pervasif, créatif, ouvert. Il faut absolument lire des titres papier (de ceux qu’on distribue généralement dans les cafés ou des les petites librairies indépendantes) afin de nourrir son esprit de nouvelles idées, de nouveaux écrits, de nouvelles influences
  2. parler avec des non-digitaux
    j’ai eu une des meilleurs conversations de ma vie avec une gestionnaire de communauté offline (une prof de 65 ans qui gère chaque année environ 200 élèves). Curieusement, les problèmes online sont en fait des problèmes offline, autant aller voir les vrais experts là où ils sont
  3. s’acheter un Bescherelle
    même en 140 caractères, il n’y a rien de pire que des fautes ou une syntaxe non maitrisée. Le community manager, s’il est multi canal, va passer une grande partie de sa journée à rédiger. L’écrit même “parlé” est clé. Lis tes ratures
  4. garder un historique et une trace de vos rencontres
    les attachés de presse le faisaient -et le font- toujours beaucoup : comprendre pourquoi vous avez interagi avec tel ou tel individu est clé, sur le long terme, surtout quand votre communauté va grandir
  5. se déplacer physiquement dans les événements
    C’est sûrement un des facteurs-clés de certains salons professionnels et d’événement : au bout d’un moment, les visios et divers échanges doivent passer par une rencontre physique : c’est ce qui va donner chair à moment donné à vos échanges. Les médias sociaux sont des gens qui parlent à d’autres gens. Et qui ont peut être un petit  embonpoint, une tâche sur le t-shirt, bref du corps au-delà de la photo de profil trop classe en noir et blanc

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January 20th, 2010

L'excessivement mauvaise communication de crise d'Air France

by Laurent Francois

Citoyens !

A force de taper sur Airfrance, on va croire que je bosse pour un groupe concurrent. Et bien même pas, je suis même un grand fan de cette compagnie quand tout fonctionne (c’est-à-dire, malheureusement pour moi, dans seulement 80% de mes déplacements avec eux).

Mais alors là, je ne peux que me demander ce que les marketeux d’AirFrance fument :

airfrance

Ceci est une capture d’écran prise par Sophie Ginger :

“Ratage de com’: sur son site “corporate”, Air France communique sur ses nouveaux sièges avec “plus d’espace, plus de confort et plus légers”

Et je viens de recevoir à l’instant un email promotionnel dont le titre est :

2010 : pour bien commencer l’annee, partez a prix legers !

Alors que l’opinion semble tirer à boulets rouges sur la hausse des prix ce type de contresens – donc de provocation dans le cas d’une crise – ne peut être toléré :

“Mardi, Air France-KLM a indiqué que les personnes obèses dans l’incapacité de s’asseoir dans un seul siège d’avion devaient réserver un second siège payable à hauteur de 75 % du prix d’un billet classique. En réalité, cette nouvelle n’en est pas une. La politique commerciale pour les passagers à forte corpulence est bien rodée depuis 2005 dans la compagnie.”

A croire qu’Air France est victime de la loi des séries…

Un enseignement de sûr : dans le cas de communication digitale, il importe de coordonner expressément l’ensemble des tactiques mises en oeuvre. Pour le public final, comme nous, les signaux du même émetteur font partie d’un tout et d’une histoire globale de la marque.

Y a-t-il un community manager dans l’avion ?

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October 8th, 2009

Le community manager : un connecteur, pas un expert

by Laurent Francois

Citoyens !

Le terme est toujours débattu : on entend quoi par Community Manager ?

Au-delà de ses missions, une interrogation persiste sur la façon dont on doit l’appréhender à un niveau plus stratégique. En clair, le community manager ne saurait être associé simplement au blogueur maison “qui sait y faire” avec les médias sociaux ou à un “expert”. C’est l’idée poussée par Geoff Livingston, qui tente de montrer pourquoi on devrait plutôt raisonner en termes  de “change agent” :

Pas bête, non ?

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