Posts tagged ‘contre-pouvoir’

March 15th, 2009

CQFD Google ou Yahoo ne travaillent pas pour la liberté. RSF : "les ennemis d'internet"

by Laurent Francois

Reporters sans Frontières a publié il y a quelques jours son rapport “les ennemis de l’internet” :

“Les douze “Ennemis d’Internet” (Arabie Saoudite, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam) ont tous transformé leur réseau en intranet, empêchant les internautes d’accéder aux informations jugées “indésirables”. Tous ces pays s’illustrent non seulement par leur capacité à censurer l’information en ligne, mais encore par la répression quasi systématique des internautes gênants”, a déclaré l’organisation.”

La censure et le web deviennent deux items de plus en plus lié, malheureusement, et en même temps heureusement, prouvant une certaine prise de conscience d’un “Ailleurs” par delà les barrières de la langue…C’est d’ailleurs aussi les Google ou autres Yahoo qui sont pointés du doigt :

“Reporters Without Borders also had a message for the U.S.-based technology companies growing their businesses in these countries: Stop cooperating with these “enemies” of the Internet. “They are aware of what’s going on,” says Clothilde Le Coz, who heads the Internet freedom desk for Reporters Without Borders, referring to Internet giants Google (GOOG), Yahoo! (YHOO), and Microsoft (MSFT). But in many parts of the world, Le Coz says, these companies are “not going far enough” to protect their users from what her group considers repressive governments.”

Google ou Yahoo ne travaillent pas pour la liberté, ou pour la citoyenneté. Ils fournissent des solutions business pour des marchés globaux ou locaux. Leur technologie se bride ou s’adapte en fonction des besoins des price makers ou information makers les plus pertinents pour leur business model. Incroyable : Google doit gagner de l’argent.

La bonne nouvelle vient cependant du fait que des citoyens de par le monde commencent à se sentir concernés par les situations de ces pays, et des actions des compagnies auquelles ils participent.

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January 18th, 2009

Une société de confiance dans un monde liquide : application des médias sociaux aux règles politiques et économiques ?

by Laurent Francois

Citoyens !

La confiance de nos sociétés dans l’économie semble avoir quelque peu disparu. Le politique tente de nous rassurer, mais les licenciements secs et les manques de dividende donnent à l’hiver sortant une impression d’été faussement indien. Un extrait du NY Times et de David Brooks auquel j’adhère, à propos de l’ère dans laquelle nous sommes entrés grâce / à cause de la crise :

“Dans ce nouveau corps de pensées, on obtient une image très différente de la nature humaine. La raison n’est pas comme un cavalier sur un cheval. A la place, l’esprt d’un individu contient une panoplie d’instincts, stratégies, intuitions, mémoires et habitude qui rivalisent pour la suprématie. Un processus largement inconscient,  irrégulier, idiosyncratique détermine lequel de ces joueurs internes prend le contrôle de notre comportement à n’importe quel moment. Le contexte – qui déclenche des manettes conduisant à des réponses- joue un rôle prépondérant (…) Mais une économie est une société de confiance et de fois (…) L’esprit économique des gens ne peut pas être manipulé de façon aussi simpliste que les mécanistes keynésiens ne l’imaginent. A l’heure actuelle, les niveaux de confiance économiques et politiques vont dans des directions opposées. Politiquement, la mode est à l’optimisme, mais en dépit des milliards dépensés et des milliards à venir, et bien l’esprit économique se recroquville. Les penseurs “mécanistes” de droit et de gauche se posent comme des empiristes rigoureux. Mais l’empirisme basé sur une vision inexacte de la nature humaine n’est qu’une prison.”

Si on découpe cette réflexion, plusieurs pistes ressemblent étrangement à ce qui se passe dans les médias sociaux :

  • consécration de la modernité liquide : les citoyens/consommateurs ont de moins en moins de temps pour résoudre, prioriser et choisir quelles solutions/produits sélectionner pour résoudre une myriade de problèmes. L’esprit humain a donc trouvé en ligne un formidable outil : aller au plus vite, identifier quels sont les carrefours de confiance leur permettant d’allouer un temps plus efficace à la réduction de leurs problèmes
  • Dieu n’est plus idéologique mais pragmatique : seul compte l’efficience. La confiance n’est donc plus un élément d’attachement à une entité physique reconnue, mais bien plutôt un construit fait de plusieurs influences, consacrées par l’expérience des citoyens, qui, en la partageant, font circuler la réputation comme nouvelle monnaie d’échange. L’empirisme n’est plus déductif d’un courant de pensée (en clair : c’est bien beau d’observer les agents d’une société, encore faut-il se libérer d’un prisme d’analyse), d’une utopie, d’un canevas préétabli, mais bien inductif, faisant remonter l’ensemble des conversations vers la construction de grandes lignes, de catégorisations. On est là aussi proche de l’idée de démocratie de la réputation présente dans les médias sociaux
  • Appel à la sagesse des foules ( The Wisdom of Crowds ) : il s’agit donc de s’appuyer sur ceux qui sont les entités réelles de l’économie, à savoir les individus, et sur la somme de leurs expertises, intuitions, et même contradictions. Je ne crois pas à une autorégulation magique hors de tout contrôle institutionnel; par contre je crois que ces leviers de contrôle ne doivent plus se faire au niveau vertical mais bien au niveau horizontal, au milieu des flux de réputation, par des instances élues. Je n’ai pas la science infuse, si j’en lis plus, je l’écrirai par ici…

Pour aller plus loin :

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May 14th, 2008

Larry Lessig : du combat pour la culture libre, Creative Commons, à la lutte contre la corruption à Washington

by Laurent Francois

Creative Commons, citoyen, tu connais déjà :

“Simples à utiliser et intégrées dans les standards du web, ces autorisations non exclusives permettent aux titulaires de droits d’autoriser le public à effectuer certaines utilisations, tout en ayant la possibilité de réserver les exploitations commerciales, les oeuvres dérivées ou le degré de liberté (au sens du logiciel libre).”

Tu ne sais peut-être pas d’où ça provient; il s’agit notamment du combat d’un professeur de droit de Stanford, Larry Lessig, qui part du principe que plus la culture et la création se digitalisent, plus la régulation par ceux qui contrôlent les canaux d’information devient possible, et donc amoindrit le domaine public des idées, dictant de fait ce qui peut ou ce qui ne peut pas être fait ; d’après Free culture :

“All creative works—books, movies, records, software, and so on—are a compromise between what can be imagined and what is possible—technologically and legally.  For more than two hundred years, laws in America have sought a balance between rewarding creativity and allowing the borrowing from which new creativity springs.  The original term of copyright set by the First Congress in 1790 was 14 years, renewable once. Now it is closer to two hundred. Thomas Jefferson considered protecting the public against overly long monopolies on creative works an essential government role.  What did he know that we’ve forgotten?”

Lessig quitte donc provisoirement les discussions sur les copyrights (à ce propos, sa dernière intervention sera dans le projet OpenSourceCinema...).
En étendant son raisonnement, Larry Lessig s’en prend donc au processus politique à Washington. Extrait trouvé ici :

“l’exposé d’Al Gore sur le réchauffement climatique, où celui-ci a souligné que la lenteur de Washington à prendre acte du problème “n’est que le reflet d’un plus vaste problème : le processus politique lui-même, qui empêchera notre gouvernement de comprendre les faits élémentaires aussi longtemps que des groupes de pression puissants auront intérêt à ce que l’incompréhension perdure”, écrit Larry Lessig dans son blog.”

Son action “Change Congress”, il la résume ici :

“what Change Congress does is it gives candidates and members, like Creative Commons, an ability to identify themselves as reformers, meaning you—like a Creative Commons license, you can get a Change Congress badge that says: I’m not going to take money from lobbyists or PACs, I believe in public financing for public elections, I want to abolish earmarks, and I believe in increased transparency in Congress. And you begin to identify members who take this position. And we’re going to build a kind of EMILY’s List system to fund and drive support to those candidates, so that we get a much stronger level of support for reform in Congress right now.”

Democracy Now ! Larry Lessig

Une position audacieuse. Qui aura le mérite d’être un contre-pouvoir solide.

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