Posts tagged ‘critique’

November 10th, 2009

Dictionnaire du look : "la brute se couvre, le riche ou le sot se parent, l'homme élégant s'habille"

by Laurent Francois

Citoyens !

Nous vivons dans un siècle où le T-shirt peut devenir un signe revendicatif. Où le cuir de Saint Ouen est un artefact social, signe de reconnaissance. Où notre jolie langue française – peut-être le seul critère valable de notre identité nationale – vit de mille sémantiques et d’influences. Bref, est une dynamique de volonté, pas un héritage de sang.

De ces inspirations, Géraldine de Margerie, scénariste et journaliste (notamment pour Yagg) et Olivier Marty, directeur artistique et photographe, dirigeant de l’agence de communication visuelle IP-3 en ont fait un dictionnaire du look.

Note de l’éditeur :

“Ou l’on apprend que l’arty n’a aucun sens du ridicule, que le looké-décalé a une troisième oreille, que contre toute attente le Bcbg vote à droite, que sous son apparence sulfureuse la bimbo cache un coeur gros comme ça, que la caillera aime “faire des gueuts, poser son gros blaze dans le reur et teuyer le tien batard”, que le nouveau-né porté en écharpe est l’accessoire numéro 1 du bobo, qu’être hétéro nuit à la crédibilité emo, que tout ce que vous n’auriez jamais osé porter en 1984 est sur le dos du fluokid, que la gouine à mèche aime l’electro minimale allemande, que le néodandy voue la même admiration à Leibniz qu’à Carlos, que le punk à chien sait faire des cendriers en canettes de 8-6, et ça c’est balèze. Pour sortir les adultes de leur désarroi et les ados de leur ghetto, Le Dictionnaire du look offre une plongée ethnographique au pays du jeune et jette les premières bases d’une nouvelle discipline : la popsociologie”

On appréciera le langage plein d’humour et généreux. A propos du néodandy :

“la brute couvre, le riche ou le sot se parent, l’homme élégant s’habille”.

Ce qui est absolument clé : les “profils” analysés ne sont pas des vérités absolues, exclusives, mais bien plutôt des inspirations consolidées. En clair, les différents types évoquées sont comme dans une loi de distribution, un croquis de médiane, ce qui peut donc inclure d’autres aspects, caractéristiques.

En annexe, un test pour se positionner bien sûr.

Le dictionnaire du look devrait être sur la table de tous les analystes de tendance, de tous les trendsetters, et même de tous les journalistes.

A lire aussi :

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November 5th, 2009

Mozart, l'opéra rock : un abus d'influence

by Laurent Francois

Citoyens !

J’ai commis l’acte le plus tragicomique de la semaine : aller voir Mozart, l’Opéra Rock.

Stupeur. Et retour sur une communication d’influence pas tout à fait “spectateur-oriented”.

Avant le spectacle, TFI-Dove nous façonne 3 hits, à grand renfort de matraquage publicitaire, de placement large dans une presse teens en soif de nouveautés (il ne se passe pas franchement grand chose en France, heureusement qu’Angelina et Brad ont investi chez nous…). Ce qui se traduit par une construction d’histoire a priori crédible : Mozart, l’Opéra Rock, est LE spectacle qui envoie du lourd, populaire, onirique, et qui plus est Made in France. L’image est léchée à la fois sur les productions télévisuelles :


Melissa Mars est Aloysia Weber dans Mozart L’Opera Rock
envoyé par MelissaMars. – Clip, interview et concert.

ou dans la presse :

La Fan-Base est créée ex nihilo et là où TF1 est décidément fort, c’est qu’il arrive à convertir les foules non pas sur un produit réel mais sur un spin. A ma connaissance, seul Apple et certaines marques de luxe arrivent à créer une attente irrationnelle pareille; la différence étant qu’eux vendent un vrai service ou produit, pas de l’espace publicitaire.

Arrive l’heure du spectacle “réel”. Sincèrement, je partais pour être agréablement surpris, un peu comme sur ce qui s’était passé sur Britney. Je pars du postulat qu’il faut passer d’une fosse de métalleux à la dernière production pop corn afin de vivre plus heureux.  Et là, c’est presque le drame :

  • aucune dimension immersive en dehors de la scène : des ouvreuses passent vous vendre des chips, point barre. Pas d’avant, pas de mise en bouche. Ah si : les 2 écrans du Palais des Sports vous distillent des publicités TF1. Passons
  • Le spectacle démarre. Mal. Les 2 premiers tableaux ne posent pas l’histoire. Les transitions qui s’enchainent se font au début de manière hachée. En cinéma, on dirait que ça manque de raccord, à la fois visuel et surtout (plus grave dans ce cas) sonore
  • Mikelangelo Loconte est une énorme erreur de casting : l’interprétation de Mozart est digne d’un pastiche d’une drag-queen bourrée dans le Marais. Dans ce dernier cas, ce serait drôle. Alors on assiste à de véritables moments de solitude : la voix porte, l’histoire non
  • la fan-base ne se réveille qu’au moment des 3 titres TV ; le reste du temps, le public dort. Cette même fan-base restera présente devant la sortie des coulisses 45 minutes après le spectacle, guettant un signe du spin
  • L’entracte dure 35 minutes : 35 minutes longues comme le silence où les écrans publicitaires se rallument pour nous distiller encore et toujours des pubs TF1. Quel est ce foutage de gueule ?
  • Point positif : la performance de Claire Pérot (Constance) qui ravive un peu nos âmes et les danseuses à qui on aurait aussi du donner un micro pour rattraper le tout

Mozart L’Opéra Rock [Live] Final -reprise Tatoue-moi
envoyé par muxa. – Regardez d’autres vidéos de musique.

Je cite l’ami GOT :

“En résumé, un comédie musicale en demis-tons, allez y pour la qualité de ses tableaux son-lumière-danse, mais surtout pas si vous vous attendez à écouter du rock ou une quelconque déclinaison de l’œuvre de Mozart.
Dove Attia nous a refait donc un remake du Roi Soleil, de la comédie musicale pop-corn au kilomètre; alors Dove la prochaine ce sera sur qui ? Leonard de Vinci, Napoléon, la mère Denis ?”

Plus grave: l’inadéquation entre les ressources créatives en France, les performers de talent, et l’absence de savoir-faire en termes d’ “entertainment”. Quand vous payez 80 € pour Britney, vous en prenez plein la vue et même au-delà. Quand vous payez 65 € pour Mozart, vous êtes déçus.

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July 6th, 2009

Circus, starring Britney Spears à Bercy

by Laurent Francois

Citoyens !

J’étais hier soir à Bercy pour assister à Circus, starring Brit-Brit.

J’avais très peur, notamment après le papier de Libé de Bartholomé Girard :

“Au milieu des danseurs qui chauffent la piste, Britney Spears se montre plus que jamais absente, perdue, comme si elle ne voulait plus être là, n’y était plus tout à fait. Comme si elle n’avait plus envie d’être une poupée de cirque? Mais quoi d’autre ?”

Alors Barth’, où on n’a pas vu le même spectacle, ou bien tu fais de la Britney-phobie ;)

Car j’ai été conquis.

  • D’abord Bercy : un cercle de cirque, et un jeu de voiles proche des poupées russes, permettant de mixer images et vidéos de Circus pour dévoiler les différents tableaux que nous offrent Jamie King. Résultat : une interaction parfaite entre performances individuelles et univers vidéos, qui trouvent leurs échos en amont (clips de Britney) et a posteriori en prolongeant l’expérience de Circus.
  • Ensuite les performances : pas moins de dizaines de numéros différents. Ninjas, mais aussi acrobates, princesse du GRS, danse de rue etc.
  • Une utilisation de l’espace diaboliquement efficace. Aucun break, des mobiles impeccablement changés, modifiés. Un monstre qui aurait pu être lourd et disruptif et qui est léger comme Britney dans sa nacelle. Le seul spectacle à mes yeux qui rivalise sur cet aspect est sans doute celui d’Ariane Mnouchkine à la Cartoucherie, les Éphémères
  • Une histoire qui se tient : tout démarre dans la “vie réelle” médiatique de Britney. Le spectacle commence avec un pied-de-nez aux Perez Hilton et autres tabloïds tout en retournant ce fake-world et en en faisant une fresque médiatiquement désenchantée. On est loin du pink is beautfiful. Le propos est SM, torturé. Bravo
  • Une ouverture à d’autres géants de l’entertainment :“Most daring was a sequence that began with a video that showed masked interlopers borrowed from the Stanley Kubrick film “Eyes Wide Shut,” who writhed about on divans as Spears mouthed the Marilyn Manson version of the Eurythmics song “Sweet Dreams (Are Made of This”). Spears then emerged to reenact the scene wearing two versions of a white-gold gymnast’s leotard with her erogenous zones highlighted in black. She gave a lap dance to a clown; she was lifted aloft by a pair of acrobats and did some simulated heavy petting. In truth, nothing matched the raciest moments of Janet Jackson‘s last tour, but as mainstream erotica, it was effective.”

Pour conclure : 2h30 où on en prend plein la vue sans mirage, où l’on est transportés comme dans Chicago vers une histoire. D’où l’on revient repus, halluciné et sans doute perturbé que ce soit Britney qui porte un discours contestataire.

Britney One More Time.

En bref :

  • Tour director: Jamie King[56]
  • Musical director: Simon Ellis[56]
  • Choreographers: JaQuel Knight, Tony Testa, Dreya Weber,[56] Rujuta Vaidya[57]
  • Dancers: Jose Omar, Willie Gomez, Jonathan “J-Boogie” Rabon, Chase Benz, Jia Huang, Laura Edwards, George Jones JR, Luke Broadlick, Tiana Brown, Justin de Vera, Valerie “Rais” Moise, Marc “Marvelous” Inniss, Ava “Ava Flave” Berstine, Tye Myers, JP San Pedro, Devon Jameson.
  • Managers: Larry Rudolph, Adam Leber
  • Costume design: Dsquared2, The Blonds, David Alexander, Catriona Mackechnie
  • Stylist: William Baker
  • Tour promoter: AEG Live
  • Tour Sponsor: Virgin Mobile
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May 4th, 2009

Révolution Relation, par Stéphane Lautissier et Jacques Angot

by Laurent Francois

Stéphane Lautissier avait déjà un excellent blog. Mais il vient de publier avec Jacques Angot un livre remarquable. Extraits :

Sur le marketing dans les entreprises :

“le benchmark, le tour d’horizon des bonnes pratiques et des actions de la concurrence est devenu un préalable à toute stratégie. Intéressant en soi comme logique de curiosité, cet outil s’est transformé en prérequis (…). Cela crée un phénomène de mimétisme et de conformisme qui norme toute activité de secteur et empêche de prendre de la distance et d’explorer de nouvelles voies innovantes”

“les pratiques de segmentation sont de plus en plus en décalage avec la nature même de la consommation.”

Sur la temporalité à intégrer dans une stratégie marketing :

“il y a une grande infantilisation du consommateur dans les propositions du marketing (…) or le consommateur grandit (…)”

Sur la trop grande part laissée à une pseudo-mécanisation de l’influence :

“On ne construit pas un lien durable en se comportant en “contrôleur de gestion des informations marketing”

A qui s’adresse ce livre ?

  • à des planners
  • à des étudiants en communication afin de mettre en perspective ce qui se passe aujourd’hui avec ce qui a créé la révolution autrefois (ex : les excellentes exemples Darty et FNAC mentionnés dans le livre)
  • à des marketers online/digitaux afin de ne pas oublier que le web n’est qu’un pan d’un système d’interactions plus globale
  • à moi (ahah)
  • à des responsables marketing d’entreprises qui retrouveront là un bon sens “industrieux”

A acheter d’urgence !

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September 5th, 2008

Max La Menace : un agent secret divertissant

by Laurent Francois

Hello hello !

J’ai pu voir grâce à la communicante tendance Emilie, avec une armée de blogueurs fort sympathiques (Gaduman, Gonzie, Nael, Stan, Marion et j’en passe) chez Warner en avant-première le film de Peter Segal avec notamment Steve Carel.

Allons-y gaiment :

Un héros potache, une sorte de loser au grand cœur, qui surjoue son rêve. De l’action mêlée à du fun; 10 dernières minutes palpitantes.

Attention, on est dans un film de divertissement pur. Pas de récit symbolique puissant. Non, un vaudeville à l’américaine. Plus subtile qu’un Hot Shot, tout en gardant un côté “vrai” film.

A voir un dimanche au cœur léger.

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August 28th, 2008

Babylon AD : ça ressemble à tout, donc ça ressemble à rien

by Laurent Francois

Babylon AD. Citoyens, autant vous le dire tout de suite, quand on veut critiquer un film, on a souvent la facheuse tendance à se dire “qu’il ressemble à ceci”, “qu’il rappelle cela”. C’est souvent agaçant. Le problème avec Babylon AD, c’est que je ne vois pas comment parler d’un film qui n’a ni début, ni intrigue, ni rebondissement, ni fin.

Donc on ne va pas non plus dire qu’il a été copié sur de films (en vrac ; le cinquième élément de Besson, Matrix…), et qu’il est tellement mauvais qu’il frise le pastiche. Vin Diesel, nouveau Mr Bean ? Pas sûr que ça soit le but.

  • tous les clichés sont présents : la secte scientifico-apocalyptique, un monde aseptisé dans lequel vous ne verrez pas j’espère l’avion Coca-Cola Zéro (un plan de 10s, était-ce justifié ?), un monde où il y a de méchants russes et où un gentil monstre sauve la belle Mélanie Thierry dont le jeu est vide, si vide. Entre la naïveté et la candeur niaise, il y a un écart
  • un début long comme un mauvais film d’auteur (sans le propos de l’auteur)
  • des répliques qui feraient passer Chuck Norris pour un intellectuel
  • une vraie fausse histoire d’amour à cheval entre un Manga SM et Hélène et les garçons
  • des scènes d’action qui permettent de se dire que oui, quand on est un Yamasaki, on peut rejouer dans un autre film
  • un Depardieu qui aurait été drôle dans un vaudeville mais qui n’est que décevant dans Babylon AD
  • une fin même pas tirée par les cheveux, juste indécente quand on vient de se moquer du spectateur pendant 2 heures – en gros vous aurez droit à une fin ouverte,
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April 21st, 2008

Deux jours à tuer : l'avant première

by Laurent Francois

Citoyen ! Je reviens avec Q. d’une avant-première. Jean Becker, pour son film “deux jours à tuer”, a su taper juste. Un film comme une nouvelle. Une intrigue, un drame, un raz-le-bol. Antoine Méliot est-il fou ? Est-il possédé ? Quelle pulsion le pousse à tout plaquer et à tout vouloir récupérer ?

Courrez-y. 

[youtube H28hOn-hKGk]

Le pitch :

“Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse, deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter à tout instant, une jolie demeure dans les Yvelines et de l’argent. Mais un jour, il décide de tout saboter en un week-end : son bonheur, sa famille, ses amis. Que s’est-il passé chez cet homme pour qu’il change si étrangement de comportement ?”

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