Posts tagged ‘curation’

February 6th, 2012

Pinterest : quand la curation devient (enfin) mainstream

by Laurent Francois

Et un article pour SocialMediaToday sur l’intérêt de Pinterest…

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October 24th, 2011

Quand la curation trouve un business model : le cas OpenSky

by Laurent Francois

Citoyens !

On a souvent comme argument à propos des Pearltrees ou autres outils de curation qu’il ne s’agit que d’un gigantesque bruit marketing sans véritable cash-flow associé à terme.

Une start-up vient pourtant mettre à mal les arguments des Cassandres ; et cette start-up, c’est OpenSky.

Le principe est simple : une fois connecté à la plateforme, des experts et / ou stars vous recommandent des produits ou services. Il ne s’agit pas simplement d’une célébrité qui prête son nom ; il s’agit d’une véritable valeur ajoutée qu’un curator en qui vous pouvez faire confiance ou que vous estimez vous apporte.

La curation est couplée à une série d’autres leviers extrêmement forts :

  • social currency & social gaming : vous gagnez des dollars de crédits à chaque fois qu’un ami rejoint la plateforme ; vous gagnez des crédits quand vous satisfaisez à certaines missions . On imagine les milliers d’idées en brand content que la plateforme propose nativement
  • couponing : les offres proposées par les curators sont en plus des “deals” avec réductions associées

Une nouvelle fois, le lien “pouvoir de prescription” (suivre une star, un “nom”, un talent) + “pouvoir de recommandation” (faire jouer les utilisateurs, les pousser à aller propulser un signal à leurs communautés) est excessivement fort. On notera l’influence grandissante du cas “Twitter” qui a compris que son modèle résidait dans l’entertainment

Une bonne nouvelle pour les entreprises qui évoluent autour de la curation : filtrer l’information et rendre manipulable le web n’ont jamais été aussi important.

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April 11th, 2011

Pourquoi le Social Media est une bonne nouvelle pour les producteurs de contenu

by Laurent Francois

Citoyens !

On a parfois à tendance d’associer développement des médias sociaux, gratuité des contenus et co-création quelque peu magique.

Les oiseaux de mauvais augure voient souvent avec ce domaine présenté comme libre la fin des créateurs de contenus, donc de la production, donc la fin de certains métiers : artistes / musiciens / photographes / journalistes.

Exsonvaldes, interviewé par Virginie Berger lors d’une session musicale de Live Room de Thien,résumait le gap d’opportunités pour les producteurs de contenus :

“Le discours ambiant des contre-Hadopi «  le peuple a repris le contrôle de la culture » ne tient pas la route. Dans la musique, il y a ceux qui la font (nous), ceux qui aident (nos fans, notre label, notre tourneur…) et ceux qui écoutent (le public). Tous les acteurs sont importants pour transmettre la musique.”

En clair, dans la triptyque production / propulsion / conversation, les producteurs de contenus n’ont jamais été autant au coeur du business.

1- Les médias sociaux lient d’abord vers les productions originales. 2 exemples :

Ce qui veut donc dire qu’à partir du moment où ce qui est rare est cher, une prime à l’originalité, donc au producteur initial de contenu, va être reconnu par les différentes communautés / forces en présence

2- La mobilité va paradoxalement accroitre la pression sur les “filtres” d’information, donc sur la qualité des contenus

  • un mobinaute ne vas pas foncièrement télécharger et consulter toute la journée 100 flux différents. Le ticket à l’entrée de l’ “attention” étant extrêmement élevé, il va peut-être plutôt reconnaitre la valeur des 2 ou 3 sources privilégiées, en fonction de leurs propositions de valeur. D’où la force des applications issues des organisations ayant soit la capacité à faciliter l’accès à l’information pertinente, ou aux producteurs de sens
  • un pari intéressant serait que les “curateurs professionnels” paient à terme quelques dividendes aux producteurs initiaux de contenus, un peu comme les grands portails à l’époque des premières agrégations de contenus : flux AFP ou boursiers sur Yahoo! dans les années 90, contenus “backstages” ou exclusifs consultables uniquement sur MTV. Un modèle est à inventer, encore faut-il trouver un moyen de rendre la curation “monétisable” et plus seulement égo-centré : quel intérêt ai-je à terme de partager l’ensemble de mes schémas de pensée, au-delà de la reconnaissance de mes pairs (qui ne me donnent pas encore à manger que je sache) ?

3- Internet n’a pas détruit la production de contenus, il a juste rendu une offre d’accès déjà colossale en une offre exponentielle…ou pas

  • McLaughlin rappelle que les audiences n’ont jamais (ou plutôt rarement) payé pour le contenu directement, mais bien pour avoir accès à lui au meilleur endroit (un abonnement qui arrive dans la boite aux lettres, une version collector pour un concert précis etc.) et au meilleur moment. Dans une offre exponentielle (ou pas) l’accès aux productions tend à être encore plus compliqué : d’une part parce qu’on a tendance à chercher que ce que l’on connait bien (effet filter bubble), d’autre part parce que les contenus plus extraordinaires sont perdus dans la masse
  • attention à croire que les contenus sont sans limite ; si les transformations rendues possibles sont limitées à la seule créativité (everything is a remix), les organisations et temps de production disponible (sic) sont eux limités
  • on consulte rarement 100% d’un contenu produit par un support : RMN le savait en proposant déjà en 1995 des accès par affinité, centres d’intérêts

Au final :

  • il existe une myriade de contenus qui n’attendent que d’être consultés, une fois “ramenés à la vie”
  • la fragmentation des contenus par centres d’intérêts permet de revaloriser certaines productions sans valeurs toutes seules pour les publics en vrai “produit” : on pourrait imaginer payer des entreprises qui consolideraient des chemins utilisateurs par affinité plutôt que par émetteur
  • depuis que la rue est le territoire le plus digitalisé du monde, on attend que la production de contenus ait lieu “in situ” plutôt que derrière un PC : les émetteurs vont devoir sérieusement réfléchir aux expériences terrain, retails, aujourd’hui pauvres (à part à des 4×3 print, à quoi est-on exposés ?) en allant chercher de nouveaux types de producteurs
  • la “curation” coûtant cher, le temps investi pour “curater” ou simplement pour guider les autres vers des productions précises va privilégier les projets à forte valeur ajoutée. Donc une prime au contenu fort (le contre exemple des vidéos de chats n’est pas foncièrement valable : vous passez toujours autant de temps à lire les blagues de bureau que dans les 80s, donc elles n’entrent pas dans la balance)
  • produire du contenu nécessite une organisation : l’amateur éclairé pourra au mieux “remixer” ou “reproposer” des équivalents, rarement d’avoir un contenu unique, bien produit, accessible partout, tout le temps

 

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January 6th, 2011

Les différents types de curation

by Laurent Francois

Citoyens !

Ca y est : la curation, notion poussée en France par Pearltrees; est désormais entrée dans les moeurs comme application-type de nouveaux usages du web social.

Première question : y a-t-il des consommateurs finaux de curation ?

La réponse est normande : à la fois oui et non. Dans une situation d’urgence informative (voir à ce sujet l’étude que nous sortirons dans quelques semaines avec L’Express), l’enjeu de la synthèse de l’information est clé. La “curation” n’a pas qu’un impact sur la simple aggrégation (trouver à un seul endroit les ressources utiles à la compréhension du sujet) mais bien sur le contrat de lecture et sur le traitement des différentes problématiques. On voit d’ailleurs pointer dans les médias “professionnels” de plus en plus d’articles qui intègrent la notion d’historicité. Pas seulement via des dossiers spéciaux mais aussi à l’intérieur même d’articles dans le fleuve de news : un rappel des faits, des liens vers les ressources utiles, un historique rapide. On achète donc pas de “curation” en tant que tel mais on aura tendance à acheter les conséquences de ces nouveaux “services lecteurs” : une information amplifée.

Dès-lors, quels sont les différents types de “curation” ?

  • l’archivage “classique” : un peu comme les 1ers blogs lancés au début des années 90, il s’agit de trouver sur un même article les liens pertinents avec un sujet ou avec une semaine. Certains blogueurs continuent d’ailleurs à faire ce type de posts, qui sert a priori à structurer une pensée. Beaucoup de gens continuent à “bookmarker” leurs liens préférés. Cette pratique a une limite : la construction de l’archive est forcément limitée par l’ergonomie des signets. Dès-lors l’explication texte de pourquoi on a archivé tel ou tel lien prend un temps affreux
  • le “mapping” : il s’agit d’augmenter les synergies dans l’acte d’organiser les archives afin de visuellement montrer les cheminements de la pensée. Et de pouvoir revenir en arrière facilement, de déplacer les territoires. Une limite : on n’est pas dans la prospective dans ce genre de dynamique mais bien dans la structuration d’une pensée et d’idées ou liens déjà existants pour un individu ou un groupe d’individus
  • l’organisation sociale du web : lire à ce propos toute la littérature autour de Pearltrees (ainsi que sur les arbres sur le sujet). L’idée étant que “Pearltrees fonctionne sur un principe communautaire. Selon François Rocaboy, co-fondateur de la start-up, « chacun peut garder ce qu’il aime sur le web et ainsi se connecter aux gens qui partagent leurs intérêts. Cela permet de découvrir de nouveaux contenus, de rencontrer des gens en fonction de leurs intérêts“. En clair : cette organisation sociale permet non seulement de structurer sa propre pensée, de récupérer les logiques d’autres individus, de créer des “consensus” au sein d’une équipe de curators ou au contraire de montrer les différences de logique. Cette organisation permet d’amplifier

Plus intéressant : quels seront les types futurs de curation ?

  • une anticipation des chemins de pensée ? sur certains sujets plus populaires, on peut imaginer que certains agents / robots intelligents suggèrent des bribes de raisonnement déjà pensés par d’autres. Sur certains sujets légers ou routiniers, on peut imaginer un peu comme ce que façonne Google des suggestions (ex : pour une série TV, la suite des épisodes, le casting, les bio des acteurs). Mais surtout certains domaines plus pointus, scientifiques, on peut imaginer qu’en entrant des mises en relation de bases de données complexes, on puisse à terme résoudre certains grands problèmes
  • une curation “in real life” : on peut d’un point de vue marketing imaginer qu’une fois que vous entrez dans un magasin, on vous propose un mapping d’objets susceptibles de nous intéresser; dans un musée, on peut imaginer tout un tas d’accès à des ressources complémentaires. Une forme de mix entre géolocalisation, curation et CRM
  • une rétribution pour curation : ce qui rare est cher; l’acte de “curation” demande du temps. On peut imaginer toute une série de rétribution pour ce travail : débloquage de bages donnant accès à de nouveaux types de contenus ou de mise en relation; argent; mise en avant de la modélisation. On pourrait par exemple imaginer des travaux d’étudiants qui, pour “gagner des points”, devraient débloquer des stratégies de curation qui leur permettraient d’avoir accès à plus de temps dans un laboratoire etc.

L’enjeu étant désormais complexe : continuer à devenir “mainstream” afin de faire partager l’accès au savoir. Faire en sorte de ne pas sombrer dans les dérives de la “popularité” sur lequel se base Google mais bien plutôt sur la “pertinence”, au risque d’une destruction à la fin de la valeur : n’avoir plus qu’un oligopole de sujets forts facilement accessibles et devoir avec peine se noyer dans les profondeurs du web pour avoir accès à la vraie info recherchée. Mettre en place les outils de contre-pouvoir afin de ne pas propager qu’une seule vision du monde. Ne pas sombrer dans un futurisme robotique qui viserait à croire qu’on remplace le cerveau humain.

J’aime bien faire l’analogie avec le conservateur de musée, avec cet extrait d’un entretien avec Daniel Roger :

“Le conservateur de musée est l’intermédiaire entre le public et les œuvres. Cette mission comporte des activités très diverses, parfois contradictoires, qui nécessitent une vigilance constante : il faut bien sûr veiller à la conservation des objets, mais en même temps les exposer au public, alors qu’ils seraient bien mieux dans le noir, sans personne autour !”

Un jeu de pouvoir en somme où les historiens vont jouer un rôle clé…

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September 12th, 2010

Cache rules everything around me : la curation est production

by Laurent Francois

Cache Rules Everything Around Me from Evan Roth on Vimeo.

Citoyens !

Evan Roth (que pouvez suivre sur Twitter), est un artiste français au profil extrêmement original :
“Evan Roth is an artist and researcher whose work focuses on technology, tools of empowerment, open source and popular culture. His notable projects include L.A.S.E.R. Tag and LED Throwies (with Graffiti Research Lab), White Glove Tracking, Explicit Content Only and Graffiti Analysis. Roth is co-founder of the Graffiti Research Lab and the Free Art & Technology Lab (F.A.T. Lab), a web based, open source research and development lab.”

Il vient de mettre en ligne Cache rules everything around me, une création basée sur sa collection de GIFS.

Une formidable démonstration que la “curation” est en soi une forme de production.

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September 9th, 2010

Pearltrees : 3,5 millions de pages vues en août

by Laurent Francois

Pearltrees from frenchweb on Vimeo.

Citoyens !

Une bonne nouvelle pour tous les curators et afficionados à la recherche du Grâal de l’organisation du web : Pearltrees vient de passer en août les 3,5 millions de pages vues.

FrenchWeb a interviewé Patrice Lamothe, qui explique -simplement- l’intérêt de l’outil, les différentes communautés présentes (art / architecture, politique, modeuses, art de vivre…), les futurs développements.

On peut s’y retrouver :

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August 3rd, 2010

Snow Mag, le bouche-à-oreille digital comme levier marketing

by Laurent Francois

Citoyens !

Encore une opération spéciale qui nous vient du Japon. Snow Mag, le magazine qui traite de culture et de tendances made in Tokyo organise un deal intéressant, en partenariat avec graniph : leurs lecteurs sont invités à recommander un artiste (basé n’importe où dans le monde) afin de le faire endorser par graniph.

Une fois sélectionné, le T-shirt créé est envoyé aux abonnés, une fois par mois.

  • un excellent moyen de fidéliser les audiences
  • une façon d’utiliser à plein le pouvoir de “curation” des internautes
  • une manière maline (et quasi gratuite) de découvrir des talents (on va bientôt parler de word-of-mouth journalism ?)

Alors créateurs du monde entier et fans de T-Shirt, unissez vous !

L’actu du T-shirt est à suivre aussi ici :

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