Posts tagged ‘droit’

October 15th, 2009

Ethique de blogueur, et mentions légales

by Laurent Francois

Citoyens !

Si tu veux tout savoir du débat qui agite les Etats-Unis en ce moment suite aux recommandations de la Federal Trade Commission sur les bonnes pratiques quant il s’agit de témoignages ou programmes d’engagement entre individus et annonceurs, et bien visualise donc la présentation du WOMMA !

Ce qu’il est intéressant de retenir :

  • ce qui prime, c’est l’information du lecteur final : il doit avoir les billes pour comprendre dans quelles circonstances son blogueur favori par exemple va parler de tel ou tel produit
  • la flexibilité de cette mention : l’enjeu n’est pas de cacher la mention au fin fond d’une colonne, l’enjeu est simplement d’avoir une dimension authentique de la relation qu’on entretient avec ses lecteurs
Rendez-vous sur Hellocoton !
April 27th, 2009

Corée : des paradis fiscaux aux paradis du web social ?

by Laurent Francois

Citoyens ! un enseignement intéressant qui nous vient de Corée:

More and more Korean netizens are “fleeing to foreign internet services”, in response to tighter net censorship recently being implemented by the Korean government, Korean newspaper Hankyeoreh reports.

Si on considère les conversations en ligne comme des transactions liquides, va-t-on vivre le même phénomène que les paradis fiscaux, à savoir des paradis social media ?

Rendez-vous sur Hellocoton !
December 27th, 2008

Nouvelles restrictions contre des blogueurs, cette fois-ci au Vietnam

by Laurent Francois

Citoyens ! Entre les libérations intempestives au nom de l’intérêt de la France, les rétrospectives et le wifi toujours moins bon en famille qu’en période de rush habituelle, on en oublierait presque certaines informations “digitales sociétales”. Comme celle révélée par The Associated Press il y a quelques temps à propos de la reprise en main par le gouvernement vietnamien de la question des blogs :

“The rules ban any posts that undermine national security, incite violence or crime, disclose state secrets, or include inaccurate information that could damage the reputation of individuals and organizations, according to a copy of the regulations obtained Wednesday by The Associated Press.The rules, which were approved Dec. 18, attempt to rein in Vietnam’s booming blogosphere. It has become an alternative source of news for many in the communist country, where the media is state-controlled.The new rules require Internet companies that provide blogging platforms to report to the government every six months and provide information about bloggers on request.The companies are also required to prevent and remove content the government deems harmful.The regulations, written by the Ministry of Information and Communications, encourage bloggers to use “clean, healthy Vietnamese language.” They clarify earlier Internet regulations that were introduced in August.”

Après la Corée, c’est donc la confirmation d’au moins 3 éléments :

  • l’expression en ligne, blogging ou autre, est en passe d’être consacrée comme véritable pouvoir (contre-pouvoir ou soutien du pouvoir en place)
  • l’autorité “historique” que l’on croyait très en retard sur le sujet court-circuite les pronostics et met en place des législations coercitives fortes
  • finalement on entend peu parler de ces sujets dans les autres blogosphères (autres au sens “autres langues”), ce qui nourrit finalement l’idée pour les autorités nationales que le sujet peut être gardé / étouffé localement
Rendez-vous sur Hellocoton !
October 17th, 2008

Le Web et le difficile métier de parent en 2030

by Laurent Francois

“ça te tuerait de mettre à jour ton status Twitter si tu vas rentrer si tard ?” (source : planning for fun, merci à Tim)

Humour, certes, mais aussi une question générationnelle : comment allons-nous exercer notre métier de parents dans les prochaines années, quand nos enfants seront en âge adulescent ?

Et notamment le contrôle des sorties, des fréquentations ? Nombre d’affaires d’ “espionnage” via Facebook commencent à avoir lieu. Comme cette maman dont les fils ont refusé une friend request…ou Samantha Perry qui soulève la question de nos curiosités maladives devant la boite de Pandorre de l’information.

Alors où se situe le futur ratio entre intimité et espace public ? Entre vigilance nécessaire et abus de confiance ?

Rendez-vous sur Hellocoton !
October 14th, 2008

Qui sommes-nous ?

by Laurent Francois

Citoyens ! Une citation extraordinaire m’a frappé chez Luc :

“Vous ne trouvez pas que c’est une question saugrenue que de demander aux gens qui ils sont ?… Ils vont au plus facile : nom, prénoms, qualités mais ce qu’ils sont réellement ? Au fond d’eux-mêmes, ils le taisent, ils le cachent soigneusement”

Pierre François Lacenaire dans Les Enfants du Paradis (film de Marcel Carné, écrit par Jacques Prévert)

Facebook, les réseaux sociaux communautaires…tout un ensemble de plateformes où l’on doit entrer nombre de données explicites et personnelles.

Sur Agoravox, une réflexion intéressante :

“Or sur Internet, la question fondamentale qui caractérise l’identité, Qui suis-je ?, est plus que jamais duale. En effet, de même que lorsque vous vous la posez face à la glace, la question que vous renvoie le miroir n’est plus Qui suis-je ?, mais Qui es-tu ?, sur le Web c’est le Qui êtes-vous ? qu’on retrouve en permanence dans le regard des autres, l’une faisant pendant à l’autre.”

Et le “qui es-tu” repose essentiellement sur le “que fais-tu ?”. La frontière est du coup risquée entre données explicites (j’ai 23 ans, je suis un garçon) et données implicites, c’est-à-dire le liant entre tous nos actes et notre intimité.

Peut-être est-ce donc ça, la limite pour laquelle il faut se battre : continuer à être les propriétaires de l’histoire de nos vies, de nos storylines comme disent les cinéastes.

Rendez-vous sur Hellocoton !
September 18th, 2008

Edvige ou 2008 comme l'an 1 du capital numérique

by Laurent Francois

Citoyens ! Emmanuel Bruant nous fait partager un formidable article d’Alex Türk dans Télérama (et oui, certains lisent encore Télérama) : ” Le plus grand danger ce n’est pas Edvige, c’est le traçage des personnes” :

*Le plus grand danger, c’est le traçage des personnes. Par le téléphone portable, par la carte bancaire, par les pass de transport. Le traçage, aussi, par la vidéosurveillance, la géolocalisation des personnes et des biens, les systèmes biométrique(…). Nous sommes en train de glisser, dans le silence, et probablement dans l’inconscience, vers un mode de civilisation numérique de plus en plus dangereux. Progressivement, les Français s’habituent à être géolocalisés, filmés par les caméras de surveillance, soumis à des systèmes biométriques [identification via les empreintes digitales ou l'iris de l'oeil, par exemple, NDLR]. Je reprends souvent la métaphore de la grenouille : si vous jetez une grenouille dans un bocal d’eau bouillante, elle va jaillir hors de l’eau, dans un effort désespéré.

En fait, ce qui est bien plus problématique qu’une simple question de droit (et je rejoins Emmanuel sur ce sujet), c’est l’aspect moral et sociétal que soulève ce tracking.

Au quotidien, une nouvelle forme de domination intervient. Je m’explique. Dimanche 31 août, je me trouve au guichet RATP de République. Formidable moment : une trentenaire demande au guichet “pourquoi on doit tous passer à la carte Navigo”. Réponse un peu énervée de l’agent : “c’est plus commode, plus pratique, plus rapide, plus écologique”. Certes. Les mots magiques. Oui mais voilà, notre trentenaire a la dent dure : “oui mais je n’ai pas envie que l’on sache où je vais et ce que je fais de mes trajets”. L’agent bougonne, et rétorque, acide : “à ce moment là, il faut que vous jetiez votre carte de crédit, votre passeport et que vous restiez chez vous”.

Voilà.

Voilà ce qui se passe : la vraie violence se fait au quotidien, dans les tâches les plus ordinaires. Il est normal que nous réagissions au fichier Edvige parce que tout à coup, nous voyons l’implication sur nos vies de ce fichage. La vraie répression devient sociétale, sociale. Pas étonnant que le gouvernement ne cède pas : il sait sur ce sujet que le rapport pour / contre n’est pas encore suffisamment fort pour générer un vrai mouvement massif. Des milliers de signatures, qu’est-ce que c’est quand des millions de Franciliens acceptent le tracking de leurs Navigo ?

“A notre naissance, nous sommes, chacun, dotés d’un capital comprenant notre intimité, notre identité, c’est-à-dire les données propres à notre personne. Ce capital, qui appartient à notre sphère de libertés individuelles fondamentales, est fragile. Si on le mutile, il ne se reconstituera pas facilement.” dit Alex Türk

Capital social, culturel. Il apparait que 2008 sera l’an 1 du capital numérique. Se faire mutiler sur internet, c’est se faire tagger sur une photo compromettante, se faire “citer” alors qu’on n’a rien dit, se faire usurper ses faits, ses gestes, la narration de nos vies. Pas évident de reconquérir nos éléments d’identité si on n’y prend pas garde. Et si jusqu’à présent l’homme de la rue ne pouvait que difficilement être jeté en pâture aux loups, force est de constater qu’il ne suffit que d’un lien pour se retrouver en Une.

Aux armes digitales citoyens !

Rendez-vous sur Hellocoton !
September 8th, 2008

Wikipédia, droit d'asile et valeur juridique de la rumeur

by Laurent Francois

Citoyens ! J’ai lu dans Ecrans ce matin une affaire étonnante où on confond scientificité et projet collaboratif :

“Rapportée par Wired, l’histoire concerne Lamilem Badasa, une éthiopienne demandeur d’asile aux Etats-Unis, dont la seule manière de prouver son identité était son laissez-passer. Devant le juge d’immigration, le Department of Homeland Security (ou DHS, le service des demandeurs d’asile) a plaidé pour le rejet de la demande d’asile en indiquant que le document présenté par la femme n’était qu’un permis de voyage dont les informations sont fournies par le passager lui-même, et qu’il ne permet donc pas de vérifier l’identité de la femme. Pour étayer sa plaidoirie, le DHS a utilisé comme preuve l’entrée de Wikipédia sur le « laissez-passer ».”

L’affaire n’est pas si ubuesque puisque comme le rappelle Jean-No du “dernier des blogs” :

“Anecdote (tirée de Storytelling, par Christian Salmon : une cour de justice a entendu le résumé d’un épisode de “24 Heures chrono” comme argument pour justifier la torture !”

D’autant plus qu’en droit, la “rumeur” au sens large a connu un regain d’intérêt depuis une dizaine d’années. Explication de Philippe Aldrin du CAIRN :

“M. Miaille qui propose une lecture juridique de la rumeur. Il montre comment le droit ne parvient que de manière intermittente à saisir une notion aussi labile que celle-là, même en l’appuyant à celles tout aussi fuyantes de « renommée », de « notoriété publique », de « réputation » ou de « diffamation ». En filigrane, le texte de M. Miaille démontre que la rumeur est aussi bien une technique informationnelle rompue qu’une pratique stratégique : « une forme autonome de savoir social. » À ce titre, il voit dans la rumeur une forme privilégiée et libre (sans réelle contrainte juridique) d’expression des opinions politiques. Cette voie d’exploration du phénomène, comme technique sociale de prise de parole spontanée et de contournement des interdits, a trouvé d’autres échos.

Il n’en reste pas moins que dans cette affaire, Wikipédia ne peut en aucun cas être une source primaire de droit. Mais peut-être sera-t-il utilisé de plus en plus comme source secondaire à terme.


@Bisdak

Rendez-vous sur Hellocoton !