Posts tagged ‘éditorialisation’

April 16th, 2009

Twitter explose, le lien direct à l'information aussi. Marques, agences, annonceurs : vous attendez quoi pour apporter de la valeur ?

by Laurent Francois

Cross Visiting Report of Twitter.com Visitors and Selected Leading Online News Sites

Total U.S. Internet Penetration
Penetration of Twitter.com Visitors
Index
Total Internet
100.0
100.0
100
Yahoo! News
22.1
36.0
163
CNN
17.4
38.1
219
MSNBC
15.2
32.2
212
AOL News
14.3
32.0
224
NYTimes.com
5.7
15.7
275
LATimes.com
2.7
8.0
296
Wall Street Journal Online
2.4
6.7
276
HuffingtonPost.com
2.2
9.1
419
Chicago Tribune
1.7
5.2
306

C’est en train de se passer : le microblogging est juste en train d’exploser aux Etats-Unis.

“So these data firmly establish that there’s a strong relationship between Twitter users and news consumption. But the chicken-and-egg question continues to gnaw at me: Is it that the real-time “newsiness”of Twitter inherently attracts news junkies, or is it that the mainstream news attention on the site is pushing more and more news consumers to get on Twitter for the first time?”

Et il y a la preuve d’un lien direct entre accès à l’information et microblogging

Marques, annonceurs, agences : dans ce monde de conversation, d’information-party-players, comme dirait le dicton anglo-saxon : bring your own booze, apportez de la valeur. C’est le moment.

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February 13th, 2009

Le cycle de vie de l'information : de la donnée brute (twitter) à l'éditorialisation (presse) ?

by Laurent Francois

Citoyens ! J’ai vu ce schéma sur le blog de Denis via l’ami Olivier :

“Depuis 3 mois tout le monde parle de real-time web, Dave Winer aujourd’hui dissèque les avantages de twitter face à Google (rien que ça). Moi je préfère faire un bon petit graphique mâtiné de longue traine pour faire clair.”

L’avantage de ce schéma théorique :

  • il montre le long cheminement d’une information brute “twittée” qui va ensuite passer par différents traitements d’éditorialisation pour finir quelques heures plus tard dans la presse écrite
  • il insiste donc sur la différente qualité que prend l’information selon le média
  • il prouve la propagation de l’information auprès des différents publics : de la rumeur à l’institution de l’information comme sujet

Problèmes et nuances à apporter :

  • cette approche ne tient que pour l’info partie de Twitter, c’est-à-dire d’un “pool” extrêmement limité de sujets potentiels
  • il fait fi des relations qu’entretiennent les twitter-users avec d’autres relais d’informations, cette espèce de “boucle”. D’autant plus que nombre de journalistes sont aujourd’hui sur twitter (notamment les rédactions en ligne)
  • certains scoops sont lâchés depuis une rédaction en ligne vers Twitter, inversant donc ce schéma
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July 1st, 2008

Citizens' views 1 : L'éditorial, deuxième ère du web – Marie Chevalier (Stylogeek)

by Laurent Francois

Marie Chevalier nous fait le plaisir d’ouvrir la nouvelle catégorie de ce blog, Citizen’s Views. Citizens’ Views, c’est un mélange de parcours personnels, d’opinions sur le monde qui nous entoure, de pensées et de rebonds.
Marie, c’est la pro de l’éditorial. Même qu’elle forme nombre de journalistes aux nouveaux médias…

  • Citoyenne ! C’est quoi l’éditorial ? c’est un truc qui se mange ou bien ?

L’éditorial, pour résumer c’est tout le contenu à partir du moment où il y a une intervention classique de hiérarchisation de l’information. Ca peut être du contenu généré par les utilisateurs, à partir du moment où il y a une intervention du média qui va valoriser la donnée.

Il doit aussi y avoir une stimulation du contenu, dans le sens où les médias peuvent animer cette communauté et pousser celle-ci à intervenir.
Il y a un recueil et un traitement de l’information. Et donc une stimulation.

  • Une stimulation ? WTF ?

D’abord quand tu stimules une communauté, tu ne peux le faire que quand toi même tu es crédible en tant qu’éditeur. Tu peux proposer un contenu original, un dispositif intéressant. Les 2 pans doivent se répondre. Par exemple, LePost va avoir tendance à stimuler sa communauté.

Ils ont une rédaction qui incite les gens à compléter tout ce qu’ils écrivent. Le problème a contrario avec agoravox c’est qu’il n’y a pas de proposition initiale, éditoriale. Imagine pour l’utilisateur. Il se dit “Tiens une page blanche ?” quand tu n’es pas guidé, tu n’as pas envie de le faire. C’est bien d’avoir une proposition propre, avant de pouvoir fidéliser une commuanuté et de recueillir du contenu.

C’est à ça qu’on reconnait l’éditeur, c’est le poids qu’il va donner à des contenus, qu’ils soient pros ou pas. L’éditorial, c’est un choix, c’est le rôle traditionnel de dire ce qu’on publie ou pas, quelles sont les limites qu’on impose, qu’est ce qu’on met en valeur ou pas, qu’est ce que je mets en une, qu’est ce que je fais apparaitre comme du contenu utilisateur, il y a toute une palette d’outils pour l’éditeur.
Finalement, on en revient à l‘essence du journalisme classique. Le principe de l’éthique reste le même. C’est le mode d’interaction qui change : avant, l’échange se passait seulement via le courrier des lecteurs, ou la personne interviewée. Aujourd’hui, potentiellement, tout le public peut interagir.

  • Mais alors, c’est ça le journalisme citoyen ?

C’est un débat dépassé. Carlos Revelli (Agoravox) disait il y a un an au CFJ : on s’attendait à voir des gens faire du journalisme de fait, alors qu’on a des gens qui font de l’opinion (…) on envisage d’embaucher des journalistes”.

La première ère c’était “on va tous pouvoir publier”. La deuxième c’est “on va créer une proposition éditoriale et un cadre”. Par exemple, chez Citizenside, un journaliste va regarder l’information, il va choisir si on prend ou pas, si on met en une, ou pas. Citizenside reçoit beaucoup de contenus “people” : citizenside peut décider de ne pas les publier, parce que ça ne correspond pas à leur ligne éditoriale. Du texte est rajouté, on va stimuler l’information, ce n’est pas du grand n’importe quoi.

Le journalisme reste bien un métier, avec des règles strictes. J’accompagne de nombreux journalistes, et ils sont un peu perdus car ils ont toujours eu l’habitude d’avoir affaire à une pureté du fait, à être extrêmement documenté. Demander à des journalistes de devenir blogueurs, c’est un vrai effort intellectuel. Blogueur et journaliste ont 2 rôles différents : on se retrouve dans des exemples où on a embauché des blogueurs dans les médias traditionnels, mais çapeut être un véritable problème car ils savent faire de l’opinion, pas forcément de l’information.

Un bon blogueur ne sera pas forcément un bon journaliste. Maintenant les médias doivent prendre en compte toute cette info de grande qualité qui vient du public. Les médias traditionnels doivent pouvoir vérifier, mettre en valeur, contacter les gens, c’est à dire faire le même métier que ce qu’ils font depuis des décennies. La blogosphère, c’est une source extraordinaire, à laquelle il faut appliquer les règles du journalisme pour créer de l’information. Il faut pas se leurrer: on ne va pas et on ne demande pas aux citoyens de faire du journalisme. Et on aurait tort de mélanger les genres.

  • Marie, pour moi, un des enjeux c’est l’agenda, c’est à dire le chemin d’accès à l’information, la “hiérarchisation”. Tu en penses quoi ?

Tu appelles ça l’agenda ?. Cette hiérarchisation des contenus, ça n’a pas vraiment de nom. Mais on va l’appeler agenda si tu préfères (lol).
Jusqu’à il n’y pas si longtemps, des sites comme ceux de France Télévisions ont tendance à ne pas faire de liens vers l’extérieur et demandent à leurs staffs web de ne pas le faire. Donc les médias sont un peu en retard là-dessus. En fait, c’est une question de culture et d’ergonomie : aujourd’hui encore, des médias voudraient que les gens restent captifs, et ont donc tendance à faire des liens vers des tags internes. C’est une solution un peu faible, car du coup on n’enrichit pas le contenu et on ne s’insère pas vraiment dans le réseau. Or en fait, les premières pages sont de moins en moins des pages d’accueil, on arrive par plein de nouveaux chemins. Les médias ne sont pas encore en phase avec l’usage. Ils font d’énormes efforts, et paradoxalement c’est chez eux qu’on voit les avancées les plus fortes, ils testent des choses : par exemple, Cap24 fait voyager ses contenus, et a mis un lecteur exportable sur leurs vidéos. Donc toi tu peux bloguer une vidéo qui appartient à Cap24. Ils font donc voyager leur marque.

  • Merci Marie !

@Richard Ying

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May 29th, 2008

L'opinion des journalistes sur l'influence des médias sociaux dans leur travail

by Laurent Francois

Blogueur, journaliste, médias sociaux et autres contrariétés ; ça pourrait être le titre d’un polar. On est beaucoup à en parler, sur les vieux zincs ou sur le web comme ici, ou encore par là. Questions de légitimité, de compétence, et de répartition des rôles.

Brodeur vient de faire une étude très pertinente sur la relation d’amour / haine entre journalistes et nouveaux médias. Les conclusions sont disponibles ici. On voit aussi comment les 2 entités s’observent et s’inspirent…

Quelques points intéressants :

“Over half of all reporters from all beats said social media and blogs are having a positive influence on the editorial direction of reporting (…) However, well over two-thirds of political reporters (77 percent) and half of lifestyle reporters (53 percent) said social media had a negative impact on the tone of coverage in their area, though healthcare, travel and technology reporters were more likely to say the opposite:”

Si on accepte le fait que le web 2 est plus une question d’usage que de technologie, on peut s’amuser à faire une petite chaine de valeur (Porter) de la production de l’information :

On se rend compte que journalistes et blogueurs ne sont pas si différents : c’est au niveau de l’opération que le journaliste spécialisé dans son domaine va apporter sa valeur ajoutée, son savoir, et surtout son temps afin de transformer les données-bruits (quoique certains blogueurs quasi professionnels y consacrent une partie importante de leurs temps) et au niveau du filtrage entre envoi aux rédactions et diffusion de l’article (quoique là aussi, avec l’éditorialisation des contenus, des blogueurs se relisent, se corrigent, améliorent leurs articles, bref partagent leurs savoirs).

A continuer donc…

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May 24th, 2008

Comprendre ce qui se passe sur le "Web 2" : entre prédation de ceux qui savent et sentiment de rejet de ceux qui ne savent pas

by Laurent Francois

Dans un article de Samuel, intitulé “l’arrogance du geek“, on pointe du doigt un clivage entre les “savants”, ceux qui développent des applications, sont fascinés par les derniers outils et les utilisateurs “lambda”, ceux qui utilisent internet de façon moins hardcore, mais qui pourtant en sont le cœur :

“Les geeks seraient-ils les seuls à comprendre le web ? J’en doute ! Ils peuvent en comprendre l’aspect technique, mais pour ce qui est usages économiques sociaux, ils sont parfois loin d’avoir un vue d’ensemble et pire, certains non-geeks peuvent avoir une meilleure appréhension du web, de ses potentialités et de ses impasses.”

François explique même que “les technophiles font mal au web” :

“Mais cela ne va-t-il pas plus loin ? En tenant un discours sur les outils et la technique, les geeks ne contribuent-ils pas à donner une image biaisée d’Internet et du web 2.0 en particulier, et à tenir à l’écart les technophobes ?
Pour moi le propre du web 2.0 est justement de permettre au non-technicien de s’exprimer sur la toile. Bloguer, c’est -techniquement – aussi facile que d’envoyer des mails.”

2 responsables sont pointés du doigt :

  • les apôtres d’un Dieu technologique qui se sentant investis d’une compréhension plus large d’un outil en arrivent à exclure ou mépriser celui qui ne baigne pas dans leur environnement
  • les intégristes anti-modernité pour qui le développement d’un outil de communication est assimilé à un phénomène générationnel. (Imaginons que l’imprimerie ne soit restée perçue que comme une tendance de medieval geeks, où en serait-on ? :p

Finalement, on en revient aux vieux débats entre les acteurs d’un pouvoir naissant et l’ancien ordre, qui se disputent la légitimité du medium :

“Tout cela, ce sont des légitimités qui vont et qui viennent, qui se combattent. Parce qu’il y a divers ordres de légitimité qui se disputent (…). Parce que dans la même légitimité politique, il n’y a pas une légitimité, une pensée. « Ah ! Pensée unique, pensée dominante… » Mais il y a trente-six pensées dominantes ! Tout le monde appelle « pensée unique » la pensée qui n’est pas la sienne. Mais tout le monde dénonce une pensée unique (…). Pensée unique ne veut rien dire pour la description sociologique. Justement, il y a des légitimités, elles se disputent la légitimité, du parler vrai en politique par exemple.” Jean-Claude Passeron

Mais en ce qui concerne le web 2, où c’est avant tout une histoire d’humains parlant à d’autres humains, on pourrait sans doute se replonger dans cet ouvrage de Jean C. Baudet, “De l’outil à la machine, histoire des techniques jusqu’en 1800″ qui, en résumant sa pensée, disait que pour que les technologies puissent se développer, il est essentiel d’apporter «une réponse claire à certaines questions relatives aux unités de mesure et aux techniques de mesurage».

En l’appliquant à internet, arriver à comprendre quelles sources sont pertinentes, lesquelles ne le sont pas : c’est tout l’enjeu de la médiation et de l’éditorialisation des contenus. D’ailleurs, la bibliothèque, lieu d’accès des masses à la culture, où on ne fait plus vraiment que déposer te reprendre des livres, commence déjà à le faire.

[youtube SyIC3Munnyw]

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May 16th, 2008

Qobuz : du jazz, et du classique, en écoute "éditorialisée"

by Laurent Francois

Citoyen ! Hier soir j’ai rencontré lors de la soirée de lancement de SPECTRE au Frog & Library Mathieu Bouthors qui travaille notamment Lyramediagroup. Et notamment Qobuz.

Qobuz, c’est une plateforme d’écoute de musique plutôt “classique” et jazz, en collaboration avec L’Express et Classica. En clair, à la différence d’autres systèmes d’écoute, on a une vraie éditorialisation du contenu. Explication par Philippe Delaide :

“Le site propose également l’écoute comparée de certaines oeuvres (rubrique périodique de la revue Classica) sous forme de podcast audio. On revient en quelque sorte à “la tribune des critiques” mais enfin téléchargeable sur iPod !”

En somme, utiliser la qualité des spécialistes de musique pour faire entrer l’utilisateur vers une plus grande compréhension des œuvres…

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