Posts tagged ‘gestion de communauté’

October 10th, 2010

Community management : l’effet Jérôme Kerviel ?

by Laurent Francois

Citoyens !

Un débat continue à agiter la toile francophone : la question de la séniorité quand on en vient à parler de community management. En clair, il y aurait un constat communément partagé : les jobs de community managers seraient confiés à des personnes trop jeunes, déconnectés des problématiques de la marque qui les emploieraient.

Un élément de contexte, au passage : dans la Valley, les décideurs ont au maximum 30 ans : demande-t-on à Mark Zuckerberg, 26 ans, de rendre des comptes à un “senior” (à savoir un garçon d’environ 35 ans qui a pour rôle de rassurer le client) quand il va vendre ses recettes magiques aux annonceurs ? non, les seniors reportent à Mark Z.

Je pense sincèrement que cette question de l’âge est une formidable blague, perpétrée par 2 catégories d’individus :

  • les consultants indépendants d’un certain âge qui voient dans ce postulat une façon de reprendre le pouvoir et de vendre derrière des missions. Quand on est ignorants sur un sujet, et qu’on est un soupçon paresseux, on fait confiance au vieux papou du coin
  • les vendeurs de solution low-cost qui utilisent une terminologie erronée pour parvenir à vendre à 2000 € un semblant de présence en ligne (après tout à l’époque, il y avait bien des agences qui vendaient du site sur Chez.com)

Or comme je me le dis souvent ici, le community manager est une “erreur”; ce qui compte, c’est la fonction community management à l’intérieur de la chaîne de valeur de l’entreprise. Une fonction d’entreprise “support” et pas un département isolé :

  • la première brique est de faire remonter les insights à la fois des conversations en ligne mais aussi des clients directs :
    - une marque célèbre d’automobile envoie par exemple aux concessionnaires une veille quotidienne basée sur les infos marchés, les conversations en ligne et les retours clients
  • la deuxième brique est d’être en mesure de connecter les bonnes personnes en entreprise qui ont une responsabilité avec la marque afin de pouvoir transformer toutes ces remontées et objectifs vers une vision homogène à destination et de l’interne et du public externe
  • la troisième brique (notons que ces briques doivent avancer en parallèle…) est de se demander ce qu’on va raconter à moment donné au nom de la marque. Et là, curieusement, les personnes impliquées avec le community management vont AUSSI parler énormément avec les gens de la publicité (car ils détiennent les études et l’historique, mais aussi une partie des fonctions créatives)
  • enfin seulement des signaux vont peut être commencer à être émis à destination d’un public externe. Et là, il faut effectivement un bon management des différents espaces sociaux sur lesquels la marque va émettre, recevoir, et parfois converser. Espaces sociaux certes full web, mais aussi pourquoi pas “real life” : un bon mailing ne fait pas de mal, surtout quand il contient le dernier manifesto de la marque de luxe X qui fait plaisir

Le community management est à la croisée de différentes disciplines, qui mérite comme toute fonction transverse une capacité de communication interne forte. Peu importe quelle est la fonction finale des personnes impliquées (RP, brand manager, production vidéo, corporate, affaires juridiques ?), ce qui compte, c’est la capacité d’organiser ces talents.

Au risque sinon de connaitre dans les médias sociaux les travers de l’effet Jérôme Kerviel :

  • allouer à une personne à la fois trop de pouvoirs et trop de responsabilités
  • faire reposer sur un seul la réputation de toutes les parties prenantes
  • contrôler en fait non pas une fonction mais un bouc émissaire

C’est de notre responsabilité, jeunes gens !

http://citizenl.fr/2008/05/le-marketing-est-mort-vive-le-marketing-4-e-4-p-et-nouvelle-chaine-de-valeur/
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March 12th, 2010

Le modele de maturite des communautes : et la conduite du changement alors ?

by Laurent Francois

community maturity model

Citoyens !

Vous avez sans doute vu passer l’étude sur l’état du community mangement en 2010.

Je passe ce qui a déjà été mentionné partout, c’est un must have.

Une modélisation est particulièrement intéressante : celle du modèle de maturité des communautés.

Selon que les communautés existent déjà -ou non, il va falloir manier différents types de leviers :

  • leadership du noyau central : coercitif, pédagogue, consensuel en fonction des besoins et des étapes
  • outils et règles : informels, cadrés etc.

Un élément est cependant gênant dans cette approche : l’idée de temporalité.

La plupart des missions de community management opèrent sur des communautés en fait déjà existantes dans la vie réelle. On pensera par exemple aux associations, aux groupes et partis politiques, aux clubs. Dès-lors, ce schéma n’intègre pas le poids de l’héritage et des jeux d’influence réels préexistants et qui vont ensuite parasiter tout le développement en ligne de la communauté.

D’autant plus que les communautés le sont de plus en plus sur le modèle de l’affinité : faire travailler des journalistes, des marketeux, des publicitaires ensemble autour d’un objectif commun nécessite donc une approche plus complexe que “1- Pédagogie (…)  5- Mise en œuvre”. Parce que toutes les parties prenantes ne peuvent avancer exactement au même rythme, entre autres faiblesses.

Il manque ainsi une approche forte dans ce modèle : la conduite du changement et donc le guide de pilotage de l’exécutif (je ne crois que moyennement à une organisation des humains basée sur un équilibre spontané sur du très long terme). Je me permets donc d’embedder une présentation d’Eric sur le sujet :

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