Posts tagged ‘google’

July 18th, 2011

Google + devrait s’enamourer des Pearltrees-like ou l’avenir du shopping drag and drop

by Laurent Francois

Citoyens !

Les commentaires vont bon train concernant Google + . Pour ma part, pas d’énormes révolutions de mes propres usages, pour la simple et bonne raison que l’étape 1 de la propagation de Google + repose sur une notion désormais hyperstatique : le carnets d’adresse.

A la différence près que si les MySpace ou autres Facebook ont pu recruter sans avoir à justifier de services additionnels révolutionnaires (“log and see”), Google + arrive après une phase de maturation des réseaux sociaux vers le grand public, et de façon internationale. Difficile pour l’utilisateur de simplement faire confiance à Google pour un service additionnel.

Il manque cette dimension dynamique dans l’acquisition des publics ; on pourrait presque parier que les prochains grands succès des médias sociaux n’auront pas lieu seulement via une contamination d’adresses emails mais par de véritables “missions” ou “call to actions” demandés aux utilisateurs prospects. Un peu à la manière de FourSquare qui a d’abord émis la promesse de débloquer des badges comme première monnaie d’échange à une inscription à son service.

La seule vraie révolution “utilisateur” qu’on peut voir poindre est probablement la dimension “drag and drop”. Un web plus intuitif développé depuis le lancement de Pearltrees où on commence à faire fi des ergonomies passées finalement anti-naturelles (les grands-pères sont toujours aussi choqués du mot “souris”) pour revenir à un geste de sélection plus humain. Google + ne revêt pas encore de logiques “affinitaires” : les “cercles” que je crée sont peuplés d’amis proches ou de mes contacts privilégiés (ou alors vous avez bien fait vos listes d’amis Facebook et vous n’avez plus qu’à copier coller les groupes). Je n’ai absolument aucune envie à date d’aller recruter un autre contact en tant que tel ; les contacts qui me rajoutent y arrivent par mon blog ou par twitter, plutôt par curiosité que par vraie proposition de valeur. Dans la logique de Pearltrees, peu importe mon capital d’amis de départ : je rentre par une affinité, par une passion, en faisant au début abstraction de qui je suis. Ce n’est qu’après que le service me propose de synchroniser mes comptes facebook ou twitter pour amplifier les effets de rayonnance.

La vraie révolution de Google + pourrait en fait ne pas cibler véritablement les mécaniques “user-centric” mais “sites-centrics”. A date, on en est encore à la préhistoire (sauf en Asie et particulièrement au Japon et en Corée) d’une cohérence “web based” de marque : je suis encore bien souvent très en dehors de l’expérience web d’une marque quand j’entre dans une de ses boutiques. Mais quand les boutiques seront toutes équipées d’écrans, tactiles ou non, alors on peut imaginer que la logique de “drag and drop” ou de “drive to panier d’achat” seront le nerf de la guerre : pour faire passer à la caisse les consommateurs ; pour les fidéliser sur le long-terme en comprenant leurs parcours : pour les utiliser comme vecteurs marketing auprès de leur entourage.

Google + n’est donc pas un Facebook killer, mais bien plutôt une anticipation de ce que sera le “marketing de site-marque” d’ici 5 ans. On fait le pari ?

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August 20th, 2010

Y a-t-il un trop plein d’informations sur le web ?

by Laurent Francois

Lilzeon aka L.Francois / Daily Dust / a photoblog in Paris

Citoyens !

On lit à outrance que l’infobésité – notion née en 2006 avec le haut débit accessible par tous- de notre monde de flux détruirait in fine la qualité de l’information. Pour Nicolas Voisin, “l’information vit l’instant qui suit celui de la destruction de valeur“. Pour Wired et Anderson,   “Google perd la main, lui dont la force est de connecter et d’organiser les contenus créés par d’autres. Et comment Facebook ou iTunes gagnent du terrain, eux qui choisissent de garder le contrôle sur leurs outils (Steve Jobs est d’ailleurs un fervent partisan de ce système). Une économie “à l’ancienne”, selon Wolff, qui conclut son article en écrivant “après un long voyage, nous sommes de retour à la maison”.

Pourtant, il semblerait que l’on confonde symptômes et syndrome :

  • les symptômes : une perte de sens relative, une crise de la presse, parfois même des nouvelles pathologies (nervous breakdown avec injonction de lâcher le blackberry)…
  • le syndrome : et c’est là que le bas blesse; il s’agit d’un changement d’usages côté utilisateurs / lecteurs / audiences / contributeurs, de nécessaire glissement de vision côté presse (un jour, la rédaction .com devra aussi faire de la télé) et d’une guerre économique qui vise soit à éduquer (ex : NY Times) soit à simplifier (ex : Apple désengagé des réseaux sociaux et son monde d’applications en push).

Louis Morales-Chanard précise le scope du débat :

“Car s’il s’agit d’un phénomène souvent associé à Internet (qu’on accuse de démultiplier les sources et de fragmenter la légitimité à produire de la connaissance), la saturation d’informations est avant tout un effet pervers de la société d’information dans sa globalité -y compris les trivia sur les emballages de produits ménagers”.

En clair : le problème n’est pas le volume de données, mais son traitement, l’accessibilité auprès des publics du produit raffiné, et son historicité.

  • au sujet du traitement de l’information : dès 1934, Paul Otlet expliquait que “le travail de documentation se présente sous un triple aspect : il importe tout d’abord de collectionner et de classer méthodiquement tous les titres de ce qui a été écrit et publié dans les différents pays et aux diverses époques ; puis, l’oeuvre s’élargissant, il y a lieu de réduire en leurs éléments toutes les publications et tous les écrits et de les redistribuer pour en former des dossiers conçus comme les chapitres et les paragraphes d’un unique livre universel ; enfin, devant l’abondance des documents, le besoin s’impose de les résumer et d’en coordonner les matériaux en une Encyclopédie universelle et perpétuelle”.
  • accessibilité auprès des publics du produit raffiné : 2 éléments
    - l’accessibilité a peu à voir avec un moyen purement technique (tout le monde sait installer un plugin…) mais bien avec la capacité à répondre à un objectif qui se base sur l’expression d’un besoin d’un utilisateur. En clair  : “Tom Glocer ajoute un second enseignement : le traitement de l’information doit être adapté en fonction d’un objectif précis. C’est cette utilisation de la ressource, vers une transformation pour un usage final, qui donne la valeur de l’information“. Valeur qui peut bien sûr être diffusé par un schéma d’influenceurs ou de caisses de résonance afin de toucher le public final
    - produit raffiné : il existe une myriade de traitement de la matière informative, de la data. Tout comme le pétrole qui peut ensuite servir à l’industrie pharmaceutique (soigner un cancer du poumon) ou à produire du super sans plomb (qui augmente les chances d’avoir un cancer du poumon…), il importe d’avoir une notion de l’input et de l’output. J’ai presque envie de dire que produire un simple article est insuffisant : y a-t-il matière à l’événementialiser ? A faire écho à un dossier affinitaire ? A appeler les internautes à participer par le biais d’un sondage ? A pourquoi pas le soumettre à des marques pour nourrir leur positionnement ou améliorer leurs services ?
  • historicité : depuis que les journalistes sont supposés avoir perdu la main afin d’être les premiers à sortir l’info (ce bon vieux mythe auquel je ne crois qu’à 3% : seuls les journalistes sont payés pour produire de l’info et éventuellement investiguer, donc avoir accès à ce qui est rare, donc cher…), il importe de mettre un sens à l’histoire. Il est vrai qu’aujourd’hui, le premier rapport qu’on entretient avec une page d’accueil de média est une rivière de news qui bâtonne à tout va, un peu comme les flashs radios. La vraie guerre sera bien sûr dans la capacité à continuer à sortir par coups (des accélérateurs de bouche-à-oreille) l’info que personne n’avait…Coup qui rapidement est rattrapé par la concurrence, qui perd donc dans le temps de sa valeur…mais qui peut retrouver une seconde jeunesse via des dossiers qui s’appuient sur les dizaines d’années d’archive des médias, sur une optimisation de ce dossier via l’intervention de nouveaux interlocuteurs. Si le cinéma gagne toujours de l’argent via les sorties en salle, les marges naissent surtout dans les goodies, dans les DVD, dans les partenariats avec des marques, via des RP…Bref par une extension du cycle de vie du produit

En guise de conclusion, on peut en fait être rassuré par les milliards de données, par le volume croissant de conversations ou de sujets :

  • parce que cette extension ne “finit” pas le monde mais permet au contraire de multiplier les opportunités de création de valeur dans le temps. Des opportunités de curation et de co-création.
  • parce que ce n’est pas parce que le bruit est incessant qu’il n’est pas possible de le faire taire et de l’orchestrer. Ex : dans un concert, le brouhaha est au début suffocant, puis l’artiste prend d’une certaine manière l’agenda et le lead, entrecoupé par des applaudissements : un “bruit qui pense” comme dirait Victor Hugo.

L’enjeu est finalement d’arriver à produire du silence et de la distance : pas à réduire le volume de données ou d’informations.

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January 5th, 2010

Google Nexus One : un pas de plus vers le search augmenté ?

by Laurent Francois

Citoyens !

Le reveal a déjà fait 10 fois le tour de la planète : le téléphone (peut-on encore appeler ça un téléphone) de Google va bel et bien sortir cette semaine d’après les différentes rumeurs.

Les spécialistes du mobile sont tous d’accord pour préciser qu’il ne s’agit pas d’une révolution mobile…mais c’est bien là qu’on se doit d’affiner le sujet.

Google a comme core competence le search, le search sous toutes ces formes. Son Nexus One n’a pas pour fonction première l’entertainment (plutôt proche du iPhone) ou le réseautage social (plutôt sur des devices comme le Motoblur) mais bel et bien…le search.

Google teste son système afin de capitaliser là où il a investi ces derniers temps : le search in situ, visuel. Son Nexus One pourrait bien être la home page de nos navigations réelles. Un pas de plus vers le search augmenté ?

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December 15th, 2009

La nouvelle home-page de Google en Corée : preuve d'une nouvelle boucle médiatique ?

by Laurent Francois


Source

Citoyens !

Voici la nouvelle home de Google présentée aux internautes coréens.

Résumé des nouvelles fonctionnalités via Ohmy News:

“Google Korea announced last week that they will integrate “Blog, People and Hot issues links on the upper menu page, with Picasa, Gmail, Textcube and other Google services occupying the lower half,” thus effectively copying the style of Naver and Daum. At the end of the day, even the mighty Google could not fight against the tenacious local culture.

The list of global online brands that have failed to win over the local audience by insisting on their original site design optimized for the western users is long. MySpace heard their death knell last February and Linden Lab could not renew the contract for Second Life with the Korean partner, ending their two year experiment in Seoul.”

Et oui, devant les marges grandissantes de Baidu, Google a donc décidé de se réapproprier les usages culturels de l’Asie afin d’optimiser ses résultats : une présentation horizontale,  un search ancré dans l’actu et les tendances chaudes, ce qui tend à prouver que la boucle néomédiatique en Corée est bien en avance sur la nôtre :

  • la distinction news online / news print ou dite classique n’est quasi plus
  • le search comme point d’entrée dans la conversation doit aussi présenté quelques bribes saillantes d’actu. Imaginons un monde relié à Cyworld où toutes les news sont en permanence “poussées” par les amis, alors le search peut être essentiellement ‘une fonction de rebond sur ces news

Affaire à suivre

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October 26th, 2009

3999.com : les renseignements qui…renseignent

by Laurent Francois

Citoyens !

Avoue, parfois Google est un immense sac de noeuds où tu ne t’y retrouves plus. Ton alternative alors : passer sur les PagesJaunes urgemment ou reprenre le bottin.

Ambiance scandale, search de vandale (toute ressemblance n’est pas fortuite).

Et bien les amis de chez 3999.com ont décidé de faire dans le très pratique : on pose une question sur une société, on obtient son profil et un ensemble d’éléments recherchés.

Bref, une alternative à tester d’urgence !

“3999 de services, plus de mobilité en toute gratuite. Il offre d’ores et déjà la combinaison d’un service  d’annuaire  professionnel,  d’un  accès  à  la  météo,  au  cinéma,  à  la  bourse,  D’autres services viendront régulièrement étoffer l’offre 3999. Le  modèle  économique  de  3999  est  basé  exclusivement  sur  la  commercialisation d’abonnements aux professionnels à un tarif low-cost”

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August 26th, 2009

Google et la BNF : le photocopieur et le gagne-petit

by Laurent Francois

Citoyens !

C’est à une nouvelle vente de bijoux de famille de la République qu’on assiste aujourd’hui !

Ah ! le grand Google offre sa bénédiction photocopique à la BNF ! Oh Google va donner un peu plus de liberté d’accès à notre grand patrimoine !

Sauf que l’hypothétique accord entre Google et la BNF déroge à des lois d’économie primaires :

  • ce qui est rare est cher : donner la main ou un duplicata d’une ressource à un autre propriétaire amoindrit sa valeur pour le détenteur initial (logique)
  • les missions de Google sont de générer des revenus en apportant le contenu que le consommateur / citoyen cherche. A la manière d’un tenancier de bordel de bar, vous ne payez pas directement l’accès au lieu. Mais sur place, vous allez consommer boissons, prestations, être exposé à des messages publicitaires (je vous conseille les bars australiens à Londres où au-dessus des pissotières se dressent des écrans TV passant en boucle moult divertissements
  • quand on a un patrimoine ou un flux de bon cru, on espère le faire fructifier. On le fait grandir, on le chérit. Mais on ne le donne surtout pas à prix dérisoire

Ce qui est beau avec Google, c’est qu’on arrive à aborder des débats stériles sur l’exception culturelle, sur le patriotisme anti-libéral des Français, dès qu’on souhaite égratigner un tant soit peu son image. La modernité à tout prix. C’est vrai qu’une entreprise qui distribue des jus de fruit gratuitement à ses employés et qui autorise le T-Shirt, c’est un truc forcément de dingue. Ou pas.

D’où l’enjeu de tenir un discours sans perte mais avec fracas sur de l’argument économique. Savoir si Fred M. va faire la blague, j’en doute.

Heureusement, ceux qu’on attendait commencent à s’exprimer :

Jean-Noël Jeanneney, historien du contemporain, ancien président de la Bibliothèque nationale de France (2002-2007), initiateur de Gallica et de la bibliothèque numérique Europeana et auteur du pamphlet Quand Google défie l’Europe traduit dans treize pays, aurait-il pu ne pas réagir devant la résignation de la BnF face à la volonté du numéro un mondial des moteurs de recherche de numériser son fonds afin de devenir également le numér

“Le moteur de recherche Google est une réussite universelle et il rend bien des services. Mais lui confier, et à lui seul, qui vit du profit de la publicité et est enraciné, en dépit de l’universalité de son propos, dans la culture américaine, la responsabilité du choix des livres, la maîtrise planétaire de leur forme numérisée, et la quasi-exclusivité de leur indexation sur la Toile, le tout étant au service, direct ou indirect, de ses seuls gains d’entreprise, voilà bien qui n’était pas supportable.””

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