Posts tagged ‘liberté’

December 14th, 2009

Exposition "Poster 4 Tomorrow" aux Arts Décos

by Laurent Francois

Citoyens !
Depuis le 10 décembre, au Musée des Arts Décoratifs de Paris, vous pouvez voir le week-end l’exposition “Poster 4 Tomorrow“.

Rappel du Manifesto :

“Freedom of expression, the simple freedom to say what you want, about whatever you want, is a right that most of us can enjoy without even thinking. Even more now that the internet has given us a forum for debate and criticism wider and more instant than ever before.

Online, or offline, it’s possible to say anything without any form of consequence, and most of the time we come up with nothing more profound than: Your album sucks. England is a shithole. Berlusconi is corrupt. But in many other countries freedom of expression is a much more serious subject.

People are persecuted and imprisoned simply for daring to criticise their governments, calling for more democracy and press freedom, or exposing human rights abuses online. It’s just not right.

So on behalf of those who don’t enjoy the same freedom of expression that you do, we’d like to invite you to create a poster for a better tomorrow – where we can all say what we want, whenever we want.

Our hope with “Poster4Tomorrow” is to spark a movement to inspire people to stand together against injustice across the world. A movement that will start next year and continue next year and every year until we change something. Because one poster is a start, hundreds, thousands will become a movement for a better tomorrow.”

Au final, 100 affiches fortes, engagées, qui rappellent que communiquer n’est pas forcément inné et facile partout dans le monde.

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September 27th, 2009

Kiss In : un baiser pour briser les tabous

by Laurent Francois

Citoyens !

ça s’est passé hier, et c’était chouette :

« Pourquoi le seul moment où on peut voir des homos s’embrasser dans la rue, ailleurs que dans [le quartier parisien du] Marais, c’est pendant la Gay Pride ? », interrogent sur Internet les initiateurs de ce Kiss-in. L’opération se déroulera simultanément dans une dizaine de villes hexagonales.

Aussi simple que ça : un baiser pour revendiquer un droit, celui à l’indifférence.

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April 17th, 2009

Jacques Derrida: la trace est un enjeu de pouvoir. Application au web social

by Laurent Francois

Citoyens ! Grâce à une blogueuse over influente, j’ai pu me replonger dans la lecture de Derrida, notamment sur une thématique qui m’obsède : la trace, les empreintes digitales que nous laissons :

“Jacques DERRIDA : Le concept de trace est si général que je ne lui vois pas de limite, en vérité. Pour dire les choses très vite, il y a très longtemps, j’avais essayé d’élaborer un concept de trace qui fût justement sans limite, c’est-à-dire bien au-delà de ce qu’on appelle l’écriture ou l’inscription sur un support connu. Pour moi, il y a trace dès qu’il y a expérience, c’est-à-dire renvoi à de l’autre, différance, renvoi à autre chose, etc. Donc partout où il y a de l’expérience, il y a de la trace, et il n’y a pas d’expérience sans trace. Donc tout est trace, non seulement ce que j’écris sur le papier ou ce que j’enregistre dans une machine, mais quand je fais ça, tel geste, il y a de la trace. Il y a du sillage, de la rétention, de la protention et donc du rapport à de l’autre, à l’autre, ou à un autre moment, un autre lieu, du renvoi à l’autre, il y a de la trace. Le concept de trace, je le dis d’un mot parce que ça demanderait de longs développements, n’a pas de limite, il est coextensif à l’expérience du vivant en général. Non seulement du vivant humain, mais du vivant en général. Les animaux tracent, tout vivant trace. Sur ce fond général et sans limite, ce qu’on appelle l’archive, si ce mot doit avoir un sens dé limitable, strict, suppose naturellement de la trace, il n’y a pas d’archive sans trace, mais toute trace n’est pas une archive dans la mesure où l’archive suppose non seulement une trace, mais que la trace soit appropriée, contrôlée, organisée, politiquement sous contrôle. Il n’y a pas d’archives sans un pouvoir de capitalisation ou de monopole, de quasimonopole, de rassemblement de traces statutaires et reconnues comme traces. Autrement dit, il n’y a pas d’archives sans pouvoir politique.”

  • La trace apparait avec l’expérience
  • l’expérience n’a lieu qu’avec l’autre,
  • donc la trace fait partie intégrante de la conversation
  • l’archive est une façon de s’approprier les traces
  • la trace est donc un enjeu de pouvoir

important dès-lors de garder en tête que le web social, le web de traces, est donc un espace public dans lequel nous sommes des acteurs…

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March 15th, 2009

CQFD Google ou Yahoo ne travaillent pas pour la liberté. RSF : "les ennemis d'internet"

by Laurent Francois

Reporters sans Frontières a publié il y a quelques jours son rapport “les ennemis de l’internet” :

“Les douze “Ennemis d’Internet” (Arabie Saoudite, Birmanie, Chine, Corée du Nord, Cuba, Egypte, Iran, Ouzbékistan, Syrie, Tunisie, Turkménistan, Viêt-nam) ont tous transformé leur réseau en intranet, empêchant les internautes d’accéder aux informations jugées “indésirables”. Tous ces pays s’illustrent non seulement par leur capacité à censurer l’information en ligne, mais encore par la répression quasi systématique des internautes gênants”, a déclaré l’organisation.”

La censure et le web deviennent deux items de plus en plus lié, malheureusement, et en même temps heureusement, prouvant une certaine prise de conscience d’un “Ailleurs” par delà les barrières de la langue…C’est d’ailleurs aussi les Google ou autres Yahoo qui sont pointés du doigt :

“Reporters Without Borders also had a message for the U.S.-based technology companies growing their businesses in these countries: Stop cooperating with these “enemies” of the Internet. “They are aware of what’s going on,” says Clothilde Le Coz, who heads the Internet freedom desk for Reporters Without Borders, referring to Internet giants Google (GOOG), Yahoo! (YHOO), and Microsoft (MSFT). But in many parts of the world, Le Coz says, these companies are “not going far enough” to protect their users from what her group considers repressive governments.”

Google ou Yahoo ne travaillent pas pour la liberté, ou pour la citoyenneté. Ils fournissent des solutions business pour des marchés globaux ou locaux. Leur technologie se bride ou s’adapte en fonction des besoins des price makers ou information makers les plus pertinents pour leur business model. Incroyable : Google doit gagner de l’argent.

La bonne nouvelle vient cependant du fait que des citoyens de par le monde commencent à se sentir concernés par les situations de ces pays, et des actions des compagnies auquelles ils participent.

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February 18th, 2009

Facebook cède et revient à ses précédentes conditions d'utilisation

by Laurent Francois

Lu ce matin sur Facebook :

Terms of Use Update

Over the past few days, we have received a lot of feedback about the new terms we posted two weeks ago. Because of this response, we have decided to return to our previous Terms of Use while we resolve the issues that people have raised.

If you want to share your thoughts on what should be in the new terms, check out our group Facebook Bill of Rights and Responsibilities.

Ce qui est une bonne nouvelle, et pour le réseau et pour nous.

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November 14th, 2008

Les enseignements de Jerry Maguire sur la nécessaire liberté de parole du blogueur

by Laurent Francois

Citoyens ! Novembre donne l’impression d’une véritable guerre des Gaules dans notre formidable monde de l’expression en ligne. Le blogueur postant un article sponsorisé serait-il un social(media)-traître ? Tout est parti d’un papier quelque peu approximatif dans Le Monde et d’un dossier spécial dans l’une des 2 Mecque (avec un S ou sans S ?) de la com, CB News (dossier chez Violette, à lire aussi pour les commentaires très intéressants. La journaliste Anne-Valérie Hoh y est allée franco. Extrait d’une interview faite par Cyril sur elle, où il nous apporte une réflexion pertinente :

“La mention publi-rédactionnel, obligatoire en presse papier, est désormais entrée dans nos habitudes de lecture et clairement identifiable. Pour moi, le billet sponsorisé n’est rien d’autre qu’un publi-rédactionnel rédigé par un blogueur. Mais l’internaute moyen n’est pas encore familiarisé avec le terme de “billet sponsorisé”. Lui préférer celui de publi-rédactionnel serait peut-être un peu plus franc du collier.”

Se pose en effet la question de savoir où se trouve la frontière entre une vraie menace contre nos indépendances et un moyen de générer de la valeur monétaire sur ce qui peut constituer un véritable travail quotidien ?

2 pistes de réflexion pour continuer le débat :

  • D’abord, on se doit me semble-t-il coûte que coûte d’être transparent envers les personnes qui nous suivent sur nos blogs. Ce qui est en jeu, c’est de toute façon nos réputations : si nous mentons une fois à nos lecteurs, ils ne reviendront pas nous rendre visite une seconde fois (pas folle la guêpe…). C’est un contrat que chaque blogueur / personne qui s’exprime sur un espace public se doit de faire avec ses lecteurs, à la manière d’une relation “offline”, où tu ne dois te permettre de faire que ce que tu serais prêt à accepter que les autres fassent
  • ensuite, nous ne devons pas oublier que l’on passe aussi un deal avec des gens qui ne sont pas des suiveurs réguliers. Par exemple, on sait que la vraie Une d’un journal est de plus en plus la première page d’un moteur de recherche comme Google. Beaucoup d’internautes arrivent sur nos blogs-machines-à-référencement via des recherches en fonction de leur intérêt du moment. On ne doit donc pas non plus abuser les (in)fortunés passagers : ils ont besoin de trouver des indications explicites d’où ils sont. Mettre une petite carte en bas du template s’il vous plait :) . Et à ça on pourrait répondre qu’on fait ce qu’on veut sur nos blogs, non mais oh ! Oui mais non. L’état de nature, la liberté absolue, c’est une jolie idée. Mais à partir du moment où on commence à entretenir un lien marchand

Nous devons donc nous imposer des règles sur la façon dont nous défendons nos libertés de ton. Car nous ne sommes pas Jerry Maguire : nous pouvons choisir pour qui et pour quoi nous souhaitons être l’avocat.

[Rod has just told Jerry he will keep him as his agent]
Jerry Maguire: That’s, that’s great. I’m very… happy.
Rod Tidwell: Are you listenin’?
Jerry Maguire: Yes!
Rod Tidwell: That’s what I’m gonna do for you: God bless you, Jerry. But this is what you gonna do for me. You listenin’, Jerry?
Jerry Maguire: Yeah, what, what, what can I do for you, Rod? You just tell me what can I do for you?
Rod Tidwell: It’s a very personal, a very important thing. Hell, it’s a family motto. Are you ready, Jerry?
Jerry Maguire: I’m ready.
Rod Tidwell: I wanna make sure you’re ready, brother. Here it is: Show me the money. Oh-ho-ho! SHOW! ME! THE! MONEY! A-ha-ha! Jerry, doesn’t it make you feel good just to say that! Say it with me one time, Jerry.
Jerry Maguire: Show you the money.
Rod Tidwell: Oh, no, no. You can do better than that, Jerry! I want you to say it with you, with meaning, brother! Hey, I got Bob Sugar on the other line; I bet you he can say it!
Jerry Maguire: Yeah, yeah, no, no, no. Show you the money.
Rod Tidwell: No! Not show you! Show me the money!
Jerry Maguire: Show me the money!
Rod Tidwell: Yeah! Louder!
Jerry Maguire: Show me the money!
Rod Tidwell: Yes, but, brother, you got to yell that shit!
Jerry Maguire: Show me the money!
Rod Tidwell: I need to feel you, Jerry!
Jerry Maguire: Show me the money!
Rod Tidwell: Jerry, you got to yell!
Jerry Maguire: [screaming] Show me the money! Show me the money!
Rod Tidwell: Do you love this black man!
Jerry Maguire: I love the black man! Show me the money!
Rod Tidwell: I love black people.
Jerry Maguire: I love black people!
Rod Tidwell: Who’s your motherfucker, Jerry?
Jerry Maguire: You’re my motherfucker!
Rod Tidwell: Whatcha gonna do, Jerry?
Jerry Maguire: Show me the money!
Rod Tidwell: Unh! Congratulations, you’re still my agent.

Plus d’articles, aka SHOW ME YOUR POOOOOOOOOOOOOOOST :

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September 29th, 2008

Du gossip anodin à l'implication dans la réputation réelle des individus

by Laurent Francois

Citoyens !

On parle énormément de réputation en ligne, ou de cyber-réputation, essentiellement en marketing et en s’attardant sur les implications pour les entreprises : que risque-t-on si une “affaire” sort de mon usine et se propage à travers les méandres du web ? Quelles conséquences pour mes investisseurs, mes consommateurs, mes prestataires ? Ma réputation -et donc la confiance qui en découle- pourrait être déminée.

Il me semble que pour ces entités, on a une capacité d’action forte. L’entreprise a la possibilité de communiquer, elle est légitime par sa taille, son histoire, par tous les recours juridiques bien huilés dans la presse (droit de réponse, communiqué, etc.). Il y a une mécanique institutionnalisée. Et ça marche. Idem en ligne, où quand la marque met en place une stratégie de e-réputation forte, elle peut à la fois centraliser les critiques tout en pouvant massivement diffuser “sa” vérité. Les problématiques confidentielles le restent ou circulent en boucle limitée dans un réseau de pairs. Même si on apprend avec qui couche le patron d’une entité cotée au CAC, ça n’a que peu d’importance in fine . Le risque de voir un papier ou un post sur le sujet est extrêmement faible. Normal, c’est un non-sujet dans l’univers où opère l’entreprise.

Oui mais voilà, la question est beaucoup plus grave quand il s’agit des individus. Si on devait schématiser leurs différences avec une entreprise, voilà une grille d’analyse possible (attention je ne parle que de l’individu qui habite un pays lui laissant le temps de pouvoir être “socialement connecté”) :

  • les entreprises ont 2 missions liées : créer de la valeur durablement et faire tourner ses ressources (humaines, machines…) pour pouvoir maintenir voire augmenter l’output et satisfaire ses actionnaires
  • les individus ont X aspérités liées : vivre, être heureux, gérer les problèmes / risques (voir à ce propos tout ce qui concerne la modernité liquide), trouver un job, tomber amoureux, préparer sa descendance…

L’intimité de l’entreprise, ce sera un rituel interne, un déroulé de séminaire, la couleur des toilettes du 3ème…L’intimité de l’individu a trait à ses amours, ses passions, ses histoires, ses connaissances.

Attaquer ou diffamer justement ou injustement une entreprise attaquera une fonction de production. Point.

Attaquer ou diffamer justement ou injustement un individu aura des conséquences sociales, personnelles, affectives, voire médicales (après tout Britney n’est-elle pas devenue plus fragile après avoir été harcelée par les médias ?) et j’en passe. La durée de vie d’un individu est, en étant cynique, potentiellement moins longue qu’une entreprise “worldwide”. Accuser un individu injustement de pédophilie le touchera sans doute durablement, même blanchi. Accuser un DG de délit d’initiés affectera son entreprise, mais cette dernière aura toute une série de mesures et de répartition de la charge entre parties prenantes lui permettant de se “racheter une réputation”.

Nous ne sommes donc pas égaux sur nos opportunités de nous défendre. Pourtant les médias sociaux donnent équitablement la possibilité de nuire à autrui ou à une entreprise…Déséquilibre d’origine.

Maitre Eolas nous éclaire (un peu) sur nos droits par rapport à une diffamation :

[le blogueur doit] “-Publier gratuitement et sous trois jours à compter de la réception un droit de réponse de toute personne nommée ou désignée dans un billet ou un commentaire, sous la même forme de caractère et de taille, sans que cette réponse ne puisse dépasser la longueur de l’écrit initial (sauf accord de l’éditeur, bien sûr). Dans le cas d’une mise en cause par un commentaire, la personne en question pourra y répondre directement par un commentaire la plupart du temps, bien sûr. Dans le cas d’une mise en cause dans un billet, l’éditeur doit publier le droit de réponse sous forme d’un billet. Sanction : 3.750 euros d’amende, article 6, IV de la LCEN”

On indique souvent que certains blogs sont des journaux intimes. Que donc on peut y dire ce que l’on veut. Ceci dit un journal intime est généralement lu seulement par son auteur (et par sa mère qui farfouille). Un blog est par définition potentiellement lu par n’importe qui. Or ce n’importe qui ne vient généralement pas par hasard sur un espace : j’ajoute par exemple le lien de mon blog sur Facebook; à supposer que j’ai un profil un petit peu public, un internaute que je ne connais pas mais qu’un de mes “friends” connait peut venir donc sur Citizen L. Formidable ! sauf si je me mettais à tirer à boulets rouges sur des individus ou à leur prêter des intentions ou des paroles qu’ils n’ont pas tenues. Mais alors peut-on se protéger derrière l’argument lolesque de la liberté d’expression totale dans un diary ? Non pour Maitre Eolas :

“il faut que la personne soit identifiée ou au moins identifiable. Inutile qu’il soit identifiable par des milliers de personnes. Un groupe restreint suffit, du moment qu’il peut subir un préjudice du fait d’être reconnu par ce groupe comme le milieu professionnel dans lequel il évolue (par exemple : un chercheur dénoncé auprès de la direction du CNRS comme étant un terroriste international, mais là j’exagère avec mes exemples : personne ne serait assez stupide et méchant pour oser faire une chose pareille).”

La nuance est de taille : même si la personne qu’un blogueur accuse n’est reconnaissable que par 3 personnes (son petit ami, son employeur et sa collègue de bureau), elle peut connaitre un immense préjudice. La loi nous protège de ce genre de préjudice.

La conclusion de ce post ?

La loi nous protège donc du gossip écrit. Et c’est plutôt une bonne nouvelle de se dire que la nécessité de la paix peut aller de pair avec la liberté. Et de faire taire la meute des charognards.

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