Posts tagged ‘management’

February 9th, 2011

Comment tenir une stratégie de marque dans les médias sociaux ?

by Laurent Francois

Citoyens !

On en discute souvent avec de nombreux camarades de jeux : comment faire à l’ère des médias sociaux pour “tenir” une approche stratégique de façon pertinente ?

4 écueils dont de multiples organisations sont victimes :

  • le syndrome “flavor of the month” : une nouvelle plateforme se lance : pourquoi ne pas “y” aller ? Ce qui donne parfois des campagnes absurdes avec les messages de marque globaux lancées par des équipes tests déconnectées des cellules de décision “top managérial”
  • le problème justement du décideur : à la fin, un investissement lourd passe d’une manière ou d’une autre par un “top” décideur, pas forcément mis dans la boucle ou équipé pour comprendre tous les tenants et aboutissants d’un projet. Rassurons-nous : les décideurs sont rarements déficients mentaux, mais bien plutôt très souvent mal accompagnés
  • le problème de l’influence “top to top” vs “bottom-up” : soyons lucides ; le directeur marketing du coin a généralement accès à de multiples experts de tous bords (alors imaginez s’ils sont de la même promotion). Ils ont souvent les faveurs du décideur bien plus que le chef de projet du coin brillant mais esseulé pour parvenir à faire entendre sa voix
  • le problème du workflow ou de la rationnalisation : une organisation a horreur du changement par principe et cherche à modéliser au plus court les bénéfices / inconvénients d’un nouveau process. Ce qui est relativement facile à faire pour un changement technique dans la fabrication d’un produit devient un casse-tête lorsqu’il s’agit de web social donc d’humains qui parlent à d’autres humains. D’où une tendance à la “dashboardisation” du web social qui peut s’avérer parfois être une coquille vide

5 conseils ou pistes dès-lors pour maintenir une approche stratégique pour votre marque dans les médias sociaux :

  • la production de guidelines claires : 1 page avec les 10 points clés que chaque salarié devraient tenir est désormais indispensable. Avec une baseline de la marque. Avec une traduction effective dans chaque campagne à venir et la systématisation de la question : Pourquoi communique-t-on ?
  • un partage des connaissances effectif : le “knowledge management” n’est pas réservé à des planners en détresse ou à des documentalistes dépressifs mais sert une “cause” commune. Qui vous a envoyé récemment un email de veille ? Ne feriez-vous pas d’avoir un wiki qui permette de maintenir une forme de tension positive vers vos valeurs ? n’oubliez pas le principe : FABRIQUEZ DU CONSENTEMENT
  • de la communication et des points pour actions : certains managers ont horreur de la réunionite. Il est vrai que sans objectif, les réunions ne servent à rien. Dès-lors, imposez un point de 5 min sur le mode d’un brief ou d’une best practice sur les actions en cours. Aucun email au monde ne peut remplacer ces sessions de project-isation
  • une modélisation de ce qui est de l’ordre du stratégique et de ce qui est de l’ordre du tactique : la plupart des stratégies dorment dans un fichier powerpoint. Modélisez votre approche stratégique et plaquez la contre vos murs avec les pilliers de marques et leurs déclinaisons tactiques
  • une dashboardisation par objectifs : on peut raisonnablement dire que connaitre le nombre d’occurences de votre marque ne vas pas vous intéresser outre mesure ; déclinez votre marque par territoires; monitorez ces territoires et observez si vos actions modifient la perception relative de la marque dans ces territoires. Chez IBM, dans les immenses building, vous avez une carte du périphérique parisien ; pas pour faire joli mais bien pour apporter un service et une aide à la décision. C’est la même logique
  • une chef de projétisation transversale : ne le niez pas, vous avez forcément des conflits avec d’autres entités du groupe. Vous avez le choix : ou bien maintenir des directions en conflit, ou bien mettre au centre une fonction de super chef de projétisation, garant de vos pilliers de marques. Il ne s’agit pas d’un community manager qui amuse la galerie mais bien d’un coordinateur avec capacité de décision. Vous en connaissez beaucoup ? Moi peu

Qu’en pensez-vous ?

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December 29th, 2010

Le deep acting, enjeu central du storytelling des organisations

by Laurent Francois

Citoyens !

Le planner Stéphane Lautissier qu’on ne présente plus m’a mis la puce à l’oreille en parlant sur son blog d’une notion étrange, le “deep acting“. Le deep acting vient du théâtre : en considérant que la scène EST le monde réel, l’acteur va donc bouleverser non pas son jeu mais ses émotions profondes afin d’intérioriser son rôle à l’extrême. L’objectif de cette forme de schyzophrénie : créer un lien d’affect profond avec le public, aller chercher l’empathie. Dans une dimension plus marketing : faire semblant en toute bonne foi. Comme dirait l’autre, on ne ment sincèrement qu’avec son coeur.

Alica A Grandey de la Pennsylvania State University a dès 2003 mené un travail de synthèse en comparant les résultats sur le service client entre des employés qui se sentaient satisfaits de leur position et ceux qui se sentaient moins à leur place.

Le déséquilibre est intéressant : un employé se sentant moins bien était paradoxalement plus enclin à faire semblant, à sentir qu’il jouait un rôle avec son client, alors qu’un employé se sentant au top de sa forme ne peut foncièrement jouer la comédie en conscience.

Résultat des courses : les dress-codes type UBS pourraient quasiment être contre-productifs pour créer du consentement au sein des employés. Ce qui compterait donc plus selon Grandey, ce serait de mettre en place les mécaniques d’adhésion volontaire (servitude volontaire ? ) des employés à des normes, à des valeurs. Un employé partageant et participant à des objectifs serait au final un bien meilleur élément pour le client final qu’un individu faisant semblant à outrance. Cette adhésion co-créée permettrait aussi en temps de crise ou de difficulté de l’organisation d’induire que les employés fassent bloc : qu’ils fassent donc semblant, mais cette fois-ci en toute bonne foi.

Le deep acting pourrait bien être un enjeu central du storytelling des organisations ; de drôles de parallèles à mettre en place avec les logiques d’authenticité dans les médias sociaux.

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October 8th, 2009

Le community manager : un connecteur, pas un expert

by Laurent Francois

Citoyens !

Le terme est toujours débattu : on entend quoi par Community Manager ?

Au-delà de ses missions, une interrogation persiste sur la façon dont on doit l’appréhender à un niveau plus stratégique. En clair, le community manager ne saurait être associé simplement au blogueur maison “qui sait y faire” avec les médias sociaux ou à un “expert”. C’est l’idée poussée par Geoff Livingston, qui tente de montrer pourquoi on devrait plutôt raisonner en termes  de “change agent” :

Pas bête, non ?

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April 7th, 2009

Arisote et l'amitié : renverser la logique CRM vers la "vertu"

by Laurent Francois

Dans “L’autre et l’amitié chez Aristote et Paul Ricoeur” Par Gaëlle Fiasse, on peut lire ça :

“Les différentes sortes d’amitité ne différent pas seulement par leur cause et le bien qu’elles atteignent, mais aussi suivant la relation qui caractérise les deux amis, s’il s’agit d’une relation égalitaire ou bien si l’un est supérieur à l’autre selon un certain point de vue (…). Dans l’idéal, la philia doit tendre vers l’égalité, mais ce qui rétablit les disparités, c’est la vertu”

C’est donc par vertu qu’on va donner plus de “pouvoir”, plus de crédit, à ceux qui sont nos véritables amis par rapport aux autres. Ca rappelle énormément les groupes de contacts Facebook et la capacité à autoriser certains niveaux de pouvoir, de lisibilité sur qui nous sommes et ce que nous faisons. Je veux te garder sous le coude mais je n’ai pas confiance : privacy limited. Je veux t’en montrer un peu mais pas dans des situations que je ne contrôle pas : groupe pro.

Surtout, pour les marques, ceci amène à repenser le CRM. Il ne s’agit plus d’exclure les mauvais clients, mais de favoriser les bons. ça semble tautologique, pourtant c’est précisément l’enjeu pour augmenter la fidélité.

En passant, donc…

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October 23rd, 2008

Raisonner en termes de demande latente

by Laurent Francois

Citoyens ! On parle énormément de la crise, de la peur d’investir et d’une supposée “mort” du web 2. Comme je le disais ici, “mon parti pris est de dire que ce qui est au centre du Web 2, ce n’est pas la Valley, ni la technologie, mais les gens. En fait, au lieu de parler de Web 2, on pourrait presque assumer un “We(b) 2 people” Donc les organisations.

Alors comment faire en sorte de maintenir les investissements cruciaux au sein des entreprises quand il s’agit de solutions 2.0 au sens large (depuis le click-to-call jusqu’à un programme d’influence digitale) ?

Plusieurs attitudes sont visibles sur la toile :

  • ou dire que le monde est injuste, que nous sommes seuls au monde et que personne ne nous comprend. Problème : notre complexe de supériorité risque de ne pas nous conduire à trouver de solutions pour gagner nos vies
  • ou bien reprendre les fondamentaux pour tacler les peurs de Price Earning Ratios surcotés : la justification de projets

Robert Sutton en parlait déjà en 2004 pour l’Université de Stanford : comment amener la créativité dans les organisations ?


Il énonce un principe fort : “la créativité signifie vendre, pas simplement inventer des idées”

Que sous-entend Sutton ? Que pour justifier un investissement auprès des comités exécutifs, il faut être carré sur les livrables, sur la valeur ajoutée qu’on apporte. En résumé, penser en tant que prestataire de solutions plutôt que comme simples artistes du web. Surtout à un moment où on se bat pour dire que le offline vs online n’est plus une distinction valide, on se doit de prendre le mode de conviction nécessaire dans le monde “réel”.

Par ailleurs, supposons qu’à l’intérieur de l’organisation du client nous disposons d’un allié : nous nous devons de lui donner des billes, de la matière pour qu’il puisse dérider sa hiérarchie voire l’amener à partager ses vues.

Le web nous permet paradoxalement de commencer à mesurer tout un tas de segments qui étaient jusqu’à présent quasiment insaisissables : les conversations, par exemple. Le bouche-à-oreille.

Ragsdale nous dit la chose suivante :

“But we also need to look at how Web 2.0 can be leveraged to cut resolution time on complex problems by engaging experts from internal AND external communities in real time.  For enterprise hardware and software support, this model could deliver incredible cost savings, as well as have a major impact on customer satisfaction and loyalty.

Résoudre des zones d’ombre…voilà peut-être un premier postulat à défendre. Et qui permettrait de retrouver une crédibilité et / ou une réputation auprès de ceux qui nous observent.

SmoothSpan Blog revient d’un sommet avec tout un tas de pros de solutions IT. Voici son constat :

“Very little in the way of Enterprise Software has properly understood the potential impact the web has on that niche or how to even begin to respond to it.
So, will generic Wikis, Blogs, Forums and the like devolve into just a few companies with most of the players going away?  Sure, but there is a lot more to E2.0 than that.  We’re barely getting started understanding what it all means.

Nous devons appliquer nos principes de transparence, d’éducation, de littératie d’abord à nos interlocuteurs des réseaux réels. Au risque sinon de passer pour peut-être des puristes, mais des puristes isolés.

La pyramide de jakob Nielsen est toujours d’actualité : une majorité de gens observent une minorité de contributeurs.

Nous sommes regardés, et nous lorgnons parallèlement du côté de clients, prospects, investisseurs…Pourquoi ne pas renverser cette pyramide nous portant de manière un peu trop élitiste afin de créer un territoire d’opportunités avec cette majorité ?

Après tout, le web fonctionne un peu de cette manière : classer, filtrer la masse immense de flux afin de créer de la valeur (que ce soit du plaisir, du divertissement, de l’information pertinente, du savoir, le bon produit, la bonne découverte etc…) en mettant au sommet la demande latente.

Karine me fait partager cette réflexion intéressante trouvée ici de kat French :

“Adam Serner of Gartner will be presenting on social media marketing next week with the prediction that while over 75% of Fortune 1000 companies with Web sites will attempt an online social-networking campaign, 50 percent will fail (…) bearing in mind that according to our survey, 39% of you guys feel you’re qualified to counsel others on social media, I open it up to the community for discussion.  What have you seen work?  What’s the recipe for an epic FAIL?  How do the CMOs out there make sure that if and when they bring their brand into social media, it’s going to be in the right 50%?”

Rassurer, comprendre les objectifs business de nos interlocuteurs…Travaillons-y joyeusement !

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July 24th, 2008

Citizens' views #3 : "Mon expérience en tant que conseil de dirigeants est qu'on n'échappe jamais aux mystères de la rencontre, au dialogue" Marc Chapuis, consultant, DSI de transition

by Laurent Francois

Marc Chapuis, consultant indépendant et DSI de transition, nous fait le plaisir de répondre à quelques questions sur son métier, sur ce que le Web 2 a changé, sur sa perception de l’évolution du web. Je l’avais rencontré lors d’une table ronde sur la justification de projets organisée par le groupe “management de projets” de l’AAESCP-EAP.

  • Citoyen ! Il me semble que tu as participé à l’élaboration des DNS il y a de ça quelques années. Pourrais-tu nous expliquer ce que ça représentait à l’époque pour toi, et comment tu vois l’évolution du web, notamment concernant les nouveaux types d’extension ?

J’ai “rencontré” les problématiques liées au DNS à plusieurs reprises lors de ma carrière :
API, librairies, Sujet mineur dit très technique en 1990 1992 : jeune ingénieur “logiciel et systèmes” SE, puis leader d’une équipe, j’ai appris à lire les api, le code source, à recompiler certains exécutables unix (SunOS 4.x) auxquels manquaient la librairie/bibliothèque statique ou dynamique, permettant de faire des requêtes aux serveurs de noms. Notre mission : constater les bugs/les manques avec les clients français, renseigner les bases d’information, diffuser des correctifs. Mais aussi faire connaitre cette technologie lors des cours/TOI Unix que nous donnions
Techn

ologie à la mise en oeuvre complexe (DNS interne, DNS externe, bugs, problèmes de temps de réponse, de performance) pour un premier projet CRM sur Internet en 1994 le projet SunSolve de SunMicrosystems : ma mission à l’époque : webmaster france pour SunService, dans le cadre d’un déploiement mondial simultané dans 13 pays
Technologie qui renvoie aux organisations une image d’elle même et dont l’appropriation nécessite beaucoup d’écoute, beaucoup de formations sur mesure et une conduite du changement pilotée avec prudence par la direction de l’entreprise : on a aujourd’hui oublié les enjeux

et les difficultés des premiers déploiements fournissant Connexion fiable et sécurisée à l’Internet/DNS/email. Comment obtenir le consensus autour de chartes de nommage et d’adressage quand on est l’ordre des Avocats, l’ANAAFA ou la Caisse des Dépôts avec tous les GIE ?

Technologie renversante, premières découvertes des enjeux de l’identité numérique : comment oublier la réaction de mes clients, la surprise, l’effarement, une fois constaté que les traces numériques du DNS; combinées à d’autres traces, comme celles des firewalls, permettent de reconstituer l’emploi du temps, les recherches d’information, les centres d’intérêts des dirigeants et des experts avec une facilité déconcertante ?

Opportunité business, technologie mûre à partir de 1996/1997 pour l’industrialisation, la montée à l’échelle et l’amélioration continue des performances et de la gouvernance : qu’est ce qu’un fournisseur d’accès Internet, un ASP ? Un projet “Internet big numbers” pour servir des dizaines de milliers d’entreprises ou des millions d’abonnés ? Comment produire dans un délai limité les premières propositions commerciales en France de fermes de serveurs Web ou d’infrastructures de messagerie ? Les premières propositions commerciales pour accompagner des offres type intranet/extranet entièrement nouvelles ?

A nouveau contrainte technologique qui fait réfléchir les ingénieurs, les chercheurs, les architectes d’entreprise ou les directeurs de projet sur les limites de leur propre métier : des industries entières, des pays entiers, des choix importants pour la vie en société dépendent aujourd’hui de ce qu’on décide de faire du DNS et des plans d’adressage. Aucun des projets de signature électronique/identité numérique/wallet server des années 1990 2000 n’a réellement produit du fruit. Que retenir de l’explosion des dossiers UMTS et de la bulle .com ? La vitesse à laquelle les changements se sont produit reste pour moi un sujet d’étonnement. Je prenais encore souvent la porte en clientèle en parlant d’Internet en France, revenant des Java One, jusque dans les années 1998 1999 …
Evolution du web : il m’a toujours semblé que l’ambition des SE’s et des chercheurs que j’ai rencontré au cours de ma carrière, était de résoudre les problèmes qui empêchaient de relier des machines, des objets communiquants entre eux. Ou de construire des mécanismes d’échanges, des interfaces, des protocoles qui permettent de relier n’importe quel réseau, à n’importe quel autre réseau grand ou petit, en laissant ouvert à la décision des hommes et des entreprises, le choix des politiques de sécurité et de protection de l’information, en s’efforçant de minimiser les dépendances pour les individus et pour les contenus (l’overhead se paye cher en termes de manque de performance)
Noble ambition. Très différente de celle qui consiste à vouloir spécifier des territoires, des barrières ou des réseaux de bout en bout.
Que cherchaient les créateurs des premiers navigateurs ? Ils cherchaient à fournir une solution intégrée qui diminue l’effort d’apprentissage et d’intégration individuel imposé par nombreux protocoles (telnet, archie, veronica, ftp, gopher,…) et par les nombreux logiciels indépendants qu’il fallait maitriser un par un.
Une solution intégrée, au format de présentation allégé et simplifié, pour naviguer entre des contenus générés par des personnes ou par des petites équipes
Aujourd’hui le “web” renvoie à des gouvernements qui gèrent des territoires, à des business plans présents ou à venir qui gèrent des objets, des signes/marques ou des preuves ou à des entités qui facturent “à l’acte”, faute de mieux. A des efforts d’apprentissage et d’intégration collectifs.
Il faut apprendre à travailler dans un contexte nouveau.

Evidemment on peut rêver d’une libéralisation totale des extensions et des noms de domaine, une porte ouverte sur la créativité, sur l’exploration systématique des relations entre l’art de nommer, l’art de définir, l’art de représenter, de matérialiser et l’art de gérer les relations entre des traces numériques, des signes de présence, de communication, de rencontre et des preuves de résultat qui permettent de valoriser telle ou telle offre de produits ou de services.
Vaste problème : comment garantir que c’est bien une ressource qu’on met à disposition des hommes et des organisations, avec des contraintes acceptables; des degrés de liberté “démocratiques” et un rapport coûts/bénéfices “prédictible” ? Et non une empreinte numérique administrative indélébile, accompagnée de l’historique des changements et des motivations de ces changements ?
Et non, pire encore, une empreinte à choisir parmi n empreintes prédéfinies ?
Comment s’assurer qu’on minimise “l’overhead” et la barrière à l’entrée ?
Comment s’assurer qu’on conserve une possibilité de renouveler cette ressource, de changer les artefacts : images, symboles représentations, traces, sans “excès” ou avec un niveau de complexité, d’intensité capitalistique ou de contrainte acceptable ?
Comment s’assurer d’un usage équitable des nouvelles ressources et du pouvoir de position qui découle de leur existence et de l’existence des nouveaux outils de gestion ?
Comment gérer la confiance à la même échelle que le web actuel ?

Beaucoup travaillent à l’amélioration du web. Faisons leur confiance. Ou souhaitons pouvoir les aider à ne pas s’enfermer.
Souhaitons pouvoir les aider à gérer de façon plaisante pour toutes les cultures le web des objets communicants – robots, surfaces sensibles, vêtements …-

Je serais heureux de réunir mes clients de l’époque et mes contacts linkedin pour leur poser la question, 10 15 ans après.

  • Par rapport à tes activités professionnelles, notamment pour tout ce qui concerne le change management, le “Web 2″ a-t-il ajouté des difficultés ?

En ce qui concerne le change management, je m’efforce d’aider mes clients, ainsi que les collaborateurs que je dirige parfois, à bien collaborer pour ne pas se tromper d’enjeu : il est souhaitable que l’interaction, l’image, l’expérience in situ, le bénéfice exprimé, le cri de ralliement, le “concept” précède l’écriture ou le dialogue formel.

C’était déjà vrai il y a 10 ans. Quand la performance des usages individuels dépasse celle des organisations, il y a du souci à se faire du côté des comités de direction et des DSI. Le B2B a souvent beaucoup à apprendre du B2C, du CtoC et des usages “gigognes”, avec effets d’externalité de réseau. A l’époque je faisais déjà visiter des cyber cafés montés par des limonadiers …

Je dois aussi m’assurer que je suis bien en train d’aider ou au moins de ne pas nuire.
Un bon consultant, un bon DSI de transition doit être attentif à rester force de proposition et à bien choisir les projets et les “exemples” qui permettent d’introduire de nouvelles technologies ou de nouvelles compétences.
Un bon DSI doit rester à l’écoute de “porteurs de projets”/agents du changement, internes ou externes, et créer/recréer régulièrement les conditions qui permettent de ne pas enfermer l’organisation.
Et oublier parfois le passé.

Donnons à la maitrise d’usage la place qu’elle mérite, au même titre que la maîtrise scientifique et technologique : maquettes en milieu fermé, maquettes personnalisées en milieu ouvert, aides personnelles à la conception ou à la visualisation, labs, ateliers solutions exploitation systématique des retours d’expérience à partir de salons, de la vie quotidienne : écoute, responsabilisation de “jeunes”, pourquoi pas jeux/serious games type trivial pursuit adaptés.
Donnons également à la formation sur mesure la place qu’elle mérite.
Facteur clef de succès : bien s’assurer auprès des hommes clefs, des sponsors et des décideurs qu’un consensus minimum va émerger autour des ressources qu’on est en train de découvrir, avant de se lancer dans les débats de spécification et de conception.
Bon consensus budgétaire, bon consensus par rapport à des ressources d’entreprise, par rapport à des portefeuilles de projets ainsi que par rapport aux contraintes de transformation qu’on commence à voir émerger ici ou la :

  • contraintes de transformation des ressources de capital physique, humain, technologique, juridique ou financier qu’on a l’habitude de manipuler.
  • contraintes de renouvellement des ressources “classiques” et des nouvelles ressources
  • contraintes liées à la gestion des hommes, des frontières/limites et des compétences

La maitrise est à ce prix. La capacité à faire mémoire et à se projeter est à ce prix.
Force est de reconnaitre que ce débat n’est pas toujours accessible. C’est toujours difficile de renouveler les débats.

  • On dit souvent que “le monde est plat” : ton expérience en business development confirme-t-elle ce postulat ?

Dis tu cela parce que j’ai parfois eu des clients au “plat pays”, en Belgique ? :-)
Mon expérience est que en mode push/bullish/culture de puissance/de l’action, ce paradigme est vraiment très pratique quand on souhaite déployer des modèles d’activité, de propriété intellectuelle qui ont fait leurs preuves.
Ou en importer …
Mais l’esprit de géométrie trouve tôt ou tard ses limites. Cf Question #1.
Limites du volontarisme, limites techniques, limites liées aux ressources ou à la capacité à renouveler ces ressources de façon rassurante et convaincante, sans compromettre l’avenir.
Limites de gestion : comment alterner grands projets/grandes rencontres, initiés d’en haut par le verbe des dirigeants, soutenus par les job process et par les technologies, et projets plus modestes qui émergent ici ou la sur budgets de créativité locaux qu’on souhaite simplement comparer entre eux et “gérer” ?
Comment intégrer des règlementations, des processus de gouvernance ?

Mon expérience en tant que conseil de dirigeants est qu’on n’échappe jamais aux mystères de la rencontre, au dialogue ; à la rencontre de l’autre dans son propre contexte ; à la rupture du dialogue et à son dépassement.
Appelons ça reconnaître que tous les langages secrets sont dans la nature.
Au fait, as tu déjà essayé de dessiner des graphes, de superposer des graphes, d’optimiser des graphes, même dans un monde supposé être plat, par exemple en t’imaginant à la place de logisticiens ou de transporteurs ? Ou dans la peau de celui qui négocie avec les sous traitants qu’on va géolocaliser et avec leurs avocats ?
Est ce un art d’exécution ou une science exacte, à plat sur un dessin ?

  • Si tu avais une question à poser à quelqu’un venant du futur, quelle serait-elle et pourquoi ?

Et la création, la mer, le ciel, les forêts, les animaux, l’espace qu’en reste-t-il ? Qu’en avons nous fait ? Que devient l’homme ?
Ex : Y a t il toujours des fourmis pour inspirer les chercheurs (ex : algorithmes d’optimisation type “colonies de fourmis …) :-D
ou des abeilles pour mesurer la pollution (SI en cours de construction en Suisse)


Marc Chapuis, je l’ai rencontré lors d’un atelier du groupe management de projets de l’AAESCP-EAP. Après une formation initiale d’ingénieur, ENS Géologie de Nancy (1985), DEA INPL matières premières minérales et énergétiques (1985), et un début de carrière tourné vers la recherche et le calcul scientifique, Marc Chapuis rejoint en 1990 le fournisseur de matériels, logiciels et services informatiques Sun Microsystems. Il s’oriente à partir de 1993 vers le conseil technologique, le développement de missions, formations sur mesure ou projets au profit des centres de recherche, grands comptes et opérateurs de services Internet, sécurité ou mobiles qui investissent massivement à partir de 1994. Il se spécialise ensuite dans la gestion opérationnelle de missions et de dossiers clients complexes – extranets B2B, BtoBtoC, portails wap ; plate-forme de services bancaires ou de paiement en ligne – en rejoignant à partir de juin 2000 une PMI allemande.
Diplômé (Msv2003) du Master of Business Consulting ESCP-EAP – Supelec (2002-2004) , il collabore en parallèlle au projet entrepreneurial d’une PME française combinant services Internet et technologies innovantes de cartes à puces. Aujourd’hui consultant indépendant porté depuis 2005 par la société ITG, il intervient auprès de petites filiales de grandes entreprises, de structures de recherche et de PME/PMI pour des études amont, pour des audits de projets, ainsi pour des missions de conseil, de formation, de management de transition ou d’expertise en matière de management par projets et de conduite du changement.
Principale nouveauté 2008 – 2009 : répondre aux besoins de formation des non informaticiens – ingénieurs, juristes, professionnels de la santé, de la supply chain, de la sécurité … – en particulier sur les thèmes « Internet et sécurité » et « management par projets »

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