Posts tagged ‘marketing des médias’

February 3rd, 2011

Les marques médias plébisicitées par les Français ?

by Laurent Francois

Citoyens !

Un motif d’agacement suite à la communication de la dernière étude Havas Media avec l’Institut CSA.  En clair : on voudrait nous faire croire que les marques-médias incontournables pour atteindre une certaine efficacité publicitaire sont :

  1. Google
  2. Facebook
  3. TF1
  4. Orange
  5. M6

Et en sous-argument dans le communiqué et les articles ensuite, 2 précisions notables, mine de rien :

  • il s’agit en fait d’une étude sur les marques les plus puissantes dans la vie quotidienne
  • il s’agit d’une étude réalisée auprès d’un échantillon de 15 à 49 ans

Dès-lors, dans la transformation de l’étude en outil commercial, Havas Media commet à mon sens (et ça n’engage que moi) 5 erreurs de formulation :

  1. la première concerne la confusion entre puissance et accessibilité. A savoir que par défaut, mon PC s’ouvre sur un moteur de recherche (Google), que mon smartphone voit préinstallé l’application Facebook, que ma TV est tout de même portée par TF1. Que je me connecte à une adresse mèl de mon FAI (Orange). Et que vu que je suis un jeune cool, je regarde des émissions sur M6. Ces marques, j’y suis exposé car elles ont eu la capacité soit historiques (anciens monopoles d’Etat ou poids de l’histoire pour TF1 & Orange / FT) soit en devenant un standard de s’imposer dans un oligopole
  2. plébiscite est bien différent d’influence : ces médias peuvent être éloquents dans certains domaines, pitoyables dans d’autres dans la capacité à générer de la transmission de message et de la création de consentement
  3. ce type de ranking favorise l’image d’une France moyenne, une France de Madame Michu. Or dans notre pyramide en ogive, tout le monde – donc personne – est Madame Michu. Favoriser un discours de média de masse, c’est écarter les logiques affinitaires pour privilégier les cantiques à base de GRP, d’audiences sans aspérité
  4. en mélangeant le support et la marque (on ne sait plus à la fin de quoi on parle) on tue avant la naissance les prolongements des marques-médias qui montent sur le web social comme TF1 avec l’ensemble des services mis en oeuvre (Wat TV etc.). Cette typologie n’explique pas pourquoi une marque-média grandit ou non vs un réseau (donc pas un média)
  5. enfin plus grave : l’étude propose d’analyser 3 angles à savoir “les médias dits «payants» («paid»), c’est-à-dire la publicité dans les médias, le mailing et l’e-mailing; les médias «privés» («owned»), qui recouvrent les sites Internet des marques ainsi que leurs points de vente; enfin, les médias «publics» («earned») qui englobent l’opinion des proches, le bouche-à-oreille, l’opinion des internautes et le Web social.” Dans ce cas là, la “marque-média” la plus plébiscitée par le Français, c’est le Français lui-même à savoir le bouche-à-oreille. Moins vendeur néanmoins pour pousser des discours d’achats d’espace

et pourtant : agences, médias, universitaires; on se doit d’être exigeants, ambitieux, argumentatifs. Ce genre d’études est normalement clé pour anticiper les propositions de valeur accordées par nos denrées les plus rares, les citoyens, à nos prochains services. C’est de notre responsabilité d’être en profondeur quitte à casser les standards importés des US (le mot est lâché). Au risque de voir tous nos beaux métiers fondre comme neige, ou comme GRP, au printemps venu.

Petite info sur mon manque de posts ces jours-ci : de beaux projets à venir sur du life-style “masculin”, un job prenant et les 1 an de Tout Ca Magazine comme autant d’actus à communiquer ;) Je vous rassure, j’ai continué à bosser pour vous et je sors bientôt “Social Media what’s going on? v 3″ dans quelques jours. C’est bon, pardonné ?

Bref.

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January 12th, 2011

Lancer un média d’opinion en ligne, c’est possible. Un an de Tout Ca Magazine

by Laurent Francois

Citoyens !

Un des projets les plus significatifs pour moi a été de lancer avec des gens que je respecte au plus haut point un média d’opinion en ligne, Tout Ca Magazine.

Je me suis déjà exprimé sur le sujet sur le magazine ce soir mais c’est sur l’approche “lancement de projet” que j’aimerais revenir.

Est-il possible de lancer un magazine d’opinion en ligne “gratuit” à savoir sans aucun budget ?

  • oui, partiellement : lancer une telle structure accueillant potentiellement autant de contributeurs (40+) et de lecteurs (100 000+)  ne coûte en soi rien, si ce n’est d’énormes compétences et d’engagement humain :
    - développement technique a minima
    - gestion de projet
    - talent créatif
    - nouvelles idées chaque semaine
  • oui, mais pas sur le long terme : une masse critique de contributeurs entraine un ratio temps/homme considérable : il faut à terme déléguer, prendre des gens dont c’est le métier de faire de l’animation d’organisation
  • oui, mais pas pour atteindre une masse critique : certains papiers à succès ont fait exploser le serveur sur lequel nous avons une bande passante allouée, il faut parallèlement nouer toute une série de partenariats afin de “quadriller” les points d’accès vers les articles ou silots d’articles

Est-il possible d’impliquer des gens de talent sans rémunération ?

  • oui, car le retour sur investissement est le plaisir d’abord, la réputation ensuite
    - un espace sur lequel le contributeur a le droit de “laisser une trace” : à plusieurs, on est plus forts, donc la contribution de l’un bénéficie à la contribution de l’autre
    - générer de l’attention auprès d’une petite communauté de niches est en soi inestimable ; la réputation du contributeur grandit avec la qualité et l’implication de la communauté qui le suit. Tous les sujets ne s’y prêtent pas au demeurant : la “communautaribilité” d’un sujet demeure à date un mystère
  • partiellement seulement : diffuser de l’opinion spontanée sur un sujet fonctionne si un individu a les capacités sur son silot de s’y exprimer. Il n’a pas forcément à être “expert” mais juste sensibilisé. Pour les sujets nécessitant des recherches, de l’investigation des déplacements : l’information et le façonnement d’une opinion coûte cher, très cher. Tout Ca Magazine transforme d’une certaine manière des “zones d’opportunités d’expression”

Quelles ont été les plus belles surprises ?

  • des sujets et des opinions auxquels je n’aurais personnellement jamais pensé : des gens m’ont donc amené vers un certain ailleurs. Ca n’a pas de prix, bis.
  • des communautés qui se sont créées sur des niches : l’Europe, le Japon, les chroniques juridiques du début et j’en passe, donc des nouveaux publics tout court pour le titre
  • des emails, des regards, des critiques, de gens extérieurs
  • de tenir un an avec toujours une certaine fréquence de publication et d’intérêt
  • de briser ma notion d’ “opinion” : l’opinion n’est pas le monopole des professionnels du politique. L’opinion est dans un film, dans une recette de cuisine. Je comprends mieux Camus quand il disait qu’il appelait couillons les gens qui dénigraient le football

Quelles ont été les déceptions ?

  • aucune

Quelles suites ?

  • le ciel est la limite. Une chose de sûr : soit nous restons sur un format simple et de plaisir, soit nous nous entourons pour professionnaliser la structure (pas les contributeurs) : tout est ouvert
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December 31st, 2010

you need to get off facebook, le viral 2011

by Laurent Francois

Citoyens !

Pas de prospective cette année : après tout, les changements opèrent rarement un 31 décembre, et les plans marketing sont généralement déjà validés à partir de Novembre.

Un petit film anti-Facebook commence à faire le tour de la toile. Long, lancinant, qui rappelle que Facebook est composé d’individus bien plus riches qu’une simple ergonomie de site ne veut le laisser entendre.

Ce n’est ni l’HTML 5, ni l’iPhone, ni quelconque moyens techniques qui constituent le nouveau média. Le nouveau média, c’est vous.

Bonne année.

Written by Ross Gardiner
Produced by Sonny Side Films

Music: Thievery Corporation – Marching the Hate machines
Extended version produced and mastered by Glowcast

Camera: Canon 7D
Edit Final Cut Pro

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December 27th, 2010

Pourquoi les médias d’information (et la presse) ont de l’avenir

by Laurent Francois

Citoyens !

Un post écrit avant Noël avec Françoise Fassin Directrice Marketing du Groupe Express Roularta (qui est au passage ma boss) sur l’avenir des médias et de la presse, sur le blog d’Mry :

Paris, 2010. Alors que les TV connectées font surface, que les citoyens seraient en mesure de pouvoir techniquement embrasser le rôle de producteur de l’information, et que l’institut Future Exploration Network annonce la mort de la presse quotidienne en 2029, les rédactions trembleraient aux murmures d’une mort annoncée. Ou pas.

Quelques éléments rationnels : les audiences des supports informatifs sont extrêmement puissantes (Chaque jour les quotidiens nationaux touchent plus de 8 millions d’individus, la PQR 17 millions de personnes, les stations généralistes 20 millions d’auditeurs, Chaque semaine, les news magazine rassemblent près de 6 millions de lecteurs, Chaque mois, les sites d’actualités c’est 25 millions d’internautes) et ces audiences ne sont plus les mêmes : fréquentant mais aussi échangeant, grâce à l’avènement des médias sociaux, elles deviennent des publics, des communautés….

Des publics, aujourd’hui au coeur des réflexions marketing et éditoriale, dont nous avons besoin de toujours mieux comprendre les besoins informatifs. C’est l’objet de l’étude que L’Express (par le biais d’Express Roularta Services), mène avec Iligo, sur les tendances de consommation de l’information.

A partir d’une approche ethnographique et d’un terrain quantitatif auprès de 1001 individus représentatifs de la population française, cette étude a pour objectif de comprendre l’impact des changements de l’écosystème médiatique pour le citoyen. Et a fortiori pour les journalistes et les marques. Cette étude est complétée par une expérience de privation de l’information d’étudiants de Sciences Po et du Celsa qui se déroule cette semaine. Une mise en situation, inspirée d’une étude américaine réalisée en début d’année par l’Université du Maryland, qui nous permettra de suivre “in real life” des individus qui représentent l’avenir de la consommation de l’information.

Lire la suite chez Mry.

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December 21st, 2009

The Economist : un parallèle entre le chocolat en poudre et les magazines en ligne

by Laurent Francois

Citoyens !


source

Narvic rappelait il y a quelques jours la valeur économique que les titres de presse peuvent apporter à leurs publics :

“La valeur économique que l’on peut extraire sur le net ne vient pas des contenus, mais de leur accès, de la rencontre que l’on peut « organiser » entre une demande et une offre.

C’est exactement cela le rôle de l’éditeur de contenu d’opérer cette rencontre, mais faute d’avoir compris les mécanismes différents qui entraient en jeu, les « anciens » éditeurs, notamment les éditeurs d’information, se sont fait supplanter sur le web par de nouveaux éditeurs de contenus, qui font ça à leur place et en tire toute toute la valeur économique. Ce sont les moteurs de recherche et les agrégateurs, mais également les plateformes de partage et les réseaux sociaux.”

Il semblerait que The Economist se soit inspiré de ce constat si on regarde les déclarations dans le Financial Times :

“The Economist newspaper plans to acquire 500,000 fans on Facebook and 750,000 followers on Twitter within six months, says the FT, calling it another sign that traditional publishers are looking to social media as a substantial source of web traffic and new readers.

The Financial Times’ report says that users of The Economist’s website will soon be able to log in to the site and make comments using their Facebook identity, through Facebook Connect. The website will also take on features similar to social networks, allowing readers to create profile pages and earn a reputation through other users’ recommendations of their comments on the site.”

Comment ? Un magazine en ligne qui revendiquerait des KPI social media similaires à des marques de grande consommation ?

  • augmenter le nombre de “fans” et de “suiveurs” ?
  • générer la préférence en développant la conversation entre la marque et ses publics ?
  • développer un ciblage public par public plutôt que one to many ?

Un business model intéressant que celui défendu par The Economist :

  • l’information n’est pas gratuite…
  • …mais j’offre gratuitement le chemin d’accès à la bonne ressource en passant du temps à nourrir la conversation entre les besoins/idées défendus par les lecteurs et les atouts du titre en ligne…
  • …tout en gardant payantes certaines parties du site “premium”

Si on fait un parallèle entre du chocolat en poudre et un magazine en ligne (soyons sans discernement, après tout il nous reste tout 2010 pour affiner ;)   ) :

  • je peux avoir envie de chocolat dans mon lait comme de news dans mon esprit
  • la différence entre mon choco préféré et un autre peut venir du goût, de son univers, de sa qualité. Si on fait vite, 3 atouts à mettre en regard avec une plume, une ligne éditoriale, une fiabilité de l’information du côté d’un magazine en ligne
  • curieusement, certaines marques de chocolat en poudre, certes de superbe facture et d’un héritage certain, souffrent elles aussi : perte de parts de marché, déplacement des publics vers des barrettes de chocolat, vers d’autres types de consommation etc. Ca vous rappelle les magazines en ligne, je le sens
  • et donc, certaines marques de chocolat en poudre sont en train de recréer de nouveaux accès au consommateur : événementiel avec le marché de Noël en Bulgarie, développement du couponing en ligne, et de plus en plus conversation avec des ambassadeurs, des fans, des consommateurs qui ont besoin eux aussi de support et d’ “amour”
  • au final, ce qui va me faire rester et même racheter du chocolat en poudre, ce n’est plus son contenu ni son contenant, c’est en fait la façon dont on m’amène à avoir envie de touiller de nouveau ma cuillère avec lui. Donc une stratégie de conversation, entre mes aspirations du moment et ce que peut m’apporter cette marque

Curieusement, on a tendance à oublier que dans une économie de l’attention, et bien même pour des usages “plaisir” ou “citoyen” le consommateur/lecteur doit fournir un certain effort. C’est bien ce qu’a compris The Economist : être présent là où les besoins s’expriment au premier degré et tenter d’apporter à temps complet (donc de façon constante) les routes vers la satisfaction des besoins.

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