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Pourquoi l’action d’Anonymous semble n’être qu’une histoire de fric

Voilà voilà. Hier, à la suite d’une opinion du directeur de la rédaction de L’Express contre les “Anonymous“, le blog que je co-anime sur Styles (Le Boulevardier) s’est retrouvé momentanément hors service. Un dommage collatéral qui rappelle bien des dérives et qui surtout contribue à nourrir le manque de compréhension des revendications des “hacktivistes”. Merci les gars. Si vous pouviez faire le ménage chez vous, ce serait cool.

Anonymous voulut donc prendre le pouvoir

Comme le rappellent les brillantes plumes des Inrocks, “on attaque pas impunément les Anonymous“. Si je résume donc : l’avis d’un seul peut justifier le déchargement de calibres numériques sur l’ensemble de la marque pour laquelle il travaille. Alors même que ses journalistes, contributeurs, commentateurs, peuvent ou non adhérer à ses idées.Si je dis ne pas adhérer avec les idées du caïd dans la cour d’école, a-t-il donc le droit de me massacrer dans les toilettes ?

Merci les Inrocks, j’espère que vous arrivez au moins à draguer à Oberkampf avec des articles pareils.

Les Anonymous sont tombés hier dans un piège qu’ils ont eux-mêmes ouvert : celui de devenir un establishment à la place de l’establishment. Celui donc de mettre en oeuvre le “monde libre” vs “les autres”. A ta santé George W. Bush.

Mais je ne comprends rien : en attaquant LEXPRESS.fr, Anonymous défend-il la liberté d’expression ? Anonymous se rebiffe-t-il suite à l’affaire MegaUpload ? Anonymous sait-il où il va ?

Anonymous : le réseau a une existence propre qui lui donnerait le droit de se venger ?

Dans cet article  sur Reflets, on apprend alors que nous n’avons rien compris ! Mais oui ! Peu importe que le patron de MegaUpload Kim Schmitz soit une pourriture de plus ou simplement un bon opportuniste :

“Comme pour Wikileaks.org, la justice américaine a saisi les noms de domaine. Appelez ça comme vous voulez mais le fait est qu’en mettant la main sur les noms de domaines, la justice américaine CONDAMNE DE FAIT Megaupload… SANS JUGEMENT. Et pourquoi pas, comme un sénateur l’avait fait pour Julian Assange, appeler au meurtre de Kim Schmitz !”

Ca se tient effectivement 10s dans un scénario à la Matrix : une foule sensée représentée le “peuple” se venge contre un pouvoir tortionnaire, sur la base d’une méthode “illégale”. Sauf que le problème est qu’internet n’est pas un contenant. I repeat. Internet est un assemblage de câbles, de serveurs, de liaisons. Internet s’est étendu non pas pour le simple bonheur d’être tous ensemble reliés mais bien par la volonté du monde économique. Qui a accouché de quelques oligopoles qui contrôlent les câbles et les serveurs. Amazon, Google pour ne citer qu’eux. Ceux-là même qui ont mis en berne leurs logos pour lutter contre SOPA.Il est plutôt drôle, ce “peuple” dont se revendique Anonymous : signataires et adhérents de l’état libre Googlien. Ce “peuple” qui pour certains vit à Paris de levées de fonds, de sponsoring de la maison aux couleurs Orange, notamment.

Et voilà bien le problème : je pense qu’Anonymous n’est que le bras armé d’un nouveau monde économique, pas une association caritative.

Je ne vais pas citer de noms ici mais ne manquerait pas d’en discuter physiquement avec ses parties-prenantes : je trouve ça absolument crétin de mélanger la défense de Wikileaks et la défense de MegaUpload. Dans le cas de Wikileaks, ce qui a permis de créer une certaine adhésion POPULAIRE n’est pas une idéologie libertarian, mais bien un droit encore plus fondamental qu’une quelconque “réaction du réseau” : celui d’être informé. Pourquoi la défense de MegaUpload par Anonymous ne prend pas ? Parce que l’argument “droit d’être informé” est trop faible. Et parce que surtout Anonymous est tombé dans le jugement moral, bien loin du simple motto de base d’Anonymous sur la méthode. J’ose donc espérer qu’il ne s’agissait que d’une erreur.

  • Anonymous voulait absolument éviter d’être associé à des “ATTAQUES” mais bien communiquer sur la “DEFENSE DU RESEAU”. Christophe Barbier n’a pas débranché les serveurs. Il s’est donc fait attaquer, compromettant la base d’Anonymous
  • Anonymous voulait défendre la liberté d’expression : Anonymous a voulu mettre un bâillon sur une opinion dissonante
  • Anonymous voulait fédérer en regroupant toutes les bonnes volontés qui souhaitent défendre le réseau : Anonymous a bien décidé de se couper d’une partie de ses hacktivistes
  • Anoymous voulait pointer du doigt les menaces précises contre le réseau : il a coupé en majorité une partie du réseau de ceux-là même qui ont aidé à amplifier certaines de leurs actions

Je suis en colère car au final, toutes ces défenses/attaques ne ressemblent plus qu’à une simple histoire de fric. Le citoyen, lui, n’est qu’un “outil” à la solde d’influences en conflits. J’ai aussi l’impression que les jalons initiaux d’Anonymous se font dépasser par de nouveaux entrants irresponsables. S’il est un pouvoir à reprendre, c’est donc chez vous.

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Twitter : un business comme un autre où l’information n’est pas centrale

Citoyens !

J’ai une gêne de plus en plus forte à utiliser Twitter ces derniers jours. Une gêne que je n’avais pas ressenti au début (2007) et qui commence à m’agacer à outrance…notamment le mythe énoncé dans énormément de médias et auprès d’énormément de groupes d’activistes :

“TWITTER, C’EST LA CHANCE DE DONNER L’INFORMATION POUR TOUT LE MONDE, EN TEMPS REEL, PARTOUT ET TOUT LE TEMPS”

C’est à la fois vrai…pour une minorité de sujets (séisme, tremblements de terre, guerre médiatisée…) qui concentre une énorme partie d’attention médiatique. Et parfaitement faux pour une majorité de sujets. Surtout, ce n’est pas le nerf de la guerre pour Twitter.

Cornell University et Yahoo Researh rappelaient que “a small minority of users–around .05% of the site’s population–are generating half of all Twitter posts“. De là, 2 conclusions possibles :

  1. on est un croyant du “two-step flow” cher à Paul Lazarsfeld et on imagine que des “propulseurs” vont pousser les “tweets” d’information auprès de l’ensemble des niches…
  2. …ou bien on est un cynique et on pense que cette conjoncture n’arrive que très rarement. Car le business de Twitter, ce n’est pas l’information “noble”

A -Twitter est composé d’une majorité d’utilisateurs en petits “clusters” qui ne sont pas en premier lieu concerné par l’information

Linkfluence rappelait “que sur le web, les individus se rassemblent par affinités communes et prennent la parole sur les sujets qui les passionnent, échangeant et faisant communauté autour de ces thématiques. L’influence de même se distribue en fonction de ces sujets, un individu ou un site web n’est pas influent dans l’absolu, il l’est sur un sujet et son pouvoir de prescription ne se réalisera que lorsqu’il l’appliquera à son domaine d’expertise ou d’autorité”. En clair : si je tchatche en ligne, c’est d’abord pour nourrir un bavardage avec des gens comme moi (hypothèse bisounours : nous sommes tous des sociologues et donc nous allons tous porter la science vers l’avant. hypothèse rationnelle : on va parler de la fête de la veille avec son groupe de potes ou commenter en live une émission TV…). Ce qui veut donc dire qu’une majorité d’utilisateurs va suivre de grosses dizaines de personnes maximum, ceci afin de parvenir à garder la main et l’ergonomie pour converser. Un système de SMS amélioré en quelques sortes. Où l’actualité en soi n’est pas la préoccupation principale…

B – En contrepartie de quoi Twitter essaie d’injecter du 2-step flow via les comptes officiels et / ou suggérés et détruirait même la neutralité du réseau, donc l’offre d’informations

Ces logiques de clusters posent un problème à terme pour la valorisation réelle de Twitter : comment faire du business si les “clusters” ou petits groupes d’utilisateurs ne sont pas adressables “verticalement” ? C’est tout l’enjeu des comptes officiels : injecter des verticalités au milieu des groupes d’individus. Certaines fonctionnent plutôt bien (ex : industrie de l’entertainment, médias d’informations…) ; n’empêche qu’on retourne dans une logique d’oligopoles où on réinjecte les “bienheureux acteurs” y compris pure players dans l’expérience quotidienne des citoyens. Et qu’on se le dise : Twitter n’a pas vocation à l’impartialité ni à l’exhaustivité (c’est un business) ce qui pose fondamentalement un problème concernant la qualité de l’accès à l’information. En étant provocateur, Twitter est sans doute un des problèmes (ou symptômes) de la faiblesse du discours sur la neutralité du réseau. “Ce principe exclut ainsi toute discrimination à l’égard de la source, de la destination ou du contenu de l’information transmise sur le réseau.” Twitter est de fait discriminant car introduit des logiques de CRM : écarter les mauvais payeurs. Écarter les mauvais consommateurs. Valoriser les bons clients et les bons consommateurs aka ceux qui un jour injecteront l’argent.

C- Les clusters n’aiment pas être violemment mis en rapport et réduisent donc le champ des possibles ainsi que les points de vue

C’est aussi un point de vue cynique : rares sont les brillants commentateurs du web qui polluent les newsletters digitales aimant le contact avec des communautés d’auditeurs de Skyrock. Rares sont les clusters pro-palestiniens qui conversent avec bonheur avec des communautés pro-israéliennes. On parle beaucoup de point Godwin : dans le cas de twitter, tout est mis en œuvre pour faire une forme de guerre “preemptive” contre ces clashs.

Twitter, serait-ce le mal ?

A mon sens, non. Simplement d’un point de vue de logique d’influence digitale, Twitter est juste un marais belliqueux, qui ne salit pas les mains mais qui peut pourrir les esprits pour qui sait contrôler ses codes. Un peu comme l’implantation de télégraphes pendant la guerre civile américaine, contrôler les facteurs de propulsion de l’information, c’est contrôler le premier la narration d’un sujet, où simplement parler d’un sujet lui-même.  Et s’il n’est pas un marais belliqueux, il est simplement un endroit intéressant pour des passionnés d’échanger quelques bons mots, quelques bonnes ressources…entre autres endroits pour le faire. Il n’est donc pas un endroit où le traitement de l’information serait aidé, ou optimisé. Twitter est un business, un outil. Et seulement ça

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Ethique du numérique #umpnet : un débat opaque

Citoyens !

Invité par Baptiste, une poignée d’entrepreneur du web, patrons d’agence et serial blogueurs se retrouvaient rue de la Boétie pour parler de l’éthique du numérique. Mea culpa pour les notes en vrac : c’était du live.
Le débat fut compliqué, très compliqué, alors que de l’autre côté de l’Atlantique, Google et Verizon proposent un cadre juridique :

  • d’un côté, un débat extrêmement technique sur les tuyaux, mais aussi sur les contenus
  • de l’autre, un point de vue de citoyens exposés à des débats contradictoires sur le sujet, apeuré sans doûte, confus pour sûr

à l’occasion du groupe de travail UMP (présidence : H. Mariton) : une réu de travail du 7 juillet à l’Assemblée Nationale avait eu lieu. Laure de La Raudière est rapporteur de la proposition de loi.

Rappel : le débat sur la neutralité du net est parti d’une discussion initiée par le  Sénat sur la fracture numérique. Un amendement parlementaire demandait un rapport d’information sur “neutralité du net”

  • Une partie descriptive sur la gestion du réseau
  • Une partie prospective, basée sur consultation publique

-> enjeu = faire avancer le Parlement

mois de décembre : un rapport sera publié. Fin septembre, la Commission Européenne va elle aussi produire un rapport

Enjeu européen : transposer le paquet télécom avant avril

Un début de consensus sur principes généraux, comme par exemple la création d’un organisme de régulation semble avoir lieu. Semble seulement.

Henri Kauffman attaque : c’est quoi la “neutralité” ?

NKM : de la consultation publique, les internautes ont une vision très extensive, plus extensive que les opérateurs (qui eux gèrent la tuyauterie). Les internautes clament évidemment des intérêts basés sur leurs usages
NKM surprise que la question du référencement surgisse de la consultation publique.

NKM pose la question : que voudriez-vous voir dans la proposition de loi. Réponse de Fabrice Epelboin : est-ce que la non discrimination du signal peut être inscrite dans une loi par exemple ? Possibilité de renvoi du décrêt.

Pocarles (Pierre-Olivier Carles) pose le problème économique : tant que les opérateurs ont un intérêt sur le contenu, alors le web ne pourra pas être neutre. AUjourd’hui : les opérateurs ne font pas QUE commercialiser du tuyau : ils commercialisent du média. Epelboin affirme que certains gouvernements sépareront l’accès aux contenus de l’accès aux tuyaux.

Pocarles fait l’analogie suivante : la situation sur internet, c’est comme si EDF vendait aussi de l’électroménager.

Fabrice Epelboin explique la solution de voies prioritaires et de voies secondaires : entre un site qui répond instantanément comme Google et d’autres sites plus lents, il y a une différence de 30 à 40% de temps pour l’usager. Or pour être reçu correctement partout sur la planète, il faudrait dealer avec 37 pays x 3 opérateurs

Eric Maillard rappelle que l’enjeu, au-delà du technologique, est d’abord autour de l’usager et de son expérience : les règles à signer pour le citoyen pour toute installation de services est illisible. L’enjeu est une certaine urgence dans l’éducation du citoyen.

Cyrille Chaudoit rappelle que le monde sur le web est proche de la réalité économique tout court : dans la vie réelle, on peut aussi commencer un petit commerce qui fasse fortune même si une entreprise avec une grosse levée de cash peut plus facilement ou plus rapidement réussir.

Dans Burger King : j’ai du pepsi. Chez McDo : j’ai du coca. Mais si je fais quelques kilomètres en plus : j’ai de nouveau du Pepsi. Du coup : on ne va pas pouvoir faire des infrastructures partout. Il y a donc une obligation à traiter tout le monde de la même manière. Sur internet, on paie tous de la bande passante : si on a beaucoup de hits, on paie plus de bande passante. Dans les start-ups, i ly a aussi des levées de fonds.

Pocarles (décidément) réaffirme le constat suivant : on parle de tuyaux alors que la tendance est déjà au mobile. DOnc ce qui compte, c’est qui contrôle la capacité d’émission. Sur certains lieux comme les zones blanches, les 3 opérateurs partagent l’infrastructure.

Frédéric Montagnon : qu’est-ce que l’accès à internet ? Il faut arriver à définir ce qu’est cet accès d’un point de vue économique.

Eric Maillard pose la question de savoir pourquoi aucun débat n’aurait eu lieu dans la presse écrite et dans la TV. Pour Hervé Mariton : dans la presse écrite, on favorise le petit.

Votre serviteur pose la question de la place du citoyen plutôt perdu :
- il voit un débat économique complexe où effectivement il faut mettre en place les conditions de succès de l’innovation
- il voit un vrai souci sur le fait de ne parler que de neutralité du net alors que le média, demain, est multisupport
- il se demande comment définir l’idée de propriété privée et de protection de la vie privée sur le net

Charles Nouyrit prend l’exemple de Foursquare. Curieusement, un début de consensus démarre sur le fait que le citoyen serait plus éduqué.

votre serviteur insiste sue le fait qu’à la base, sur tous les nouveaux mobiles, sont préinstallés des appli aux contrats d’usage extrêmement compliquéss (facebook, twitter…). Doûte sûrement : clairvoyance pas sûre.

Hervé Mariton pose la question de la labélisation des sites internet. Consensus : non.

Nicolas Bordas rappelle que la France n’est qu’une brique d’un ensemble.

Le premier sujet qui peut être joué au niveau national : l’auto-régulation concertée pour savoir s’il y a un intérêt à s’appliquer des bonnes pratiques afin de protéger le citoyen. Des fondamentaux pourraient faire avancer d’un cran le sujet.

Diaspora a été créé par des Américains. Pourquoi ?

Au final ce qu’on retiendra :

  • il va falloir urgemment faire un tour de France afin d’éduquer. Et de faire entrer la prise de conscience dans les ménages. Bordel. L’utilisateur a au final le choix. Encore faut-il qu’il puisse savoir
  • “faire passer les digital natives inconscient en en faisant des digital natives inconsciences” Nicolas Bordas, la phrase qui tue.
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