J’ai publié la semaine dernière un article sur les espoirs digitaux pour combattre le premier fait social: le suicide. Et c’est à lire sur Social Media Today.
La Commission Européenne célébrera le 7 février le Safer Internet Day; en dépit du nom qui pourrait paraitre anxiogène, l’initiative est extrêmement intéressante puisqu’elle introduit l’idée que nous ne sommes pas égaux vis-à-vis des contenus disponibles sur le web, a fortiori les enfants.
Certes le SID insiste sur les risques, mais elle recense surtout certains développements extrêmement intéressants de par le monde. Je pense par exemple à ce bouton que Facebook a rajouté aux US, permettant de signaler qu’un individu est potentiellement en train d’émettre un signal “suicidaire”. Le suicide étant l’un des premiers cas d’école en sociologie, on peut espérer que la force des réseaux sociaux sera d’anticiper / prévenir plus correctement ce fait social.
Citoyens !
Un écho sombre commence à se faire de plus en plus sentir : la fraicheur originelle sentie sur les médias sociaux pourrait bien se faire de plus en plus rare par notre propre faute.
Mark Schaefer en parle brillamment sur SMT depuis quelques jours : Twitter en tant qu’outil d’information serait en train de mourir, et ce à cause des tribus elles-mêmes.
En effet, les effets de groupes affinitaires, s’ils ont de nombreux avantages dans la vie réelle (solidarité, effets de réseaux donc possibilité business…), ont un énorme défaut sur le web social : ils n’ont tendance à ne se faire écho que d’eux mêmes.
Mark lève quelques effets pervers : les “auto RT” par exemple (que je pratique d’ailleurs) où la communauté d’alliés a tendance à ne propulser que les articles / posts émanents des référents. Auto RT qui servent à émerger dans un environnement hyper concurrentiel où un contenu à valeur ajoutée peut avoir du mal à émerger s’il n’est pas propulsé massivement…Une des joies aussi de Google qui à trop faire la part belle au live oublie les jolies archives…
Un effet d’enfermement où la communauté filtre à la fois à l’entrée les nouvelles forces vives (les “hashtags” entre-soi ne sont-ils pas rien d’autres qu’un habitus discriminant ?) ; qui résulte aussi sur un enfermement de sources extérieures (hors informations majeures qui transcendent les communautés d’intérêts, comme un tsunami ou une guerre…).
Natalie Rastoin et Camille François posaient un enjeu que je partage, concernant une hyper personnalisation et de facto hyper-tribalisation de l’information : “ce que j’ai envie d’entendre en tant que consommateur est-il toujours ce qu’il est nécessaire que j’entende en tant que citoyen ?”
Loin d’être sûr. Trois exemples aujourd’hui :
Alors 2 idées, comme ça , en conclusion :
Vous en pensez quoi ?