Tout le monde connait mon point de vue sur l’aberration de l’appellation “community managers” (ce qui n’empêche pas que le community management en tant que fonction d’entreprise est clé…).
En revanche, émergent ça et là une nouvelle typologie d’influenceurs en ligne : les présentateurs-web.
Les exemples commencent à exploser outre-atlantique mais aussi en France :
Louise Roe pour Louis Vuitton demain, Christina Milian pour The Voice (le show sur NBC, pas la pâle copie de TF1), Jessica Conatser pour Milk Studios, les exemples sont nombreux et surtout à très grande échelle. Un “mix” entre ambassadeur, animateur et véritable fil rouge ; surtout une professionnalisation de la prise de parole, puisque le “Social Web” devient la plate-forme centrale des stratégies de contenus.
Affaire à suivre mais avec la TV connectée, on peut imaginer de nouveaux Nikos Aliagas émerger
Un article en anglais pour Social Media Today sur les raisons pour lesquelles je pense que la télévision est clé dans les médias sociaux…Et qu’on a confondu une industrie et un support…
Hier soir, Médiamétrie conviait le gotha des médias à venir discuter et participer à leurs rencontres 2010 intitulées :
Vive en numérique. Eclairages et réflexions sur le public des médias à l’heure du numérique.
La conférence était divisée en plusieurs modules, qui alternaient prises de position “expertes” de Mediamétrie et débats avec des grands noms du paysage médiatique français :
En 5 ans, le numérique à tous les étages
Charles Juster
- Nouveaux comportements médias :
le différé s’invite dans l’audience
Benoît Cassaigne
- Applis et sites mobiles :
nouveau marché, nouvelle mesure
Laurent Battais
– L’innovation dans la mesure :
en avant l’hybride !
Philippe Tassi
C’est ensute à un débat sur la problématique “Avec le numérique, quels contenus pour toucher le public sur
tous les canaux ?” qui s’est déroulé avec notamment :
Pierre Bellanger (Skyrock), Yannick Bolloré (Bolloré Média, Direct 8), Christophe Lambert (EuropaCorp), Bruno Patino (France Télévisions), Marie-Laure Sauty de Chalon (auFeminin.com) et Alain Weill (NextRadioTV)
De manière globale, j’ai un sentiment extrêmement mitigé après ces différents échanges, on stage et off record.
3 points d’agacement sur les messages laissés suite à ces rencontres :
une confusion forte entre publics et audiences : on a beaucoup (trop) parlé d’exposition, de messages délivrés à des gens qui n’attendraient finalement que ça, d’émissions finalement plutôt que de la problématique de la réception (hormis Pierre Bellanger qui était une fois de plus au-dessus du lot)
un monopole de la parole par des producteurs de contenus vidéos, venant de la télévision. Bien sûr, ces contenus vidéos deviennent de plus en plus importants dans des logiques de brand content, d’usabilité des sites ou des nouvelles formes de consommation. N’empêche qu’on a ommis une fois de plus de se poser la question de la proposition de valeur ; seul Bruno Patino de France Télévisions a abordé de loin ce sujet, mais faute d’exemples concrets (il vient d’arriver…), son discours était plutôt raillé. Dommage. Je rappèlerai que recevoir une pub Speed Rabbit Pizza aussi en 3D et aussi en pre-roll, ça m’agace toujours autant
une ignorance des nouveaux outils de mesure, notamment venant du monitoring des conversations. Et là le problème de fond est perceptible. Chez Médiamétrie (comme chez leurs concurrents, d’ailleurs), on parle de département internet, pas web. On parle donc des tuyaux, des cables. On tague les contenus, et on voit où ceux-ci sont consommés. C’est utile, évidemment. Sauf que les gens prennent ces contenus, les propulsent, les transforment. Quid d’ajouter ces metrics dans les mesures d’audience ? Ne pourrait-on pas -un jour- introduire ces éléments d’expérience réelles des internautes ? Qui en France, sont les plus gros consommateurs de messagerie instantanée : qu’y font-ils ? pourquoi des contenus fonctionnent, ou d’autres non ? Quelles sont les multiples vies d’une même histoire ?
A l’issue de ce type de conférence, on oublie donc pourquoi la presse écrite fonctionne toujours aussi bien, voire mieux qu’hier (bah alors, on écrt du texte essentiellement, et on est toujours pertinents : WHY ?).
Les notes prises hier, en vrac :
On introduit la conférénce avec le profil de 2 “Persona” : Orianne et Tom
- Orianne, maitrise son environnement numérique. Elle lit aussi les médias classiques grâce à ses parents. Les 15-24 ans cumulent donc de nombreuses pratiques
La vie numérique d’Orianne :
- suréquippé en internet
- enregistreurs vidéos pour consultation en différé
- équipement TV HD x10 depuis 2006
dépenses multimédia : 2904 €
406 € pour foyers avec enfants de moins de 15 ans dédiés à internet
9 jeunes habitant chez leurs parents sont reliés à un réseau social en ligne
Orianne regarde ses séries préférées sur un écran indépendant de celui de ses parents -4 jeunes sur 10 ont regardé des programmes TV sur un autre écran que le téléviseur
Orianne va voir ses grands parents. Curieusement, on voit que si les Italiens et les Espagnols sont + équipés en smartphones, ils ne se connectent pas + à Internet
30% des 65 ans et + se connectent énormément à internet (3 fois + qu’en 2005)
Tom a 31 ans et vit seul chez lui. Tom regarde la TV, lit davantage la presse et regarde plus de DVD. Il écoute moins de musique, de téléphonie mobile et d’internet que les + jeunes. Il consomme par an 2475 € dans les médias + multimédias.
Tom est inscrit à un site communautaire. Il écoute de la musique en ligne, télécharge des podcasts, regarde parfois la TV en live sur un autre écran que le téléviseur comme 25§ des 25-34 ans.
Jason, son cousin US, regarde lui 4h40 la TV, avec un regain d’intérêt chez les jeunes. Ses parents vivent à Annecy. Ils ont une offre élargie aux programmes TV. Comme plus d’1/3 des jeunes de son âge, il est inscrit sur copainsdavant. Il y a rencontré de nouveau Orianne. Ils se sont ajoutés sur Facebook. Tom réfléchit au cadeau qu’Orianne va lui offrir. Un Ipad ? 7 hommes sur 10 sont intéressés pour acheter une tablette.
Orianne et Tom ont emménagé ensemble. ils sont davantage en contact avec la radio, la TV et la téléphonie mobile. Ils vont de nouveau plus au cinéma. Notamment pour aller voir des films en 3D.
Leurs dépenses médias et multimédias sont revenues dans la moyenne. Avec des dépenses supérieures dans la presse et dans le cinéma.
On notera donc que le temps connecté de Tom & Orianne est en fait majoritairement dédié non pas à des activités passives (regarder des vidéos) mais à du chat, du lien social, de la découverte, de l’information…
Benoit Cassaigne sur les nouveaux comportements médias : le différé s’invite dans l’audience
A partir de janvier 2011, le différé va s’insérer dans la mesure d’audience de la télévision. Grâce aux nouveaux équipements, aux nouvelles offres et aux nouveaux moyens de diffusion de la TV.
Aujourd’hui, il y a DES façons de regarder la TV. La croissance forte des PVR avec disques durs explique l’usage du différé, qui représente 7 minutes par jour en moyenne. Sur les cibles plus jeunes, on voit ce chiffre monter à 12 minutes !
Comment mesurer le différé ?
Par le watermarking, né il y a 2 ans chez Médiamétrie.
Une technologie qui insère une marque dans le flux des programmes (une marque audio inaudible à l’oreille humaine, diffusée dans les foyers et captés dans les décodeurs).
Une identification de la chaine et l’horaire de diffusion : le différentiel horaire d’émission initiale comparée à la diffusion réelle permet de calculer les indicateurs de différé.
71% des panélistes sont équipés de l’audimètre nouvelle génération.
Plusieurs formes de différés :
1- enregistrement privé
2- time shifting
3- la tv de rattrapage sur internet(usage majeur)
4- la tv de rattrapage via le téléviseur
Pour 1 & 2, prise en compte par médiamath. Pour 3 : eStat.
Les conventions TV se mettent à l’heure du différé : seuil entre direct et différé = 1 min
Audienece veille : J+1
Audience consolidée : nouvelle référence consolidant les résultats après réaffectation sur 7 jours
Quel impact sur l’audience ? 3 min de +, 4’30 pour les 25-34 ans
La catch-up TV : en 2012, mesure de la catch-up sur TV. A travers le watermarking en mode fichier (capacité d’intégrer une 3ème info : le programme. + NG Wireless : parvenir à prendre l’info de tous les appareils communicants dans la maison).
Le différé, c’est aussi en radio : en 2000, quasi 0 minute de réécoute. Désormais, on assite à un phénomène exponentiel via internet. Cf : 13,5 millions de podcast (eStat) en septembre ont été téléchargés.
Les nouveaux supports d’écoute se développent : l’écoute en streaming a progressé de 49% (1,212 million auditeurs) ou via téléphone mobile (+75% en 2 ans)
Pour Médiamétrie, un objectif : valoriser l’audience des médias à l’ère du numérique.
Question : la publicité avec le différé, quel impact ? La pub continuerait à être vue en différé…
Laurent Battais : applis et sites mobiles / nouveau marché, nouvelle mesure
Nous sommes 47,4 millions à en utiliser
Le device crée l’usage
68,2 % des équipes smartphones et 98% des équipés iPhone vont se connecter sur l’internet mobile
5 millions d’individus ont téléchargé une application sur le dernier mois. Cette progression rapide dépend du téléphone. Sur l’ensemble des équipés : 12%, en équipé Android, 62%. En iPhone, 88%.
La nouvelle mesure d’audience de l’internet mobile :
- pouvoir mesurer l’ensemble des téléphones connectés au réseau opérateur, hors Blackberry
Classement top 20 “parents” :
- google
- Orange
- Facebook
- SFR
- Bouygues Télécom
- Apple
- Pages Jaunes
- Microsoft
- Yahoo
- Wikimedia
- Lagardère
- TF1
- Iliad
- SNCF
- Vivendi
- Dailymotion
- Allociné
- Groupe Le Monde
- Météo France
Sites ou applications ? Aujourd’hui, les 2
Amandine Cassi : zapping de la TV dans le monde
Money Drop sur Channel 4
The Voice of Holland
Minute to win it
101 ways to leave a game show
Table ronde
Avec le numérique, quels contenus pour toucher le public sur tous les canaux ? Pierre Bellanger, interrogé sur l’avenir de Skyblog (qui fait plus de CA en ligne que sur la radio). Skyblog, un réseau social ? Doit-on cibler au maximum ces internautes ? Jusqu’où aller en termes de communautés ?
Réponse :
1er réseau social. Evidemment un réseau social car les utilisateurs échangent et se rencontrent. PB est étonné qu’on parle de contenu aujourd’hui : pour un contenu, il faut un contenant. Internet n’est pas un contenant. Il y a des sources, mais cette source va être réutilisée, repackagée. Donc s’agissant du destin des contenus, dans un univers où il n’y a pas de contenant, on a de quoi s’inquièter.
Entre FB, et Skyrock, il y a 2 approches : sur FB, un formidable annuaire mondial d’identités avec leurs contacts réels. Sur Skyblog, une nouvelle génération créative, sous pseudo. 2 réseaux complémentaires. Des expressions privées, dans un entresoi sur Sky. Les premiers réseaux sociaux, dans la fin des années 90, s’adressait à des communautés (afro-américaines, etc.). Après, des réseaux générationnels comme Skyrock. Enfin, des réseaux réels, comme Facebook. Ce sont des services complémentaires, on ne parle pas de sous-réseaux mais comme dans la vie réelle, on a plusieurs identités. Une sphère publique, et des sphères privées. 2011 : une reprivatisation de la vie privée, pour sûr. La multitude recrée le besoin de vie privée. Le terme “média traditionnel” est à bannir. Les gens des médias sont en mutation, avec une mutation des réseaux de distribution qui font évoluer leurs destins. Pour Skyrock, la liberté d’expression, ce sont les blogs, pas la web-radio.
Ce qui est clair, c’est que dès-lors que quelque chose est duplicable, elle est gratuite. Difficile de trouver des modèles économiques alors que plus de contenants. Sur internet, pour gagner sa vie, il faut du non duplicable :
- être le plus rapide
- les réseaux sociaux et les communautés car difficiles à dupliquer
- les services : c’est le service qui va être acheté et qui va payer les sources
Marie-Laure Sauty de Chalon de Au Féminin / web tv
“Nous n’avons pas de problèmes d’audience. Les contenus cuisine ont par exemple explosé. Les médias se juxtaposent, s’interconnectent. Demain, nos contenus vidéos seront intégrés dans le site. Une consommation transversale, qui nous conduit à penser des produits presse. Par exemple, Marmitton se lance en print.”
“Il est moins facile d’interagir en vidéos directement. Néanmoins, les utilisateurs mélangent leurs contenus. On s’est lancés sur de la production traditionnelle, mais aussi sur de l’invention originale, ou en travaillant avec internautes. On essaie tout. Pour l’instant, l’audience croit sur des thématiques, qui en vidéo fonctionnent sur des rubriques très différentes que sur AuFeminin (ex : la cuisine en vidéo est meilleure que la grossesse dans les autres rubriques). Nous sommes un média de stock, pas de flux. Ce niveau de qualité nous permet de nous adapter. Au Féminin taquine les algorythmes afin de concurrencer YouTube ; il n’y a pas de transparence, et les phénomènes sont étonnants. Google favorise les vidéos de YouTube, bien sûr.”
Bruno Patino , en charge du projet numérique de France Télévisions
Il ne croit pas au contenu, mais aux expériences, et aux usages. Un contenu est associé à un contexte et à une technologie
Les expériences qui peuvent convaincre nos contemporains sont limitées.
Si la TNT a été vécue comme une révolution, que seront les conséquences de la TV connectée ?
La TV était un partage un peu théatral : unité de lieu et de temps. Toute l’économie du secteur est basée dessus. Tout a changé.
Alain Weil (Next Radio TV) qui vient de lancer BFM Business. BFM est diffuseur d’information : les moyens sont importants, les nouveaux entrants sont moins agressifs. On voit beaucoup d’opportunités :
- info généraliste
- sport
- business
- high-tech
La radio a été le premier média dématérialisé, notamment. La télé connectée permettra aux expatriés d’être connectés à BFM, dans l’information, c’est possible. Internet, “ça bouge tout le temps”.
Bolloré / Direct 8 :
Notre stratégie : créer des médias de contenus. On pense que les marques ont + que jamais leur rôle à jouer en tant que prescripteur. En reprenant Virgin 17 : une façon de décliner notre marque, en multisupport.
La TV a d’abord été lancé sur le net, sur smartphones, sur les tablettes puis seulement après sur la TV.
Annonce : appel à candidature du CSA 99,9 afin de reprendre Fréquence Sport pour avoir une radio
Direct Star : on essaie de vendre une affinité. On regarde donc l’affinité des – de 50 ans. Des femmes responsables des achats. Afin de vendre autre chose.
Le marché publicitaire de l’internet = 1 milliard hors search, alors que le marché du service (e-commerce) = 30 milliards. Le display évolue vers les pubs pré-roll. L’intuition de Bolloré : les grands gagnants seront les éditeurs de contenus vidéos. Qui mettront ensuite sur le web à moindre coût le contenu vidéo. Donc pour Bolloré, les éditeurs financent plus de 100% des contenus, c’est donc aux éditeurs de toucher 100% des revenus.
Christophe Lambert, d’Europacorp : l’économie de la TV n’est pas celle du cinéma
On a le choix : soit de passer par le régulateur. Dans le média culturel, on ne peut seulement se fier à la loi du marché. La France a su protéger cette valeur. Malheureusement, si le prix baisse, la valeur baisse. Personne ne remet en cause la loi Lang sur le livre
Aujourd’hui, les producteurs sont des idiots : ils mettent le même contenu sur toutes les plateformes. Il faut parvenir à recréer de la rareté. Il faudrait s’inspirer du luxe, notamment de l’industrie du champagne.
Quid de la voie du brand content ?
C’est une évidence pour Christophe Lambert. La vision derrière ça : les annonceurs vont financer l’industrie du divertissement et l’industrie créative. Sur le long terme, le brand content. Sur le court terme, la publicité n’est que tactique pour générer de l’activation commerciale. En travaillant avec l’industrie créative : les consommateurs choisissent par eux-mêmes le programme.
Philippe Tassi : en avant la mesure hybride
Historiquement, les paradigmes de la mesure :
- exhaustive, avec le recensement
- fin XIX : étude et observation d’échantillons
- règles scientifiques d’extrapolation
- protocole unique et fixe d’observation : monosource
- dès 1950 : sont apparues 2 approches /
- sources différentes : des informations émanant de sources différentes
- apport des modèles mathématiques : un mix
La mesure hybride : un mélange des sources d’information de nature et de niveaux de granularité et de connsiaances différents. Comme en génétique, où on croise 2 objets différents pour en créer un nouveau. Une source enrichie.
Quand on cherche à expliquer la durée de search : on cherche un lien de causalité entre 2 variables. On redresse ensuite sur un échantillon sur des variables additionnelles, venues d’entités extérieures. Une contrainte néanmoins : il faut des composants initiaux de très bonne qualité.
Une évolution inélecutable : développement des méthodes. Transferts de savoirs. En média, la diversité des offres doit conduire à la question suivante : doit-on tout mesurer ? Doit-on utiliser le même protocole ? Alors que les SI sont de + en + complexes, ainsi que les stratégies des acteurs. Et parce que l’apport des nouvelles technologies nous fait revenir sur des résultats exhaustifs, sur des champs parfois partiels.
1970 : CESP + OJD
1980 : Approches bi-sources, précurseurs des systèmes transmedia
1980 : l’audimat + / plus seulement le nombre de postes allumés : audimat + dispositifs individuels d’enquêtes individuelles
1998 : probabilisation via 75000 radio + Panel
2007 : standard 3 :
modélisation des comportements des internautes qui se connectent depuis un autre lieu.
Tous les usages dénombrés en site/centric
2008 : mediaplanning réalisé pour Audiweb en Italie
2010 : Audience de l’internet mobile
2011 : mesure du streaming
En conclusion : quand on a une information auxiliaire, il faut l’utiliser. 2 voies possibles !
- un système général d’informations
- juxtaposition de systèmes distincts à synthètiser
J’étais hier convié par le Master D2A à la troisième édition de sa conférence annuelle afin de débattre autour du thème : “TV vs WEB : Le Grand Bluff?”.
Avec comme grande problématique de savoir si Internet révolutionne – ou pas – les créations des chaînes de télévision ou s’il n’est qu’un produit d’appel pour ramener les jeunes générations devant le téléviseur ?
En clair : les nouveaux contenus sont-ils vraiment nouveaux?
Le rapport économique n’est pas du 100% classique “distributeurs vers diffuseurs” ?
Et en filigrane : comment faire travailler des gens ensemble ?
Les invités présents :
Laurent Storch – TF1 (Directeur des programmes), en passe lancer Secret Story 4 Christophe Cluzel – Orange Vallée (Chef de produit Transmedia Lab ) Claire Leproust – CAPA (Directrice du département Développements numériques) Arnaud Dressen – Honkytonk Films (Co-fondateur, producteur) René Saal - Canal + (ancien de Carat)
Manqués donc à l’appel des annonceurs avec une capacité de décision, sans doute aussi une agence conseil et un acheteur média…
Pour Laurent Storch: il n’a pas véritablement changé son métier de faiseur de programme.
Le vrai changement ; l’organisation et les enjeux de droit. Il y a 15 ans, TF1 a pris un faux départ: il y avait trop de journalistes recrutés, c’était très compliqué quand des négociations avec Hollywood s’opéraient. TF1 avait confondu entertainment et journalisme.
Aujourd’hui ; on négocie les droits TV puis après on se laisse 6 mois pour le reste.
Parallèle avec les Mongols et leurs tactiques guerrières (archers vs cavaliers) : faut-il prendre des bons programmeurs ou faut-il expliquer aux digital natives la TV?
Attention, pour LS, il n’y a pas foncièrement malaise : le téléphone a mis 25 ans pour qu’on trouve le bon usage. Le SMS, 10 ans.
Pour René Saal, l’enjeu est différent
Puisque Canal+ est une chaine payante : l’enjeu est de garder la qualité et l’exclusivité pour justifier un abonnement.
Internet pour Canal : pionnier, mais finalement se reconcentrer sur la TV est un bon deal. Les contenus de Canal étaient finalement déjà web-compatibles (courts, coupables, déclinables vers une seconde vie en les rendant accessibles sur le web).
Claire Cluzel rappelle (enfin) que “Web vs TV” n’est pas la bonne opposition. Chez Capa, les chaines sont des clients, donc ils doivent anticiper les besoins clients.En clair : il ne s’agit pas seulement de faire de la création mais aussi du…marketing (même si le mot n’est pas prononcé).
On note une petite révolution des missions des ressources humaines. Dans “Les Infiltrés”, les journalistes ont fait la modération des forums eux-mêmes !
Capa imagine avec Allociné, le média du cinéma, qui tire derrière 300 blogueurs, une émission faite par les blogueurs, en négociation avec France 4. Le web peut ainsi être un pillier de l’émission. Capa imagine aussi une émission d’histoire qui ne laisse pas le monopole à Google de nous dicter notre mémoire. Vont être apposées des plateformes contributives avec Arté.
Autre élément : comment nier de nouveaux viviers de talents de ligne? Donc comment trouver des histoires afin de pouvoir intégrer ces sujets ? Capa s’essaie à des expériences non linéaires…Un exemple, avec Canal, une agence de pub, et une webagency : ils développent un programme inspiré par le jeu vidéo avec une expérience où on brouille fiction et réalité. On prolonge des fictions embarquées auprès de communautés et on fabrique une vision avec plusieurs parties prenantes.
Arnaud Drassen intervient en précisant qu’ “on pense une fiction non pas seulement pour réussir en TV”.
Christophe cluzel va un cran plus loin en prenant l’exemple de Channel 4 : la chaine a mélangé ses équipes éditoriales et interactives. On ne doit pas les opposer, des boucles vertueuses existent !
A 35 ans une blogueuse n’est plus digital native. Dans le jeu vidéo, on peut donner plusieurs couches d’entrée qui vont permettre d’avoir une histoire spécifique à chaque média (et donc à chaque public).
Il réaffirme qu’Internet a connu un développement exponentiellement plus rapide que les autres évolutions de média. Il prend deux exemples de expériences originales transmédia :
‘On lâche rien” vendu à NRJ12, faite pour Mennen
“Kaira shopping” brandé par pepsi. Packagées avec kaira shopping, les bouteilles ont vu leurs ventes exploser
René Saal rétorque : avec quel argent peut-on faire ce type de programme ? D’un côté pour RS, on constate une individualisation des contenus extraordinaires. Chez Carat, il avait dit que dans chaque média, il y a des prime times. Or sur internet tous les contacts se valent. 10 ans plus tard, le financement par la pub sur le web est déceptif.
Christophe Cluzel répond qu’un annonceur pourrait acheter un panel qualifié, un post-financement. Bref, que les modes de financement pourraient aller au-delà de ce qui se faisait à l’ère de la TV de papa.
Le CNC par exemple crée un département nouveaux médias, afin de “coller” aux nouveaux enjeux.
Sur les nouveaux kpis, TF1 s’est dit intéressé à conditions que les annonceurs puissent se rémunérer sur ces nouveaux indicateurs. Les diffuseurs sont excédés d’être depuis 8 ans en R&D sans cashback. A bon entendeur…
Claire Laproust craint qu’on ne doive repasser à des formats plus efficaces à court terme. Néanmoins puisque les marques deviennent aussi des médias, des logiques de préfinancement de programmes sont envisageables. Même si Plus belle la Vie : placement tests de grossesse. Pas énormes revenus. Mais on peut toucher la longue traine.
Comme par exemple Nina Ricci qui poussent des “contes musicaux” avec différents artistes :
Laurent Storch relativise : si on voit un acteur se gaver de petits gâteaux, va-t-on susciter l’envie auprès des consommateurs ?
En conclusion, quelques points que je retiens :
l’état du marché des “fabricants et diffuseurs de contenus” est paradoxalement assez loin des questions que se posent les annonceurs. Quand on entend Coca-Cola parler de Return On Engagement, on se demande encore comment un certain “racisme” de canal de diffusion peut encore durer
au-delà des indicateurs clés de performance (curieusement peu abordés hier soir), c’est aussi les nouveaux modes de vie des programmes qui m’intriguent. Si Orange a une vision à peu près claire d’un cycle de vie de produit (par canal, par public, par objectif de…marketing), je doute beaucoup plus pour des TF1…mais aussi pour les producteurs de web docu. Un ami présent dans la salle regrettait le “manque d’ambition” et le “pourquoi fabrique-t-on du contenu ?”. “Parce que c’est cool” est difficilement recevable…
la question du grand public m’interpelle : on a entendu hier soir des dizaines de fois le mot “digital native“. Je hais cette dénomination depuis plus de deux ans, car elle entretient le mythe d’une génération spontanée connectée vs les autres vs les vieux. On avait hier la parfaite illustration de ce manque de connaissance du public historique du web social, à savoir les…retraités (historiquement, une des deux populations les plus “web social” en France). Comme si on devait opposer systématiquement TV vs web
la marque est encore discutée comme une poule aux oeufs d’or, mais qu’on souhaiterait paradoxalement cacher. Plusieurs fois, la question du placement produit a été évoqué. René Saal a rappelé un principe “radical” : ne pas faire de placements produits dans les productions Canal +…Tout en diffusant des séries US truffées de placement produit. Quand l’idéologie fait des concessions peu cohérentes avec le business
on sent cependant une énorme envie d’avoir une chaine de valeur claire. Parce que le cash ne tombe plus à flots. Parce qu’on voit des initiatives percer. Parce qu’au final, le payeur va l’imposer
A suivre, et bravo au Master D2A pour cette table ronde formidable !
Il y aurait 15% de multi-tasking chez les 15-24 ans.C’est tout???Je suis sur le cul j’aurais vu ça à l’inverse.Ou j’ai pas compris? #confD2A about 4 hours ago via Echofon
Difficultés jeux internautes en // avec plateaux st technologiques et juridiques (différence de conditions pvt ê injustes) #confD2A L.Storch about 4 hours ago via Echofon
3 épisodes de Clem en tournage.Procter&Gamble cherche à y faire du placement de produits.Web/Internautes ont 1 part majeure ds dvpt #confD2A about 4 hours ago via Echofon
L. Storch (TF1) : “Demain, on ouvre aux internautes la possibilité de désigner le dernier candidat qui rentrera dans Secret Story”. #confD2A about 4 hours ago via Twitter for iPhone
Modèle de Clem abordé par A.Dressen cf. les business modèles de la tv s/web: blog, ado.fr, tf1–>plusieurs entrées de tvspect #confD2A about 4 hours ago via Echofon
Modèles Capa: autoprod, coprod avec les chaines, jeux gratuits puis payants par syst. d’addiction, payant à la carte s/ iphone-ipad #confD2A about 4 hours ago via Echofon
Avenir proche de la tv sur le web: liens hypertexte poir la catchup sur programmes tv sur le web. Audiance en hausse? C.Leproust #confD2A about 4 hours ago via Echofon
Claire Leproust (Capa) : “Avec Internet, la vidéo est devenue un langage. Ça ne fait pour autant de tous les jeunes des auteurs”. #confD2A about 5 hours ago via Twitter for iPhone
A.Dressen (Honkytonk): “La publicité n’a jamais permis de financer ce qui se fait de plus intéressant en termes de création en TV”. #confD2A about 5 hours ago via Twitter for iPhone
C.Cluzel (Orange Transmedia Lab):”Sur le Web, on peut aller chercher des communautés de jeunes qui ne regardent plus la télévision”.#confD2A about 5 hours ago via Twitter for iPhone
Arnaud Dressen (Honkytonk Films) : “On ne fait pas des web contenus en se disant que notre objectif ultime est la télévision”. #confD2A about 5 hours ago via Twitter for iPhone
Les grandes chaînes U.S. se désengagent du Web pour se recentrer sur leur activité TV. La France sur le même chemin? J-3. #confD2A 12:34 PM Jul 2nd via web
Secret Story 4 arrive : La quotidienne garde-t-elle un intérêt face au flux Web? La réponse de @laurentstorch lundi 19h. J-4. #confD2A 4:24 PM Jul 1st via web
Sébastien François, en plus d’être mon frère, dirige “Eurêka Médias, une société fondée il y a 10 ans avec l’envie d’apporter une vraie approche journalistique dans le monde assez formaté de la com’ d’entreprise“. Abordant des sujets très divers avec ses clients, notamment dans l’univers magique de la production audiovisuelle mais aussi de l’accompagnement du changement et de l’utilisation de la vidéo comme crystallisateur, il vient de publier un guide pratique des camescopes Sony.
Citoyens ! Tu as 140 caractères pour dire qui tu es et ce que tu fais en ligne ?
Sébastien François, réalisateur et dirigeant d’Eurêka Médias, une boîte de prod, et l’une des premières sociétés à avoir mis de la vidéo en ligne en low-cost à destination des Intranet. Journaliste aussi, et maintenant auteur de guides pratiques.
Comme le Web a tout bouleversé en termes de diffusion avec la possibilité de faire de la télé à zéro euro, de nombreux utilisateurs qui n’appartenaient pas au monde sacré du Broadcast, ont eu besoin de maîtriser des outils de production plus avancés que les téléphones et autres camescopes à 100 euros. Il n’existait strictement aucun bouquin en français, et même très peu en anglais à destination de cette catégorie baptisée Prosumer. C’est à dire des gens qui n’ont pas forcément de culture vidéo mais qui en ont besoin de reprendre à la fois les bases tout en allant au bout d’un outil à 5000 euros. Le but c’était de vulgariser au maximum les notions de prise de vue et les possibilités énormes de ces appareils.
Le web a-t-il changé la façon dont on tourne, produit, post-produit une vidéo ?
Le Web n’a pas fondamentalement tout changé: une bonne image est une bonne image, qu’elle soit sur un téléphone ou dans une salle obscure de 10 mètres de base. Mais ce que le Web a révolutionné, c’est qu’il a permis à tout le monde de sortir son antenne de diffusion pour faire sa télé. Et c’est énorme. Avant, il faillait créer une communauté, avoir un réseau réel, se faire un nom, ce qui n’était pas donné à tout le monde, surtout si on tourne en Ardèche (d’où je viens, tout comme toi!). Du coup, cette antenne “satellite” gratuite permet à tout le monde de produire. Mais c’est un outil à double tranchant, car faire du film, çà réclame bien sûr un savoir faire et un dose de talent. Après l’enthousiasme des mauvaises vidéos (qualitativement) de YouTube, la tendance est à apprendre à faire de vrais films “comme à la télé” qui reste le média de validation notoriétale “ultime”. D’où l’intérêt pour des outils de prise de vue plus avancés, et la maitrise nécessaire d’un workflow de post-production.
Maintent, d’un point de vue boite de prod, le Web a permis de mettre en place de vraie Web-TV interactive en interne, de valider les films à distance alors qu’en 2000, je devais encore sortir des VHS et attendre un coursier…
Si tu pouvais réaliser un grand projet, une grande utopie grâce au web, quel serait-il ?
J’ai la même utopie que plein de gens. J’aimerais tout simplement sortir un long métrage ou en tout cas un moyen métrage en “free ride”, qu’il soit docu ou fiction, sans avoir à me soucier des distributeurs, et voir ce film plaire au delà d’un effet de mode, en by-passant le côté simplement viral. Bref, j’aimerais avoir les moyen de diffuser quelque chose de propre, de HD, de tout ce que tu veux grâce à mon antenne. Mais si tu regardes ce qui se passe depuis que les box amènent les télé du web directement sur le plasma et pas simplement sur ordinateur, c’est ce qui va se produire, une inflation de programmes “hors broadcasters traditionnels”. Et tout comme pour le reste des contenus, il faudra simplement trouver une modèle mutualisation de “bons contenus”, car c’est à toujours pas au spectateur de s’ennuyer à éplucher la toile pour trouver vaguement ce qui pourrait lui plaire.
Guide pratique des Camescopes Sony FX1000, Z5, Z7 et S270 (Broché)
T’es geek, planner digital, curieux ou tu cherches juste une idée de Noël qui sente pas le sapin ? Et bien c’est depuis la Californie qu’émet GTFO.tv, “you only source for e-pop culture“.
Au programme : tour d’horizon des meilleurs innovations digitales (jeu sur iPhone, advertising), analyse des spoofs et mise en perspective, invités.
C’est rafraichissant, et c’est pas filmé avec les pieds.
Derrière le programme, Cami Vicencio ( Dream big. Want hard. Fuck well. Never stop. ) et Hogan Carter (production ninja)
“Mais le Buzzomètre en vidéo évolue aussi dans son approche. L’émission traitera aussi des pub télé, des campagnes d’affichages, du street marketing, etc… De même afin de donner un peu plus de profondeur aux débats entre acteurs du buzz, un invité mystère conclura l’émission.”
Et justement ce numéro 1 de l’émission tente de décrypter le phénomène avec Bruno Walther, Thomas Clément, Maxime Garrigues et Benoit Raphaël. ça parle de bad buzz, de vente, de produit.
Tu connais mon aversion (voire ma haine ! ) pour ce mot. Benoit Raphael résume peut-être au mieux la problématique :
“Le “buzz” n’est pas forcément quelque chose qui a un grand succès ou qui circule rapidement, c’est finalement l’utilisation que les internautes vont faire de l’histoire”
Youpi !
En tout cas la discussion est posée. On attend le numéro 2, voir si la problématique se déroule, aborde des débuts de réponse etc. Un must-have pour les étudiants en com’ notamment afin de voir l’état des forces en présence et le niveau de maturité du marché en fonction des objectifs et stratégies implémentables.